L’ Ode du coq et le coq de l’Aude
Je pense à un oiseau des îles
Au rêve d’une idylle
Qui fit de moi un coq câlin
Du soir jusqu’au petit matin
Te souviens-tu ma tourterelle
De nos envols à tire d’ailes
Vers des sommets d’amour
Où le temps est un toujours.
Je n’ai pas oublié ton parfum
Je le respire avec bonheur.
Ta voix reste comme un refrain
Elle chante dans mon cœur
Je revois ton corps gracile
Ton regard sous tes longs cils
Tes petits yeux qui s’ouvrent
En un miroir où je me trouve.
Les rêves sont des pièges
Sur moi, tombe la neige
Toujours est dans le passé
Devant moi est le Jamais.
Cette ode est un caquetage
Le coq ne dira pas son âge
Dans sa tête près des nuages
L’oiseau était de passage.
Babillages de plume
Rien qui ne s’exhume
Dans ces vers de mirliton
Indignes d’Eôs et de Tithon.
Il ne s’agit pas de sexe
Mais d’accent circonflexe
Vous le voyez sur l’i d’île
Mais il n’est pas sur Idylle.
Cet accent vole, se pose
Sur les rêves, il se repose
Il aime plusieurs voyelles
Et le a est parfois cruel
Le coq a plus de ramage
Mais moins de plumage.
L’accent est mis sur l’âge
C’est à son désavantage
Cette ode est une fiction
Avec rimes et sans raison
Ce coq aux vains amours
Ne pourra pas voir le jour.
Le coq de L’Aude est âgé
Il fréquente les potagers
Seuls les coqs des îles
Connaissent des idylles
Sans un dernier cocorico
Sans monter sur ses ergots
Le coq d’Aude est en danger
Car on l’aime pour le manger.
(Texte : Le Mat)







