Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
Fernand : Je soutiens georges mais Martine ne veut pas déroger...
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Publié le 11 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Au secours !
- Non ! - Quoi non ? - Vous ne pouvez pas fumer ici madame… Loi 91-32 du 10 janvier 1991, article 16. Il est interdit de fumer dans tous les locaux à usage collectif. Et ici, vous êtes dans un restaurant à usage collectif. Je vous sers un apéritif ? Le serveur reste planté devant la jeune femme et son amie, son carnet de commande à la main et son stylo suspendu à leur réponse. - Un Martini. Avec une rondelle de citron non traité, deux glaçons d’eau minérale, une olive verte de petit calibre plantée dans un cure-dent en bois imputrescible, demande-t-elle, sarcastique, en se levant pour traverser la salle de restaurant et allumer sa cigarette à l’extérieur. Sa copine, fumeuse elle aussi, lui emboîte le pas. Il fait froid dehors et elles entament à peine nos leurs* cigarettes. Lorsqu’elles rentrent à nouveau, leurs Martini les attendent. Une rondelle de citron et une olive noire flottent à la surface. Au fond de la salle, une fumée acre et désagréable s’échappe du four à pizza. Elles font leur choix sur le menu. Le serveur revient. - Vous avez choisi ? La copine commande une pizza aux poivrons. L’autre fait mine d’hésiter. - Vous avez quelque chose cuit à la vapeur ? - Euh… Non… - Vous n’avez rien qui serait une nourriture pas trop riche ? A force de consommer tous ces plats gras, nous courrons tous vers l’infarctus… - Mais vous êtes au restaurant ! C’est un moment de détente et vous pouvez vous accorder une fantaisie ! - Un peu comme la cigarette de tout à l’heure, oui… Allez, donnez-moi une pizza aux poivrons à moi aussi. Ils sont bios vos poivrons ? - Non madame. Mais ils sont très frais. - Envoyez. Dites, c’est normal toute cette fumée qui provient de votre four ? - Oui, ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal. Et que désirez-vous boire ? Elles commandent un verre de vin chacune. La pizza n’est pas inoubliable et le poivron semble tout droit sorti d’une boîte de conserve. Elles ne disent rien. Deux cafés et l’addition. La jeune femme prend sa voiture et démarre pour ramener son amie chez elle à cinq minutes de là. Elle ne fait pas cinq cents mètres. Barrage de police. - Les papiers du véhicules et votre permis de conduire. Elle soupire mais elle a. Elle a et elle donne. Avec un sourire en prime. Le policier sort un Alcootest. Ok. Elle souffle. - Sortez du véhicule, lui ordonne le type. Elle obtempère… Difficile de ne pas obtempérer… - Vous avez 0,51 gr/l. Article R 234-1 du Code de la Route. Contravention de 4ème classe et 6 points de retrait. Elle hallucine… Un Martini et un verre de vin… Quand elle pense que lorsqu’elle était une toute jeune fille… Bref. Ça ne se raconte pas. - Et je peux fumer pendant que vous dressez la contravention ?
* Je dis "leurs" car si j'avais dit "nos", je n'aurais plus mes douze points à mon permis (cf. commentaire)...
Publié le 10 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Petite chose laide que l’on trouve magnifique Petit corps que l’on découvre en lui comptant fébrilement les doigts et les orteils Petite chose qui sera le démon de nos nuits mais qui restera notre ange Bout de soi que l’on aime au-delà de soi Petit être conçu d’une goutte de notre existence Fragment de notre hier qui nous laisse croire que demain sera fait de quelque chose Petit ventre hurlant qui nous bouffe nos heures Miette de nous offerte à l’avenir d’un autre Moments qui ne sont plus nôtres Instants de notre temps que l’on abandonne Vie partie de nulle part à peine éclairée d’une lueur d’espoir Petite âme pure qui ne sait rien et dont on ne sait rien encore Bout de chemin que l’on s’offre à faire ensemble Chair de notre chair dont les blessures font si mal Sang de notre sang qui n’est plus mêlé Douceur d'attendre ton premier sourire Douleur de savoir que l’on va se perdre un jour.
Publié le 08 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Il parait qu’à une époque lointaine, les gens voyaient beaucoup plus loin que le bout de leur nez qu’aujourd’hui et ceux qui ne cultivaient pas cette qualité étaient fort rares. On les craignait tant qu’on les chassait de leur communauté car on disait d’eux qu’ils empêchaient les autres d’avoir leurs propres pensées tant leur étroitesse d’esprit faisait peur. C’est ainsi qu’Ambroise et Romaric se retrouvèrent sur des chemins inconnus, leur baluchon sur l’épaule et quelques pièces en poche. Ils errèrent plusieurs jours sans rencontrer âme qui vive, se nourrissant des baies sauvages qu’ils trouvaient sur leur route. Ainsi, le nez sur leurs souliers, ils marchaient côte à côte en silence. Ils ne virent ni la beauté de l’horizon rougi par le soleil couchant, ni les maisonnettes aux cheminées fumantes accrochées aux collines. Les yeux rivés au sol, ils avançaient sans questions et sans curiosité. Ils suivaient scrupuleusement le sentier, se disant qu’il allait bien les mener quelque part. Au huitième jour, ils croisèrent un vieillard qui portait péniblement quelques bûches. Le vieil homme, intrigué par la présence de ces deux inconnus, les interpella : - Où allez-vous ? Les deux garçons haussèrent les épaules. Ils n’en savaient rien. - Là où mène ce chemin, répondit Ambroise, nous avons été chassés de chez nous parce que nous ne voyons pas plus loin que le bout de notre nez. Le visage du vieil homme s’illumina. Ses deux filles n’étaient donc pas les seules dans ce cas ! Il était cependant parvenu à le cacher aux autres villageois car il n’avait pas le cœur à les chasser de sa maison. Néanmoins, il ne parvenait bien évidemment pas à les marier… « Ces deux garçons feraient probablement d’excellents maris pour elles », pensait-il au moment où il les invita à le suivre. C’est ainsi qu’il leur donna ses deux filles pour femmes. Sa maison était suffisamment grande pour qu’ils y vivent tous mais un jour, il n’en pu plus tant les jeunes gens dépendaient de lui, incapables de se créer une pensée ou de produire un avis. Exaspéré, il chassa ses filles et leurs maris de chez lui. Ces derniers construisirent une cabane au bout d’un sentier qui ne menait nulle part et s’y installèrent tant bien que mal. Ils eurent des enfants qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez et de génération en génération, les cabanes se multiplièrent. Voilà comment ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez se répandirent dans le monde entier.
Publié le 03 décembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Une ligne droite, tracée il y a fort longtemps dans un cahier d’écolier, se trouvait bien quelconque. Elle se pensait fade, inutile, insignifiante, négligeable et s’ennuyait terriblement. Un jour, elle prit tout son courage et s’en alla visiter le reste du cahier. Elle se balada de page en page, cachée entre les lignes, et admira les angles, les triangles, les cercles et surtout, découvrit les étoiles dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Elle envia au passage ses sœurs perpendiculaires lesquelles au moins connaissaient la rencontre, et même ses sœurs parallèles qui malgré tout, ce côtoyaient l’une et l’autre. Tous ceux-là avaient un but. Quand notre pauvre ligne droite retourna sur sa page entre la morale et la frise, une larme minuscule glissa tout au long de son trait d’encre violette pour mourir en son extrémité. « L’étoile ne se termine jamais », se dit-elle, « elle est gaie, riche, dynamique, surprenante. Mais comment a-t-elle fait pour être une étoile ? ». Elle se sentait tristement lisse et sans surprises. Totalement et désespérément rectiligne. Elle ne servait qu’à relier ou qu’à souligner un mot dont lui seul avait de l’importance. Elle était un accessoire. Accablée par le désespoir, elle songea un instant à en finir. En finir… Elle qui se terminait de toute façon d’un côté ou de l’autre, comment pouvait-elle s’y prendre pour finir avant que l’encre ne se soit arrêtée ? Elle était piégée… Elle n’avait plus qu’à attendre que le temps ne l’efface. Elle espéra néanmoins que cela ne la ferait pas souffrir. Elle craignait tant que la douleur ne tente sadiquement de la faire se tordre pendant son agonie alors qu’elle en était incapable. Tendue, elle resta ainsi plusieurs jours immobile et raide, posée sur sa rayure Seyes, la morale suspendue au-dessus de sa tête telle une araignée à son fil et la frise aux arabesques insolentes sous elle. Elle tenta bien d’engager la conversation avec cette frise effrontément colorée et à la géométrie joliment compliquée mais celle-ci ne sembla pas l’entendre et en tout cas, ne lui répondit pas. La ligne droite n’insista pas et replongea dans son gouffre de solitude et de tristesse. Puis soudain, après que plusieurs jours passèrent encore avec leur lot de platitude, elle réalisa que si elle avait bien vu un jour le mot « Morale du jour » au ciel de sa page, elle n’était jamais néanmoins allée au-delà. A force d’écouter le silence, elle s’en était fait un complice rassurant mais aujourd’hui, celui-ci semblait lui souffler un conseil qui résonna tout au long de son unique échine. Elle prit alors connaissance des trois-quarts de ligne dont l’absence de géométrie ne l’avait jamais intéressée jusqu’à présent. « Qui a confiance en soi, conduit les autres ». (Horace) Elle ricana devant tant d’absurdité. Conduire les autres où ? « Comme les morales sont insensées !» pensa-t-elle. Comment pouvait-elle avoir confiance en elle alors qu’elle se savait inutile ? A moins que… A moins que finalement elle chercha une utilité à être inutile ? Il est vrai qu’elle n’y avait jamais songé… Une lueur d’espoir traversa la ligne droite telle l’étincelle d’une mèche que l’on vient d’allumer. C’est ainsi que la ligne droite sortit de son cahier d’écolier. Elle avait compris que si elle n’existait pas, le triangle n’aurait pas d’angles et les angles seraient un point perdu dans le néant. Que sans elle, les étoiles n’auraient pas de branches et ne seraient plus des étoiles. Que les cercles ne pourraient plus contenir ni rayon, ni diamètre. Aujourd’hui, elle est une route, un chemin, une voie… Elle est celle sans laquelle les autres figures n’existeraient pas. Elle est un éternel commencement. Mais elle est aussi le pont tout droit qui permet d’accéder aux étoiles. Celle que tous empruntent pour aller vers l’ailleurs et à laquelle s’agrippent toutes les âmes fatiguées qui s’envolent pour rejoindre leur firmament d’étoiles aux branches innombrables.
Publié le 30 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie
Blanche-Neige venait tout juste de se lever et ajustait son bandeau rouge devant son miroir en fredonnant de sa jolie voix cristalline : «Un jouuuuur mon priiiiince viendraaaa ». À cet instant, la porte de la chambre s’ouvrit brutalement et Cendrillon fit irruption dans la pièce comme une furie. Elle se campa devant Blanche-Neige et lui administra une gifle magistrale en hurlant : - Tu as couché avec Roger alors que c’était ma semaine ! - Mais tu es folle ! Je l’ai pas touché le prince charmant ! S’écria la pauvre jeune fille souffletée en sanglotant. - Si ! C’est Simplet qui me l’a dit ! Affirma Cendrillon, les yeux injectés de sang. - Tu ne vas pas croire Simplet quand même ? Depuis que lui et ses frangins ont découvert des champignons hallucinogènes dans la forêt, ils ne sont plus très crédibles… Lui fit-elle remarquer en tenant sa joue rougie. Cendrillon observait Blanche-Neige, l’air soupçonneux. Devait-elle la croire ? Depuis qu’elle avait appris que si la Belle au Bois Dormant ne quittait pas son lit, c’était tout simplement parce qu’elle était nymphomane, elle s’attendait à tout. Tant de choses s’étaient passées ces dernières années… Pinocchio et Peter Pan qui venaient de s’installer en ménage… Merlin l’Enchanteur qui avait offert à Madame Mimm un stage de relooking… Prof et Dormeur qui avaient quitté le groupe des Sept Nains & Cie pour s’associer dans une filiale de Dunlopillo… Pluto qui ne sortait plus de sa niche depuis qu’un test ADN avait révélé qu’il appartenait à une race de chien de 1ère catégorie… Minnie qui venait d’épouser Dumbo…
Après réflexion, elle accorda pour cette fois le bénéfice du doute à Blanche-Neige mais avant de quitter la pièce, elle lui lança, sardonique :
- Tu as un énorme point noir sur le nez. - Espèce de blonde. Ce furent les mots de trop. Cendrillon se retourna et attrapa Blanche-Neige par son col blanc amidonné et la renversa sur le sol mais Blanche-Neige ne se laissa pas faire et arracha une mèche de cheveux au chignon de son assaillante. Cendrillon, pour se défendre, asséna à Blanche-Neige un grand coup de pantoufle de vair sur la tête. C’est au moment où Blanche-Neige venait d’écraser une pomme empoisonnée sur le nez de son adversaire qu’une voix masculine retentit alors dans l’escalier qui menait à la chambre : - Mais enfin les filles, que se passe-t-il ? Lorsque Roger aperçut les deux jeunes filles qui se livraient bataille, il se précipita sur elles pour les séparer. - Vous êtes insupportables ! Voyez dans quel état vous êtes ! Deux chiffonnières ! Echevelées et les joues griffées, elles regardèrent béatement (courgement ?) leur charmant Roger. - Roger ! S’écrièrent-elles langoureusement en chœur, rougissantes. Le jeune homme s’en agaça et avant de tourner les talons : - Allez au diable… Moi, je vais voir la Belle au Bois Dormant, au moins avec elle je m’amuse…
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Et voilà. Vous ne saviez pas qu’il y avait un seul prince pour toutes ? Peut-être n’avez-vous pas regardé de suffisamment près les dessins animés de Walt Disney ? Ils se ressemblent en effet étrangement… Sacré Roger. Quant à nos héroïnes, elles sont finalement des filles comme toutes les filles. Elles se crêpent le chignon. Il suffisait de rentrer en catimini dans leur vie privée pour le savoir…
PS : J’aime bien le mot « catimini ». Presque autant que « bigoudi ».
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