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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, quand ça lui chante, à 7 heures 53, plus tôt ou plus tard, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ourse, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Tribune libre
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
tassuad : ce jour là j'étais à Santa Reparata di Balagna dans la salle communale où un orchestre jouait , j'ai sorti mon harmo et je fus accepté illico
Le Doc : Va être épuisée la danseuse,elle est en transe depuis le 24 mai!
Cigale : Ben ca lui chante pas souvent à 7H53
Nostalgie : Pourquoi nous priver de tous ces jolis textes nous sommes orphelins de ce blog. Tristes aussi. Amitiès
TASSUAD : AVEC DE LA CHANTILLY MAISON
Owlette : Dessert: 2 tartes..2!
Roger : Mais quelle surprise,pourqu oi ne pas parler de moi, je le vaut bien
MARTINE : Ifrance ne veut pas de moi ! Et zut... Je hais la technique...
Acrostiche : Nous souhaitons ta présence.Se souvenir c'est bien mais lire c'est mieux REVIENS
Acrostiche : Rine que de temps en temps.Etpour nous faire plaisir.Viens nous distraire.Inven tes,tu sais si bien le faire.Emportes nous dans tes contes.
Un ami : Si tu pleures trop parceque tu as perdu ton soleil,tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.
Le blog : C'est le desert total, je suis désespéré, je commence une dépréssion.
C'est Nous : Pourquoi nous laisser tomber?
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Nostalgie : Comme ce blog manque! 2 fois par semaine c'est trop demander?
tassuad : je l'ai vu en concert il y a longtemps un bonheur !!!
micorne : Barbara, un vrai bonheur merci Martine
Owlette : Sublime Barbara! Vive les 100000
3 connecté : pour quoi? ils attendent le passage des coureurs ? dopés
connecté : 6 connectés ? circulez ya rien à voir
Le Blog : He alors Martine ? Et moi, suis toujours là, j'ai faim, donnes moi des mots svp.
tassuad : le blog est mort ! vive le blog !
Ouf : Il était temps!
Kikéla : chouette la blogueuese.Quel le bonne surprise . youpi tralala
tassuad : digne? dingue? tong?
Enfin : Le retour. Sonnes les Martines !
Owlette : tout, blog et carabistouilles confondus
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Publié le Vendredi 21 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Au secours !

Vous allez être probablement surpris, voire révoltés mais pourtant je dois parler.

 

Je suis le nègre littéraire de Martine. Je n’aime pas ce mot mais il faut bien appeler un rhododendron, un rhododendron (ou un chat, un chat, c’est vous qui voyez).

 

Je suis parvenu à lui soutirer son mot de passe après deux Martini et je viens me réfugier dans les entrailles de son blog pour y laisser filtrer ma détresse. Il est temps que cela se finisse. Je n’en peux plus.

Martine est un tyran. Totalement incapable d’aligner par écrit plus de deux mots –surchargés de fautes de surcroît-, après lui avoir écrit « Mystères d’âmes », elle m’oblige maintenant à lui rédiger ses articles pour son blog. Pendant ce temps, elle surveille avec des jumelles la route qui mène au village en marmonnant sans cesse : « Et alors ? Il va arriver ce prince charmant ? ». Accoudée à la fenêtre, elle ronchonne, les jumelles tellement scotchées à ses yeux que lorsqu’elle les retire, il lui reste deux marques rondes qui laissent penser que sa mutation en hibou est toute proche. La sagesse en moins.

 

Elle m’interdit de sortir et de parler à quiconque. Elle est même si méfiante qu’elle marque d’un petit trait la bouteille de Chateauneuf du Pape pour être certaine que je n’y ai pas touché.

 

Jamais elle ne me félicite ni ne m’encourage et quand j’ai terminé ma journée, elle m’envoie dans mon placard où je passe mes nuits entre les ossements d’un vieil amant oublié et une pile de draps.

 

Pourquoi je ne m’enfuis pas ? Parce que j’ai peur figurez-vous. Son despotisme me terrorise.

Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour qu’elle ne lise pas le blog aujourd’hui. Mais étant donné le verglas, elle sera probablement occupée toute la journée à sabler la route afin que son soi-disant prince charmant ne se viande pas dans un virage au cas où il arriverait.

 

J’espère que vous entendrez mon appel. Mais si vous voulez me libérer, soyez prudents... Cette fille est complètement tarée.

Publié le Jeudi 20 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

Sur la pointe d’une colline se dresse dans le plus grand secret un tombeau en pierre sèche recouvert d’un sobre dôme en lauzes habilement taillées. A présent totalement camouflé par la végétation, il a finalement échappé aux yeux des promeneurs, de toute façon inhabituels en cet endroit isolé.

 

Pourtant un homme qui se savait malade l’avait fait construire un jour en choisissant avec soin l’endroit, face à la mer et au soleil levant. Des hommes y avaient travaillé plusieurs jours en charriant des pierres sous un soleil de plomb. Un menuisier avait fabriqué une porte admirable en châtaigner fort coûteuse. En ce temps-là, si on en avait les moyens, on installait la mort confortablement et durablement.

 

Puis un triste matin, le tombeau fut en passe d’être occupé. Une femme et des enfants ont versé des larmes silencieuses déchirant les cœurs à l'église puis lors de la longue marche qui mena leur époux et père dans ses pierres. Ils reviendraient là chaque jour, déposant une fleur ou simplement quelques herbes sèches rassemblées en bouquet. L’épouse savait qu’elle avait sa place près de son mari aimé et que le jour viendrait où l’éternité l’appellerait à elle, elle aussi.

Aujourd’hui, ces deux-là sont toujours face à la mer et au soleil levant. Personne ne sait plus qu’ils s’étreignent dans la mort sous quelques lauzes verdies. Ils ont disparu de la mémoire et du regard des vivants qui se sont succédé. Ils en ont été protégés.

 

L’éternité n’a peut-être finalement un sens que pour ceux qui se font oublier.

Publié le Lundi 17 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

J’ai passé de nombreuses années le nez dans les entrailles de la Corse à m’intéresser à la généalogie et à l’histoire des familles insulaires. J’ai voyagé dans le temps en déchiffrant –parfois péniblement- des centaines de pages écrites à la plume et en visionnant des kilomètres de bobines de microfilms. J’y ai découvert des secrets de famille, des événements tragiques, des détails amusants, d’autres troublants.

 

Sordide…

 

Les abandons d’enfants, victimes de l’adultère, de l’inceste, du viol ou de la misère étaient fort nombreux. Ces petits bouts d’chou appelés trovatelli étaient parfois abandonnés de telle façon qu’on les retrouve rapidement mais pas tous… A Corté, en 1814, le maire apprend par deux militaires en garnison dans la commune, que d’après les pleurs qu’ils ont entendus, un enfant vivant se trouverait dans l’un des tombeaux de l’église d’un ancien couvent… Ainsi fut sauvée la petite Marie Geronima, « d’un âge très tendre qu’on a jugé de dix à douze jours, laquelle était enveloppée dans un vieux linge et une petite veste de toile, couverte d’un morceau de drap ou sac de laine corse, la tête dans un vieux bonnet ou coiffe de soie noire, tout déchiré, bandée d’une vieille toile d’indienne à la bouche tellement serrée que le visage en était devenu livide »

 

Perspicacité

 

En mars 1842, dans un petit village de Castagniccia, Antonio Paolo déclare que Maria Giovanna, son épouse avec laquelle il a contracté mariage en décembre 1841, a accouché ce jour d’un enfant, lequel « donne tous les signes d’être parvenu à maturité, soit la perfection des membres, les cheveux colorés et clairs et les ongles solides, pleurant et ressentant le besoin et la capacité de téter, les testicules descendues, qu’il est venu 111 jours après le mariage, qu’il ne le considère pas comme son fils ». Il laisse d’ailleurs au maire le soin de lui donner le prénom de son choix. Ce fut Giovanni.

Mais pour cette histoire, le plus savoureux est peut-être ce qui s’est passé le jour où j’ai découvert cet acte. J’étais à la mairie de ce petit village et je me suis octroyée dans l’après-midi une pause à l’extérieur. J’y ai trouvé près de l’église deux messieurs qui furent très vite intrigués par la présence d’une inconnue sur la place de l’église. Je leur ai expliqué pourquoi j’étais là et je me suis amusée à leur raconter l’anecdote que je venais de découvrir. L’un d’eux, immédiatement, m’a demandé le nom de famille de l’épouse. Près de 160 ans après les faits, je pouvais le dire. Je l’ai donc fait. Sa réponse fut instantanée : « Ben, ça ne m’étonne pas ! ».

 

Homonymie

 

Dans les années 1850 à Corté, le gendarme Tapie déclare la naissance de son fils, Bernard...

 

Troublant

 

Une dame me demanda un jour de faire une recherche sur son arrière grand-père, patron pêcheur, qui, selon la mémoire familiale, aurait péri dans un naufrage aux alentours de 1880 lors d’une tempête dans le port de Bastia. Grâce aux journaux de l’époque, il fut possible de retrouver la trace du naufrage, le récit du drame et de connaître également le nom du bateau, éléments qu’elle ignorait totalement. Le bateau s’appelait « Le Frédéric ». C’était justement le prénom qu’elle avait donné à son fils unique…

 

Il y aurait tant à raconter… Des bribes d’histoires, des histoires entières, certaines totalement incroyables. Plongez-vous par exemple un jour dans les archives des journaux de la Corse, en quelques pages, vous aurez changé de siècle. Et si vous êtes vraiment très (mais vraiment très…) patient, amusez-vous à consulter des documents bien plus anciens rédigés par des prêtres ou des notaires. Vous rencontrerez des Corses ayant vécu au 16ème siècle et qui portaient de bien jolis prénoms tels que Riucello, Pompilio, Bertuccino, Manoritta, Trolio, Garello, Deodato, Dariodante, Napulione, Vecchiaccio, Guidone, Fraticello, Zergone, Cagnone, Carneviva, Gallimoro, Reginenso, Mannone, Marmazotto, Retale, Facendino, Nigrone, Capanone, Andriuculo, Salomone, Rondinello pour les hommes ; et Altalabella, Biancafiore, Sposa, Caspiola, Zampina  pour les femmes. Et quelques surnoms, toutes époques confondues : Forzuculu, Bella Moglie, Porco Grasso, Angelica del Zambo, Il curto, Tittone, Mezzo Prete, Bocca di Broccio, Culunudo. Pour Culunudo, il faut dire qu'il était attribué à une femme, accusée en 1784 d'être "maquerelle publique"...

Bon, je vous laisse tranquilles avec mes « vieilleries », lesquelles bien souvent n'intéressent que moi... Mais c'est mon blog. Et je dis ce que je veux. Voilà.

Publié le Vendredi 14 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

A force d’observer, d’écouter, il y a toujours un petit détail qui interpelle. « Ohé ! Je suis le petit détail ! Regarde comme je suis intéressant ! ». Alors, voyez-vous, le petit détail en question, en ce qui me concerne j’ai vite fait de lui bloquer les pattes arrière avant qu’il ne change d’avis, et de l’embarquer dans ma tanière. Vous n’imaginez pas le nombre de détails que j’ai emmagasiné depuis toutes ces années. J’en ai toute une armoire, bien empilés avec quelques sachets de lavande. Et de temps en temps, j’en sors un et je l’utilise.

 

Eh bien oui. Je le reconnais. Je suis une détaillophile qui frise la détaillopathie. Je me délecte du petit détail croustillant, de la petite virgule humaine à peine perceptible, de l’infime part d’on ne sait quoi et qui peut tout changer. Et quand j’en vois un… Je saute dessus, l’œil brillant et la mine satisfaite.

 

Le détail n’est pas insignifiant. Loin s’en faut. Il est parfois le seul à resurgir intact d’une situation qu’on a pourtant vécue dans son intégralité. Un mot, une idée ou une simple sensation qui subsiste.

Il peut également peser très lourd. Le fameux détail qui tue peut être rédhibitoire…

 

Le détail fait sortir du contexte et permet la bifurcation. Il mène souvent à la fantaisie et à la couleur. Il ornemente et décore nos textes, nos esprits et plus largement, nos pensées. Il intensifie aussi quelquefois.

 

Alors, anodin un détail ?

Publié le Mercredi 12 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Santolini est originaire de Muchieto, hameau de la commune de Cervione et fut arrêté l’année précédente pour vol sur le grand chemin à main armée et blessure d’un citoyen avec ses armes.

A peine arrêté, la machine judiciaire s’est mise en marche et le 11 thermidor de l’an XI (le 30 juillet 1803 en des temps plus grégoriens), le Tribunal Criminel et Spécial du Département du Golo le condamnait à la peine de mort. Depuis, il croupit dans une cellule insalubre de la prison de la citadelle de Bastia.  Son avocat avait bien déposé un pourvoi en cassation mais c’était sans y croire. Santolini, lui, y croyait dur comme fer puisque l’homme qu’il avait blessé se portait à présent tout à fait bien. L’avocat avait raison… Le 14 vendémiaire de l’an XII (7 octobre 1803) le Tribunal de Cassation rejetait le pourvoi. La condamnation à mort était confirmée et l’exécution inéluctable. Santolini n’avait plus qu’à attendre parmi tous ces détenus pour la plupart malades et affaiblis.
 

Le lundi 17 floréal de l’an XII (7 mai 1804), Joseph Boulle, officier ministériel près du même Tribunal Criminel et Spécial du département du Golo, reçoit sur son bureau l’ordre d’exécution de Santolini. Ce dernier ne le sait pas encore.
 

Il est sept heures du matin et Boulle se rend immédiatement à la prison. Il fait extraire Santolini de sa cellule et ordonne son isolement dans une autre cellule. Santolini n’a pas besoin d’entendre le discours de Boulle pour comprendre. Dès que les gardes sont venus le chercher, il a su que c’était là son dernier matin.
- Le jugement rendu par la Cour de Cassation rejetant votre pourvoi et qui vous condamne à la peine de mort sera mis à exécution sur votre personne à quatre heures précises.
Les mots de l’officier ministériel parviennent vaguement à l’esprit de Santolini. Seul résonne le « à quatre heures précises ».
- Voulez-vous qu’un ou deux ministres du culte vienne vous assister et vous conforter à la mort ?
Dans un soupir, Santolini en demande deux. Sa voix est à peine audible.
Les deux prêtres arriveront quelques instants plus tard et resteront avec le condamné. Prières, confession, encouragements. Santolini, la mort n’est rien si vous croyez en Dieu. D’où l’intérêt d’y croire…  

Trois heures trente. Boulle se rend à nouveau à la prison. Dans la cour, un détachement de troupe du vingtième régiment et du vingt troisième d’infanterie légère de la garnison de la place de Bastia, ainsi que trois brigades de gendarmes tant à pied qu’à cheval sont en place, tous sur les armes.
 

Des gendarmes vont chercher Santolini pour le remettre à « l’exécuteur des jugements criminels ». Le bourreau, tout simplement. Ce dernier le revêt d’une chemise rouge et l’attache avec une corde. Les prêtres ne le quittent pas. On le conduit sur la placette du Champ de Mars, tout près de l’ancien gouvernement, lieu habituel des exécutions. On bat tambour sur les caisses sur son passage.
 Dès que la troupe et les gendarmes ouvrent leur rang pour les laisser passer, Santolini aperçoit la guillotine qui trône sur l’échafaud. Puis tout va très vite. Le bourreau le couche sur le ventre, l’attache sous la coulisse, glisse sa tête dans la demie lunette et sans attendre fait descendre le mouton. 

« Le tranchant ayant frappé et séparé de sitôt la tête du corps du dit Jean-Pierre Santolini et son corps a été fait cadavre et privé de la vie. Le tout en vertu du dit jugement contre lui rendu à la peine de mort et le tout a été fait et exécuté comme dessus en présence de tout un public, par le dit exécuteur des jugements criminels de ce département, le dit jour et heure que dessus et de tout quoi avons dressé le présent procès-verbal de l’exécution faite par le dit exécuteur de la mise à mort du dit Jean-Pierre Santolini ; le tout pour servir et valoir à ce que raison sera. Le tout fait l’an, mois, jour, lieu et heure que dessus. Dont acte et les chefs du détachement des dits gendarmes ont signé avec nous. »


L’original  du procès-verbal intégral se trouve aux Archives Départementales de la Haute-Corse (cote 2U2/12). Je l’avais trouvé par hasard et photocopié en me disant qu’un jour, j’aurais peut-être l’occasion de faire un clin d’œil posthume à ce Santolini. Je n’ai rien inventé. C’est une page du passé qui a réellement existé. Je l’ai juste racontée en ne conservant dans leur intégralité que les dernières lignes en guise de conclusion. Le tout pour servir et valoir à ce que raison sera…