Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
Fernand : Je soutiens georges mais Martine ne veut pas déroger...
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Publié le 27 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Antò connaît si bien sa terre que dans certains endroits, le maquis ne pousse que pour lui. Chaque matin, il emmène en chantant son troupeau de chèvre sur les sentiers escarpés dont il connaît chaque pierre. Sa voix parcourt la vallée, se mêle en passant au bruit du ruisseau pour venir enfin s’éteindre sur les buissons d’immortelles. Et en surveillant ses bêtes, assis face à la mer, il respire à pleins poumons cet air enivrant mêlé d’odeurs entêtantes de maquis. Son maquis. Il a tout juste vingt-cinq ans et sa toute jeune épouse va bientôt mettre au monde leur premier enfant. Si c’est un garçon, il l’appellera Felice, comme son pauvre père. Antò est un homme heureux. Il le sait. Un soir, alors qu’il venait de rentrer ses chèvres à la bergerie et qu’il s’apprêtait à regagner sa maison attenante à la fontaine du village, il croisa Pierre. Ils se connaissaient depuis l’enfance mais Pierre ne venait au village que pour les vacances. Jeune chef d’entreprise, il avait étudié dans une école de commerce et dirigeait une société de marketing dans la région parisienne.
- Bonjour Antò ! La journée est terminée ? - Eh oui. Je rentre chez moi comme tu vois. - Ça marche tes fromages ? - Ça va, oui. - Combien en fais-tu chaque année ? Antò réfléchit un instant : - 1 000 environ. - Pourquoi n’en fais-tu pas davantage ? Augmente ton troupeau ! - Avec la vente des cabris, cela me suffit pour vivre. Pierre s’étonna : - Mais pourtant tu aurais le temps de t’occuper d’un troupeau bien plus important ! - Le temps ? Je ne crois pas… - Mais que fais-tu en dehors de tes chèvres ? - La chasse, les champignons, la pêche parfois. Et puis ma femme va bientôt accoucher et je voudrais accorder du temps à ma petite famille. Pierre l’interrompit : - Tu devrais augmenter ton cheptel et faire davantage de fromage. Puis avec les bénéfices que tu dégagerais, tu augmenterais encore ton troupeau, et ainsi de suite. En 20 ans, tu aurais la plus grosse exploitation caprine de l’île ! Le jeune berger écoutait le jeune chef d’entreprise, les yeux écarquillés. Au bout d’un moment, il lui demanda : - Et après ? - Comment « et après » ? Mais réfléchis Antò ! Après, tu pourras prendre ta retraite ! Aller à la chasse, à la pêche, aux champignons… Vivre quoi ! Antò sourit. Il tapa gentiment sur l’épaule de Pierre et lui dit : - J’aurais vraiment dû faire des études… Allez, bon appétit et bonne soirée...
Publié le 26 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Comme tout le monde, je me pose une multitude de questions sur le Père Noël mais comme ses lutins lisent mon blog, j’ai obtenu grâce à eux quelques réponses en photos. Tout d’abord, a-t-il été bébé un jour ?
Aime-t-il réellement les enfants ?

Personne n’est parfait !
Publié le 15 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie
La vie d’un pied n’est pas forcément drôle. Le pied est un organe qui souffre, parfois écrasé, souvent malmené, on l’associe même à la bêtise. Bête comme ses pieds… Comment peut-on dire une chose pareille ! Quel manque de reconnaissance pour ceux qui nous permettent gentiment de nous déplacer et qui nous supportent à vie… Et pourtant… Avez-vous remarqué que le pied, presque autant qu’à notre cheville, peut être rattaché à l’amour ? Et voilà… Là, vous vous dîtes : « Mais que va-t-elle encore nous trouver comme idée folle ? Un inuit amoureux d’une mukluk ? Cendrillon qui en pince pour une tong ? »… Quelle imagination vous avez ! Je n’y avais même pas pensé à tout ça. Et pourquoi pas un bigoudi raide dingue d’une charentaise, pendant que vous y êtes ! Et puis d’abord, c’est quoi une mukluk ?
Non, vous n’y êtes pas du tout. Mais alors, pas du tout.
Prenez un homme et une femme. Elle, nous l’appellerons Eve pour ne pas faire compliqué. Lui, forcément, ce sera Adam. Sauf que nous les habillerons afin d’éviter tout dérapage incontrôlé de ce blog. Partons d’un bon pied, cela nous évitera de nous les prendre dans le tapis par la suite.
Les yeux éperdus d’amour (le fameux regard de courge), Adam plane à 10 000 pieds. Dès qu’elle apparaît, il est à ses pieds, juste après les avoir fait au mur. Au restaurant, pendant le pied de porc farci, il lui fait du pied sous la table. Parfois même, il se les emmêle tant il est ému.
L’arme au pied, Eve le détaille des pieds à la tête. Elle le trouve maladroit et pense qu’il s’y prend comme un pied tout en lui cassant les siens. Mais Eve n’est pas insensible au charme d’Adam… Et alors qu’il est prêt à lâcher pied, elle cède enfin.
Adam n’est pas au bout de ses peines… Eve est une maîtresse femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Alors qu’il croyait prendre pied dans une belle relation, il le perd. Pieds et poings liés, il sèchera sur pied. A-t-il eu le temps de prendre son pied ? On l’espère pour lui…
Et c’est ainsi qu’Adam a trébuché… « La preuve que la terre est ronde, c'est que les gens qui ont les pieds plats ont du mal à marcher. » (Charles de Bernard)
Publié le 12 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Elle se réveilla en sursaut. Une chaleur étouffante enveloppait la chambre et elle avait très soif. Elle repoussa le drap tout doucement, jeta un coup d’œil sur le réveil qui marquait trois heures et quart du matin et se retourna vers son mari. Il n’y était pas… Etonnée, elle se leva, enfila son peignoir jaune et ses pantoufles roses à pompons en duvet et se dirigea vers la cuisine.
Dans la pénombre, assis sur un tabouret, il était là à tourner sa cuillère dans une tasse de café, le dos arrondi et la tête baissée.
Elle se servit un grand verre d’eau fraîche et adossée au réfrigérateur, elle l’observa. Les yeux fixés sur la tasse, il semblait plongé dans ses pensées. Elle s’approcha de lui : - C’est la chaleur qui t’a réveillé ? Il tressaillit. Il ne l’avait pas entendu entrer dans la pièce. Il leva les yeux vers son épouse. Quand elle alluma la lumière de la hotte aspirante, elle s’aperçut qu’il pleurait. Elle ne l’avait jamais vu pleurer. Jamais. Ni de joie, ni de tristesse. D’une petite voix, elle s’en inquiéta : - Mais que se passe-t-il ? Quelque chose ne va pas ? Il posa la cuiller sur la table et repoussa sa tasse. Il paraissait bouleversé. - Je me souviens, c’est tout, lui répondit-il les yeux rougis. - Mais de quoi parles-tu ? - Il y a vingt ans aujourd’hui, je te demandais en mariage… Elle n’en revenait pas. Il était donc ému au souvenir de ce merveilleux jour… Et il se rappelait de la date…
Elle sentit elle aussi les larmes brouiller ses yeux puis mouiller ses joues. Elle s’assit sur le tabouret face à lui et lui dit tendrement :
- Oh ! Mon chéri… Je me souviens moi aussi de ce jour… Je n’avais pas encore dix-huit ans… - Te souviens-tu que ce jour-là, ton père nous a surpris dans ta chambre… Cela la fit sourire. Il essuya à nouveau une larme et reprit : - Il n’était pas vraiment content ton père… Tu t’en souviens ? - Bien sûr ! Comment pourrais-je oublier ce moment ! Il était tellement en colère qu’il t’a menacé ! - Je me souviens parfaitement de ses mots à ce moment-là. C’était terrible. - Mais Papa était gendarme alors tu sais, il ne faut pas lui en vouloir de s’être laissé emporter parce qu’il nous trouvait en… flagrant délit ! A présent, elle riait franchement. Elle passa machinalement sa main sur le foulard qui retenait les bigoudis de sa mise en pli. Au lieu de rire avec elle, il se mit à nouveau à sangloter. - Ce jour-là, il m’a dit « Ou tu épouses ma fille, ou je t’envoie en prison pendant vingt ans ». Sa voix résonne encore dans ma tête… Elle ne comprenait pas. - Et alors ? S’enquit-elle. Il respira profondément, attrapa la cuiller et la tritura entre ses doigts. Puis relevant la tête, il planta son regard dans celui de sa femme : - Eh bien, aujourd’hui, j’aurais été libéré…
Publié le 10 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Augustine Deschamps venait tout juste d’avoir quatre-vingt-dix-neuf ans. Bon pied, bon œil, elle tenait sa maison toute seule, lisait son journal sans lunettes, avait une mémoire infaillible, taillait elle-même les rosiers de son jardin et avait un regard qui renvoyait une lueur de malice incroyable.
Toujours de bonne humeur, elle chantonnait sans cesse. Ses petits-enfants, Adèle, Jean et Jacques, étaient des enfants délicieux. Elle était très fière de leurs réussites respectives. Adèle, fraîchement promue commissaire de police, possédait un flair prodigieux qui lui permit rapidement de gravir tous les échelons dans sa profession. Elle ressentait tellement les choses que son intuition était reconnue de tous. Elle vivait à deux pas de chez sa grand-mère et passait la voir plusieurs fois par semaine. Jean était pilote d’hélicoptère et avait sa petite compagnie privée basée à une cinquantaine de kilomètres de la maison d’Augustine. Il était le seul des trois à avoir fondé une famille et il avait prénommé la plus jeune de ses filles, Augustine. Jacques, le plus âgé, était médecin. Il avait installé son cabinet en bord de mer et invitait souvent Augustine à passer quelques jours chez lui. Ce n’était qu’à une heure de train et elle s’y rendait avec joie. Augustine Deschamps était une presque-centenaire heureuse.
Ce matin-là, comme tous les autres matins, Augustine se leva en chantonnant et ouvrit la porte à son gros matou noir qu’elle avait appelé Hèmècène. Si on lui demandait pourquoi elle avait choisi ce nom à son chat, elle répondait que l’idée lui venait de ses arrières petits-enfants qui disaient toujours qu’ils « chattaient sur Hèmècène »… « Probablement un Dieu d’une mythologie quelconque » ajoutait-elle. Augustine enfila son manteau bleu marine tout neuf qu’Adèle venait de lui offrir et partit faire ses petites courses quotidiennes. Elle ferma soigneusement la porte de sa maison et prit la petite allée de son jardin qui menait au portail. A peine arrivée au bas des escaliers de son porche d’entrée, elle sentit soudain sa poitrine se serrer et se mit à suffoquer. Puis elle s’effondra sur les grandes dalles de pierre. A cet instant, à quelques rues de là, Adèle se rendait à son bureau. Elle allait passer la porte d’entrée quand elle décida de rebrousser chemin et de passer dire bonjour à sa grand-mère. Elle ne savait pas pourquoi mais il le fallait. A peine arrivée, elle aperçut Augustine gisant sur le sol. Tout alla alors très vite. Adèle, téléphona à Jean, lui demanda d’aller chercher Jacques en hélicoptère le plus rapidement possible et de le ramener auprès de leur grand-mère. Miraculeusement, une demie heure plus tard, Jacques offrait à Augustine la possibilité de fêter ensemble ses 100 ans. Elle était sauvée. Bien entendu, les trois furent ravis de la guérison d’Augustine et s’amusèrent, chacun, à revendiquer le fait d’avoir sauvé leur grand-mère. « C’est quand même moi qui l’ai trouvée ! » disait Adèle. « Oui mais c’est moi qui suis allé chercher un médecin en hélicoptère ! » arguait Jean. Quant à Jacques il ne cessait de dire : « N’empêche que sans moi, jamais vous n’auriez pu la sauver ! ». « Lequel d’Adèle, de Jean ou de Jacques m’a sauvée ? » se demanda Augustine Deschamps en souriant. Elle n’avait aucune réponse sinon que le mot « amour » résonna trois fois dans sa tête.
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