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Mon bloc perso.
IL ETAIT UNE FOIS L'AVEYRON ....

Histoir es, Contes, Légendes et Croyances populaire retraçant la vie du village et de notre région à travers le temps.

Les textes sont tirés de diverses sources citées dans la bibliographie de ce blog.

Bonne lecture à tous
Tribune libre
pascal : bonjour auriez-vous des renseignements historiques sur le chateau ruiné de Veyreau dans les gorges de la jonte ? merci et bravo pour votre blog
marie : merci pour ce blog, pourriez vous m'indiquer des sources de documentation concernant la commune de mountpeyroux
gilles : Bonjour, je prépare un jeu de piste entre amis, dans la région de pousthomy et st sernin, et merci pour vos précieux renseignements. A bientôt
jean amans : boite de coutou
camelias : ravie d'avoir découvert votre blog qui est un tresor d'histoires, http://blog.ifr ance.com/lescam elias12
William : Bonjour! Je me marie en juin en Aveyron. Je m'empresse de réferencer votre blog sur le site de notre mariage ! http://ingrid.e t.william.site. voila.fr
Aladrya : Vous pouvez laisser vos commentaires ici ...
Publié le 01/05/2006 à 00:32
Par Aladrya
 
Quinze mois s'écoulèrent avant que l'enfant ne soit à nouveau surpris par des chasseurs qui s'en emparèrent non sans mal, le diable étant agile comme un écureuil et enragé comme un chien. Emmené à Lacaune, l'enfant sauvage fut cette fois confié à une veuve, à charge pour elle de lui apprendre les règles élémentaires de la vie en société.
Au bout de trois jours, elle parvint à le recouvrir d'une jupe loque­teuse dont la seule fonction était de cacher sa nudité. Pour le reste, la pauvre femme y perdit son latin et plus encore sa patience. Le gamin refusait de boire dans un verre, lapant dans un seau comme un chien.

Il souillait le sol de ses besoins naturels et tournait comme une bête fauve dans la pièce, cherchant le moyen de sortir.
Après huit jours, seul le plaisir de manger chaud des pom­mes de terre le retint auprès de sa gardienne, l'enfant parvint à lui fausser compagnie. Six mois durant, il erra sur les hauts plateaux des monts de Lacaune. L'hiver 1799-1800 fut terrible. La faim et le froid le chassèrent des lieux les plus reculés.

Il
descendit alors vers la vallée, fréquentant les abords des fermes isolées, vers Roquece­zière ou Pousthomy. Parfois, il lui arrivait de rentrer dans les mai­sons. Il s'asseyait alors près de l'âtre, saisissait à pleines mains les pommes de terre dans la braise puis repartait vers des endroits plus sauvages , repu, il s'endormait. Quand le vent du midi soufflait, les paysans l'entendaient crier et rire.
 Peu à peu, les habitants de la région s'habituèrent à sa pré­sence.

Lui-même
ne craignait plus de fréquenter les hommes. Une nouvelle fois, des fermiers de Pousthomy le capturèrent. Une fois de plus, il réussit à s'enfuir. Ses jours d'homme libre lui étaient pourtant comptés.
Le 19 nivôse an VIII (9 janvier 1800), le citoyen Vidal, tanneur à l'entrée de Pousthomy, qui regagnait son atelier en compagnie de sa femme, surprit l'enfant assis devant l'âtre. Ayant entendu parler de lui, ces braves gens lui offrirent en guise de repas quelques pommes de terre cuites dans la braise que le malheureux avala goulûment, sans paraître craindre la chaleur.

Le
voisinage averti de sa présence, on vint en foule chez les Vidai pour voir le sauvage. C'est ainsi que le commissaire de Saint­ Sernin, Constant Saint-Estève, arriva à son tour sur les lieux pour juger du degré de croyance que méritait la rumeur populaire. A sa vue, il n'hésita pas un seul instant:
«Je prends cet enfant sous ma responsabilité. »Docilement, l'enfant le suivit. Parvenu chez lui, il tenta à diverses reprises de s'échapper. En vain cette fois! Jamais plus, il ne reverrait les bois de LacauneLe lendemain, 20 nivôse, le commissaire, compte tenu de l'état physique et mental de son protégé, le fit transférer à l'hospice de Saint-Affrique.

Il
y demeura plus de trois semaines. Entre-temps, la nouvelle de sa capture était parvenue jusqu'au chef-lieu. Le cas de l'enfant sauvage devenait désormais une affaire administrative et scientifique. C'est donc accompagné de l'abbé Bonnaterre que le sauvage de l'Aveyron parvint à Rodez le 15 pluviose an VIII, à trois heures du soir. (A Suivre…)
 

Extrait
du livre " Les Mystères de l’Aveyron" aux Edition De Borée
Publié le 01/05/2006 à 00:25
Par Aladrya
 À ce récit, toute la gendarmerie fut sur le pied de guerre. Sur la foi d'un renseignement, les pandores apprirent qu'une ménagerie s'était installée depuis deux jours sur le champ de foire de Rodez. Les gendarmes coururent donc s'informer. Aucun lion ne s'était échappé de sa cage pas plus d'ailleurs qu'un autre animal.

 Devant tant d'incertitudes, les gendarmes préférèrent aviser l'autorité pré­fectorale qui réquisitionna la force publique, échangea des télé­grammes entre les diverses brigades des cantons voisins et lança l'ordre de mobilisation générale. Rendez-vous fut pris le jour même à l'embranchement de la route nationale et du chemin conduisant à Ceignac.
Tandis qu'une agitation effrénée régnait parmi les forces de l'ordre, de courageux citoyens, sentant poindre en eux une âme de Tartarin, tirèrent des râteliers familiaux qui un browning ou une carabine, qui des Remington ou des lebels, enfilèrent leur cartou­chière et, armés jusqu'aux dents, s'élancèrent pour un safari des plus colorés dans les bois de Ceignac.

Tout ce beau monde se rejoignit au lieu indiqué. Vers qua­torze heures, le capitaine Guignolot, assurant le commandement des brigades à cheval de Rodez, Pont-de-Salars, Cassagnes-Bégonhès, Naucelle et Sauveterre, ordonna de charger les fusils et de mettre baïonnette au canon. Le lion allait voir de quelle poudre se chauf­faient les Aveyronnais!
Le jeune Rey, seul témoin de l'affaire, guida les tirailleurs, qui n'avaient rien de sénégalais, pour les conduire au point précis où le fauve lui était apparu.
Dans la haie qu'il désigna du doigt mais de laquelle il refusa de s'approcher, un renfoncement et des herbes foulées semblaient indiquer le passage d'une grosse bête. Les fils de fer forcés par les vaches fuyant apeurées, montraient à l'évidence que le jeune domestique n'avait pas été l'objet d'une hallucination.

La battue se termina cependant par un constat d'impuissance. Pas la moindre crinière à mettre enjoue. La troupe, un brin dépitée, se replia pour explorer le bois de Planèzes tout proche. L'ordre de se disperser fut donné par le capitaine à dix-sept heures.
En attendant, les conversations allaient bon train dans le Landernean ruthénois où chacun racontait la sienne, étayant ses informations avec force détails.

Marseille, quelques mois plus tôt, n'avait-elle pas dû engager le combat, à défaut de dialogue, pour mater une tigresse en goguette sur la Canebière? Paroles de Mar­seillais, ce n'était pas cette fois une histoire de sardine
Tandis que la Presse gémissait de toute la force de ses linotypes et rotatives pour noter d'heure en heure les faits et gestes des traqueurs de fauve, l'enquête continuait d'alimenter les sup­positions. (A Suivre…) 

Extrait du livre
" Les Mystères de l’Aveyron" aux Edition De Borée
Publié le 01/05/2006 à 00:15
Par Aladrya

Maire de Rodez.Rodez, 1853 - 1927. 

Fils de grand bourgeois, ruthé­nois cléricaux et conservateurs, Louis Lacombe, après de solides études juridiques, s'était engagé dès sa vingtième année dans les rangs du 14 eme régiment de chas­seurs à pied, probablement en vue d'embrasser la carrière mili­taire.Pourtant, en 1878, il regagna Rodez pour diriger l'étude nota­riale qu'avait fondée son père une trentaine d'années auparavant. Considéré comme un profession­nel avisé, un conseiller efficace et d'une probité rigoureuse, il sem­blait parfaitement réussir dans la carrière à laquelle il se consacrait.  
Cependant, en 1881, rompant brutalement avec  la tradition familiale, il se fit élire à l'occasion du scrutin municipal sur la liste républicaine contre son propre frère Eugène, chef incontesté du parti clérical. Quelques mois plus tard,  succédant  à  François Mazenq, ancien proscrit du 2 décembre, il entrait au Conseil général. Enfin, après une cam­pagne conduite avec une habileté sans faille, il accédait à la tête du conseil municipal de Rodez. 
 
Il devait y rester durant 40 ans.Porte-parole de la gauche ruthé­noise, regardé par les conserva­teurs comme le plus dangereux adversaire de l'autel, il était en revanche vénéré par le petit peuple du faubourg qui, oubliant l'opulence de ses origines, l'ac­ceptait comme l'un des siens, attentif à ses besoins et à ses espérances.Il fut un des administrateurs les plus avisés de Rodez qu'il moder­nisa, parfois au prix de quelques destructions que l'on regrette aujourd'hui, jusqu'à rendre méconnaissable les quartiers du vieux centre historique.
Créateur d'écoles, de squares, d'avenues, d'un réseau d'eau potable amélio­ré auquel il s'était intéressé au point  d'étudier  les  principes essentiels de l'hydrologie, il peut être jugé comme un des maires les plus efficaces que Rodez ait connu jusqu'au milieu du
xxe siècle.
 Elu député de l'Aveyron en 1893, victime d'une cabale de laquelle il put d'ailleurs triompher, il se démit  de ses fonctions de conseiller général puis, en 1925, de la plupart de ses mandats.Ses obsèques rassemblèrent une foule immense et recueillie, où se retrouvaient ses plus irréduc­tibles adversaires, peut-être sou­lagés de ne plus avoir à compter avec un aussi puissant contradic­teur.
 Extrait de "Hommes et Femmes célèbres de l'Aveyron"

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