(Robin)
Ecrivain.
1931 - Londres, 1994.
Rejeton d'une famille anglaise de la haute bourgeoisie, "pas intelligente" selon son propre jugement "mais seulement riche", Robin Çook, après quelques années d'études à Eton, l'un des deux collèges les plus aristocratiques du Royaume-Uni, renia brutalement le milieu social qui l'avait engendré.
Se livrant pour vivre aux activités parfois les moins avouables en Grande-Bretagne, puis en Espagne, il découvrit l'Aveyron au hasard de ses errances. Successivement bûcheron, laveur de bouteilles, aide-charpentier, tueur de porcs et vendangeur, il parvint à s'intégrer dans la communauté rurale de Rivière-surTarn qui l'avait accueilli avec la sympathie curieuse que les paysans rouergats réservent aux phénomènes.
Il avait adopté la tenue, le jargon, les habitudes et les rites de ses nouveaux compatriotes, passionnément attentif à ne pas se laisser abuser par le seul mimétisme et n'ayant d'autre espoir que d'être regardé comme un des leurs.
Il logeait dans une antique bâtisse du XVe siècle, où la cuisine, était à peu près la seule pièce habitable et dans laquelle cinq femmes successives, dont une gitane, partagèrent fugitivement son existence.
C'est là qu'il rédigea l'oeuvre insolite qui devait le consacrer parmi les plus grands écrivains de romans noirs, où le fatum antique emprunte le visage des marginaux, des truands, des filles et des policiers marrons, de tous les désespérés laissés pour compte par une société dont il haïssait les hypocrisies, les idées reçues, les hiérarchies et les lâchetés.
Plusieurs de ces polars, adaptés au cinéma, connurent un succès mondial.
Bien qu'il fût resté le même avec ceux qui l'avaient naguère adopté, sa notoriété l'éloignait de la communauté. Le sachant célèbre, on l'imaginait riche, ce qui correspondait mal à son personnage. Il s'en attristait car il évoluait désormais entre deux mondes : plus tout à fait anglais, il n'était pas encore aveyronnais.
Il mourut à Londres au cours d'un des voyages qui l'y conduisaient périodiquement, lorsqu'il éprouvait la nécessité de retrouver l'atmosphère des bas-fonds de l'East-End.
Extrait de "Hommes et Femmes célèbres de l'Aveyron"
