Même si 2008 est pour les chinois l’année du rat et que justement, il s’agit-là de mon signe, quitte à être rat, je choisis le statut de rat de bibliothèque.
J’adore l’ambiance feutrée d’une bibliothèque. Certes, il arrive que quelques mercredis soient bruyants mais au moins, c’est un fond sonore émanant d’enfants qui, pour l’heure, se trouvent dans un lieu de lecture. Même si pour quelques-uns, vu leur regard accroché au plafond, on imagine tout à fait qu’ils ne sont là que poussés par les auteurs… de leurs jours !
Les bibliothèques sont des espaces d’échanges calfeutrés où l'on chuchote. On respecte. On ne dérange pas. On participe au silence requis. Ce sont des lieux conviviaux, de partage d’idées parfois. On y vient, sa pile de livres déjà lus sous le bras et sa carte de lecteur offerte à la prochaine pile. On y trouve parfois un marque-page oublié : une liste de courses, une carte de visite, un dessin d’enfant, un résultat d’analyse (il m’est arrivé d’en trouver un… Mais pas d’affolement ! Juste un peu de cholestérol…). Une trace de passage. Un lien entre l’autre et nous. Il arrive également que la trace de passage soit moins subtile… Une miette, un cil, un cheveu ou bien une petite chose indéfinissable écrasée et séchée. Enfin, bref, des points sur les « i » supplémentaires…
Aussi loin que mes souvenirs me portent, j’ai toujours traîné mes souliers vernis, puis mes baskets et enfin, mes talons aiguille dans les bibliothèques (j’y traînerai probablement mon déambulateur un jour !). Le Club des Cinq, Le Clan des Sept, les Alice, les classiques imposés au collège et au lycée (ce qui ne sont pas les meilleurs souvenirs… plutôt rasoir Le Barbier de Séville quand on a quinze ans ! Rasoir… Barbier… Juste au cas où vous n’auriez rien remarqué…), pour enfin m’arrêter avec éclectisme sur mes propres choix. D’année en année, comme beaucoup d’entre nous ici, mes yeux ont parcouru des milliers de mots. D’abord seuls, puis épaulés par des lunettes délicatement posées sur la pointe du nez à l’époque où les bras allongent étrangement (tous ceux qui ont dépassé la quarantaine comprendront…). Des mots qui m’ont fait bondir, sourire, réfléchir, imaginer, rêver, pleurer. Les mots ont ce pouvoir… Quand je pense que les mots que j’attendais du Prince Charmant, ce sont les livres qui me les ont donnés ! J’aurais dû épouser un bibliothécaire... (Pour les éventuels candidats, écrire à ce blog qui transmettra. Conditions requises : être célibataire, beau, riche, intelligent et bibliothécaire. Lunettes acceptées).
Hormis qu’il m’arrive de n’avoir absolument pas envie de rendre le livre que je viens d’emprunter tant il m’a plu ou tout simplement de vouloir lire un ouvrage que je ne trouve pas sur les étagères de la bibliothèque… Et c’est là qu’intervient le libraire… Et dans ces livres-là, on a le droit d’y mettre les marque-pages les plus saugrenus ou à défaut de corner les pages ou de les décorer de points sur les « i ».
Dans la bibliothèque où j’ai mes petites habitudes, j’y trouve un accueil chaleureux, une bibliothécaire qui connaît ses ouvrages (même si nos goûts totalement opposés me font directement me diriger vers tout ce qu’elle a détesté !) et recueille consciencieusement les avis des autres lecteurs, des nouveautés ou des vieilleries incontournables. Et puis, vous savez quoi ? C’est gratos !







