"… bien sûr... en retard... elle l'entend... sur un ton enjoué et caressant...
" - encore une dame qui se fait attendre "... ou " - seriez-vous une dame qui ..."
... et tandis qu'elle roule à contre jour dans les dernières lueurs du crépuscule, un regard vers le quai, elle ne voit qu'une silhouette… assis sur la dernière borne d'amarrage, son sac de marin aux pieds, le regard très lointain encore tourné vers d'autres horizons... comment ne pas le reconnaître... elle croit discerner dans l'obscurité des tas de petits détails qui ont changé... et pourtant, c'est bien le même...
… elle ne pensait pas le trouver là - si facilement - pas le temps de se garer… un ralentissement au carrefour, une portière qui s'ouvre au passage, la silhouette monte... un regard de débarqué qui ne l'a pas vue arriver, alors que déjà elle détaillait son allure… la même tranquillité apparente, la même patience dans son attitude, dans les mêmes vêtements sombres... une discrétion voulue, choisie, masquant toute inquiétude...
… mais elle non plus n'a pas changé, elle a savouré jusqu'aux dernières minutes son inquiétude à elle et son excitation qui se sont calmées dès qu'elle l'a aperçu... comme à chaque fois qu'elle l'avait retrouvé, toutes ses craintes exacerbées envolées... il est là, assis près d'elle, il n’a pas eu le temps de comprendre que déjà elle l'avait enlevé... allait-il se laisser emporter sans rien dire... avant même de l'avoir tout à fait reconnue...
… tout semblait prévu... rien ne l'était plus... elle avait rempli une possible attente par une course effrénée... puis traversé la ville en grimpant la colline, par des chemins poétiques et buissonniers, pour s'approcher de lui en se mettant elle-même dans le voyage...
… ce qu'il avait dû éprouver toute la journée en s'approchant de leur rendez-vous, elle avait dû le découvrir en accéléré dans les quelques minutes qui lui restaient avant d'atteindre le quai... "
Des mots qui, peut-être vous rapprochent, vous aussi, et peut-être que vous vous y retrouvez aussi !







