Qu’offre-t-on à une petite fille qui s’appelle Martine et qui aime lire ? Je vous le donne en mille ! Comme probablement toutes les petites Martine qui aiment lire, j’ai eu le droit bien évidemment à la collection complète de toutes les aventures de la gentille petite fille vertueuse et sage (tout moi ça). Fête, anniversaire, Noël… La totale quoi.
Martine n’a donc pas de secrets pour moi. Martine à la plage, Martine à l’école, Martine chez Papy et Mamy, Martine reçoit du courrier, Martine fait ses courses, Martine en voyage, etc. Je ne les citerai pas tous car il y en eut une cinquantaine (vendus à 85 millions d’exemplaires dans le monde… Cela laisse rêveur…) ! Ils se vendent toujours aujourd’hui mais mon entourage a à présent la délicatesse de ne plus m’en offrir…
Pour la petite histoire, son créateur, Gilbert Delahaye (1923-1997) avait d’autres cordes à son arc puisqu’il obtint, entre autres, le prix Jacques Prévert en 1985 pour l’ensemble de son oeuvre et vous vous en doutez, pas uniquement pour ses albums de Martine. Il n’y a qu’à lire « les pêcheurs » pour se dire que nous sommes bien loin de Martine à la plage…
Gilbert Delahaye
Par-delà les îles, à trois jours de roulis, ceux qui ont pris la mer tournent en rond d
ans l'ouate aveugle de novembre.
Par chance, quelques-uns trouvent la passe.
O dérision des accalmies !
Se retourner, mal endormi, dans la maison de granit.
Ecouter la rumeur de l'apocalypse.
Dialoguer avec les morts.
Tous ici guettent Dieu sait quoi : un présage, un signe.
Certains, accoudés au parapet, comptent les jours perdus.
D'autres tamisent le vent, raclent le sable jusqu'au silex ou bien réparent leurs filets,
le dos contre le mur, acculés à l'irréparable.
Ils remédient à l'essentiel avec des bouts de ficelle.
Chaque jour reprendre son bien à la mer avare.
Ne pas attendre l'aube ni devancer le crépuscule.
Observer les rites.
Les oiseaux ont leur langage.






Il n’y a donc aucune raison pour que je n'aie pas moi-même « mon » Martine…









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