« Puisque les rêves sont des clefs pour sortir de nous-mêmes, nous sommes émus d’apprendre que nous avons fait rêver…»
Tiens, cela me rappelle une phrase du poète belge Georges Rodenbach… Quels facétieux ces deux-là, ils croyaient nous avoir…
C’est la première fois que mes colonnes suscitent autant de réactions de la part des lecteurs. Et le plus surprenant en cela est que ce sont toutes, sans exception, des réactions masculines. Tous ont accepté de rêver et de se laisser aller.
Eh bien sachez que bien plus que vos biscotos, Messieurs, vos failles nous font défaillir…
Donnez nous de l’humour et de la sensibilité, et vous aurez tout de nous ! Bon, là, je m’emballe. Ne poussons pas quand même Mémé dans les orties sous prétexte qu'elle a un short… Bref.
Parce qu’il est le seul à s’être exprimé par un commentaire sur mon blog, vous pouvez y lire la réaction de Jean-Paul Ceccaldi (auteur de Tamo ! Samo ! Les arcanes du tueur). Les autres se sont manifestés par des courriels. Je citerai juste une jolie phrase extraite de l’un d’eux : « C’est doux, tendre, optimiste mais presque insupportable tant cela donne envie d’une histoire d’amour ».
Je disais donc que tous ceux qui se sont exprimés reconnaissent s’être laissés transporter.
Enfin, tous sauf un…
Un rebelle. Un cœur de pierre. Un vrai. Un dur. Un tatoué.
Mais comme il s’agit d’un pote et que je tiens à ce qu’il le reste, je le cacherai sous le pseudonyme de Diogène (à cause du tonneau ?).
Eh bien, vous savez quoi ? Je crois bien que Diogène est en danger…
A mon « Allez, reconnaissons qu'une once de candeur se cache en chacun de nous », il a rebondi par un « prions ensemble, mes frères et n'oubliez pas de verser votre obole à la sortie... Hein, comment ça, cynique ? ».
Bien entendu, cette réplique noire parmi tous ces mots ourlés de bleu, m’a délogée en sursaut de la délicieuse torpeur dans laquelle Nina et Lazare m’avaient plongée. Et c’est avec un soupçon de colère que je lui ai répondu (je n’aime pas les réveils en fanfare…) :
« Il ne t'arrive donc jamais de rêver toi ? Tu crois que tous les rêveurs sont des éthérés ? Ben moi, Môsieur, je m'autorise à rêver. Et le « candeura-t-on », je lui pète le nez. Les cyniques vieillissent plus vite, ne l'oublie pas. »
Pourquoi un tel cynisme mon cher Diogène ? Désabusé ? Revenu de tout ? Quoique si tu en es revenu cela prouve au moins que tu y es allé ! One point for you… Conséquence du désespoir ? Ou parce qu’un homme ne doit surtout pas couper du bois en versant une larme sur la branche qu’il vient d’arracher au tronc ?
Fais-tu partie de ceux qui, quand ils sentent l’odeur des fleurs, cherchent où se trouve le cercueil (Henri Louis Mencken) ?
Je n’aime pas que l’on fasse mourir l’amour avant qu’il ne naisse sous prétexte qu'en plus du bien, il nous fait aussi du mal. C’est tellement bon de le laisser galvauder en nous emportant dans son sillon.
Même les plus dubitatifs d’entre nous ont au moins deux certitudes : le doute qui les habite et leur mort inéluctable. Quant aux plus pessimistes, ils ne prendront pas le temps de douter et d’aimer puisqu’ils sont trop préoccupés par la perspective de leur mort.
Bien entendu, c’est être lucide que d’être conscient de la fin des choses. Mais la différence entre le cynisme et la lucidité ne serait-elle pas tout simplement que la seconde admet l’amour ?
J’ai entendu parler d’un poète, qui, transporté par une histoire d’amour a écrit des merveilles en pensant à sa dulcinée. Quelques années plus tard, lorsqu’il l’a rencontrée par hasard, il ne l’a pas reconnue. Il l’avait oubliée… Ses mots d’amour, eux, sont restés. Ils sont toujours lus aujourd’hui. Cet amour-là n’a pas été inutile.
Tant pis si l'amour nous fait pleurer, nous déchirer, nous fait souffrir, ne pensons qu'à la montée de l'escalier qui nous y mène. Ou alors, faisons comme Diogène, prenons l'ascenseur.
Mais l'attaque est profitable. Elle amène à la réflexion de celui qui la reçoit. Et après réflexion, voici ma conclusion (hautement philosophique) :
Poussez, poussez, l'escarpolette,
Poussez pour mieux me balancer !
Si ça me tourne un peu la tête,
Tant pis ! Je veux recommencer !
(Duo de l’escarpolette, extrait de l’opérette « Véronique »)
Ceci dit, mon cher Diogène, je t’accorde le mot de la fin lorsque tu as cité Mao Tsé-Toung :
Osons lutter ! Osons vaincre !
Mais finalement, ce Diogène n’est-il pas tout simplement né de mon imagination ? Juste pour aller au devant de ceux qui n’ont rien dit mais qui n’en pensent pas moins ? Comme l'aurait probablement déclaré Madame Aude Roche, la fameuse directrice d’école, si elle avait survécu à ma nouvelle-polar : « Mystère et boule de gomme » !
PS : Diogène, merci de ne pas vider le tonneau.
Publié le 12 septembre 2007
Publié le 12 septembre 2007
Patinons encore un peu au risque de nous rompre le cou…
Sur des paroles d'Albert Vanloo et Georges Duval, il composait l’un de ses chefs-d’œuvre, Véronique (création, 10 décembre 1898). La distribution était remarquable et la postérité nous a gardé le souvenir de ses créateurs, Mariette Sully et Jean Périer. Lui, habillé avec goût, s'était composé une tête "à la Musset"…
On ne radine pas avec l’amour !
Avant l’Escarpolette, il y a le Duetto de l’âne…
De-ci , de-là , cahin-caha , va trottine , va chemine ,
Va petit âne , va cahin-caha , le picotin te récompensera…
Puisque nous sommes dans l’operette….
« Vous tous qui nourrissez quelque vautour insatiable, - vous poètes hoffmaniques que l'harmonica fait danser dans les régions du cristal, et que le violon déchire comme une lame qui cherche le coeur, - contemplateurs âpres et goulus à qui le spectacle de la nature elle-même donne des extases dangereuses, - que l'amour vous soit un calmant. » volé à Charles Baudelaire
Et pour faire déborder le tonneau de Diogène ( qui était un pithos car le tonneau n’existait pas à son époque) …. "L'amour, c'est comme un pithos ( vase antique). C'est dur à trouver, difficile à avoir et si facile à briser".
Dans celui de Diogène, il n’y avait pas la place pour deux… et, lorsqu’il en sortait, il cherchait un homme… De là à penser ?… mais cela ne nous regarde pas !
Plus inquiétant ! Le syndrome de Diogène est un syndrome décrit par Clark en 1975 pour caractériser un trouble du comportement de la personne âgée conduisant à des conditions de vie insalubres.
Ce syndrome associe entre autres :
* Une négligence extrême de l'hygiène corporelle et domestique
* Une syllogomanie : accumulation d'objets hétéroclites ;
* Un déni de la réalité et une absence de honte ;
* Un isolement social ;
* Un refus de toute aide vécue comme intrusive ;
* Une personnalité pré-morbide : méfiant, rusé, distant, tendance à déformer la réalité.
… Toutes ces fadaises pour plaisanter amicalement car, à la fin , il vaut toujours mieux en rire qu’en pleurer!… Humour ne rime-t-il pas avec Amour ? « Humour… Amour » est une paronomase heureuse qui devrait séduire les plus cyniques, même un anonyme Diogène à la lecture de l’article écrit par Martine Rousset..
Publié le 12 septembre 2007
J'aurai cru. Mais en fait les filles lisent avec plaisir une belle histoire. Puis elles rêvent. Alors les commentaires!
Publié le 12 septembre 2007
Je m’excuse cependant de l’emploi du terme grammatical « paronomase » qui me vaudra peut-être l’anathème en pensant que je suis atteint d’anasarque. D’aucuns pourrait penser que je suis « parano naze » et que le mieux pour moi serait de faire l’objet d’une anamnèse… On pourrait sans doute faire des paronomases un ana mais l’exercice s’avère risqué avec le suffixe « ana » si on envisage d’en remplir des annales.
Maintenant, pour commenter le commentaire de (M)icorne "(L)ichèle"…
Il ne faut pas rêver ! Les femmes ne font pas que rêver. Celles qui ne font pas de commentaires les réservent à leur meilleure copine. Il doit bien y avoir quelques femmes osant s’exprimer sur ce blog…
L’amour , mille sabords, est un sujet ad hoc !
…/…
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
…/…
Laquelle montera sur ce bateau ivre: le Rimbaud warrior ?
Oui, nous sommes des guerriers de l’amour au pied marin et, à six, nous pouvons ajouter cet alexandrin : « nous sommes six vaillants guerriers au pied marin ».
Commencer par une anacoluthe doublée d’une paronomase et finir par un alexandrin, il est temps que je retrouve ma vie d’anachorète pour écrire sérieusement… Oui ! Anachorète ! Un ânerie finale …
A prestu Michèle et les autres
Publié le 12 septembre 2007
Publié le 13 septembre 2007
Publié le 13 septembre 2007
Un point positif : Diogène est sorti de son tonneau mais , si c’est seulement pour mordre, il vaut mieux lui mettre une muselière… A moins que ce Diogène ne soit que le l’homme de Platon. Cela expliquerait son allergie pour les plumes.et qu’il veuille jouer au canard noir.
Le vrai Diogène aimait répéter qu’il fallait aborder la vie avec un esprit sain ou se pendre. En outre, il n'aurait pas négligé la rubrique des chiens écrasés...
Donc, je confirme que Martine Rousset mérite d'être lue et je le fais sans motif inavouable et pas sous la torture...
Jean-Paul, un hypocrite bien intentionné et non anonyme..
Jean-Paul












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