les mots de mo ne sont pas que des maux
willow : et pourqoui pas?
mo : bientôt lr retour sur mod2 !
Lucie : Yoo
mo : oui cath
cat : un petit coucou de chez moi à mardi mo est ce que tu me reconnais ?
Norois : Bonnes fêtes à tous tes lecteurs, Mo, et mille voeux à ton joli blog!
béatrice : LETTRE A UN AMI
loudunet : je t aime
ordinaire : je me livre au monde... http://books.lu lu.com/content/ 1190612
ennouri : amour
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Publié le 06/04/2007 à 10:29
Par mauxtus
« Un port regarde la mer, forcément. Il attend les étraves, il vous accueille à quais ouverts, vous protège. C’est un refuge cosmopolite. Un port, c’est féminin. C’est une femme qui vous berce au clapot, vous console des nuits de quart. C’est une mère qui vous donne ses filles à baiser. Alors le marin, comme l’oiseau migrateur, met le cap d’instinct vers le sein et le téton salvateur. Même la bleusaille qui débarque pour la première fois, le nez en l’air, a un compas dans la tête. Les pompons rouges naviguent au jugé vers les bars et les eldorados du sexe comme les insectes attirés par la lumière vive. Ce sont les mêmes enseignes partout, des néons hallucinogènes et des musiques qui pleurent jusqu’au caniveau. Devant la grotte au trésor, des types rabattent, d’anciens boxeurs sonnés à la blanche qui pissent le sang sur la porcelaine, des ratés de la magouille. »
Bernard Giraudeau.- Billy in Les hommes à terre.- Editions Métailié, 2004.- p. 85
Publié le 06/04/2007 à 00:09
Par mauxtus
Publié le 05/04/2007 à 14:21
Par mauxtus
Publié le 05/04/2007 à 11:27
Par mauxtus
Bernard Giraudeau.- Les hommes à terre.- p. 15-16
" Le lendemain Simone l’accompagne à la gare. Ils passent par le port. La mer est basse. Il y a de la vase dans le canal au pied du quai Maubec. La grosse horloge est grise. Les mouettes ferment leurs gueules. Trois petits bateaux de pêche accrochés au quai se serrent pour ne pas basculer. Il aime bien les fanions des casiers, comme des flammes de couleur, les coques bleues et rouges. Il s’arrête devant le bassin à flots pour regarder un vieux ketch en acajou. Il n’a jamais navigué. Il aurait aimé. Son enfance a glissé sur les lentilles d’eau du marais, sans vagues. C’était loin, ce sillage noir derrière la pigouille de la mère. La grande perche de bois patinée par les mains terreuses s’enfonçait silencieusement. Des bulles remontaient à la surface et crevaient avec une odeur de chiotte. Il aimait ça. Les grands peupliers avaient le langage du vent, un bavardage qui berçait la somnolence de l’été. C’était loin. "[…]
" Au moment du départ, ils se sourient. Il y a des éclats de tendresse à travers la vitre sale, des éclats dans les taches de lumière, furtifs, éphémères comme des papillons malades. Un geste, et le train glisse doucement pour ne pas déranger. Elle le suit du regard bien après qu’il disparaisse. C’est un train qui n’en finit pas, un train qui n’en finit jamais. Puis elle repart en brodant sa vie à elle, celle qu’elle n’a pas eu à cause de la guerre et de l’absence d’amour. Elle avait su mettre un voile sur cette mauvaise peinture un peu trop brillante dont le vernis s’était écaillé jusqu’à n’être plus qu’un cadre. Simone vivait dans un cadre vide. Elle a horreur du vide, comme des silences ou de l’attente. C’est sans couleur. Elle est du présent, un présent sans condition, infini. Le passé est une rive qu’elle laisse derrière et le futur une île trop lointaine. Elle a peur de la stérilité des hypothèses. Elle avance sans aborder jamais. […] "
Publié le 05/04/2007 à 00:55
Par mauxtus
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