Mon roudoudou,
Je le reconnais. Plus tu avances dans l’adolescence plus je deviens con. Je ne le reconnais que pour une seule raison : je le lis dans tes yeux. Et comme tu dis que tu as toujours raison, je me rallie à ton jugement.
Je me demande parfois quelle mouche me pique quand une colère me submerge juste parce que je viens de découvrir vingt pots de Danette chocolat vides sous ton lit, lesquels pots sont accompagnés d’autant d’opercules collés sur les lattes du plancher et de petites cuillères que je cherchais bien évidemment partout. Comment peut-on être autant attaché à des vulgaires petites cuillères ?
Je m’interroge sur mon sadisme à bloquer ta session d’ordinateur avec un mot de passe connu de moi seule parce que je t’ai trouvé une nuit à trois heures du matin sur Internet. Le mot de passe était « blaireau »… Pardon en plus d’en avoir ri aux larmes toute seule devant mon écran. Tu as raison mon roudoudou, être à trois heures du matin sur Internet est tout à fait normal pour un adolescent de quatorze ans.
J’ai honte de rire aussi fort et de me faire remarquer depuis quelques mois. C’est étrange, je riais beaucoup moins fort avant. Par bonheur, tu me l’as fait observer. A l’avenir, je rirai silencieusement.
Je regrette d’avoir créé un blog « de naze ». Je te remercie de m’avoir indiqué, afin que j’en prenne de la graine, l’adresse du blog de l’un de tes copains en me précisant « celui-là de blog, c’est d’la balle ! ». Je n’y ai rien compris mais je pense que c’est parce que ton ami possède un idiome proche de la phonétique comme langue maternelle.
Je culpabilise d’être entrée en guerre contre toi à l’heure des repas afin que tu mettes la table alors que tu tchattes tranquillement avec tes potes sur MSN.
J’ai dû terriblement changer ces derniers temps. Je ne m’en étais pas rendu compte mais heureusement, tu es là pour me remettre sur les rails.
Cependant, en supposant que je peux ne pas avoir complètement tort juste une fois, il est possible que d’ici quatre ou cinq ans ma crise d’adultolescence soit passée. En attendant, sois patient.
Merci mon roudoudou.
Mais t’inquiètes, on fera avec. Je t’aime.







