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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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abbé froid : paix à son âme
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Publié le 17 octobre 2007 à 16:38
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

Dans la plupart de nos villages isolés, l’heure du pain est un rituel.


Chaque matin, les villageois se regroupent dans l’attente du petit fourgon.

Tout en le guettant du coin de l’œil, on parle de la pluie et du beau temps et on commente la moindre nouvelle. Et si on dit un peu de mal de ceux qui ne sont pas là, ce n’est que pour le folklore. Cela me rappelle une histoire corse… Celle de deux familles en vendetta. Un matin, deux frères attendent le fils de la famille rivale au détour d’un chemin, afin de l’assassiner. Ils savent que l’homme passe chaque jour à cet endroit précis à la même heure avec son âne. Ce matin-là, les deux frères attendent mais l’ennemi n’arrive pas… L’heure tourne… Au bout de deux heures, l’un d’eux dit à l’autre, inquiet : « Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé ! »… 

 

L’heure du pain, c’est l’instant où bat le cœur du village. C’est un chaudron dans lequel chacun verse son écot de nouvelles, bonnes ou mauvaises, de commentaires, de dictons, de préoccupations, de gaieté, de tristesse. Chaque matin le chaudron se remplit et redistribue la vie qui s’y est mêlée.
 

L’heure du pain c’est l’heure où l’on refait le monde sans se souvenir une seule seconde que le monde dont on parle n’est qu’un microcosme. Mais c’est notre microcosme.

 

Et le petit fourgon arrive en s’annonçant joyeusement à grands coups de klaxon. Le boulanger ouvre la porte latérale et délivre une bonne odeur de pain rassurante. Chacun leur tour, les clients adressent un « comme d’habitude » au boulanger. Il sait. Parfois, on annonce une commande inhabituelle, un petit sourire aux lèvres, ravi de la surprise que cela crée. On se retourne discrètement pour apercevoir, satisfait, les yeux interrogateurs de chacun… Eh oui, ce soir, j’ai du monde, moi. Heureuse entaille au quotidien.

 

Le boulanger ne fait pas que distribuer le pain… Sa mission est bien plus vaste… Il est celui qui dans la matinée a sillonné les petites routes des villages voisins et il arrive avec quelques nouvelles fraîches. Des friandises. On l’écoute dans un silence religieux. On boit ses paroles.

 

Il est également celui à qui l’on confie un souci, on pose une question, on demande un service. Patiemment, gentiment, le boulanger écoute et renseigne. Il attend les retardataires aussi. C’est rare mais cela survient parfois. Et si le retardataire ne se montre pas, il arrive même qu’il prenne son portable et si il le connaît bien, il lui téléphone pour être certain que tout va bien.

 

Les villageois sont eux aussi à l’écoute de leur boulanger et s’aperçoivent immédiatement de signes inhabituels de fatigue ou d’une égratignure qu’il n’avait pas la veille. Ils s’inquiètent. Ils le veulent bien en forme leur boulanger. Il ne peut pas faillir à sa visite quotidienne.

 

Et puis, le boulanger referme sa porte après avoir offert quelques minutes à chacun. Il repart alors vers un autre village. Un autre chaudron. Un autre microcosme.

 

On discute encore un peu après son départ. On commente quelques instants les miettes de vie qu’il a véhiculé de village en village et qu’il leur a offert généreusement puis on rentre chez soi. L’heure du pain est passée.

 

Il me semble que n’importe lequel de ces boulangers pourrait écrire ses mémoires, bribes de vie aussi croustillantes que son pain.


Les commentaires

Publié le 17 octobre 2007
Par Difrade
Dans cette association laïque du pain et de la parole, le boulanger est prophète en son pays.

Cela me fait penser à l’histoire de l’étranger qui mangeait le pain des Français… Persécuté, il a fini par s’en aller mais, comme il était boulanger, les villageois n’ont plus mangé de pain…

A ne pas oublier !

Au don de Demeter, ajoutons toujours celui de Dionysos. Lorsque l’on a acheté son pain, il ne faudrait pas oublier le vin pour accompagner l’eucharistie de quelques tranches de Lonzu ou morceaux de figatellu grillé.

Publié le 17 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Pour faire le lien entre l'article et la tribune libre, un dialogue célèbre entre le boulanger, sa femme et sa chatte , Pomponnette...

Le boulanger : Ah ! Te voilà, toi ? Regarde, la voilà la pomponnette... Garce, salope, ordure, c'est maintenant, que tu reviens ? Et le pauvre pompon, dis, qui s'est fait un mauvais sang d'encre ! Il tournait, il virait, il cherchait dans tous les coins... Plus malheureux qu'une pierre, il était... Et elle, pendant ce temps-là avec ses chats de gouttières... Des inconnus, des bons à rien... Des passants du clair de lune. Qu'est-ce qu'ils avaient, dis, de plus que lui ?

Sa femme : Rien.

Le boulanger : Toi tu dis "rien." Mais elle, si elle savait parler, ou si elle n'avait pas honte - ou pas pitié du vieux Pompon - elle me dirait : "ils étaient plus beaux." Et qu'est-ce que ça veut dire, beau ? Et la tendresse alors, qu'est-ce que tu en fais ? Dis, tes ministres de gouttières, est-ce qu'ils se réveillaient, la nuit, pour te regarder dormir ? (La chatte, tout à coup, s'en va tout droit vers une assiette de lait qui était sur le rebord du four, et lape tranquillement.) Voilà. Elle a vu l'assiette de lait, l'assiette du pauvre Pompon. Dis, c'est pour ça que tu reviens ? Tu as eu faim et tu as eu froid ?... Va, bois-lui son lait, ça lui fait plaisir... Dis, est-ce que tu repartiras encore ?

Sa femme : Elle ne repartira plus...

Le boulanger : Parce que, si tu as envie de repartir, il vaudrait mieux repartir tout de suite, ça serait sûrement moins cruel...

Sa femme : Non, elle ne repartira plus... Plus jamais...

Inutile de citer l'auteur du récit, le réalisateur du film et les comédiens...
Publié le 16 octobre 2007 à 12:21
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Dans quelques jours, sortira au cinéma une nouvelle adaptation par Alain Corneau de l’un des romans de José Giovanni, Le Deuxième souffle. C’est pour moi une belle occasion de parler de lui. 

Je ne sais trop pourquoi, mais en ce qui concerne le cinéma, hormis quelques exceptions, j’en suis restée aux vieux dessins animés de Walt Disney et à des films tels que Il était une fois dans l’Ouest, Deux hommes dans la ville, West Side Story, Les égouts du paradis ou encore Les tontons flingueurs. Je ne suis pas que moderne… Je reste une inconditionnelle de ce cinéma-là. Bien entendu, cela va de pair, j’ai toujours eu une grande admiration pour des acteurs comme Jean Gabin, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo ou Michel Simon. Des vraies « gueules » d’acteurs.
 

Evidemment, je connaissais José Giovanni, scénariste, cinéaste et écrivain. Mais de là, à le rencontrer un jour, il y avait un fossé que je n’imaginais même pas pouvoir franchir.
 

Or, à une époque où j’effectuais des recherches généalogiques en Corse pour des particuliers (ceux qui ne le savent pas l’apprendront ici…), il m’a contactée. Il désirait que nous fassions ensemble quelques investigations pour les besoins de son film « Mon père ». Ce devait être en 1999. José vivait en Suisse mais il était Corse et originaire du Cap. Il ne l’a jamais su et son épouse l’apprendra probablement aujourd’hui en lisant ces lignes, mais quand j’ai réalisé que j’allais le rencontrer, j’étais très impressionnée… Ma décontraction n’était qu’apparente…

José était un homme de caractère mais d’une sensibilité à fleur de peau. Doté d’un humour extraordinaire, il avait l’art de raconter. Nous avons travaillé ensemble, avec lui et son épouse, afin de glaner les renseignements nécessaires. Nous sommes même allés bien au-delà en reconstituant sa généalogie qui nous fit voyager jusqu’au cœur du 16ème siècle… J’ai d’ailleurs conservé des courriers superbes de José dans lesquels il exprime son bonheur à s’ancrer encore davantage dans les entrailles de son île.

Puis nous nous sommes revus quelques fois, écrit, téléphoné. Ils m’ont invitée en 2001 à l’avant-première de « Mon Père » à la cinémathèque de Porto-Vecchio. Jolis moments.
 

Et, laissant derrière lui une œuvre considérable, en 2004 José est parti. J’ai gardé avec son épouse un lien privilégié. Nous nous écrivons souvent. C’est une femme vraiment formidable pour laquelle j'ai une sincère amitié.
 

Vous trouverez un nouveau lien sur mon blog, il s’agit du tout nouveau site de José Giovanni. Je vous suggère de visionner sa méthode d’écriture dans la rubrique « Interviews ».
 

Voilà, c’était mon petit clin d’œil à un grand.

 
Les commentaires

Publié le 16 octobre 2007
Par Jean-paul
flicorse@ifrance.com
Je me souviens du premier roman de José Giovanni: "Le trou"... A la fin , il y a même un plan de la prison de la Santé pour expliquer l'évasion entreprise par les personnages dont le héros, Manu Borelli.

Ce récit a été porté à l'écran par Jacques Becker en 1960. En dédicace du roman, on trouve une citation de Dostoievski: " Mais mon ami, on ne peut pas vivre absolument sans pitié."
Et ll se termine par les larmes de Borelli dans le bureau du Directeur de la prison...
dernières phrases: "si son âme hésitait, son corps ne le laissait pas paraître. Il s'enfonça dans la nuit. Sa nuit. Il traînait un capital souffrance, déjà au-dessus de la limite. Mais où était la limité?"

Le second roman est "Le deuxième souffle" ... qui fait l'objet d'articles sur Corsicapolar.

Un éditeur corse m'avait dit, quelques temps avant le décés de José Giovanni, que ce dernier revenait à ses racines et qu'il aurait volontiers participé à un salon du polar en Corse...


Publié le 18 octobre 2007
Par zazie
zazieg@bluewin.ch
Il est vrai que José revenait à ses sources plus profondément. Mais il ne les avait jamais vraiment quittées. Avec le tournage de son premier film "La loi du survivant" en 1966 il m'avait fait découvrir la Corse. Nous l'avions parcourue pour trouver les décors. Et les spectateurs avaient été émerveillés des images magnifiquesqu'il avait filmées.
Nous y revenions chaque année. D'abord à Rogliano, son berceau, et à Porto Vecchio où notre ami Jean Pierre Mattei a créé la Ciémathèque de Corse.
Je n'ai pas beaucoup de temps pour vous répondre aujourd'hui car je vais au Salon de Polar à Cognac. Si vous voulez nous en reparlerons.


Publié le 18 octobre 2007
Par Martine
Au salon du Polar à Cognac, ce week-end, Eric DEFOSSE, Grégory FITOUSSI, Mikaël FITOUSSI liront des extraits des Cahiers de José GIOVANNI (Titre : Huit mois face à la mort) écrits lorsqu’il se trouvait à la Santé dans le quartier des condamnés à mort (du 13 juillet 1948 au 5 mars 1949). Ces cahiers que leur auteur pensait avoir perdus ont été retrouvés l’an dernier par son épouse Zazie Giovanni.
Publié le 15 octobre 2007 à 11:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle
Dès que j’ai appris que le 15 octobre était pour les blogueurs la journée de l’environnement, j’ai immédiatement eu une petite idée sur ce que j’allais bien pouvoir raconter… Une petite chose qui m’agace allègrement et que j’ai enfin l’occasion d’exprimer…
 

« Exprimez-vous le 15 octobre » qu’ils ont dit… Donc, je.

 

Tout d’abord, afin d’être certaine de ne pas être hors sujet, j’ai vérifié la définition du mot « Environnement » dans le dictionnaire : c’est l’ensemble des conditions naturelles et culturelles susceptibles d'agir sur les organismes vivants. Je ne serai donc pas hors sujet puisque l’ensemble des conditions culturelles qui régissent le domaine des déchets ménagers agit sur l’organisme vivant que je suis.

 

Il n’y a pas si longtemps que cela, nous jetions nos détritus dans notre poubelle de cuisine que nous déchargions ensuite de son sac dans un grand container mis à notre disposition près de chez nous. Facile.

 

Puis, inévitablement, le jour est arrivé où l’on a réalisé que plus il y avait de monde, plus il y avait de consommation et plus il y avait de poubelles. Et plus il y a de poubelles, plus les déchetteries sont surchargées. Logique.

 

On a donc réfléchi au recyclage. Oui mais… Pour recycler ce qui est recyclable, il faut trier. Forcément.

 

Combien ça coûte de trier ? Houlà ! Cher ! Trop cher ! Alors, on a eu une idée… Impliquer et responsabiliser les citoyens. Coucou, c’est nous !

 

C’est ainsi que les containers uniques qui fleurissaient déjà de façon bien peu harmonieuse sur les trottoirs ou sur le bas-côté des routes, seront –ou ont déjà été- remplacés par plusieurs autres : le vert pour le verre (Oh comme c’est joli ! Ils nous ont fait cadeau d’un jeu de mots !), le bleu pour le papier, le jaune pour le plastique et le noir pour les déchets organiques.

 

Nos cuisines n’ont plus qu’à s’équiper de plusieurs poubelles elles aussi. Bientôt, il nous faudra aménager nos cuisines en fonction des poubelles… On pourrait même un jour ne plus vivre dans un trois pièces cuisine mais un trois pièces poubelle…

 

Cela devient compliqué… Et plus les choses se compliquent, plus les citoyens risquent de perdre patience… Et ceux-là finiront par jeter leur poubelle non triée, de nuit, en rasant les murs ou iront l’abandonner sur un terrain vague où elle ira rejoindre quelques télévisions, lave-linge ou réfrigérateurs, vieilleries usagées dont il n’est pas simple non plus de se débarrasser…

 

On m’a raconté récemment les déboires d’un diabétique tenu quotidiennement à ses piqûres d’insuline. Qui dit piqûres dit seringues, évidemment. Or, là où il habite, il est interdit de jeter des seringues dans les containers. Le pharmacien et l’infirmière n’en ont pas voulu non plus… Alors, il les cache soigneusement en les enroulant dans un emballage quelconque et les jette en catimini dans le container jaune. Et toc. Il aurait pu aussi les balancer dans la nature… Mais il ne l’a pas fait. D’autres n’auraient sûrement pas hésité…

 

Mais jusque où ira-t-on ? Une étude démontrerait que nos ordures devraient être triées non pas en 4 catégories mais en… 15 ! Le verre coloré ; les emballages en plastique souple (polyuréthanes) ; les emballages en plastique dur (PVC) ; les cartons gris et marron ; les récipients et objets en aluminium ; les boîtes de conserve en fer blanc ; les emballages en plastique imprimé et les emballages en papier alimentaire ; les emballages en polystyrène ; le verre blanc ; les piles ; les autres métaux (sauf fer et aluminium) ; les déchets organiques (restes alimentaires) ; les journaux, magazine, catalogues, annuaires et prospectus ; les tissus, vêtements, fils et fibres ; les autres déchets (couches-culottes, lingettes, déchets mixtes inclassables)… Alors, là, il va nous falloir une formation…

 

Euh… Le tri des déchets ménagers coûte cher, d’accord… Mais n’y a-t-il rien d’autre qui coûte très cher et qui est totalement inutile ? Tais-toi et trie.

Euh… Autre question… Pourquoi y a-t-il de plus en plus d’emballages autour de nos produits de consommation ? Ça fait plus à jeter et donc plus à trier, non ? Tais-toi et trie te dis-je.

Euh… Une dernière question pratique… Je viens de trouver dans mon réfrigérateur un pack périmé de yogourts en pots de verre, je trie comment ? Le blister dans le container jaune, l’emballage cartonné dans le container bleu, tu ouvres les pots et tu les vides dans le container noir puis tu laves les pots (important ça, pas de saletés dans la poubelle !) et tu les jettes dans le container vert. CQFD.

 

Il va falloir que j’explique le tri sélectif à mon Roudoudou… Les pots de Danette vides dans la poubelle jaune et les petites cuillers dans le lave-vaisselle…

 

Nous voilà donc aujourd’hui obligés de considérer nos ordures. On ne les jette plus comme de vulgaires détritus. On les trie soigneusement avec amour, en bons citoyens que nous sommes. Et on ne se débarrasse plus de ses ordures, on les offre…

 

Il est finalement plus simple aujourd’hui de jeter son conjoint qu’un pack de yogourts périmés…



Les commentaires


Publié le 15 octobre 2007
Par MAMADOU
J' ai conscience , en parcourant ce blog , d'être entouré d'esprits ouverts , cultivés , tolérants , prêts à tout sacrifier à la défense de valeurs humanistes et universelles . Et , comme le thème du jour concerne le tri sélectif , sans doute serez-vous intéressés par la pétition qui est sur le site www.touchepasamonadn.com ....

Publié le 15 octobre 2007
Par martine.rousset
C'est fait.


Publié le 15 octobre 2007
Par copine de buvette
j ai une solution pour tes yaourths périmés, fais les manger à ton roudoudou ça fera moins de déchets!gag!!!!


Publié le 15 octobre 2007
Par martine.rousset
Mamadou ? C'est étrange... L'espace avant la virgule et le point, le style, l'orthographe irréprochable, le soupçon d'ironie... Cela me rappelle quelqu'un... Mais je peux me tromper...


Publié le 15 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
C'est fait! Même si Mamadou y a mis un soupçon d'ironie... à partir du moment où la cause est juste.


Publié le 15 octobre 2007
Par MAMADOU
Ah , l'intuition féminine ! T'as tout bon , Martine , ne jette rien ...


Publié le 15 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Bienvenu Mamadou alias Diogène , ... , ... , ... , ... ,


Publié le 15 octobre 2007
Par MAMADOU
Damned , je suis démasqué ! Pourquoi ce nouveau pseudo , me direz-vous ? Tout simplement en hommage à une chanson qui s'intitule "Mamadou m'a dit" et qui fait partie du répertoire du regretté chanteur François Beranger . Si ce n'est déjà fait , je vous laisse le soin de la découvrir .....A une prochaine fois , peut-être .....


Publié le 15 octobre 2007
Par Jean-paul
flicorse@ifrance.com
Mon cher Mamadou ( laissons Diogène), nous avons finalement un point commun : François Beranger... Vous souvenez-vous de sa chanson " je dors en Bretagne ce soir..." A l'époque, il y avait aussi Jean Vasca avec ses attaques à mots armés...


Publié le 15 octobre 2007
Par Difrade
Les paroles de "Mamadou m'a dit" , paroles et musique de François Béranger (1979)
Cela ne nous rajeunit pas...

REFRAIN:
Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit:
"On a pressé le citron, on peut jeter la peau."
Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit:
"On a pressé le citron, on peut jeter la peau."

Les citrons, c'est les négros,
Tous les bronzés d'Afrique,
Sénégal, Mauritanie,
Haute-Volta, Togo, Mali,
Côte d'Ivoire et Guinée,
Benin, Maroc, Algérie,
Cameroun et tutti quanti,
Cameroun et tutti quanti.

Les colons sont partis
Avec des flonflons,
Des discours solennels,
Des bénédictions.
Chaque peuple, c'est normal,
Dispose de lui-même
Et doit s'épanouir
Dans l'harmonie.
Une fois qu'on l'a saigné
Aux quatre veines,
Qu'on l'a bien ratissé
Et qu'on lui a tout pris.

REFRAIN

Les colons sont partis.
Ils ont mis à leur place
Une nouvelle élite
De noirs bien blanchis.
Le monde blanc rigole.
Les nouveaux, c'est bizarre.
Sont pire que les anciens.
C'est sûrement un hasard.

Le monde blanc rigole
Quand un petit sergent
Se fait sacrer Empereur
Avec mille glorioles.
Après tout, c'est pas grave.
Du moment que terres
Produisent pour les blancs
Ce qui est nécessaire.
Le coton, l'arachide,
Le sucre, le cacao
Remplissent les bateaux,
Saturent les entrepôts.

REFRAIN

Après tout, c'est pas grave.
Les colons sont partis.
Que l'Afrique se démerde.
Que les paysans crèvent.
Les colons sont partis
Avec, dans leur bagages,
Quelques bateaux d'esclaves
Pour pas perdre la main

Quelques bateaux d'esclaves
Pour balayer les rues.
Ils se ressemblent tous
Avec leur passe-montagnes.
Ils ont froids à la peau
Et encore plus au coeur.
Là-bas, c'est la famine
Et ici, la misère
Et comme il faut parfois
Manger et puis dormir
Dans des foyers taudis,
On vit dans le sordide.

REFRAIN

Et puis un jour, la crise
Nous envahit aussi
Qu'on les renvoie chez eux.
Ils seront plus heureux
Qu'on leur donne un pourboire.
Faut être libéral
Et, quant à ceux qui râlent,
Un bon coup de pied au cul.

Vous comprenez, Monsieur,
C'est quand même pas normal.
Ils nous bouffent notre pain.
Ils reluquent nos femmes.
Qu'ils retournent faire les singes,
Les singes dans leur cocotiers,
Tous nos bons nègres à nous
Qu'on a si bien soignés
Et puis, ce qui est certain,
C'est qu'un rien les amuse.
Ils sont toujours à rire.
Ce sont de vrais gamins.

REFRAIN


Publié le 15 octobre 2007
Par Jean-Paul
"Je dors en Bretagne ce soir" était de Gilles Servat et non de Beranger... C'était la même époque... François Beranger , Jean Vasca et Gilles Servat trois chanteurs qui, dans les années 1970, faisaient une carrière parisienne.

Les paroles de la chanson de Gilles servat: Je dors en Bretagne ce soir

Les pommiers fleuris du printemps
Et la grêle de temps en temps
Sur les talus la blanche épine
La tige fine qui s'incline
Les ajoncs de La Roche-Bernard
Beauté prise dans un regard

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

L'abeille sur le liseron blanc
Et en surface d'océan
L'évanouissement des vagues
L'ombre d'un chemin qui zigzague
La graine des genêts craquant
En plein midi au bord des champs

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

Les bruines de l'arrière-saison
Voilant des ports sans horizon
Une sirène qui résonne
Portant mélancolie d'automne
Le galop fou du vent salé
Sur l'infini des monts d'Arrée

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

L'onglet du pecheur étripant
Le poisson sur le pont glissant
L'alignement mégalithique
Que fait reluire la pluie oblique
Et un peu de neige parfois
Qui blanchit l'ardoise des toits

Par chance et aussi par vouloir
Je dors en Bretagne ce soir

Dans la beauté
Publié le 14 octobre 2007 à 12:58
Par Martine Rousset
Humeur : Maussade

Douloureuse absence. Gouffre béant au bord duquel on s’assied, désemparé, les pieds dans le vide.

 

Absence que l’on tente de reconstituer à renfort de souvenirs. Timbre d’une voix que l’on croit entendre sans cesse. Peau imprégnée d’une odeur que notre mémoire effleure obstinément. Quelques mots griffonnés à l’encre tenace sur un papier qui de toute façon jaunira. Photographie d’un sourire qui, là, ne peut s’éteindre. Objets sans importance auxquels on s’accroche à présent. Absent que l’on raconte afin de le maintenir en vie. Absence omniprésente.

 

Absence dont la souffrance paralyse. Absent arraché. Calendrier d’un temps dont certains jours s’effacent de quelques projets de bonheur. L’absence les a gommés.

 

Absence qui nous laisse bancal. Absence déséquilibrante. Absence déstabilisante.

 

Sans regrets. C’est ainsi. « L’absent ne reviendra pas », scande sans cesse une petite voix réaliste. Il s’est absenté et probablement s’en excuserait. Il ne voulait pas faire de mal. C’est lui qu’il faut plaindre.

Celui qui reste, présent mais parfois absent. Celui qui part, absent mais si présent.

 

Le temps passe en emportant les larmes. Par sa sagesse, il nous rappelle que l’on ne peut pas vivre hanté par l’absence, ni à travers l’absent. L’absence n’est plus la vie. Et c’est ailleurs qu’il faut ensuite diriger ses pas.

 

Comme lorsqu’on écrit. Les pages se noircissent avec entrain puis soudain, la plume s’arrête. Brusquement, l’histoire lui échappe et déconcentrée, elle en perd le fil. La page reste blanche. On laisse passer une nuit, deux peut-être, puis un matin, on écrit enfin la suivante. A cet instant, on ne souffre plus de l’absence de mots. Et la plume reprend le chemin du papier. Elle se souvient des pages précédentes, les évoque parfois, s’en inspire même, mais elle continue l’histoire.

 

« L’absence est une ride du souvenir. C’est la douceur d’une caresse, un petit poème oublié sur la table » (Tahar Ben Jelloun, « Moha le fou, Moha le sage »).



Les commentaires


Publié le 14 octobre 2007
Par Difrade
Pour de Lamartine " Un seul être vous manque et tout est dépeuplé " .

L’absence est-elle un manque qui ne sera jamais comblé? Est-elle le vent qui attise le souvenir et le désir, ou les éteint finalement dans un dernier souffle? Nous chante-t-elle au cœur toujours sa mélopée ou se perd-elle dans le silence ?

Paul Dakeyo, écrivain camerounais, a écrit un long et beau poème : Les ombres de la nuit, poème (Ed Nouvelles du Sud. 1994).

« A l’origine de cette poésie de l’intimité avouée, s’inscrit le visage d’une femme aimée et connue au sens biblique du mot. Dans Les ombres de la nuit qui reprend et prolonge les subjectivités tourmentées inaugurées dans le précédent poème La femme où j’ai mal. Paul Dakeyo s’absorbe dans la réinvention du vécu, dans l’expérience affective d’une vie à l’intérieur de laquelle se vérifie toute nostalgie. Longtemps perçue comme être d’inclination, la femme devient du fait des méandres de la vie, celle qui s’en va, qui s’en est allée expérimenter à ses dépens d’autres mimétismes. Aussi, est-elle saisie à distance amoureuse, là où le temps fortifie le sentiment de la fêlure. L’écriture vigoureuse du poème totalise toutes les angoisses, explore des instants de vacuité qu’irradient les malentendus de la vie. L’absence devient l’accouplement des mots, Dakeyo fait se déplacer les signes de l’apparence pour nous permettre d’examiner en sa compagnie, sa propre douleur » écrit Fernando d’ALMEIDA dans Ethiopiques.

Du très long texte , nous avons tiré ce florilège:

Où es-tu
Même les murs de la maison
Contemplent le printemps
Enfoui dans nos souvenirs […/…]

J’arrive même à disséquer l’absence […/…]

Laisse-moi demeurer près de toi
Là où se tisse le chant
Les soirs de pleine lune
Sur la transparence du désir […/…]

Tu auras déserté même ton ombre […/…]

Tu es le miroir brisé
Où se déroule mon visage tendu […/…]

(...) qui es-tu aujourd’hui
Es-tu toujours mon rêve de terre ferme
Et de vent […/…]

effacer l’absence
Qui (l’) envahit comme un linceul […/…]

Ton visage porte les nuages du ciel
A perte de vue à perte d’amour
Mais prenant cap sur l’infini.
Tu veilles l’absence […/…]

La porte s’est refermée
Et je peux enfin me défaire de ton masque sacrilège
Et me retrouver seul dans la chambre de l’oubli
Ivre du vide qui m’assaille […/…].

Tu graviras la pente du matin clair
Comme un torrent dans le cri de nos enfants
Jusqu’à l’autre rive
Avec la seule force du soleil
Pour que reprenne la vie
Un jour nouveau
Là où le verbe rejoint le cri […/…]

J’abreuverai ma solitude de poésie
De poésie seule pour scruter
Les abîmes d’un amour profond d’absence […/…]

Je ne peux plus conjuguer le verbe attendre
A tous les temps […/…]

J’écris pour ne pas sombrer dans la mort
(...)
(...) La nuit des autres me submerge
Et me suffoque […/…]

Pour que seul demeure le silence
De notre patience […/…]


Publié le 14 octobre 2007
Par zazie
zazieg@bluewin.ch
Parce que l'absence s'intériorise au fil du temps. Parce que les souvenirs heureux font place aux pleurs. Parce que 'lon prend conscience que l'absent nous a laisssé bien plus qu'un visage ou le son d'une voix. Parce qu'on vit aujourd'hui ou pas du tout. Alors la vie continue avec tout ce qu'elle peut offrir de découvertes. L'absent sera toujours présent mais dans une autre dimension. Celle du coeur et de l'esprit.


Publié le 14 octobre 2007
Par Le troisième oeil fermé
Cet article a été lu par lme 3000ème visiteur du blog de Martine...
En Inde, Junagadh est lieu de pèlerinage hindou. Des temples en hommage a Shiva ont été édifiés au sommet d'une colline. Pour y accéder, il faut gravir 10 000 marches… En réalité 7000, car une route mène a la 3000ème… Martine n’a pas pris la route et a fait l’ascension des 3000 VISITEURS sans chaise à porteur. Elle a donc amélioré son karma d’internaute… il ne lui reste que 7000 clics pour atteindre le nombre « shivaïque » et accomplir la danse cosmique de la destruction et de la création de l'univers…

Publié le 18 octobre 2007
Par Angèle
terresdefemmes@orange.fr
En vous lisant, Martine, j'avais à l'esprit ce poème de mon amie romaine Rita :

« Percorrendoti ancora,
ritrovando intatta ogni cosa
senza cieli notturni, senza
stelle negli occhi.
Sete continua che solo l'assenza
sa perpetuare.
S'assopiscono, inquieti,
i giorni accattoni per strade
deserte dove voci e profumi
inventano macabre
reminiscenze.
E ruggire più sommessamente sento
l'uragano che ci travolse
va spegnendosi in lontananza,
lasciando gli echi imprimersi,
scorticate memorie, sulle pietre
d'antichi palazzi.
Risuonare, impossibili e perduti,
nelle notti vuote come coppe
rovesciate. »

Rita. R. Florit, Lezioni inevitabili, LietoColle, novembre 2005, p. 9.

Poème que j'ai tenté de traduire ainsi :

« Continuant de te parcourir,
je retrouve intacte toute chose
sans ciels nocturnes, sans
étoiles dans les yeux.
Soif continue que seule l’absence
sait perpétuer.
Par les rues désertes où voix et parfums
inventent de macabres réminiscences,
s’assoupissent inquiets
les jours mendiants.
Et je sens rugir, plus soumise,
la tornade qui nous entraîne,
finit par s’assoupir au lointain
et laisse sur les pierres de palais anciens
les échos s’incruster,
mémoires écorchées.
Résonner, perdus et improbables,
dans les nuits vides comme des coupes
chavirées. »
Publié le 13 octobre 2007 à 15:38
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

J’ai reçu récemment un message qui circule aux Etats-Unis. Les quinquagénaires américaines s’interrogent elles aussi sur leur condition de femmes de cinquante ans mais en revanche, bien plus que nous, sur leur poids… Néanmoins, si l’on s’en réfère aux statistiques alarmantes, l’ampleur nous guette à nous aussi… Les américaines ont choisi d’en rire et d’en faire une fatalité. Pourvu que nous en rions tout en combattant !


Je me suis amusée à traduire le texte en français mais je l’ai fait « à ma sauce » car certaines expressions sont totalement intraduisibles !


« La cinquantaine est un grand moment pour les femmes…
La cinquantaine, c’est quand la croissance des poils sur nos jambes ralentit. Cela nous laisse le temps de nous inquiéter sur notre moustache nouvellement acquise.
Les femmes de cinquante ans n’ont plus de bras … Elles ont plutôt de l’envergure. Elles ne sont plus des femmes dans des chemises sans manches mais des écureuils dragueurs volants.
La cinquantaine, c’est quand nous pouvons nous tenir nue devant un miroir et voir notre postérieur sans se retourner.
La cinquantaine, c’est quand on va faire une mammographie et que l’on se rend compte qu’il y a bien longtemps que quelqu’un ne nous avait pas demandé d'enlever notre soutien-gorge…
La cinquantaine, c’est quand on enfile un petit haut moulant et qu’on se rassure en parlant à ses seins : « Ecoutez mes chéris, même l’empire Romain est tombé, alors… »
La cinquantaine, c’est quand on a la sagesse de savoir que la vie peut nous réserver des surprises et que nous sommes assises sur les plus grosses…
La cinquantaine, c’est quand nous regardons notre « il-sait-tout », autrement dit notre indicateur de tendance d’adolescent, et que nous pensons : « Pour mettre ça, ces marques existent-elles en extensible ? »
La cinquantaine, c’est quand notre mémoire commence à défaillir. En fait, la seule chose que nous pouvons retenir est l’eau.
La cinquantaine signifie que notre corps s’équipe d’une carte routière… Surtout au niveau des jambes. Avec des lignes rouges et bleues…
La cinquantaine, c’est également le moment où nous devenons plus réfléchies et que nous considérons enfin les grandes questions... C’est quoi la vie ? Pourquoi suis-je sur terre ? Combien de glaces sainement choisies puis-je manger avant que ce ne soit plus un choix sain ?
Avec la cinquantaine, nous apprenons également à apprécier ce qui est important. Nous nous rendons compte que les hanches augmentent et que les mentons doublent, mais ceux que nous avons aimés en font une évolution valable. Car la cinquantaine, c’est l’instant où nous savons enfin que nos corps doivent simplement augmenter pour contenir toute la sagesse et l’amour que nous avons acquis. C'est une philosophie rassurante ! » 

Rassurant ? Mouais… Si vous le dites… Enfin, cela a le mérite de me faire rire quand même.




 



Les commentaires

Publié le 13 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Comme je ne me moque jamais des femmes, cela m'a fait penser à une très belle chanson chantée par son 'auteur et par Serge Réggiani.

Sarah

Paroles et musique : Georges Moustaki

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps.
Les yeux cernés
Par les années,
Par les amours
Au jour le jour,
La bouche usée
Par les baisers,
Trop souvent mais
Trop mal donnés,
Le teint blafard
Malgré le fard,
Plus pâle qu'une
Tache de lune.

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps.
Les seins trop lourds
De trop d'amours
Ne portent pas
Le nom d'appâts,
Le corps lassé
Trop caressé,
Trop souvent mais
Trop mal aimé.
Le dos voûté
Semble porter
Les souvenirs
Qu'elle a dû fuir.

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps.
Ne riez pas.
N'y touchez pas.
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes.
Lorsque la nuit
Nous réunit,
Son corps, ses mains
S'offrent aux miens
Et c'est son coeur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure.

Publié le 13 octobre 2007
Par BB
Très bien traduit.
Publié le 13 octobre 2007
Par Martine

Tiens donc... Aurais-tu eu le texte original sous les yeux ??? Pire, serait-ce toi qui me l'a envoyé ? hé hé...

Publié le 13 octobre 2007
Par Difrade
Un texte glané...

Trop grosse, trop moche, trop vieille
Claude Sarraute

“Je ne sais pas ce que tu as depuis quelque temps, Mina ( et non pas Nina), mais ça n’a pas l’air d’aller. C’est quoi le problème ?
— C’est moi.
— Comment ça ?
— Trop grosse, trop moche, trop vieille.
— Par rapport à qui ? Je ne comprends pas.
— Aux petites amies des copains de mon mari. J’ai six ans de plus que lui, oublie pas.
— Quelle importance à notre époque, écoute ! En plus, il t’adore, Yvan. Vous êtes ensemble depuis…
— Ben, justement !
— T’as peur qu’il te mette à la casse pour prendre un modèle plus récent, c’est ça ? Penses-tu ! Il est bien trop attaché à toi et à Benoît. C’est lui qui l’a élevé, ce gamin.
— Oui, mais bon, c’est un grand ado, là maintenant. D’ici à ce qu’il quitte le nid… Si seulement je pouvais avoir un autre enfant ! Rien à faire. J’ai bien l’impression que, pour moi, c’est trop tard.
— D’abord, c’est pas sûr. Ensuite, c’est pas la peine. Il t’a, toi, voyons. Il est fier de ce que tu fais, de qui tu es.
— Bof !
— T’es pas une mère de famille, tu es une excellente attachée de presse, tu gagnes bien ta vie, tu es belle, tu as du chien, un charme fou, tu connais la terre entière, tu…
— Et alors ? Je ne supporte plus de me regarder dans une glace. Je stresse chaque fois qu’on sort, dès que je vois une pub à la télé. Avec tout ce qui s’étale comme ondulantes crinières et jolis petits culs haut perchés.
— Et puis quoi ? Les minettes, il ne les reluque pas, Yvan ( et non pas Lazare), c’est pas le genre.
— Ça lui arrive, si, bien sûr, et ça me mine.
— Pourquoi t’essaies pas de suivre un régime et de faire de la gym. Tu perds tes kilos en trop, puis un petit lifting et tu paraîtras dix ans de moins.
— La gym, j’ai pas le temps. Une opération, pas question. Et si je bouffe autant, c’est pour calmer mon angoisse. En plus, ce qu’il aime en moi, Yvan, c’est mon côté bon vivant. Pendant les vacances, j’adore faire le marché, cuisiner, recevoir… Et il apprécie. Ses potes aussi.
— C’est vrai, t’es géniale sur ce coup-là et t’as rien à craindre d’une de ces gamines anorexiques qui se shootent à l’aiguille de leur pèse-personne.
— C’est ce que je me dis, mais on ne vieillit plus ensemble à notre époque.
— N’importe quoi ! Regarde tous ces couples à la retraite, qui s’amusent, qui voyagent, qui profitent enfin de la vie.
— Encore faut-il tenir jusque-là.
— Arrête, tu fais chier avec ta déprime. Non, c’est vrai, qu’est-ce que tu dirais à ma place ? Moi, j’ai 36 balais, pas de jules, pas de mouflet et un job en CDD !
– Ben au moins tu ne risques pas de te faire jeter avant la date limite. »


Publié le 13 octobre 2007
Par Godarien
Dialogue :

Lui : C'est pas terrible ce soir à la télé ( = On baise?)
Elle : oui ( = non)
Lui : Qu'est-ce que tu as? (= J'imagine qu'on ne baisera pas ce soir) tu es fâchée ?
Elle : Je ne suis pas fâchée (= Bien sûr que je suis fâchée)
Lui : Veux-tu aller au cinéma? (= Je voudrais baiser après)
Elle : Je voudrais te parler (= Je veux me plaindre)
Lui : Je t'aime (= On baise ?)
Elle : Je suis prête dans une minute (= Enlève tes chaussures, assieds-toi et regarde la télé)
Lui : Tu as l'air tendue, veux-tu un massage? (= On va baiser, ça te fera du bien!)
Elle : Sois romantique, éteins les lumières (= Je me trouve grosse, je ne veux pas que tu me voies)


Publié le 13 octobre 2007
Par micorne
Super la traduction. Si, si.
Pas encourageant l'article, bof!
Il y a de jours avec et des jours sans.
Comme on ne peut revenir en arrière, il faut continuer.


Publié le 13 octobre 2007
Par zazie
zazieg@bluewin.ch
Dépassé la cinquantaine depuis déjà quelques années et pourtant il me semble, (à part les rides) qu'on peut rester "convenable" un certain temps. J'ai désespéré et puis je me suis acceptée. Et la vie a repris. A continué. Nous ne vieillirons pas ensemble puisqu'il a vieilli avant moi, et est parti sans moi. Mais je vais vieillir avec de nouvelles connaissances, de nouvelles émotions. Il n'est jamais trop tard. Alors si vous en avez envie, vraiment, vous trouverez les ressources nécessaires en vous pour surmonter cette cinquantaine qui vous fait tant peur. Une "vieille" toujours jeune.


Publié le 13 octobre 2007
Par Martine
Ma chère Zazie, quel plaisir de vous lire ici... C'est un hasard que vous interveniez aujourd'hui alors que mon blog de demain, "L'absence", est déjà écrit et programmé... Je vous le dédie...
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