Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Rencard : : Place Foch à Ajaccio les 4, 5 et 6 juillet. Salon du polar et sortie de "Noirs de Corse - Piccule Fictions"...
Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
503 : Plus que quelques jours pour la souscription...
Roger : ou je tringle ou je me flingue...
483 : Allez faites un effort
1 policier : Je suis pas commissaire comme Flippi mais si Hugues se nomme Capet, il pourrait être le père d'Adrienne... mais on me demmandera pas mon avis...
Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
PolieTique : Insecte parasite du veau et du mouton de Panurge
Polisson : pratique l'érotisme
Erotisme : Luxure polie
Crocodile : Si Ben a raison, c'est Dali qu'a tort...
Mulot : rat Duchamp
463 : N'attendez plus. Souscrivez maintenant
451 : La souscription pour Noirs de Corse Piccule fictions a besoin de vous
Babar : Je ne suis pas Tarzan pour sauter d'un arbre dans un trou de souris... j'attends un parachute ou l'automne.
Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
Cancan : Candide? Qu'en dis-tu? Et qu'en dira le qu'en dira-t-on? Qu'en dit le candidat? Qu'en dis-je, moi-même? Il faudrait être candide pour y croire.
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Publié le 26 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Les deux frères avaient quitté le village aux aurores et s’étaient faufilés en silence dans la châtaigneraie à un kilomètre de là. Ils s’installèrent derrière un buisson, assis côte à côte. - Dis Dumè, il ne va pas falloir le rater… Chuchota Migué. - Ne t’inquiète pas mon frère, j’ai graissé mon calibre, je l’ai chargé et j’ai les poches bourrées de munitions. Il ne va pas tarder à arriver. - Quelle heure est-il ? - Six heures dix. Encore vingt minutes et ce chacal ne sera plus de ce monde, déclara-t-il en soupirant d’aise. - Notre pauvre père serait fier de nous. Hein Dumè ? - Tu as raison. Il doit gonfler le torse dans sa tombe ! Nous, ses fils, nous allons enfin descendre cette vermine de Francè. Un de la famille de ceux que nous détestons depuis six générations… - Oui… Six générations qui attendaient la vengeance et c’est nous qui allons la leur donner. - Dis Migué, finalement, sais-tu pourquoi nos deux familles se haïssent autant ? - Non mais quelle importance ? Notre père nous a dit sa haine et celle de ses ancêtres. C’est notre sang qui doit parler et avoir le dernier mot. Encore cinq minutes, nous devrions nous taire. Il a l’ouïe fine ce parasite. Méfions-nous. Les deux hommes, totalement immobiles, se tenaient aux aguets. Francè passait chaque jour sous les châtaigniers à six heures trente avec son chien pour sa promenade matinale. Tout le village le savait. Chacun connaît les habitudes de chacun dans un village… - Ce n’est pas l’heure ? Demanda Migué dans un murmure à peine audible. Dumè regarda sa montre et haussa les sourcils. - Si… Il est trente et une… Ne bougeons surtout pas. Un bruissement de feuilles les fit sursauter. Lorsqu’ils aperçurent le renard apeuré par leur présence qui s’éloignait en courant, ils échangèrent un petit sourire entendu. Le prochain bruissement serait le bon… Mais le prochain bruissement se faisait attendre. Un quart d’heure avait passé. Les deux frères s’impatientaient. Quand ils entendirent au loin sonner sept coups au clocher de l’église, Dumè se pencha vers Migué : - Sept heures ! Mon Dieu ! Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé ! Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 21 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
- Bonjour Madame Tartarin ! Comment allez-vous ? Claironna l’épicière en apercevant la jeune femme qui rentrait dans le magasin, une laitue dans chaque main. - On fait aller ! Mon mari a la grippe et comme tous les hommes, c’est un mauvais malade… - Alors là, je ne vous le fais pas dire ! Ça fait 2,60 euros. Bon courage Madame Tartarin ! Madame Pignol attendait son tour, l’oreille attentive. Elle posa un paquet de spaghettis n° 7 et une boîte de sauce bolognaise sur le comptoir et dès que Madame Tartarin sortit, elle demanda à l’épicière : - Y’a une épidémie de grippe ? - J’en sais rien mais le mari de la dame d’avant vous l’a attrapée en tout cas. Peut-être qu’il a côtoyé des gens qui incubaient ! 5,45 euros. Merci Madame Pignol. Bon après-midi ! Madame Pignol quitta l’épicerie pour se rendre à la boulangerie mitoyenne. - Bonjour Madame Pignol ! Une baguette comme d’habitude ? - Oui, s’il vous plait. Vous savez qu’il y a une épidémie de grippe ? - Oh non ! J’aurais dû me faire vacciner. Je le dis tous les ans mais… Puis Madame Pignol baissant le ton : - C’est Monsieur Tartarin qui a la grippe et l’épicière m’a dit qu’il l’avait eue à cause de ses fréquentations cubaines. - Vous me rassurez Madame Pignol. 80 centimes. Madame Cruchon, une ficelle comme d’habitude ? Madame Cruchon se planta devant la caisse enregistreuse dès que Madame Pignol eut libéré la place. - Non, une baguette ! Ma fille vient dîner à la maison ce soir ! - Je suis contente pour vous ! Dîtes, vous savez qu’il y a une épidémie de grippe cubaine ? - Nom de Dieu ! C’est grave ? - Je n’en sais rien mais Monsieur Tartarin l’a attrapée. - Il est allé à Cuba ? - Oui, sûrement. 80 centimes. - Quelle idée aussi d’aller s’exposer aux maladies étrangères… Madame Pignol sortit d’un pas si rapide de la boulangerie qu’elle bouscula Madame Merlin qui arrivait en sens inverse. - Oh pardon Madame Merlin ! - Y’a pas de mal Madame Pignol ! Quoi de neuf ? - Figurez-vous que Monsieur Tartarin est allé à Cuba. Il a ramené une grave maladie de là-bas… - Et Madame Tartarin ? - Il parait qu’elle n’a rien. Je suppose que Monsieur Tartarin était parti sans elle… Forcément… - Tous les mêmes ces hommes. Ça se soigne sa maladie ? - On n’en sait rien… Madame Merlin, fort contrariée, signifia son congé à Madame Pignol et rentra chez elle. Dans le hall de l’immeuble, elle croisa Madame Bichon. - Madame Bichon, je viens d’apprendre une terrible nouvelle ! - Quoi ? Que se passe-t-il ? - Monsieur Tartarin est allé à Cuba sans son épouse -ils avaient dû probablement se disputer- et voilà qu’à son retour, il est tombé gravement malade. Une maladie bizarre qu’il a contractée là-bas. Il va peut-être mourir. - Comme c’est triste ! Madame Tarascon doit être aux quatre cents coups ! Répondit Madame Merlin avant de quitter l’immeuble. Quand elle rencontra Madame Mouton au bout de la rue, elle se jeta littéralement sur elle. - Madame Mouton ! C’est incroyable ! Je viens d’apprendre que Monsieur Tartarin est mourant ! Il a une maladie incurable… - Oh ! Quelle tristesse ! Un si gentil garçon ! Il avait tout pour lui ! - Oui mais n’empêche qu’il était parti en vacances sans Madame Tartatin ! C’est dans un pays étranger qu’il a chopé la maladie. - Ah ? Alors… - Autant, il est déjà mort à l’heure qu’il est… Madame Mouton s’empressa de sortir son téléphone de son sac à main et appela Madame Pernichon, sa voisine en vacances dont elle avait, en son absence, la charge de l’arrosage des plantes de l’appartement. - Madame Pernichon ! Je vous appelle pour vous dire… Non, non… Vos plantes vont bien… Je devais vous tenir informée des nouvelles du quartier… Monsieur Tartarin est gravement malade… Il ne passera pas la journée… Alors que Madame Pernichon rentrait de vacances le lendemain après-midi et que sa voiture stationnait devant l’immeuble afin de décharger ses valises, elle aperçut Madame Tartarin sur le trottoir d’en face. Elle traversa vivement la rue et se dirigea, la mine défaite, vers la jeune femme. Elle lui prit les deux mains et plongea son regard attristé dans le sien. - Mes condoléances Madame Tartarin. Courage… Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 19 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Quand Claude descendit de sa feuille de laurier rose sur la plate-bande gazonnée en face de la boulangerie, il était déjà onze heures et quart. Il lui restait donc un peu moins de trois heures pour se faufiler entre les brins de gazon, franchir ensuite la distance qui le séparait de la chaussée, traverser l’avenue à deux voies, escalader le trottoir et enfin atteindre le rosier de la plate-bande d’en face pour y retrouver Dominique. Il risquait ainsi sa vie à trop aimer. Il le savait. La brutalité d’une semelle, la cruauté d’un enfant, la menace d’un pneu… Les dangers étaient multiples pour un gastéropode amoureux décidé à parcourir vingt mètres pour retrouver l’amour. Dominique l’attendait placidement au pied du rosier et guettait son élu avec confiance, se souvenant que la semaine précédente c’était son tour de rejoindre Claude et qu’il ne lui était rien arrivé de fâcheux. Claude s’arrêta au bord de la chaussée détrempée. Il avait plu toute la nuit et le temps lui sembla idéal. Les pieds des passants canonnaient tout autour de lui comme des obus ratant leur cible, l’éclaboussant au passage de quelques éclats de flaques boueuses. Quand il atteignit la route, le flux incessant des voitures avait considérablement baissé. Les gens déjeunaient et avaient délaissé leurs pneus dévastateurs le temps du repas. Claude devait en profiter. Il échappa de justesse à un bus puis, quelques minutes plus tard, à une bicyclette. Il ne traînait pas. Toute son énergie était concentrée en une seule ligne droite, celle qui le séparait de Dominique. Il rétracta ses tentacules à deux reprises, persuadé qu’il se trouvait sur la trajectoire des pneus qui fonçaient vers lui. Mais non. A chaque fois, il avait senti le déplacement d’air provoqué par le véhicule mais aucun choc. Il était presque quatorze heures lorsqu’il parvint tout près du bord du trottoir qui le mènerait à Dominique. Il pouvait déjà apercevoir le rosier sur lequel ils s’étaient donnés rendez-vous. Il n’avait plus qu’à franchir la dernière ligne droite. Il était épuisé. - Oh ! Maman ! Regarde l’escargot ! Le pauvre, il va se faire écraser ! S’écria Elodie en se penchant sur l’escargot, la main enfouie dans celle de sa mère. La mère et la fille s’apprêtaient à traverser l’avenue, reprenant en sens inverse le chemin parcouru par Claude. - Maman ! Je peux le prendre et le poser de l’autre côté, à l’abri, quand on aura traversé ? La mère soupira mais accepta. L’enfant se baissa et attrapa délicatement le gastéropode entre son pouce et son index. C’est ainsi qu’un quart d’heure avant son rendez-vous avec Dominique, Claude, en quelques secondes, se retrouva à nouveau sur sa feuille de laurier.

Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 05 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Lorsque la croche s’échappa du violon, elle s’élança au-dessus de l’assistance attentive puis virevolta, effleurant délicatement chacun des auditeurs. Enivrante, envoûtante, étourdissante, elle tourbillonna, en quête d’une apogée réussie. Tout à son destin, elle ne vit pas immédiatement le trémolo qui flottait derrière elle, né dans un souffle de clarinette. C’est quand il s’approcha d’elle qu’elle se sentit soudain submergée par une vibration ondoyante. Imprégnée de cette pulsation inattendue, elle s’abandonna à la musique de cette rencontre sans résistance. Leur mélodie inopinée résonnait en un crescendo infini, léger mais puissant. Doux mais fort. Sensuel mais vigoureux. L’assemblée était suspendue à ce duo improvisé, le souffle coupé par l’harmonie de ce rendez-vous exceptionnel dont elle était le témoin. La croche et le trémolo, en un accord parfait, s’enroulaient en volutes mélodieuses. De cette osmose émanait la magie de la beauté d’un son. Un éclat de bonheur échappé d’une partition et accroché à la voûte d’une salle de concert à la merci d’un public déconcerté par cette merveille presque impudique. Ils n’étaient plus qu’un, ré-unis, enclins à la sérénade, prêts à la fugue. Là. Dos à dos. Si proches. Prêts à grappiller un dièse ou bémol à leur portée pour se fondre davantage. Mi fats, mi fous de tant s’aimer. Mots d’aubade. Mots d’amour. Accord éphémère. Silence. Pause. Soupir. Toujours n’existe pas. Tout s’interrompt, aussi puissant soit-il. L’éternité a perdu sa clef. Clef de fa. Clef de do. Fado. Le chef d’orchestre, dans un dernier battement de baguette, fit taire la symphonie. Seuls résonnèrent encore une croche et un trémolo sous un tonnerre d’applaudissement. Puis ils s’estompèrent en sourdine ne laissant derrière eux que le souvenir extasié de leur unisson. Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 21 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Non, peut-être, il ne sait pas, allez savoir Demain, hier, il y a deux jours, ce soir Il l’attendait, il l’espérera, il l’ignore Il dit, il balbutie, il la hait, il l’adore Oui, jamais, il sait, on ne sait pas Hier, demain, dans deux jours, ce soir-là Il avance, il renonce, il l’accompagne Il la joue, il la perd, il la gagne Il se dégage, il s’engage, il s’enfuit Il la double, il la sème, il la poursuit Il rit, il pleure, il vit, il meurt Partout, nulle part, par ici, ailleurs Il s’interroge, il se tait, il conclut, il suppose Elle est tout, elle est rien, elle est toute chose Elle est bruit, elle est écho, elle est silence Elle est trouble, elle est folie, elle est prudence Il lui a dit « peut-être mais attend » D’hésitation en questionnement Et d’un « peut-être » trop évoqué Ne resta qu’un « peut-être » disloqué. Copyright © 2008 Martine Rousset
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