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Publié le 05/05/2008 à 16:56
Par michou.f
Civitavecchia, où nous arrivons vers 8h, est devenu "le port de Rome" étant donné sa proximité avec la capitale. Ces dernières années, le tourisme est en nette augmentation, notamment par le biais des bateaux de croisière.
Civitavecchia est le nom donné à la ville romaine de Centumcelle construite sous l'empereur Trajan entre 107 et 108 av. J.C. Elle a changé plusieurs fois de nom à travers les âges: Centumcelle puis Centocelle et enfin Cencelle. Sur les ruines de l'ancienne cité portuaire aux environ de l'an 1000, fut construite, près d'un rocher, la ville nouvelle qui prit le nom de Civitavetula et Civitaveccla puis finalement Civitavecchia.
Centocelle était un bourg très ancien qui était une sorte de port pour l'Etrurie, mais aussi un lieu d'échanges très prospère.


Dans ses annales, Pline le Jeune indique clairement Centocelle comme le siège d'un concile de paix organisé par l'empereur Trajan. Le nom de Centocelle lui vient de la description des maisons de ce village qui ressemblaient à des ruches avec leurs pièces petites et nombreuses ou bien de la description des petites baies qui interrompaient la côte et qui permettaient l'abordage et le départ des bateaux. C'est aussi parce qu'il s'agit d'une région abritée mais d'où l'on accède facilement à la mer, que Trajan fit construire ici sa plus belle villa: c'est encore lui qui fit commencer les travaux du port dont la structure fondamentale est restée la même. Civitavecchia se chargea de gérer la plupart du trafic maritime destiné à Rome, quand le port d'Ostie, à l'embouchure du Tibre, ne fut plus capable de le faire seul. La première description du port est celle de Pline, qui décrit les jetées et le panorama de la villa de Trajan. La conformation très particulière du port est attribuée à l'architecte Apollodore, qui avait décoré la structure originelle avec des reliefs et des statues. Même après la chute de l'Empire Romain, Civitavecchia ne perdit pas son importance maritime, mais au contraire, en quelques siècles, elle se confirma premier port de la mer Tyrrhénienne, ce qui lui valut la jalousie de Pise et la convoitise des pirates turcs. Aujourd'hui, le port de Civitavecchia est décidément moderne et dynamique, voué au trafic léger et au transport des passagers vers les îles tyrrhéniennes. Escale privilégiée pour visiter les merveilleux souvenirs historiques des civilisations romaine et étrusque, la ville a aussi un centre historique et un bourg du Moyen-Age vraiment plein de charme et bien préservé.

Port de Civitavecchia

A Civitavecchia nous prenons le "Roma Express", train qui nous conduit à Rome, gare St Pierre.

Visite de l'église San Pietro in Vincoli (St Pierre aux liens). Située sur la colline "Colle Oppio", elle fut construite au Vè s. à la demande d'Eudoxie, l'épouse de l'Empereur Valentin III, afin de conserver les chaînes qui avaient attaché St Pierre durant sa captivité à Jérusalem. Elle a été restaurée au VIIIè, XIè et XVè s. Une refection désastreuse au XVIIIè s. en a altéré les proportions.
A l'intérieur de l'église, nous avons admiré la magnifique sculpture de Michel-Ange, universellement connue sous le nom du Moïse. Une incomparable vigueur se dégage de cette oeuvre, aux qualités formelles éblouissantes. Michel-Ange a représenté Moïse au moment où, ayant reçu de Dieu les Tables de la Loi, il revient vers son peuple.

Le Moïse de Michel-Ange, église St Pierre aux liens, Rome

Nous passons près du Forum Romain, autrefois coeur politique, commercial religieux et judiciaire de la ville. C'est aussi le lieu monumental des mémoires "sacrées" jusqu'à la fin du monde antique. Les origines du Forum romain sont liées à la transformation des villages primitifs, surgis sur les pentes des collines environnantes, en un grand organisme urbain. Vers la fin du VIIè s. av. J.C., la Vallée du Forum devint le coeur même de la ville après les travaux de drainage des eaux marécageuses, réalisés grâce à la construction de la Cloaca Maxima et le premier "pavage" des rues.
Depuis lors, la partie de la vallée qui se trouve au pied de la roche capitoline fut destinée aux fonctions politiques (création des Comices pour les assemblées du peuple, et de la Curie pour les réunions du Sénat), tandis que la partie la plus étendue prit le rôle de "place publique" (le Forum au sens propre du mot) où les boutiques et les marchés s'alternaient avec les sanctuaires les plus vétustes de la ville (ceux de Vesta, de Saturne, de Janus, des Dioscures). Un petit lieu de culte - un autel - une colonne commémorative, fut considéré comme la "tombe" du fondateur mytique de la ville, Romulus, et protégé par de grandes dalles en pierre noire.
La Voie Sacrée traversait toute la place et montait au temple de Jupiter.



Le Forum Romain: sur la droite, le Temple de Saturne


Tout près, le Colisée que nous ne verrons que de l'extérieur. Nous passons devant la basilique S Cosma E Damiano.
Le Colisée, ou amphithéâtre flavien, surgit au centre de la vallée à l'emplacement même de l'étang artificiel de la Domus Aurea de Néron. Commencé par Vespasien en 70 de notre ère, il fut inauguré par Titus en 80 par une série de spectacles qui durèrent cent jours et au cours desquels furent tués 5000 fauves.
Les 80 arcades du parterre étaient numérotées progressivement (ils correspondaient à ceux des abonnements des spectateurs) et donnaient accès, par un système de couloirs intérieurs, aux 160 bouches (vomitoria) qui permettaient d'atteindre les gradins de la cavea, soutenus par des arcs et des voûtes. L'amphithéâtre était gratuit pour tous et pouvait accueillir 70 000 personnes qui assistaient aux combats entre gladiateurs et à la chasse aux fauves, ou à d'autres spectacles secondaires de plusieurs genres, le plus souvent aussi sanglants qui les spectacles principaux. Les spectateurs étaient abrités du soleil par un velarium de toile. Il était manoeuvré par un détachement spécial de marins de la flotte militaire de Misène, dans le golfe de Naples.


Le Colisée

Depuis le Colisée, l'arc de Titus, sur la Voie Sacrée qui va du Forum au Colisée. Il commémore la prise de Jérusalem par Titus (70 ap. J.C.)


L'arc de Titus


L'Arc de Constantin
, placé sur l'itinéraire des cortèges triomphaux, a été élevé pour commémorer la victoire de Constantin sur son rival Maxence. Ses proportions sont harmonieuses mais sa décoration sculptée se révèle inégale selon qu'il s'agit d'oeuvres du IVè s., médiocres, ou de morceaux arrachés à des monuments plus anciens (IIè s.), comme les statues de Daces, enlevées au forum de Trajan...


L'arc de Constantin



Visite de la basilique St Clément. S'élevant sur 3 niveaux, c'est un véritable condensé de l'histoire millénaire de Rome: sur les édifices préexistants, qui datent de l'époque romaine, au IVè s., fut construite une première basilique, détruite par les Normands puis reconstruite en 1108. Elle fut reconstruite plus petite, au même emplacement mais à un niveau supérieur, fut ornée de somptueuses mosaïques, d'un pavement magnifique et d'un riche mobilier liturgique. Le lourd plafond de bois, les stucs et les fresques datent d'une restauration du XVIIIè s.


Mosaïque de l'abside de l'église supérieure


La basilique inférieure

Le vestibule introduit aux trois nefs de la vaste basilique primitive. De gros murs de soutènement, qui coupent en deux la nef centrale pour renforcer la basilique supérieure, masquent en partie l'ample plan. Deux séries de belles fresques couvrent les murs.


Vue de la basilique inférieure

Visite de la basilique St Pierre, l'un des chefs-d'oeuvre les plus visités au monde grâce à des maîtres comme Bramante, Miche-Ange, Raphaël et Bernin.
Cet état microscopique, le plus petit du monde, est aussi l'un des plus visités: pélerins et amateurs d'art du monde entier se pressent dans la capitale des catholiques où, au fil des siècles, d'innombrables artistes ont laissé la marque de leur talent.
La place St Pierre, travail architectural de Bernin au XVIIè s. est l'endroit où les fidèles se massent le jour de Pâques pour la bénédiction "urbi et orbi" (à la Ville et au monde entier).



La place St Pierre

La Cathédrale St Pierre

Edifiée dans la capitale de la chrétienté, cette gigantesque basilique est au carrefour de deux histoires, celle de l'Eglise Catholique et celle de l'art italien.
En 1506, Jules II pose la première pierre de la nouvelle basilique St Pierre. C'est le projet de l'architecte Bramante qui est retenu: un plan en "croix grecque" (quatre branches égales inscrites dans un carré) pour l'édifice qui sera surmonté d'une coupole surbaissée comparable à celle du Panthéon antique. D'autres propositions émettaient l'idée d'une "croix latine" (longue nef croisée par un transept plus court).
La mort de Jules II et celle de Bramante laissent d'autres propositions se multiplier, y compris celle de Raphaël avec des croix tantôt grecques, tantôt latines.
En 1546, le pape Paul III nomme Michel-Ange architecte de tous les travaux du Vatican. Il revient à la croix grecque mais remanie ses plans pour accroître la majesté de l'édifice: une coupole plus large et plus haute pour couronner le gigantesque sanctuaire.
A sa mort en 1564, Giacomo Della Porta modifie le dessin de Michel-Ange pour donner encore plus d'élan aux courbes extérieures.
En 1605, Paul V, après une longue controverse décide finalement d'opter pour la croix latine et demande à Carlo Moderno de prolonger la nef. La croix latine avec une longue nef, mieux adaptée aux grandes cérémonies liturgiques et aux processions spectaculaires est finalement adoptée.
Emblématiquement, la large façade de Moderno ouvrant sur les nefs, vue de la place, masque complètement la coupole de Michel-Ange.


La Cathédrale St Pierre

La nef centrale. Au fond, le maître-autel de style baroque

La Pieta de Michel-Ange

Sur la nef droite, la Piéta exécutée par Michel-Ange (1499-1500), à l'âge de 25 ans. Ce célèbre groupe de marbre, qui résume toutes les conquêtes de la sculpture du XVè s., donne une perfection formelle éblouissante à l'expression d'une scène dont la signification religieuse ne fait pas disparaître la valeur profondément humaine.



Le pont St Ange
: du pont antique, construit entre 133 et 134 par l'empereur Hadrien ne subsistent que les trois arches médianes du pont actuel. Il reliait le Campo Marzio (Champ de Mars) à son mausolée.


Le Pont St Ange et le Château St Ange

De l'extérieur, le Château St Ange se présente comme une enceinte crénelée de forme carrée, munie de quatre tours d'angle polygonales, au centre de laquelle se trouve une imposante rotonde faite de blocs de péperin et de travertin.
C'était à l'origine un mausolée d'inspiration étrusque, conçu par l'empereur Hadrien pour lui-même et ses successeurs (130-139). Les urnes funéraires de tous les empereurs, d'Hadrien à Septième Sévère (211), y ont été déposées. L'empereur Aurélien transforme le sépulcre en forteresse et l'incorpore à un bastion avancé de la muraille de 19 km qui s'édifiait autour de la ville et qui porte toujours son nom.
Le nom actuel du château est du à une vision de St Grégoire le Grand en 590. Au cours d'une procession organisée pour conjurer une épidémie de peste, un ange lui apparut au sommet du mausolée, remettant son épée au fourreau et lui annonçant la fin du fléau.
A partir du Xè s., dans les temps troublés du Moyen Age, l'édifice fortifié, souvent assiégé, lieu de refuge mais aussi d'emprisonnement, reste l'un des principaux remparts du pouvoir pontifical à Rome: en 1527, Clément VII vient s'y réfugier, lorsque les lansquenets de Charles Quint mettent la ville à sac.
Publié le 07/05/2008 à 18:12
Par michou.f
Après avoir dépassé l'île d'Elbe, vers 02h, nous laissons à bâbord le phare de l'île de Gorgona. Ensuite, navigation en mer ligurienne en direction de Savone. Arrivée à Savone vers 8h.


Le Costa Concordia


Savone
a vécu son heure de gloire au XVè s. et s'est vue attribuer le nom de "Cité des Papes". Une des familles les plus blasonnées de la ville, la famille Della Rovere, a vu deux de ses membres nommés papes avec Francesco Della Rovere, qui assuma le nom de pape Sisto IV, et son neveu, Giugliano Della Rovere, connu sous le nom de Giulio II.


La forteresse de Savone. Au dernier plan, le port


ARRIVEDERCI !


Quant à nous, nous reprenons notre voiture en direction de Florence, via Pise.

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