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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
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Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
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Polisson : pratique l'érotisme
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Publié le 31 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Des jours, des mois et des années passèrent ainsi. Minet écartait sans faillir tous les intrus sous l’œil attendri de Monsieur Blanc.

Mais un matin, Minet, couché sur le tapis près du lit, ne se leva pas. Il essaya bien d’étirer ses pattes mais une douleur aiguë lui transperçait le dos. Il hurla tant la souffrance était grande. Monsieur Blanc se précipita vers son compagnon et paniqué, s’agenouilla près de lui :
 
- Quoi ? Qu’y a-t-il ? Que se passe-t-il ?
Minet lui expliqua sa douleur. Désemparé, Monsieur Blanc lui caressait la tête, ne sachant que faire. Puis une idée lui vint :
- Je vais aller chercher le docteur pour animaux. Ne bouge pas mon petit Minet.
- D’accord mais fais vite. 
Le vieil homme, propulsé par la crainte de perdre son compagnon, parcourut en un temps record les six kilomètres qui le menait jusqu’au village le plus proche. Il tambourina à la porte de Monsieur Lecoq, le vétérinaire.
- Il y a quelqu’un ? Hurlait-il.
Lorsque la porte s’entrouvrit, Monsieur Blanc expliqua que son chat allait mourir, qu’il souffrait le martyr et qu’il lui fallait voir un médecin. Le vétérinaire n’hésita pas. Il attrapa sa sacoche marron et son chapeau et poussa son visiteur dans sa petite Peugeot bleue. 

Quand ils rentrèrent dans la maison, Monsieur Blanc lui indiqua la chambre. Minet n’avait pas bougé. Il attendait avec confiance.
 Le vétérinaire balaya la chambre du regard : « Où est votre chat ? »
Monsieur Blanc trouva la question stupide et ne daigna pas y répondre.
Le docteur Lecoq répéta distinctement avec agacement : « Monsieur Blanc ! Où est votre chat ? »
L’ermite obtempéra et montra Minet du regard.
- Mais ce n’est pas un chat ! C’est un Terre-Neuve !
Monsieur Blanc baissa les yeux honteusement et avoua :
- Je n’y connais rien en races de chats. Terre-Neuve ou autre, pour moi c’est Minet. 
Le vétérinaire se souvint de ce que les gens disaient sur le compte du vieil ermite et accepta sans discuter davantage d’ausculter le plus beau spécimen de Terre-Neuve de toute sa carrière. Il diagnostiqua une arthrose due à l’âge de l’animal, lui administra une piqûre, laissa sur le lit quelques remèdes, ne demanda pas d’argent et signifia son congé.
Avant de quitter la pièce, il entendit la voix de Monsieur Blanc :
 
- Ça va mieux mon chaton ?
Silence.
- Ne dis pas cela. Tu es encore jeune. Ce ne sont que des rhumatismes.
Silence.
- Il s’appelle Lecoq. Tu as raison, c’est un brave homme. L’exception qui confirme la règle. Allez, viens, c’est l’heure de notre prière aux tomates. 

Le vétérinaire, avant de démarrer sa petite voiture bleue, se remémora la lueur de bonheur qu’il avait lue dans les yeux de Monsieur Blanc quand il sut que son animal était sauvé. « Cet homme est heureux », se dit-il, « sa folie n’est que dans les raisons qu’il donne aux choses. Il n’a pas perdu la raison. Il en a trouvé des milliers d’autres ».

(Fin)

Publié le 30 décembre 2007 à 16:28
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie
Publié le 30 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
« Qui est là ? » interrogea-t-il d’une voix ferme en se redressant. C’est alors qu’apparut timidement une petite boule de poils toute noire. « Un chaton ! » s’étonna-t-il. Il regarda un moment l’animal. « Mais que fais-tu là ? Où est ta mère ? ». La petite bête s’enhardit et s’approcha jusqu’à ses pieds. « Ventrebleu ! Comme tu es maigrichon ! » s’exclama-t-il en se baissant pour l’observer de plus près.

C’est ainsi que Monsieur Blanc, pour la première fois de sa vie, eut un chat. Il l’appela Minet.
 Minet grandit très vite, étrangement vite. Le vieil homme en était ravi. « J’ignorais que je saurais faire pousser autre chose que des légumes », lui dit-il un jour fièrement alors que Minet venait de lui grimper sur les genoux, « tu es de plus en plus lourd ! ». 

Bien que Minet ne sembla pas très doué pour la chasse aux souris et aux rats, il se révéla formidable pour faire fuir les rares visiteurs. Il se précipitait vers eux et les terrorisait d’un miaulement rauque et puissant.
 
- Tu es un brave chat. Tu n’aimes pas les humains. Maman t’aurait adoré.
- Je pourrai dormir sur ton lit cette nuit ?
- C’est-à-dire que tu prends beaucoup de place à présent…
- Je me ferai tout petit dans un coin, à tes pieds. Allez, dis oui !Monsieur Blanc soupira mais lui fit un signe d’assentiment de la tête. Minet, en vainqueur, vint frotter son museau sur le bas du pantalon de son maître. Quand Monsieur Blanc partit se coucher, Minet l’avait devancé.
- Je te cherchais ! Voyou !
- Je craignais que tu ne changes d’avis, ironisa l’animal.
L’homme se glissa dans les draps en souriant. Minet l’interpella :
- Tu n’as pas enlevé tes lunettes !
- Je sais. J’ai décidé de les garder pour dormir. Pour mieux voir dans mes rêves.
Minet rit de bon cœur puis s’endormit profondément.

(à suivre)
Publié le 29 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
La nuit était tombée depuis longtemps mais Monsieur Blanc était un couche-tard. Il aimait veiller et rêvasser les yeux dans le vague jusqu’à des heures invraisemblables. Il vivait en ermite dans une maisonnette perchée sur une petite colline à un quart d’heure à pied de son voisin le plus proche. Monsieur Blanc habitait là depuis toujours et n’aimait pas les gens. Il savait que l’on disait de lui qu’il était un vieux fou mais cela lui était bien égal. Selon eux, il avait perdu la raison. La raison ? Il leur fallait toujours une raison à ces gens… Ils sont étranges ces humains.

Sa mère montra la même aversion pour l’être humain toute sa vie et ce, jusqu’à son dernier soupir.
Il faut dire qu’elle avait eu une vie difficile la mère Blanc. Fille mère, chassée par ses parents, elle s’était réfugiée dans cette maison où elle avait accouché seule de son fils. Depuis, elle ne l’avait plus quittée jusqu’à sa mort et y avait élevé son garçon en l’éduquant comme elle l’entendait. C’est ainsi que Monsieur Blanc apprit que l’humain était inhumain et qu’hormis sa mère, personne ne méritait son attention.

Alors qu’il était déjà près de deux heures du matin, il attrapa sa veste de laine, s’en recouvrit les épaules puis sortit. Il faisait doux et le ciel était chargé d’étoiles. Le nez en l’air, il se promena un moment sous les cerisiers qui donnaient leurs derniers fruits puis s’assied sur le petit mur de pierre qui entourait son potager. Il disait de son potager que c’était un lieu sacré et que les légumes y poussaient grâce à ses prières. C’est en tout cas ce que lui avait appris sa mère. Elle lui avait également enseigné la façon de parler aux légumes. « Si tu leur parles, ils sauront que tu t’intéresses à eux et ils pousseront encore plus charnus. Juste pour te plaire », lui disait-elle.

Il repensait avec émotion aux conseils de sa mère lorsqu’un bruit le fit sursauter. Une sorte de gémissement qui provenait de l’autre côté du mur. Il s’immobilisa, attentif. Le bruit se fit de nouveau entendre.

(à suivre)

Publié le 28 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique
En l’espace de quelques heures, tous les médias se sont emparés de l’affaire. Disneyland… Main dans la main… Le couple… J’ai d’abord cru à un canular issu d’un magazine people puis, j’ai fini par bien vouloir croire au rapprochement de Mickey et de Blanche-Neige. Après tout, les gens font ce qu’ils veulent. Oui mais quand même… Parfois on se pose des questions...

Il n’y a pas à tortiller, elle est jolie la quadragénaire.
N’est pas top model qui veut… Il faut le pouvoir aussi… D’ailleurs, elle plait. Mais elle choisit, c’est normal. Elle choisit selon ses goûts, ce qui est tout à fait légitime. Elle aurait notamment déjà craqué pour la blondeur de Donald Trump. Puisque Donald, pourquoi pas Mickey dirait une vilaine langue de vipère… Mais cela ne nous regarde pas… Hein ?

Quant à notre quinquagénaire, on suppose qu’il a des arguments. Il fallait quand même que quelque chose l’interpelle pour qu’elle baisse la tête.
Que lui a-t-il chuchoté à l’oreille en se dressant sur la pointe des pieds ? « Ensemble, tout devient possible » ?

Nous voilà donc avec une nouvelle première dame de France. Si il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher au Président, c’est le changement et la surprise. En revanche, la discrétion… A moins que cela ne s’appelle de la provocation ? Finalement, elle y faisait quoi la presse à Disneyland ? Hasard ? On ne sait pas.

Et si ils s’aimaient vraiment ? Pour de vrai ? Que même elle serait tombée amoureuse de lui si il avait été vendeur de marrons ? Elle a déjà dit elle-même ce qu’elle attendait du prince charmant dans l’une de ses chansons (« Le toi du moi ») :
Je suis ton pile, tu es mon face, toi mon nombril et moi ta glace, tu es l'envie et moi le geste, toi le citron et moi le zeste, je suis le thé, tu es la tasse, toi la guitare et moi la basse, je suis la pluie et tu es mes gouttes, tu es le oui et moi le doute, t'es le bouquet je suis les fleurs, tu es l'aorte et moi le cœur, toi t'es l'instant moi le bonheur, tu es le verre je suis le vin, toi tu es l'herbe et moi le joint, tu es le vent j'suis la rafale, toi la raquette et moi la balle, t'es le jouet et moi l'enfant, t'es le vieillard et moi le temps, je suis l'iris tu es la pupille, je suis l'épice toi la papille, toi l'eau qui vient et moi la bouche, toi l'aube et moi le ciel qui s'couche, t'es le vicaire et moi l'ivresse, t'es le mensonge moi la paresse, t'es le guépard moi la vitesse, tu es la main moi la caresse, je suis l'enfer de ta pécheresse, tu es le Ciel moi la Terre, hum, je suis l'oreille de ta musique, je suis le soleil de tes tropiques, je suis le tabac de ta pipe, t'es le plaisir je suis la foudre, tu es la gamme et moi la note, tu es la flamme moi l'allumette, t'es la chaleur j'suis la paresse, t'es la torpeur et moi la sieste, t'es la fraîcheur et moi l'averse, tu es les fesses je suis la chaise, tu es bémol et moi j'suis dièse, t'es le Laurel de mon Hardy, t'es le plaisir de mon soupir, t'es la moustache de mon Trotski, t'es tous les éclats de mon rire, tu es le chant de ma sirène, tu es le sang et moi la veine, t'es le jamais de mon toujours, t'es mon amour t'es mon amour, (…), toi la putain et moi la passe, tu es la tombe et moi l'épitaphe, et toi le texte, moi le paragraphe, tu es le lapsus et moi la gaffe, toi l'élégance et moi la grâce, tu es l'effet et moi la cause, toi le divan moi la névrose, toi l'épine moi la rose, tu es la tristesse moi le poète, tu es la Belle et moi la Bête, tu es le corps et moi la tête, tu es le corps. Hummm ! T'es le sérieux moi l'insouciance, toi le flic moi la balance, toi le gibier moi la potence, toi l'ennui et moi la transe, toi le très peu moi le beaucoup, moi le sage et toi le fou, tu es l'éclair et moi la poudre, toi la paille et moi la poutre, tu es le surmoi de mon ça, c'est toi Charybde et moi Scylla, tu es la mère et moi le doute, tu es le néant et moi le tout, tu es le chant de ma sirène, toi tu es le sang et moi la veine, t'es le jamais de mon toujours, t'es mon amour t'es mon amour.
 

Cela lui va comme un gant n’est-ce pas ? Bon d’accord, comme une mitaine. De toute façon, on s’en fiche…

 

C’était ma minute « potins ».