Un vrombissement de scooter annonça l’arrivée du facteur. C’était un jeune homme facétieux et toujours de bonne humeur, assez beau garçon du reste, ce qui n’avait d’ailleurs pas échappé à la concierge.
- Bonjour Miss Monde ! Plaisanta-t-il dans l’encadrement de la porte en lui tendant une pile d’enveloppes tenues par un gros élastique.
Olive Lelièvre attrapa le courrier et lui lança un sourire béat révélant des traces de rouge à lèvres sur les dents. Elle se dirigea ensuite vers sa loge pour y effectuer un tri méthodique des enveloppes. Elle les rangeait toujours dans le même ordre, du premier étage au dernier. Elle jugeait qu’ainsi, elle était moins essoufflée en arrivant au sixième, puisqu’elle s’était arrêtée à chaque palier précédent.
Puis elle commença tranquillement sa distribution habituelle, glissant le courrier des absents sous la porte ou sous le paillasson selon leurs désirs et échangeant quelques mots avec les présents.
Le reste de la journée fut plutôt tranquille. Elle resta dans sa loge à regarder la télévision, à la disposition des habitants ou des éventuels visiteurs à renseigner.
Le soir, elle fit sa petite cuisine et dîna devant son poste de télévision. Quand l’émission de variétés fut terminée, elle fit sa petite vaisselle et partit se coucher. Calée confortablement dans son lit, elle sortit un cahier d’écolier du tiroir de sa table de nuit, un stylo bleu à bille et écrivit.
Lundi 6 octobre
C’est confirmé, la veuve du second à gauche n’a pas payé son téléphone. Elle a reçu un rappel aujourd’hui. Je m’en doutais parce qu’elle me donne toujours son courrier à poster et que je n’ai pas vu la fameuse petite enveloppe à fenêtre dans laquelle on met son règlement.
M. Legoff a encore trouvé le moyen de passer dans le hall quand je lavais par terre. Je crois qu’il le fait exprès. C’est un vieux schnock. Le facteur m’a dit quelque chose de très gentil. Je crois qu’il m’aime bien.
Le médecin est passé voir Mademoiselle Lamentin du quatrième droite. Je n’ai pas réussi à savoir ce qu’elle a. Je le saurai sûrement demain. A tortiller du cul comme elle le fait tout le temps, je me demande si elle n’est pas enceinte.
J’ai regardé une émission de variétés ce soir à la télé. Il y avait Sylvie Vartan. Elle a changé de coiffure. Je la préférais avant.
Elle referma son cahier, le rangea à sa place et éteignit la lumière.
Puis elle commença tranquillement sa distribution habituelle, glissant le courrier des absents sous la porte ou sous le paillasson selon leurs désirs et échangeant quelques mots avec les présents.
Le reste de la journée fut plutôt tranquille. Elle resta dans sa loge à regarder la télévision, à la disposition des habitants ou des éventuels visiteurs à renseigner.
Le soir, elle fit sa petite cuisine et dîna devant son poste de télévision. Quand l’émission de variétés fut terminée, elle fit sa petite vaisselle et partit se coucher. Calée confortablement dans son lit, elle sortit un cahier d’écolier du tiroir de sa table de nuit, un stylo bleu à bille et écrivit.
Lundi 6 octobre
Elle referma son cahier, le rangea à sa place et éteignit la lumière.
(à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset







