Elle le croisa une seconde fois lors d’un autre open international à Munich. Mais cette fois-ci, ils échangèrent quelques mots à l’entrée des toilettes… Malgré l’incongruité de l’endroit, lorsqu’ils se trouvèrent nez à nez dans l’encadrement de l’entrée principale, surprise, elle afficha un sourire béat à l’encontre du garçon. Il s’arrêta et recula pour la laisser entrer. Elle en fit autant. Il rit franchement et s’exprimant en français relevé par un accent à attaquer à la hache :
- Après vous, Mademoiselle !
- C’est mieux comme ça parce qu’à deux on ne passe pas ! Enfin, surtout moi.
Puis alors qu’elle passait devant lui, elle osa :
- Combien de points ?
- Quatre victoires, une défaite. Mais le tournoi n’est pas terminé.
Et il disparut dans le petit couloir qui menait à la salle de jeu.
Plantée près du lavabo, elle réalisa, agacée, qu’il ne s’était même pas enquis de ses résultats, ne serait-ce que par politesse. « Quel goujat » marmonna-t-elle amèrement. La jeune fille accepta alors, résignée, qu’Helmut Schön ne représenterait pour elle jamais plus qu’un génial joueur d’échecs. Elle choisit donc se concentrer sur les échecs et sur ses études.
Considérant que c’était un excellent entraînement, elle jouait très souvent aux échecs en ligne, installée devant l’ordinateur familial. Des centaines de joueurs du monde entier en faisaient autant, souvent cachés derrière des pseudos. Elle s’était inscrite sur le site peu après une cuisante défaite contre une adolescente boutonneuse au niveau très moyen. Folle de rage vis-à-vis d’elle-même, elle s’octroya en guise de punition le pseudo de Triple Buse, pseudo qu’elle conserva ensuite par amusement. Elle jouait souvent contre les mêmes personnes et notamment contre Pitbull dont elle ne savait qu’une chose : il portait bien son nom… Attaquant hors pair, il lui semblait que leurs parties l’avaient fait progresser. Ils échangèrent même leurs adresses e-mail afin de les commenter en toute tranquillité. Au fil du temps, leurs messages s’imprégnèrent d’une amitié croissante. Il leur arrivait même parfois de ne plus parler de leur sport cérébral favori. Il était Danois. Elle lui fit croire qu’elle était Suédoise. Ils s’exprimaient en anglais.
Considérant que c’était un excellent entraînement, elle jouait très souvent aux échecs en ligne, installée devant l’ordinateur familial. Des centaines de joueurs du monde entier en faisaient autant, souvent cachés derrière des pseudos. Elle s’était inscrite sur le site peu après une cuisante défaite contre une adolescente boutonneuse au niveau très moyen. Folle de rage vis-à-vis d’elle-même, elle s’octroya en guise de punition le pseudo de Triple Buse, pseudo qu’elle conserva ensuite par amusement. Elle jouait souvent contre les mêmes personnes et notamment contre Pitbull dont elle ne savait qu’une chose : il portait bien son nom… Attaquant hors pair, il lui semblait que leurs parties l’avaient fait progresser. Ils échangèrent même leurs adresses e-mail afin de les commenter en toute tranquillité. Au fil du temps, leurs messages s’imprégnèrent d’une amitié croissante. Il leur arrivait même parfois de ne plus parler de leur sport cérébral favori. Il était Danois. Elle lui fit croire qu’elle était Suédoise. Ils s’exprimaient en anglais.
(à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset







