IL ETAIT UNE FOIS L'AVEYRON ....
Histoir es, Contes, Légendes et Croyances populaire retraçant la vie du village et de notre région à travers le temps.
Les textes sont tirés de diverses sources citées dans la bibliographie de ce blog.
Bonne lecture à tous
pascal : bonjour auriez-vous des renseignements historiques sur le chateau ruiné de Veyreau dans les gorges de la jonte ? merci et bravo pour votre blog
marie : merci pour ce blog, pourriez vous m'indiquer des sources de documentation concernant la commune de mountpeyroux
gilles : Bonjour, je prépare un jeu de piste entre amis, dans la région de pousthomy et st sernin, et merci pour vos précieux renseignements. A bientôt
jean amans : boite de coutou
camelias : ravie d'avoir découvert votre blog qui est un tresor d'histoires, http://blog.ifr ance.com/lescam elias12
William : Bonjour! Je me marie en juin en Aveyron. Je m'empresse de réferencer votre blog sur le site de notre mariage ! http://ingrid.e t.william.site. voila.fr
Aladrya : Vous pouvez laisser vos commentaires ici ...
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Publié le 27/02/2007 à 10:25
Par Aladrya
Le luminaire n'est pas moins simple. Un principe fondamental présidait à son utilisation on s'en passait tant que la lueur du jour ou celle du foyer permettaient de vaquer aux travaux en cours, et nos ancêtres jouissaient d'une singulière faculté d'accommodation!
Les plus pauvres utilisèrent longtemps de grossières chandelles de résine ou de poix. Puis, l'abondance d'huile de noix dans le pays fit apparaître une lampe très primitive, « lou calel », faite d'un récipient à trois ou cinq becs portant des mèches. Bien des fermes ne possédaient que des lumignons, et à la nuit tombante la plupart des besognes se faisaient dans une demi-obscurité.
A la fin du siècle le Rouergat dispose enfin d'un moyen d'éclairage plus efficace avec la généralisation du pétrole, utilisé d'abord dans la lampe Pigeon, puis dans de nombreux modèles de lampes tempête.
Point de commodité non plus dans l'approvisionnement en eau.
Dans les fermes caussenardes c'est souvent une véritable hantise car les nappes et les citernes s'épuisent vite ainsi que les « lavognes » ou s'abreuvent les brebis. Ailleurs, les puits existent dans tous les villages. Particuliers ou mitoyens, ils sont maçonnés en un petit édifice recouvert d'ardoises grossières et fermés par une porte rustique. L'eau monte dans un seau suspendu à une chaîne qu'on enroule sur un tourillon à chevilles. Il faut parfois la tirer de plus de vingt mètres.
On imagine alors la peine de la maîtresse de maison et des servantes à qui revient souvent cette tache. Dans le Villefranchois on utilise aussi des puits très curieux, à balancier, dits « collebo ».
A quelques mètres du puits, le four familial dresse sa silhouette trapue dans toutes les fermes. On y cuit le pain et on y fait sécher les fruits tels que les poires ou les prunes, ou le chanvre. (Fin.)
Extrait de " La vie quotidienne en Rouergue avant 1914" de Roger BETEILLE (Edition Hachette Litterature)
Publié le 27/02/2007 à 10:21
Par Aladrya
Le reste du mobilier comprend généralement un buffet surmonté d'un vaisselier, quelque armoire et, sous l'escalier montant au galetas, un lit formant alcôve protégé par de grands rideaux de serge rouge.
Dans l'Ouest du département ou dans les grosses fermes, la salle commune se prolonge par une petite pièce dallée, évier ou souillarde, dite «faro-oyero », car elle vient en saillie à l'extérieur sur le mur de la maison. Elle prend souvent l'allure d'une petite tour. C'est une pièce à tout faire pour la ménagère, avec évacuation d'eaux usées, parfois même avec un puits intérieur.
Quand la fermière dispose ainsi d'une souillarde, elle y place le vaisselier garni d'assiettes, de cuillers et de fourchettes. La souillarde abrite d'un autre côté la fontaine de cuivre à deux corps ou un évier de pierre, la marmite de la soupe. Cela permet plus de netteté dans la salle commune.
Les chambres peu nombreuses contiennent peu de mobilier. Au siècle dernier les paysans rouergats préféraient dormir très haut. Un lit plat était signe de pauvreté car il indiquait qu'on n'avait pas été capable de le garnir. Les maîtres couchent dans leur lit dotal comme le veut la coutume rouergate du mariage. Pour les plus riches, des colonnes, un ciel de lit, des rideaux aux couleurs vives lui confère une certaine majesté. Chez les autres le lit est simplement entouré de rideaux et il a été fabriqué par un modeste menuisier de village.
Mais pour toute mariée, le trousseau de lit comporte les mêmes pièces une paillasse remplie de paille ou de dépouilles de mais, un matelas de laine ou de plume, un traversin, deux draps et deux couvertures de laine, les «flassados ».
Chaque famille mettait un point d'honneur à satisfaire à cet usage.Les armoires traduisent bien la richesse de leur propriétaire. Aisée, la maison possède de beaux meubles décorés de motifs à losanges typiques du mobilier régional où en style Louis XV campagnard. Mais dans la grande majorité des fermes modestes l'armoire demeure de facture primitive, parfois de simples placards dans les murs. Le paysan rouergat s'attache à garnir 1' « oustal » avec les faibles moyens dont il dispose. Ici point de tableaux qui restent l'apanage des châteaux et des bourgeois des villes. La décoration de la salle commune paraît d'une rusticité étonnante. Les images pieuses, cachets de première communion, effigies de la Vierge ou de la Sainte-Famille achetées lors d'une retraite dans la paroisse, le crucifix en constituent l'essentiel. Très souvent aussi un grand chapelet de Lourdes accroché en M ou en coeur sur le mur complète, avec le bénitier bleuté, cette démonstration de piété de la famille paysanne. Vers la fin du siècle, le diplôme encadré du certificat d'études primaires, un daguerréotype de mariage pour les plus aisés occuperont un autre pan de mur. (A Suivre…)
Extrait de " La vie quotidienne en Rouergue avant 1914" de Roger BETEILLE (Edition Hachette Litterature)
Publié le 18/02/2007 à 08:41
Par Aladrya
En arrière du feu le mur est protégé par une plaque ou, plus souvent, par une grosse dalle ou un muret. A droite ou à gauche, une cavité creusée à même la paroi de la cuisine accueille les cendres que l'on conserve précieusement jusqu'à la prochaine lessive pour les utiliser en guise de détergent.
Des foyers secondaires se nichent quelquefois dans l'embrasure d'une fenêtre, sous une grosse pierre munie d'un orifice. Le langage local les désigne sous le vocable de « potagers »; on les remplit de braises et ils servent à tenir chaudes ou même à cuire certaines préparations culinaires ou à faire cailler le fromage.
Mais la pièce essentielle du mobilier de l'âtre est la potence noircie qui pivote pour venir chercher en avant du feu, à l'aide d'une crémaillère, la marmite de fonte de la soupe ou les chaudrons remplis de bouillie à cochons. On suspend aussi à la crémaillère les « querbos », un instrument absolument essentiel à la ménagère car il supporte les poêles et les casseroles de tous rangs. Dans un coin trône le coffre à sel en forme de banc sur lequel les vieillards se complaisent à s'asseoir, ranimant le feu à l'aide d'une « canelo » faite d'une tige de sureau vidée de sa moelle.Ainsi l'âtre et la cheminée prennent-ils une grande importance dans la vie de la famille paysanne. La chaleur qu'on y ressent n'est pas seulement celle du feu de bois, mais aussi la chaleur humaine, la joie de se retrouver réunis pendant les froides soirées d'hiver.
C'est cette chaleur humaine que traduit le terme assez vague de « cantou » pour désigner le coin du feu dans son ensemble, et aussi l'intimité, le chez-soi. Chacun aime à s'y retrouver quand il a besoin de sentir autour de lui la chaleur réconfortante de la famille. Le mobilier populaire rouergat parait d'une grande simplicité.Au centre de la salle commune une table à la fois longue et massive en forme l'élément principal, parfois unique.
La table familiale comporte un énorme tiroir en bout où sont logés la miche de pain entamée, le fromage blanc, les oignons et dans certaines fermes les assiettes de chacun qui servent deux fois dans la journée sans être lavées. Au début du siècle existaient des tables très curieuses : on y avait creusé à même le bois des alvéoles reliés entre eux par une petite rainure.
La ménagère versait la soupe en bout de table et chaque convive en avait ainsi sa part par le principe des vases communicants!Quand on mange, assis sur des bancs, on coince la miche debout dans le grand tiroir. Le maître de maison en coupe de larges tranches, signe de préséance évident Que tei lou coutelCoupo lou cantel Qui tient le couteauCoupe le pain. (A Suivre…)
Extrait de " La vie quotidienne en Rouergue avant 1914" de Roger BETEILLE (Edition Hachette Litterature)
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