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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
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Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
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Publié le 11 juin 2008
Par Martine Rousset
A dix heures vingt, un fourgon ralentissait sur la chaussée. Le passager, un petit homme tout sec et gringalet, descendit prestement du véhicule, un papier à la main.

Machinalement, Olive regarda les pieds du livreur. Propres et secs. « Au moins ça » pensa-t-elle. Le chauffeur, frisant probablement l’âge de la retraite, descendit à son tour de la camionnette et déverrouilla les portes à l’arrière. Ses pieds plurent également à la concierge.

La livraison ne dura pas plus de trente minutes pendant lesquelles Madame Lelièvre ne les quitta pas d’une semelle, évaluant avec eux la largeur des escaliers, commentant le poids du canapé et leur tenant ouverte la porte d’entrée de Madame Testard, laquelle porte tenait pourtant ouverte toute seule. Madame Testard réceptionna son nouveau mobilier et signa le bon de livraison tandis que Madame Lelièvre jetait un petit coup d’œil environnant dans l’appartement.

Jeudi 9 octobre
Les Testard du troisième gauche ont reçu leur nouveau salon. J’ai vu la facture sur la table de la salle à manger. Ils ont les moyens. On dirait pas à voir comme ça.
Monsieur Legoff du premier droite a encore reçu deux lettres de réponses à son annonce. Ça fait cinq ! J’espère qu’il a la santé le vieux schnock.
Madame Frison a reçu son amant de quatorze heures vingt-cinq à seize heures cinquante. Cette fois, j’ai vu le type se garer. J’ai noté son numéro d’immatriculation, on ne sait jamais. 2907 GPM 92.
La veuve du deuxième gauche a reçu une visite bizarre tôt ce matin. Un homme en costume avec une sacoche noire. Il avait une tête pas sympathique. Je n’ai pas réussi à entendre ce qu’ils disaient.
J’ai toujours la migraine. Il va falloir que j’aille chez l’ophtalmo. 

Quand Olive Lelièvre se réveilla le vendredi matin, elle ne parvint pas à se lever tant sa tête la faisait souffrir. Cinq minutes plus tard, elle était morte.
 

Tous les habitants du 3 rue Jacques Callot étaient présents à l’enterrement d’Olive Lelièvre. Quand ils apprirent son décès, attristés de savoir qu’elle n’avait aucune famille, ils se cotisèrent pour lui organiser des funérailles à la hauteur de l’affection qu’ils lui portaient. Ils commandèrent une magnifique couronne de fleurs traversée d’un ruban sur lequel on pouvait lire A notre concierge si dévouée. Madame Frison pleurait à chaudes larmes tandis que Monsieur Legoff veillait à ce que tout se déroule convenablement. Le fils Testard, ému, lut un petit poème que tous les enfants avaient rédigé ensemble et enfin, chacun passa devant le cercueil pour y jeter une petite poignée de terre. On pouvait entendre quelques phrases murmurées dans l’assistance : « Une si gentille dame », « Une femme si discrète », « On l’aimait bien et elle nous le rendait bien »…
 

Quant au journal intime d’Olive Lelièvre, il fut jeté sans même avoir été ouvert par l’entreprise chargée de vider son petit appartement.
 

Seul subsista le souvenir d’une concierge irréprochable, dévouée et bienveillante.

FIN

                                                                     Copyright © 2008 Martine Rousset
Les commentaires
Publié le 11 juin 2008
Par In mémoriam
Pour honorer la mémoire d’Olive Lelièvre
Morte d’une migraine dans une vie sans fièvre
Nous voulons éviter une oraison trop mièvre
De celles entendues au fin fond de la Nièvre.

Olive était une concierge à la parisienne
Un regard caché derrière ses persiennes
Une oreille collée aux portes et aux murs
Captant et relevant le moindre murmure

Le soir, Olive notait tout dans son journal
De l’extraordinaire au fait le plus banal
Aujourd’hui, la mort y a mis le point final
La fin est en toute chose événement fatal.

Morte, Olive est, par tous, montée aux nues
Le voile ne sera pas levé sur la vérité nue
Hélas, les écrits se sont rapidement perdus
La vie va désormais reprendre le dessus.

M. Frison ignore encore qu’il est cocu
Sa femme continue les parties de cul
Legoff, qui à vouloir aimer s’évertue,
rencontre des femmes de petite vertu.

Monsieur Testard a testé son salon
En slip, en short et en pantalon long.
La veuve n’a plus un sou vaillant
L’huissier va saisir son appartement.

3 rue Jacques Callot, parmi les salauds
Le Goff a eu, sur Olive, le dernier mot
Il est l’auteur de son épitaphe
Et de ses fautes d’orthographe.

Lamentin, comédienne d’un jour
A déclamé le funèbre discours
Qui se termine par ces simples mots
Morte seule, orpheline sans marmot.
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