La nuit était tombée depuis longtemps mais Monsieur Blanc était un couche-tard. Il aimait veiller et rêvasser les yeux dans le vague jusqu’à des heures invraisemblables. Il vivait en ermite dans une maisonnette perchée sur une petite colline à un quart d’heure à pied de son voisin le plus proche. Monsieur Blanc habitait là depuis toujours et n’aimait pas les gens. Il savait que l’on disait de lui qu’il était un vieux fou mais cela lui était bien égal. Selon eux, il avait perdu la raison. La raison ? Il leur fallait toujours une raison à ces gens… Ils sont étranges ces humains.
Sa mère montra la même aversion pour l’être humain toute sa vie et ce, jusqu’à son dernier soupir. Il faut dire qu’elle avait eu une vie difficile la mère Blanc. Fille mère, chassée par ses parents, elle s’était réfugiée dans cette maison où elle avait accouché seule de son fils. Depuis, elle ne l’avait plus quittée jusqu’à sa mort et y avait élevé son garçon en l’éduquant comme elle l’entendait. C’est ainsi que Monsieur Blanc apprit que l’humain était inhumain et qu’hormis sa mère, personne ne méritait son attention.
Alors qu’il était déjà près de deux heures du matin, il attrapa sa veste de laine, s’en recouvrit les épaules puis sortit. Il faisait doux et le ciel était chargé d’étoiles. Le nez en l’air, il se promena un moment sous les cerisiers qui donnaient leurs derniers fruits puis s’assied sur le petit mur de pierre qui entourait son potager. Il disait de son potager que c’était un lieu sacré et que les légumes y poussaient grâce à ses prières. C’est en tout cas ce que lui avait appris sa mère. Elle lui avait également enseigné la façon de parler aux légumes. « Si tu leur parles, ils sauront que tu t’intéresses à eux et ils pousseront encore plus charnus. Juste pour te plaire », lui disait-elle.
Il repensait avec émotion aux conseils de sa mère lorsqu’un bruit le fit sursauter. Une sorte de gémissement qui provenait de l’autre côté du mur. Il s’immobilisa, attentif. Le bruit se fit de nouveau entendre.
Sa mère montra la même aversion pour l’être humain toute sa vie et ce, jusqu’à son dernier soupir.
Alors qu’il était déjà près de deux heures du matin, il attrapa sa veste de laine, s’en recouvrit les épaules puis sortit. Il faisait doux et le ciel était chargé d’étoiles. Le nez en l’air, il se promena un moment sous les cerisiers qui donnaient leurs derniers fruits puis s’assied sur le petit mur de pierre qui entourait son potager. Il disait de son potager que c’était un lieu sacré et que les légumes y poussaient grâce à ses prières. C’est en tout cas ce que lui avait appris sa mère. Elle lui avait également enseigné la façon de parler aux légumes. « Si tu leur parles, ils sauront que tu t’intéresses à eux et ils pousseront encore plus charnus. Juste pour te plaire », lui disait-elle.
Il repensait avec émotion aux conseils de sa mère lorsqu’un bruit le fit sursauter. Une sorte de gémissement qui provenait de l’autre côté du mur. Il s’immobilisa, attentif. Le bruit se fit de nouveau entendre.
(à suivre)







