Le luminaire n'est pas moins simple. Un principe fondamental présidait à son utilisation on s'en passait tant que la lueur du jour ou celle du foyer permettaient de vaquer aux travaux en cours, et nos ancêtres jouissaient d'une singulière faculté d'accommodation!
Les plus pauvres utilisèrent longtemps de grossières chandelles de résine ou de poix. Puis, l'abondance d'huile de noix dans le pays fit apparaître une lampe très primitive, « lou calel », faite d'un récipient à trois ou cinq becs portant des mèches.
Bien des fermes ne possédaient que des lumignons, et à la nuit tombante la plupart des besognes se faisaient dans une demi-obscurité.
A la fin du siècle le Rouergat dispose enfin d'un moyen d'éclairage plus efficace avec la généralisation du pétrole, utilisé d'abord dans la lampe Pigeon, puis dans de nombreux modèles de lampes tempête.
Point de commodité non plus dans l'approvisionnement en eau.
Dans les fermes caussenardes c'est souvent une véritable hantise car les nappes et les citernes s'épuisent vite ainsi que les « lavognes » ou s'abreuvent les brebis.
Ailleurs, les puits existent dans tous les villages.
Particuliers ou mitoyens, ils sont maçonnés en un petit édifice recouvert d'ardoises grossières et fermés par une porte rustique. L'eau monte dans un seau suspendu à une chaîne qu'on enroule sur un tourillon à chevilles. Il faut parfois la tirer de plus de vingt mètres.
On imagine alors la peine de la maîtresse de maison et des servantes à qui revient souvent cette tache. Dans le Villefranchois on utilise aussi des puits très curieux, à balancier, dits « collebo ».
A quelques mètres du puits, le four familial dresse sa silhouette trapue dans toutes les fermes.
On y cuit le pain et on y fait sécher les fruits tels que les poires ou les prunes, ou le chanvre. (Fin.)
Extrait de " La vie quotidienne en Rouergue avant 1914" de Roger BETEILLE (Edition Hachette Litterature)
