Je suis verte. Mais pas un vert pâle, vague reflet d’une petite colère passagère, ni vert printemps parce que cela n’existe plus. Non : verte de rage. Un vert qui oscille entre E. T. et les épinards.
Pourquoi (en bon lecteur attentif et attentionné, je suppose que vous vous posez cette question à l’instant même) ? Donc, pourquoi ? Vous voulez savoir pourquoi ? Je vais vous le dire pourquoi. On m’a embouti ma Valentine !!!! « Nooooon ! » vous écriez-vous probablement à l’instant, compatissant à la colère de votre blogueuse préférée. Eh bien, si. « Ma » Valentine. « Ma » boîte à moi bleue dargon sur roues…
19 heures, hier soir. Il pleut. Donc, si il pleut, perspicaces comme vous l’êtes, vous vous doutez que la route est … ? La route est … ? Il y en a qui suivent, c’est bien. Donc, la route est mouillée.
Je suis au volant de ma Valentine et je roule tout doucement. J’ai passé depuis bien longtemps ma période Fangio avec du plomb sous les semelles… Je suis bien à droite. Plus à droite, je roule dans le fossé. J’aborde un virage étroit. Seconde. 20 à l’heure. En une fraction de seconde, j’aperçois le nez agressif d’un gros 4 x 4 à plateau qui sort du virage en face de moi. J’ai juste le temps de voir deux yeux affolés s’arrondir et… badadoum… Il roulait un peu trop vite pour un temps de pluie et quand il a freiné, il a glissé… D’où le badaboum…
J’ai à peine le temps de me garer et de sortir pour évaluer les dégâts que le type s’éjecte comme un fou de son gros tas de ferraille et se met à rouspéter ! La surprise me laisse toujours un moment sans voix. Donc, je suis sans voix. Quant à Valentine, la portière arrière gauche est totalement enfoncée. Mes larmes ne sont pas loin mais je les retiens. Quoiqu’avec la pluie battante, on aurait pu les confondre avec les gouttes d’eau. Mais bon, soyons adultes.
Toujours est-il que le type rouspète ! Il rouspète tout simplement parce que j’étais dans le virage au moment où lui y était aussi. Il dégouline de mauvaise foi. Un comme j’aime… Un Roger en puissance… Il me fait remarquer que son véhicule n’a rien, donc que ce n’est pas grave… Je lui fais remarquer que mon véhicule est embouti et qu’il est neuf, donc que c’est grave. Il me fait remarquer qu’il ne pouvait pas m’éviter. Je lui fais remarquer que si avait abordé le virage plus doucement, il aurait pu. Il me fait remarquer que son 4 x 4 est très gros et qu’il a besoin de place dans les virages (sic !).
Je crois rêver… Bon, il admet quand même une chose : je roulais bien à droite. Au moins ça… En revanche, il a ajouté qu’il ne se laisserait pas faire car, je cite : « j’en ai ras le bol de toujours prendre les torts quand j’ai un accident ! »… Désolée mais moi, c’est mon premier…
Vu que nous n’avions pas de constat ni l’un ni l’autre, j’ai pris son nom et son numéro de téléphone. Mais puisque c’est sur sa bonne foi, j’ai ajouté au-dessous le numéro d’immatriculation…
Quant aux témoins, hormis un gars immatriculé sur le continent qui a préféré filer à l’anglaise plutôt que d’être mêlé à une sombre histoire douteuse entre autochtones avides de vengeance et très certainement armés, je n’ai pris que les coordonnées d’un escargot qui m’a promis de dire tout de ce qu’il a vu. Lui au moins, il n’a pas peur de baver…
Enfin, voilà. La mauvaise foi de certains automobilistes me laisse perplexe… Pour le reste, c’est l’assurance qui tranchera. Inch’Allah !
Copyright © 2008 Martine Rousset







