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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 04 mai 2008
Par Martine Rousset
Filippi, avec une pointe d’agacement dans la voix, interpella le garçon : 
- Et alors ?
- Et alors voilà. C’est tout. J’étais en train d’écrire cette histoire, vous ai-je déjà dit. Elle n’était pas terminée quand vous êtes venus me chercher. 
Pour la première fois depuis le début de l’interrogatoire, le visage de Verdure se détendit. La déception de ses auditeurs était telle qu’il ne put réprimer un sourire. 
- Monsieur le commissaire, reprit-il, quelle heure est-il ?
Filippi s’apprêtait à se retourner vers le coucou quand le prévenu le stoppa net :
- Non ! Ne vous retournez pas ! Puis s’adressant aux policiers, et vous ne dites rien !
- Eh bien… Je n’en sais rien… Répondit le commissaire sans comprendre. Il resta ensuite un long moment, hébété, à regarder en silence Verdure dont une mèche pendait à présent devant son œil droit. 
Le coucou rompit ce silence en sortant cinq fois de sa cachette. 
- Il suffisait de demander ! S’exclama Filippi, amusé par ce hasard.
- Monsieur le commissaire, je vous fais remarquer que votre pendule sonne pour la seconde fois… Vous n’avez apparemment pas entendu la première… Troublant, n’est-ce pas ? N’étiez-vous pas plutôt à écouter mon histoire ? Vous étiez avec Adrienne. Vous étiez avec Hugues. Vous avez vu le corps de ce bébé sous les galets. Vous avez maudit ce comte sans vergogne. Vous auriez aimé que son fils reconnaisse Adrienne comme étant de son sang bien qu’elle ne soit pas de son rang.  Vous vous demandiez si un homme et une femme auraient pu être heureux malgré les vingt années qui les séparent. Vous étiez suspendu au visage d’Adrienne lorsqu’elle a répondu au téléphone. Vous étiez ailleurs… Eh bien, voyez-vous, monsieur le commissaire, quand j’écris, je suis ailleurs. Je n’entends plus rien, le temps se suspend, la concentration m’isole… Maintenant, vous savez comment il est possible que je n’aie rien entendu le soir du crime de Jeanne. 

Par manque de preuves, il fut rapidement relâché. Bien que dans un premier temps, le commissaire s’était convaincu de la culpabilité de Jean-Marie Verdure, il ne s’acharna pas. Il doutait trop à présent.
 

A peine rentré chez lui, Jean-Marie termina son histoire :
 

« Adrienne parvint enfin à répondre à Hugues alors que ses sanglots avaient cessé.
- Je suis désolée… Vraiment désolée… Hoqueta-t-elle.
- Que se passe-t-il Adrienne ? Parle !
- J’avais commandé des fondants au chocolat chez le traiteur. Tu m’avais dit un jour que tu adorais cela et ce traiteur est vraiment extraordinaire… Mais voilà… Ils ont une grosse panne électrique et ils m’ont prévenue qu’ils ne pouvaient honorer ma commande…
Un sentiment de colère submergea immédiatement le jeune homme. Ses traits se durcirent et sa bouche se tordit.
- Tu ne vas pas me dire que nous allons manger des petits suisses en dessert quand même ! Eructa-t-il soudain.
Elle acquiesça timidement de la tête. Hugues la secoua violemment puis la gifla. Les yeux d’Adrienne s’arrondirent d’horreur. Elle n’eut pas le temps de riposter, les mains d’Hugues serraient son cou et elle s’évanouit. Les coups de couteau dont l’homme la transperça ensuite l’empêchèrent de revenir à elle. »
 

Quant au coucou, le commissaire l’a changé de place. Il trône à présent en face de de lui lorsqu’il est installé à son bureau.
 


FIN
  

Copyright © 2008 Martine Rousset

Les commentaires
Publié le 04 mai 2008
Par Innocent Foutraque
Bonjour ! Vous allez mal ? Moi non plus.
C’est vrai lorsque l’on écrit, le temps suspend son vol de coucou. Alors pour passer le temps, j’ai pris mon stylo et je vais m’en servir comme un piolet pour escalader vos montagnes de stupéfaction devant la fin tragique d’Adrienne.
Il faut que vous alliez un peu dans les endroits de votre esprit où vous n’avez jamais mis les pieds depuis votre naissance… et vous vous retrouvez chez moi.
Là, vous comprenez qu’Adrienne méritait son sort. Sa vie n’était qu’un pot de fiel avec des tartines de leurre…
C’est comme vous tous ! Dans les astres, je ne vois que des désastres : catastrophe nucléaire, contamination générale, pandémie, attaque d’extraterrestres, panne d’électricité supprimant les fondants au chocolat…
Sans électricité, vous êtes chocolat et vous allez vous fondre dans le cosmos qui est un grand petit suisse blanc comme le néant. C’est sur ce néant blanc que je vais écrire le livre de l’humanité. Je frapperai avec mon piolet à plume qui fera des étincelles qui mettront le feu aux poudres qui exploseront en un Big bang nouveau… Youpi ! Alleluïa !…
L’Eternel ne parlera que la bouche pleine de fondant au chocolat. Je reconstruirai Babylone avec des distributeurs de cacahouètes et de fondants au chocolat. De la mort, on en fera plus tout un plat. On ne la servira qu’au dessert…
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