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Mon bloc perso.
les mots de mo ne sont pas que des maux
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Publié le 14/04/2007 à 15:04
Laure Adler, Stefan Bollmann .- Les femmes qui écrivent vivent dangereusement.- Flammarion, 2007 Présentation par l'éditeur : Pendant longtemps la majorité des femmes surent lire, mais pas écrire, l'écrit restant, dans la répartition traditionnelle des tâches entre les sexes, la chasse gardée des hommes. Quand elles accédèrent enfin au droit à l'écriture, elles durent mener une lutte encore plus longue, celle de la reconnaissance de leur production écrite. Alors que la plupart de ces femmes aspiraient à une vie sans contrainte, où elles auraient pu exprimer librement leur art, les obstacles qui ne cessèrent en effet de se dresser devant elles - trouver du temps pour écrire constituant déjà une tâche en soi - les vouèrent à un anticonformisme qui les mettait en danger.
STEFAN BOLLMANN, né en 1958, a étudié la philologie, le théâtre, l'histoire et la philosophie. Éditeur et auteur, pour notamment Les Femmes qui lisent sont dangereuses (Flammarion, 2006), vit actuellement à Munich.
Publié le 14/04/2007 à 08:55
Bernard Giraudeau.- Jeanne in Les hommes à terre.- Editions Métailié, 2004.- p. 141-177 « Ils avaient nourris leur bonheur dans l’absence, dans une sorte de méditation intensive de l’autre… »« C'est ainsi que nous écrivions l'histoire. C'est elle qui m'a donné le goût des histoires à partager. C’était l’amour du commencement de leur amour qu’elle aimait revivre avec moi qu’elle appelait le petit du petit, le dernier fils. Elle recommençait son partage avec Ange en me le partageant. Elle n’avait eu d’avenir que dans le prochain rendez-vous avec Ange. Ce fut un amour en rendez-vous. Peut-être esquivait-elle des faux pas de la mémoire. Peut-être posait-elle ses rêves à côté des jours de leur amour. Peut-être n’a-t-elle vécu que pour cela jusqu’à la fin. La plus longue attente fut la dernière. Ils avaient nourri leur bonheur dans l’absence, dans une sorte de méditation intensive de l’autre. Ils savaient cette joie indicible de la prière qui redessinait l’autre, le projetait dans l’espace clos de la mémoire, car c’était cela prier pour eux, visualiser le visage, le corps, les rires, sentir même la chaleur de l’autre et refaire seul parfois les gestes de l’amour. Ils se mettaient involontairement en manque de l’autre. Savaient-ils qu’à côtoyer un corps, son visage, sa démarche, il devient silhouette rassurante, habituelle, mais s’échappe de ce qui le rend unique, ce pli douloureux au coin de la lèvre, celle de l’aile du nez, ce front inquiet, cette petite veine à la base du cou qui bat quand l’émotion est trop forte, ces mains posées négligemment sur la table en attente, ce pas bien à elle, bien à lui, reconnaissable entre tous dans la foule des autres ? Savaient-ils cela ? » extrait p. 173-174 |
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