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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 27 avril 2008
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

Une demi-heure plus tard, je rentrais pour la première fois dans un bar en Corse… La patronne a remercié Eugène qui était en fait un client (probablement assidu d’ailleurs…) et, après avoir rouspété parce que je n’avais pas eu le temps de dîner, m’a fait un sandwich immonde avant de me montrer ma chambre.

- 60 Francs par jour, logée, nourrie et un pourcentage sur les verres que l’on vous invitera à consommer.

- Et les pourboires ?

- Et puis quoi encore ? Bon. Vous connaissez le métier ?

- Oui… Ai-je chuchoté en me disant qu’un mensonge à voix basse était probablement bien moins grave qu’un mensonge à haute voix.

- Vous commencez immédiatement.

 

Je tairai le nom du bar et la commune sur laquelle il se trouvait… (Diogène, si tu trouves et que tu le dis, je mets ta photo sur mon blog dans la seconde qui suit !)

 

D’abord, j’ai appris que le fœtus et la momie correspondaient respectivement à une dose et à un petit verre à whisky et non à des vannes idiotes. Ensuite, j’ai découvert que je devais payer les malheureux cafés que je consommais. Enfin,  j’ai su que si l’on m’offrait un verre, je n’avais d’autre choix que de me servir un Get 27 d’une bouteille qui m’était réservée. Pourquoi ? Parce que dans la bouteille de soi-disant Get 27, il y avait du sirop de menthe… De toute façon, je déteste la menthe…

 

Inutile de vous dire que ce ne sont pas mes meilleures heures passées en Corse… Difficile pour une jeune courge d’être serveuse en Corse… Ils me fatiguaient tous avec leurs blagues de comptoir, leur haleine de saloon, leur regard vitreux, leur lourdeur quand ils s’imaginaient que j’allais tomber sous le charme adipeux de l’un d’entre eux. Quant à mes repas, je n’ai jamais autant mangé de pâté de foie en boîte et de Vache qui Rit ! Sûr que je ne lui ai pas fait péter le budget à la vieille ! Quelques jours après mon arrivée, je me suis même rendu compte que le fils de la patronne, un gentil garçon mais attardé mental, m’espionnait derrière les volets de ma chambre ! Argh… J’aurais cependant dû me méfier car je l’avais déjà aperçu, en vélo, mater les filles avec des jumelles en bord de plage. Mais bon…

 

J’ai tenu un mois. Un jour, j’ai trouvé une place de serveuse dans un restaurant à quelques centaines de mètres de là et j’ai sauté sur l’occasion. J’étais de toute façon tellement fauchée que je ne pouvais pas prendre de billet de retour… J’ai annoncé à la propriétaire que j’allais partir car j’en avais assez d’être si mal payée. Elle m’a dit : « Vous pouvez partir. Mais si vous le faites, je ne vous paye pas ». Déjà qu’à ma grande surprise, elle n’avait pas voulu me déclarer… Et là, j’ai pété un câble. Une colère noire. J’hésitais entre passer une main sur un parastage et faire tomber toutes les bouteilles qui s’y trouvaient et lui écraser une boîte de Vache qui Rit sur le nez et une boîte de paté de foie dans chaque oeil. Je me suis contentée de la menacer et je suis allée m’enfermer à double tour dans ma chambre. J’ai dû être convaincante car dix minutes plus tard, elle glissait sous ma porte une enveloppe contenant l’argent qu’elle me devait.

 

J’ai pris mes cliques et mes claques et j’ai changé de crèmerie.

 

Mon passage dans la nouvelle crèmerie fut bref… Si toutefois les patrons étaient des gens honnêtes avec leurs employés, le patron avait en revanche une façon un peu cavalière de voir les choses. J’y travaillais depuis peu de temps quand un soir, il a tenté de me coincer au détour d’un couloir… Je l'ai injurié à si haute voix qu'il a déguerpit vite fait, sa femme n'étant pas très loin...

 

Bien évidemment, en dehors de ces expériences étranges, j’ai eu le temps de rencontrer des gens et d’avoir quelques nouveaux amis. J’ai tant aimé cette île que j’ai retardé de mois en mois mon retour. Puis je l’ai retardé d’année en année. Et voilà, cela fait presque vingt-sept ans et je n’ai toujours pas cherché le chemin du retour (y en a-t-il un d'ailleurs ?) ! Il me suffit d’apercevoir des asphodèles, de sentir les odeurs de maquis, de regarder la mer et de sillonner les petites routes de montagne pour retarder mon retour ad vitam aeternam.

 

Voilà, comment j’ai atterri en Corse ! Je pense parfois au premier « indigène » que j’ai rencontré, le fameux Eugène (indi-Eu-gène ?) qui louchait, et je me dis que finalement, il ne faut jamais se fier à la première impression que l’on a d’un endroit…

 

Quant à mon bel hasard niçois, j’ai su qu’il était revenu dix ans plus tard avec une épouse brésilienne et deux enfants. J’ai bien fait. Courge mais finalement pas tant que ça…

 

FIN ? Fin de quoi ?

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Les commentaires
Publié le 27 avril 2008
Par Zuccu pulizziescu
De quelle courge nous parle Martine ? La citrouille de Touraine, utilisée pour nourrir le bétail, , le « spaghetti végétal » (dont la plus réputée est la Reine de la table), la melonnette jaspée de Vendée, et la célèbre Jack'O Lantern que l'on creusera et découpera pour Halloween, Courge galeuse d'Eysines, la courge musquée de Provence, la sucrine du Berry...

Nous savons qu’il ne s’agit pas de la courge sucrière du Brésil et qu’elle est sortie de la courge longue de Nice.

Il reste la courge « Marina de Chioggia » ou La chayote ou christophine, cultivée dans les régions tropicales, notamment aux Antilles, appartient à une autre espèce de Cucurbitacée d'un genre différent : Sechium edule et présente la particularité de produire des tubercules… On peut aussi penser à la courge patidou ou sweet dumpling, à la saveur de châtaigne fraiche qui se mange aussi bien crue et râpée que cuite, ou encore farcie…

La romancière Agatha Christie, dans le prologue pétri d'humour des Travaux d'Hercule, parus en recueil en 1947, a prêté à son héros, le détective belge Hercule Poirot, l'intention de prendre sa retraite pour se consacrer à l'amélioration du goût des courges, auxquelles il lui semblait possible d'apporter « un certain bouquet».

Alors, Martine va peut-être mettre un peu de Poirot dans sa courge et devenir una zucca pulizziesca, auteure de romans policiers en rejoignant les citrouilles et autres potirons musqués et noirs. Son histoire déjà teintée d'autodérision pourrait être le décor (avec ses personnages) d’un polar à condition d’y ajouter ce bouquet qu’est l’intrigue avec ses tubercules, de l’assaisonner de poudre de mort façon Halloween et de mettre une boisson forte dans sa gourde...
Publié le 27 avril 2008
Par diogène
Acqua in bocca !!!
Publié le 27 avril 2008
Par Pépin le bref
Avant de poser son sac et sa gourde en Corse, Martine s'est posé la question : Où cours-je? Cours, cours vite assez attendu!
En quittant ses études, elle a pris sa décision en se disant à elle-même: Les cours jette! Vas! Vole! Mes potes iront sans moi!... Pour traverser la mer, elle a accepté de voyager en fond de cale basse...
Si trouille elle avait, courage elle trouvait en pensant au con encombré d'elle qui l'avait dégourdie. Désencombré du con, Elle avait alors pris de la graine, ce qui ne lui évita pas quelques pépins en Corse. Ses premiers employeurs avaient pour dicton: Les filles et les courges plus on les garde moins elles valent...

Bon, il est temps de dire à Martine que, avec la courge, elle ne peut que rester dans le potage. Par contre avec une citrouille, elle pourrait rencontrer son prince charmant. Pour cela, que faut-il faire? Rien! C'est à la fée de faire... Et si la citrouile ne se transforme pas en carrosse? Elle servira pour Hallowen...
... Allo! Allo! Ne coupez pas! Je ne vous entends plus... Pas de veine, ça a raccroché. Tout tombe à l'eau.
Publié le 27 avril 2008
Par A boccarisa
O buccéllu! In bocca chjosa un c'entre mosche!... Abocca! A mosca vengu...
Publié le 28 avril 2008
Par sorsha
Et voilà, un petit morceau de la vie de .... de nombeuses jeunes filles qui tombent bien souvent sur des patrons machos , libidineux et sûrement convaincus que le droit de cuissage fait parti des maigres contributions du boulot proposé.
Bienvenue dans le parcours " incenssé " de la femme en général et de l'aventurière en particulier.
Merde à tous ces cons et tant mieux , en dépit du mauvais, pour tout le bon de la vie y compris la découverte d'endroits comme la Corse et autre beautés.
Tu as bien fait de t'accrocher à ton île et même si tu me manques parfois, je sais que tu es heureuse et que tu souris, à présent, de ton parcours en sachant qu'il t'a mené au "paradis", ton paradis.
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