Il décida de prendre une douche bien chaude pour se détendre. Il essaya le slip rouge et ne le trouva finalement pas si mal que ça. Il s’habilla pendant que son épouse était au jardin puis il la héla par la fenêtre :
- Aglaé ! On vient de m’appeler au boulot. Ils ont un problème avec un dossier. Il faut que j’y aille. Juste un aller-retour, cela va être vite fait.
- Oh ! Ils nous cassent les pieds ! Tu devrais demander une augmentation puisque tu sembles indispensable même pendant tes congés ! S’indigna-t-elle.
- Je file. Plus tôt je pars, plus tôt je rentre.
Une demi-heure plus tard, il était assis sur l’une des hautes chaises au comptoir du Café des Alouettes devant un Martini Gin. Il trouvait ce moment délicieux. “Tonight I'm gonna have myself a real good time, I feel alive and the world turning inside out” chantait Freddy Mercury en sourdine. René l’écoutait un sourire aux lèvres. L’endroit était calme et inspirait
- Allo chéri ?
- Oui…
- Je me disais que… Enfin… Si nous partions en voyage en amoureux ?… Venise ? Marrakech ? Cela te dirait ?
- Va pour Marrakech. Occupe-toi de tout par Internet. Ne lésine pas sur les étoiles de l’hôtel.
- Je paye avec la carte bleue ?
- Bien sûr… Fais-le maintenant. Arrange-toi pour que l’on parte cette semaine.
- Oh mon amour… C’est formidable…
- A tout à l’heure.
- Tu as une voix bizarre !
- Mais non.
Il raccrocha et reposa le téléphone au même endroit. Près de lui, deux types buvaient bière sur bière. Ils parlaient de plus en plus fort et riaient haut. René tapa doucement sur l’épaule du plus proche. Il se retourna, l’œil un peu vitreux.
- Il est à vous ce téléphone ? Demanda René en lui montrant le portable en question.
- Oui pourquoi ?
- Comme ça… J’ai le même et je ne savais pas si c’était le mien…
Le gars lui fit un large sourire et récupéra le téléphone qu’il rangea dans la poche de son blouson.
René jubilait.
- Cela vous arrive souvent de faire des blagues pareilles ?
La jeune femme qui s’adressait à lui était charmante. Ravissante même. Une petite brunette aux cheveux courts, à peine maquillée et vêtue d’un tailleur chic et probablement de marque.
- Je vous ai vu faire, poursuivit-elle, vous rendez-vous compte des conséquences ?
- Evidemment. Sinon, je ne l’aurais pas fait. Il a l’air triste. Je l’ai entendu tout à l’heure dire à son ami qu’il venait de se disputer avec sa compagne… Un voyage leur fera le plus grand bien ! Si il en a la possibilité, il me remerciera !
Elle éclata de rire.
- Si vous le dites… Je vous offre un verre ?
- Euh… Non… Bon, d’accord… Alors la même chose…
- Je m’appelle Barbara. Et vous ?
A six heures du matin, René se réveilla en sursaut, assommé par une terrible migraine. Barbara dormait profondément près de lui. Il regarda l’heure sur la tête de lit de la chambre d’hôtel et blêmit ! Il songea à la scène qu’allait lui faire Aglaé. Il allait composer. Il bondit hors du lit et s’habilla en un temps record.
A six heures trente-cinq, un peu nauséeux, il ouvrait tout doucement la porte de chez lui. Aglaé l’attendait, les bras croisés, vissée toute droite sur un fauteuil.
- Tu as vu l’heure ? Lui demanda-t-elle en le toisant des pieds à la tête.
- Je vais t’expliquer…
- Vas-y explique.
- Nous avons eu de gros problèmes avec ce fameux dossier. Il a fallut tout recalculer, tout reprendre… Un enfer.
- Un enfer ? Mon pauvre Superman…
- Enfin, maintenant, c’est fait. J’en suis débarrassé.
René restait planté au milieu de la pièce, les mains dans les poches de sa veste ouverte.
- Tu aurais pu au moins me prévenir !
- Oui… C’est vrai… Mais je n’ai pas vu l’heure tant nous étions occupés à travailler et quand j’ai réalisé, j’ai eu peur de te réveiller.
- Quelle touchante attention mon Superman !
- Superman ? Mais pourquoi m’appelles-tu Superman ? L’interrogea-t-il alors que la douleur cognait dans son crâne.
- A cause du slip par-dessus ton pantalon…
A chacun sa méthode de relaxation.
FIN







