Lorsque elle le croisa à l’angle de la rue, elle s’arrêta net, lui agrippa le bras et enfonça son regard dans le sien.
- Vous me plaisez beaucoup…
Interloqué, Loup bredouilla :
- Eh bien, dîtes donc, vous n’êtes pas farouche !
Quand il rencontra ses yeux, il frissonna. Ils étaient d’un bleu glacial et terrifiants de froideur. Il dégagea rapidement son bras d’un geste brusque. Elle le laissa faire, un sourire narquois suspendu à ses lèvres pâles et sèches. Il recula d’un pas et l’observa un moment, désorienté. Il ne parvenait pas à donner un âge à cette femme à la silhouette longue et filiforme, au teint blanc presque maladif, vêtue d’un long manteau noir à la capuche relevée sur ses cheveux couleur de jais. Il ne la connaissait pas, il en était certain.
Le malaise qui le parcourait le fit tressaillir. Il voulut s’enfuir mais n’y parvint pas. Tout autour de lui, la rue s’agitait. Le froid de ce mois de janvier semblait avoir saisi les passants, lesquels, pour se réchauffer, pressaient le pas vers des destinations connues d’eux seuls. La nuit allait tomber et les réverbères disciplinés s’étaient tous allumés en même temps, livrant leur halo blafard au crépuscule naissant.
La femme ne le quittait pas des yeux et semblait attendre une réaction de Loup. Puis elle le surprit à nouveau :
- Vous me plaisez beaucoup Loup.
Stupéfait, au terme d’un silence pesant et tendu, Loup réagit enfin :
- J’ignore comment vous connaissez mon prénom… Comment ?
- Je connais toutes les âmes susceptibles de me plaire, dont la vôtre. Répliqua-t-elle avec un sourire énigmatique.
Sa voix rauque au timbre grave lui parut inquiétante tant elle était lugubre.
- Qui êtes-vous ?
- Qui pourrais-je être selon vous ?
Loup sortait lentement de sa torpeur. Reprenant confiance, il la provoqua :
- Vous vous êtes échappé d’un asile !
Le visage de la femme se durcit instantanément :
- Je suis la Mort.
Chaque mot s’enfonça douloureusement dans le crâne de Loup. Mal à l’aise, il éclata d’un rire faux et forcé.
- La Mort ! Ben voyons…
- Vous ne me croyez pas… Vous devriez.
Etrangement, il la croyait. Au fond de lui, il savait qu’elle disait vrai.
- Vous me plaisez beaucoup…
Quand il rencontra ses yeux, il frissonna. Ils étaient d’un bleu glacial et terrifiants de froideur. Il dégagea rapidement son bras d’un geste brusque. Elle le laissa faire, un sourire narquois suspendu à ses lèvres pâles et sèches. Il recula d’un pas et l’observa un moment, désorienté. Il ne parvenait pas à donner un âge à cette femme à la silhouette longue et filiforme, au teint blanc presque maladif, vêtue d’un long manteau noir à la capuche relevée sur ses cheveux couleur de jais. Il ne la connaissait pas, il en était certain.
Le malaise qui le parcourait le fit tressaillir. Il voulut s’enfuir mais n’y parvint pas.
La femme ne le quittait pas des yeux et semblait attendre une réaction de Loup. Puis elle le surprit à nouveau :
(à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset








