Lui, d’un œil bovin, regarde les seins des filles qui vont passer ; puis leurs fesses après leur passage, quitte à se retourner lourdement pour en profiter plus longtemps.
Elle, d’un regard savamment croisé, fait croire qu’elle ne regarde que les mains des hommes. Et quand leurs mains sont dans leurs poches, elles regardent quoi ? Leurs yeux, répondent-elles toutes en chœur en louchant…
Lui, lorsqu’il a pris du poids, soit il s’en accommode, soit il achète une palette entière de riz complet.
Elle, elle déclare fièrement qu’elle mange ce qu’elle veut et se ruine en cachette en repas de substitution tout en regardant avec obsession, affamée, les illustrations des recettes de cuisine de Femme Actuelle.
Lui, quand il va s’acheter un pantalon, il prend un 44 parce qu’il fait du 42 et qu’il aime être à l’aise.
Elle, quand elle fait les boutiques, elle demande un 38 alors qu’elle fait un 40 et elle ajoute systématiquement à la vendeuse, le menton accusateur : « comme ça taille petit ! ».
Lui, il explique pourquoi il s’est abonné à une chaîne cryptée.
Elle, elle dit qu’elle adore le cinéma.
Lui, il dort mal la nuit parce qu’elle ronfle.
Elle, elle dort mal la nuit parce qu’il vrombit. Quant à elle, elle respire fort, c’est tout.
Lui, il adore les poèmes et rêve que Clara Morgan lui en lise quelques-uns.
Elle, elle pleure à chaque fois qu’elle lit « Demain, dès l’aube » de Victor Hugo. Elle pleure aussi lorsque la maman de Bambi meurt, autant de fois qu’elle regarde le dessin animé.
Lui, tout en regardant un match de foot à la télévision une canette de bière à la main, lui reproche de s’occuper trop des enfants et pas suffisamment de lui. Enfin… qu’elle attende quand même la fin du match…
Elle, elle pense en secret que Zizou est charmant et que si il venait à passer une nuit chez elle, elle n’irait pas dormir dans la baignoire… Cette pensée l’empêche d’entendre ce que lui, vient de lui reprocher.
Lui, il s’exprime.
Elle, elle le saoule.
Lui, quand il a bu, il est bourré.
Elle, quand elle a bu, elle est pompette.
Lui, il laisse traîner ses chaussettes par terre tout simplement parce qu’il a d’autres priorités.
Elle, elle les ramasse en jurant que c’est la dernière fois.
Lui, il dit des grossièretés pour affirmer sa virilité.
Elle, si elle en dit, elle est vulgaire.
Lui, si il dit deux fois « je t’aime » dans sa vie, c’est parce qu’entre les deux il a changé de femme.
Elle, quand elle dit « je t’aime », c’est pour la vie.
Si différents lorsqu’ils s’entrechoquent,
Si semblables lorsqu’ils s’entrelacent.







