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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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tassuad : tes photos top !!!
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Publié le 08 juin 2008
Par Martine Rousset
Olive Lelièvre supervisait depuis vingt-huit ans l’immeuble de six étages sans ascenseur du 3 rue Jacques Callot. Construit juste après la guerre, c’était un bâtiment cossu honorablement campé dans un quartier résidentiel. Lorsqu’on poussait le gigantesque portail peint en vert bouteille, on pénétrait dans le hall où s’alignaient, sur la droite, treize boîtes aux lettres modernes en inox. C’étaient celles des douze locataires ou propriétaires auxquelles s’ajoutait celle de Mme Lelièvre. Mais les boîtes aux lettres ne servaient pas puisque la concierge, chaque matin, distribuait elle-même le courrier après l’avoir préalablement classé, installée dans sa loge située sur la gauche du hall et communiquant avec son petit appartement.

Olive Lelièvre était une vieille fille, petite, vaguement blonde, un peu trapue et les jambes arquées d’avoir monté et descendu tant d’étages depuis vingt-huit ans. Elle portait une blouse, été comme hiver, la plupart du temps imprimée de toutes petites fleurs bleues et roses. Sa seule fantaisie était son maquillage : deux traits épais de crayon noir en guise de sourcils et sa petite bouche fine, un peu pincée, décorée d’un violent rouge orangé.

Proche de la retraite, elle n’économisait cependant pas son énergie et s’affairait du matin au soir au service de son immeuble et de ses habitants. Elle gardait propres les escaliers et les paliers, elle distribuait le courrier, elle renseignait les visiteurs et elle rendait une multitude de petits services aux uns et aux autres. Elle avait bien un jour de congé par semaine mais elle restait à sa loge, par habitude et probablement par ennui. Elle ne recevait jamais personne et nul ne savait si elle avait de la famille. Les gens l’aimaient bien et ses étrennes, à Noël, s’en ressentaient sensiblement.

En ce lundi matin, Mme Lelièvre lavait énergiquement le carrelage gris foncé du hall d’entrée avec un balai espagnol. Le facteur n’allait pas tarder à passer et elle le guettait pour qu’il ne rentre pas salir le dallage mouillé. Elle entendit des bruits de pas. Quelqu’un descendait l’escalier. C’était Monsieur Legoff du premier droite, un vieux monsieur très élégant qui vivait seul.
- Bonjour Mme Lelièvre. Claironna-t-il. Pas de courrier ?
- Bonjour Monsieur Legoff. Non, le facteur n’est pas encore passé. Je vous le glisserai sous la porte puisque vous partez. Répondit-elle mielleusement.
- C’est parfait ! A plus tard.
Elle ne répondit pas et observa d’un œil agacé les traces de pas laissées sur le sol encore humide par le vieil homme alors qu’il sortait de l’immeuble.
 

(à suivre)

                                                                    Copyright © 2008 Martine Rousset

Les commentaires
Publié le 08 juin 2008
Par Legoff
Demoiselle, elle est donc toujours vierge
C’est ce que l’immeuble dit de la concierge
Le petit Jésus ne lui a pas déposé un cierge
Aucun bedeau ou huissier n’a exhibé sa verge.
Sa mère avait, dit-on, un temps vécu au Mont-Carmel
Pour gagner sa vie, elle avait dû fabriquer du caramel.
La concierge avait la peau sucrée comme la vergeoise
Nous le savons par rumeur villageoise
Devenue trompette du faire-savoir
Dans sa loge, quand vient le soir
Elle sort son écritoire
Et écrit son histoire.
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