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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 04 octobre 2007
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
 


« Papillon d’automne », photographie par Micorne, 2007
  


Que le soleil soit loué car ce matin, c’est d’humeur guillerette que je suis partie gambader gaiement dans ma campagne.


« On n'est pas des imbéciles, on a mêm' de l'instruction, au lycée Pa-pa..., au lycée Pa-pil... au lycée Papillon » chantais-je joyeusement à tue-tête en sautillant sur le petit chemin qui sent la noisette.

Une abeille passa devant moi en vrombissant, s’arrêta un instant face à moi grâce à un superbe surplace, le regard interrogateur et les sourcils froncés, puis se posant sur une fougère m’interpella :


- Tu chasses le papillon ?

- Euh… Non, pas du tout… Je me balade.

- Ouf, j’ai eu peur. Je n’aime pas les chasseurs de papillons, me lança-t-elle alors avec soulagement.

- Tu as des amis papillons je suppose ?

- Plein et de toutes les couleurs. Tiens, justement, tu vois le grand papillon orange et noir qui volette de rayon de soleil en rayon de soleil ? Eh bien, lui, c’est un philosophe.

- Un papillon philosophe ! M’étonnai-je aussitôt.

- Oui tout à fait. Un philosophe Madame. Il m’a même confié l’autre fois que si il le pouvait, il ne butinerait que des pensées…


Sur ces jolis mots, l’abeille fit un petit signe d’aile au papillon afin de lui proposer de les rejoindre.


- Bonjour la foule ! Claironna-t-il en s’installant, les ailes frémissantes, près de son amie.


L’abeille s’approcha du papillon et lui murmura alors quelque chose que je ne parvins pas à entendre. Le papillon sourit et me fixa un long moment. Je n’osai rien dire. L’abeille en profita pour s’en retourner à son butinage et me signifia son congé d’un petit signe d’antenne.


Soudain, le papillon me demanda :


- Tu me cherches, parait-il ?


Trop surprise, je ne répondis pas.
Il poursuivit :

- On m’associe souvent au bonheur, n’est-ce pas ?

- Oui, c’est vrai… Balbutiai-je.

- Donc, tu me cherches. Conclut-il en volant jusque sur mon épaule.

 

Je l’observai sans comprendre et tout à coup, les dernières lignes du livre de Bernard Giraudeau, Les dames de nage, me revinrent à l’esprit :

 

« Attraper le bonheur, c’est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet (…). Tu précipites ton filet sur lui et il s’abîme, c’est un bonheur gâché. Si c’est un bonheur agile, on ne peut le faire prisonnier et l’on court sans fin, c’est une agitation inutile, le bonheur est parti. Parfois, il se laisse prendre sans dommage, il ne s’est pas débattu et il reste bien sage, un peu frileux sous le filet. C’est un bonheur fragile, fatigué, malade peut-être. Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l’abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l’emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur tes doigts, si tu le piques sur un bois il meurt. Il faut être comme l’arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule. C’est un jour de grande fatigue, en fermant les yeux, que je l’ai vu. »

 

Il avait raison. Sans le savoir je le cherchais.

 


Après un long silence, je l’interrogeai :


- Tu es venu m’apporter le bonheur ?

- Hé ! Minute papillon !… Je suis juste là pour te le suggérer… Cesse de te lamenter sur le souvenir d’un absent… Sais-tu que dans chaque papillon, tu pourrais y voir un rêve et que chacun de ces rêves pourrait être un bonheur ?

 

Comment pouvait-il savoir ? Abasourdie, je m’assis alors sur une pierre au soleil. Le papillon ne quitta pas mon épaule.


Qu’essayait donc de me dire ce lépidoptère aux couleurs du feu ? Qu’il pouvait être un bonheur si moi j’acceptais d’être un arbre à papillons ? Je pensais bien évidemment au buddleia, cette plante qui attire irrésistiblement les insectes et que l’on appelle aussi « arbre aux papillons ».


Il me fallait m’ouvrir au bonheur pour le recevoir. Et pour cela, je devais y croire.

 


Le papillon me regardait l’air amusé. Il me voyait m’interroger avec ravissement.


- Es-tu prête à laisser vagabonder tes rêves jusqu’à ce qu’ils changent ta vie ? Reprit-il.


Comment ne pas se laisser bercer par les mots d’un papillon dont les couleurs et les battements d’ailes me faisaient penser à une flamme alors que ma cheminée avait vu défiler ma vie… Combien d’heures avais-je passé face à l’âtre, cherchant dans les flammes des raisons aux choses…

 


Convaincue qu’il détenait une vérité, je me tournai vers lui pour le lui faire savoir.

Il avait disparu, probablement appelé par une autre âme en peine. Seule subsistait sur mon épaule l’écho d’une chanson… 

  

L'abeille et le papillon

Une abeille un jour de printemps
Voletait, voletait gaiement
Sur la rose bruyère en fleur
Dont si douce est l'odeur

Au pied de la bruyère en fleur
Une pauvre chenille en pleur
Regardait voler dans le ciel
La petite et son miel

Et la pauvre chenille en sanglots
Lui disait "Je vous aime"
Mais l'abeille là-haut, tout là-haut
N'entendait pas un mot

Cependant que les jours passaient
La chenille toujours pleurait
Et l'abeille volait gaiement
Dans le ciel du printemps

Après avoir pleuré jusqu'à la nuit
Notre chenille s'endormit
Mais le soleil de ses rayons
Vint éveiller un papillon

Et sur une bruyère en fleur
Notre abeille a donné son cœur
Tandis que chantaient les grillons,
Au petit papillon

Par les bois, les champs et les jardins
Se frôlant de leurs ailes
Ils butinent la rose et le thym
Dans l'air frais du matin

Ma petite histoire est finie
Elle montre que dans la vie
Quand on est guidé par l'amour,
On triomphe toujours
On triomphe toujours
On triomphe toujours.

 Paroles : Maurice Pon - Musique : Henri Salvador   (1953)


  
  
« Les papillons du bonheur » peinture par Arle, 2007 (photographie M. R.) 


Les commentaires
Publié le 04 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Merci, Martine, pour ce texte illustré qui a la légèreté du baiser du papillon. Il est comme un battement de cils sur une joue de bébé.

Pour le papillon philosophe, une citation de Victor Hugo :

« ..Tout crépuscule est double, aurore et soir. Cette formidable chrysalide que l'on appelle l'univers tressaille éternellement de sentir à la fois agoniser la chenille et s'éveiller le papillon. »
Victor Hugo

Pour l’abeille, une chanson :

« Dans un pays de tous les temps
Vit la plus belle des abeilles
Que l'on ait vu depuis longtemps
S'envoler à travers le ciel

Cette petite abeille porte le nom de Maya
Petite oui mais espiègle Maya !

Qui n'a vraiment peur de rien
Qui suit toujours son chemin

Venez donc découvrir la malicieuse Maya
Petite oui mais espiègle Maya !
Tout le monde aimera Maya

Maya ... (bis)
Maya ... (bis) »

A dopu!
Publié le 04 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Je chante cette chanson si la soeur d'Ors'Anto citée dans la vendetta de Sherlock Holmes me donne quelques pots de miel corse. Tu peux en parler à Ugo Pandolfi. Il la connait depuis au moins cent ans.
A dopu!
Publié le 04 octobre 2007
Par Martine
Et si au lieu de lire des passages de nos livres l'an prochain à Barrettali, chacun chantait plutôt une chanson ?
Jean-Paul, je t'en supplie, toi tu nous chanteras Maya. Il y aura bien quelques auteurs qui feront les choeurs.
Allez, dis oui !
Publié le 04 octobre 2007
Par jean-paul
flicorse@ifrance.com
Après la légèreté, un poids lourd...

Mohamed Ali, alisa Cassius Cay, champion du monde de boxe chez les lourds, a déclaré un jour " Je vole comme le papillon et je pique comme l'abeille". Il s'explique:

"J'épatais les journalistes en étant vaniteux et provocateur. Liston souriait, et je lui ai dit que je volais comme le papillon et que je piquais comme l'abeille ! Je lui ai également dit qu'il ne pouvait pas frapper ce que ses yeux ne pouvaient pas voir ! Bien sur, je jouais l'intox totale, persuadé que je ne ferais pas long feu sur le ring...Et avant de quitter la presse, Liston m'a jeté un "je vais te démolir" qui me glaça le sang...

Pourtant, au 8eme Round du combat, Liston abandonnait. J'exultais, j'étais devenu le champion du monde ! Le moment rêvé absolu pour tout boxeur qui se respecte. Je fanfaronnais, moi Cassius Clay.

15 mois après, c'était l'heure de la revanche. Mais cette fois, tout était différent. J'étais le champion du monde incontestable et incontesté. En conférence de presse, j'annonçais que j'allais battre Liston au premier round, dans la première minute."

Pour un boxeur, l'inverse serait catastrophique. Imaginez le piquant comme le papillon et volant comme l'abeille. Il ferait le tour du ring un peu à la façon de Charlot dans un de ses films dans lequel clochard, il devient boxeuir.
Publié le 04 octobre 2007
Par difrade
mathieu.difrade@caramail.com
Théorie du chaos:

À cause du clou, le fer fut perdu
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.

Tout cela pour un simple clou... C'est l'effet papillon!
Publié le 04 octobre 2007
Par Noeud gordien
Pour la cravate qui cherche un nœud papillon, il faut savoir que ce dernier est une petite cravate avec un nœud particulier. Donc son propriétaire devrait apprendre à faire les nœuds de cravate et nous avons décidé de l’aider…

Quelques noms de nœuds de cravate :

Le Papillon - l'Ascot - le Noeud simple (four-in-hand) - le Balthus - le Cavendish - le Croisé (Christensen, ou Prince Hugues)- le Double-simple (Prince Albert) - le Grantchester - le Hanovre le Kelvin le Nicky - l'Onassis - l'Oriental - le Petit nœud le Plattsburgh (Dovorian) - le Pratt - le Saint-Andrews - le Victoria - Windsor - Demi-windsor…

Pour apprendre à faire les nœuds de cravates, aller à l’adresse ci-dessous :

http://membres.lycos.fr/vernaye/cra vates/noeuds.html

Nous avons donné quelques nœuds de cravate : l'ascot, le papillon, et dix-huit nœuds de régates.. Il existe évidemment beaucoup d'autres nœuds, plus ou moins jolis. Si vous en connaissez qui ne figurent pas sur cette page, ou si vous souhaitez commenter l'un des nœuds, écrivez.
Publié le 04 octobre 2007
Par Papillon du soir
Papillon-
Paroles et Musique: Louis Chedid 1979

La vie c'est comme les papillons,
D'abord chenille dans son cocon,
Et puis un beau jour sortir du coton,
Se retrouver en plein soleil,
Bâiller en déployant ses ailes,
Et s'envoler
Comme les papillons.
Trois petits tours et puis partir,
Car papillon jamais revenir.

Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, toujours mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, mouchoir.

Les hommes tout comme les papillons,
D'abord pleurer dans les jupons
Et puis un jour quitter la maison,
Voler de balcons en jardins,
Planer de bonheur en chagrin.

Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, toujours mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour.
Papillon du soir, toujours mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, bonsoir.
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