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Publié le 18/03/2007 à 20:34
Par mauxtus

La porte à droite / Jean Ferrat - 1985 

On m'a dit tes idées ne sont plus à la mode
Quand on veut gouverner ce n'est pas si commode
Il faut évidemment s'adapter au terrain
Mettre jour après jour un peu d'eau dans son vin

On m'a dit dans la jungle il faut qu'on se débrouille
On est bien obligé d'avaler des magouilles
De laisser dans un coin les projets trop coûteux
On va pas tout rater pour des canards boiteux

La porte du bonheur est une porte étroite
On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

On m'a dit qu'il fallait prêcher le sacrifice
A ceux qui n'ont pas pu s'ouvrir un compte en Suisse
Qu'il fallait balayer tous nos vieux préjugés
Et que ceux qui travaill'nt étaient privilégiés

On m'a dit tu comprends tes idées archaïques
Ne feront qu'aggraver la crise économique
Ainsi la liberté dans un monde plus juste
Fait partie des slogans qui sont un peu vétustes

La porte du bonheur est une porte étroite
On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

Puis d'autres sont venus beaucoup moins présentables
Qui parlaient de la France en tapant sur la table
Qui disaient faut changer c'est la loi du pendule
On va pour commencer supprimer la pilule

Ensuite il faudra bien flytoxer la vermine
Rétablir la morale avec la guillotine
Et pi gn'a qu'à virer les mauvais syndicats
Pour conserver celui qui plaît au patronat

La porte du bonheur est une porte étroite
On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

Ils ont dit qu'il fallait se montrer réaliste
Qu'il y avait du bon dans les journaux racistes
Qu'il fallait nettoyer ce cher et vieux pays
Si l'on ne voulait pas qu'il devienne un gourbi

Dois-je vous l'avouer ces propos me renversent
Quand je vais boire un verre au café du commerce
Parfois je crois revoir sur du papier jauni
La photo de Pétain dans mon verr' de Vichy

La porte du bonheur est une porte étroite
Qu'on ne me dise plus que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

Publié le 18/03/2007 à 19:48
Par mauxtus

Les cerisiers / Jean Ferrat - 1985

J'ai souvent pensé c'est loin la vieillesse
Mais tout doucement la vieillesse vient
Petit à petit par délicatesse
Pour ne pas froisser le vieux musicien

Si je suis trompé par sa politesse
Si je crois parfois qu'elle est encor loin
Je voudrais surtout qu'avant m'apparaisse
Ce dont je rêvais quand j'étais gamin

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Bien sûr on dira que c'est des sottises
Que mon utopie n'est plus de saison
Que d'autr' ont chanté le temps des cerises
Mais qu'ils ont depuis changé d'opinion

Moi si j'ai connu des années funestes
Et mes cerisiers des printemps pourris
Je n'ai pas voulu retourner ma veste
Ni me résigner comme un homme aigri

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Tant que je pourrai traîner mes galoches
Je fredonnerai cette chanson-là
Que j'aimais déjà quand j'étais gavroche
Quand je traversais le temps des lilas

Que d'autres que moi chantent pour des prunes
Moi je resterai fidèle à l'esprit
Qu'on a vu paraître avec
la Commune
Et qui souffle encore au cœur de Paris

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train



Publié le 11/03/2007 à 12:13
Par mauxtus
 en écho à ordinaire, comme souvent...


« les histoires d'amour et d'amitié sont sans fin...
    juste des points de suspension,
      et pas toujours au bon moment... 
         et chacun s'enfuit avec des bouts de l'autre... 

   quelque fois
     on les retrouve ces bouts... quelques fois... 
         et d'autres restent à découvrir...

   le temps est un farceur qui sait vous retourner le coeur...

mais, c'est vrai, ce qui n'a pas été dit frappe alors, soudain, fort, dans la poitrine, dans les tempes, dans les veines... si on dit trop, les mots s'envolent, les mots vous volent, les mots vous trahissent, les mots vous mentent toujours un peu...

alors juste sentir, faire sentir, pour se rassurer... soi-même... 

nos ondes se croisent si rarement... gardons ces moments rares... pour juste les écrire... sans destinataire... si ce n'est à vous tous qui  vous êtes frôlés, qui m'avez frôlée, et qui vous êtes peut-être esquivés... »

Publié le 09/03/2007 à 14:06
Par mauxtus

« … plus le même soleil, dans la même brise, au bord d’une même mer… à la même heure… non… tu t’élèves, tu t’évades, tu t’amuses dans d’autres attitudes, ta tête poudreuse plus près de joyeux nuages blancs, la mienne embrumée, fuyant les tempêtes sous d’amusants nuages noirs… changement d’éléments, nouvelles surprises, nouvelles séparations… nos vies jouent à cache-cache… la tête au vent… dans d’autres temps ! »
Publié le 08/03/2007 à 20:20
Par mauxtus

" Je sais que l'amour est un sale boulot ; impossible de garder les mains propres. Quand on reste sur la réserve, il ne se passe rien d'intéresssant. En même temps, il faut trouver la bonne distance entre les gens. Trop près, ils vous submergent ; trop loin, ils vous abandonnent. Comment les maintenir dans la bonne relation? "

Intimité,
p. 102
traduction de Brice MATTHIEUSSENT


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