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Publié le 04/05/2006 à 01:18
Par muslimclassic
Présenter la mode issue de la rue et du sport ... Telle est résumée l'ambition de Muslim Classic.

Le constat de départ est simple : le prêt-à-porter ne peut plus faire sans la mode des 15-25 ans, qui représente désormais 10 à 15% de l'ensemble de l'offre habillement. Il y a seulement cinq ans, on recensait 300 marques ciblant tout spécialement les 15-25 ans, sur le marché européen . Elles sont aujourd'hui 3.000. De quoi mobiliser un espace à part au sein du salon du prêt à porter.
En septembre 2004, les Galeries Lafayette ouvrait au sous-sol de son navire amiral du Boulevard Haussman son espace «Lafayette VO», soit 4.000 mètres-carrés et quelque 200 marques dédiés à ces ados et jeunes adultes qui dépensent chaque année plusieurs milliards d'euros qui vont en priorité à l'habillement *.
Chez les filles, les 13 - 18 ans disposent d'un budget habillement de 578 euros, soit une somme supérieure de 43% aux 406 euros dépensés en moyenne par leurs congénéres toutes tranches d'âge confondues. Avec un budget de 510 euros, celles de 19 à 24 ans ne suivent pas très loin.
Au final, les jeunes femmes de 13 à 24 ans représentent 17,6% des femmes de plus de 13 ans (soit entrant dans le panel du prêt à porter féminin) mais 23,5% de la consommation de prêt-à-porter féminin en valeur. Et elles consacrent 40% de leurs dépenses aux marques, dans des boutiques indépendantes multimarques, qui constituent une grande partie des visiteurs du Salon.

Moins «street» (la mode de la rue) que les précédentes éditions, plus urban et plus sport, Pick & Mix accueille sur 2.500 mètres carrés, une centaine de marques tout à la fois issues de la city fashion (la mode urbaine marquée par le graphisme et la musique) et de l'urban sport (une mode d'inspiration plus sport). «Côté city fashion, nous accueillons 60 à 70% de créateurs alors que pour l'urban sport, nous sommes majoritairement en présence de distributeurs de marques étrangères» explique Alain Sevellec, fondateur en 1990 du salon des sports de glisse Gliss Expo, aujourd'hui aux commandes de la nouvelle édition de Pick & Mix.
«Au cours des années 80, toute une génération a refusé de porter ce que portaient ses ainés» raconte le spécialiste du board. Matières, couleurs et formes transgressives, les banlieues ont pris la tête d'une «mode jeune». C'est à cette période qu'a commencé à se constituer la garde-robe urbaine.

Aux Etats-Unis, puis en Europe et en France, la tendance s'est radicalisée avec la montée du rap - les rappeurs s'habillent alors avec ce qu'ils ont -, celle des sports de glisse mais aussi grâce à un «marketing alternatif» (un marketing qui favorise et oriente le «bouche à oreille» via des opérations originales dans la rue ou sur la toile) et au sponsorship d'athlètes ou d'artistes «irrévérencieux».
Dans un premier temps, les marques de sport ont profité de leurs porte-drapeau issus du hip-hop ou du rap, et dans un second temps, elles ont décidé de parrainer les groupes. C'est seulement après que des artistes rappeurs ont décidé de lancer leurs propres signatures.

Vingt ans plus tard, la tendance a été reprise par les moins jeunes et le sport est devenu un des composantes essentielles du style urbain. «Le luxe a repris les inspirations de la rue. Les marques de sport ont retravaillé leurs lignes, ce qui leur a permis de pénétrer dans les boutiques de centre-ville» explique Alain Sevellec. Toutes ne sont pas présentes sur le salon, loin s'en faut ; ils sont visiteurs ou juges pour les différentes animations.

Valérie LANDRIEU

Source : http://www.lesechos.fr/info/rew_conso/200060967.htm

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