Lorsque j’étais plus jeune, et que je me baladais dans les aérodromes et aéroclubs de France, j’étais toujours fasciné par les discussions des pilotes, souvent truffées de termes techniques appliqués à la mécanique du vol. Les phrases telles que « Demain, on aura 1015 Hectopascals, et 4/8eme. Apres demain, CAVOK », ou encore « La semaine dernière quand c’était thermiques purs, j’ai fait 200kms ». Souvent, les pilotes d’avions n’étaient pas en reste « Il a décollé avec le cache Pitot, tu aurais vu sa tête quand il s’est foutu en Vent Arrière tout de suite après le décollage ». Bien entendu, je ne connaissais pas grand-chose à ces discussions. Aujourd’hui, je comprends ces discussions, j’y participe, et je ne peux pas m’empêcher de repenser au jeune pilote qui regardait et surtout, écoutait les « Moustachus ».
Mes compétences en informatique m’ont permis de me lier d’amitié avec un des plus talentueux pilote de l’aéroclub, un type qui a 8000 heures de vol, et qui vole tous les jours qui le permettent. Ce type, aussi extraordinaire que caractériel, aussi cassant que sympathique, s’appelle Guy Tzikansky, et dans le milieu du vol à voile, on connait le loustic. Ici, c’est « l’homme qui hurlait à l’oreille des planeurs », ou « celui que l’on entend avant d’avoir vu ». Même à St Auban, Tout le monde le connait, personne ne l’a vu. Tzif, comme tout le monde l’appelle, est un des propriétaires de l’ASH25 F-CGKZ « 3Z ». C’est avec ce planeur qu’il s’est lié une sorte d’histoire parce que depuis 15 ans, il a tant volé avec, il a sans doute fait l’équivalent du tour de la terre avec, voire plus. Il a survolé les plus beaux coins de France, du Mont Saint Michel, au Puy de Dôme, en passant par des coins tels que Niort, Le mans, Reims et tant d’autres, et tout ca, au départ de notre petit terrain.
Tzif donne sa chance à tout le monde et il m’a donné la mienne, en me proposant de voler sur 3Z avec lui. Ce fut l’un de mes vols les plus extraordinaires, celui qui me marquera sans doute le plus. D’abord pour le caractère exceptionnel de Guy, et pour le fait de voler dans 3Z. Nous devions faire un triangle du genre Buno-Laigle-Le Mans-Buno. Le temps est bon, et l’objectif est réalisable. Nous décollons derrière l’extraordinaire Papa-Lima et son pilote, Yann. Comme à son habitude, Il nous positionne dans une bonne ascendance et nous grimpons suffisamment pour trouver la porte, la valider, et commencer le circuit. Nous mettons ensuite le cap sur Etampes, qui sera notre première étape. Le survol de l’aérodrome beauceron ne pose pas de soucis particuliers. On s’annonce, on est accueillis par une dame dans sa tour de contrôle, et nous passons. Au passage, à la sortie de la zone, on choppe un petit +. On passe par le local de Chartres, il y a du monde, beaucoup de monde, mais on ouvre l’œil. Je crois apercevoir un K21, je ne sais pas s’ils en ont à Chartres.
Biquet nous suit depuis le départ de Buno, et René Louis, a viré ailleurs, ou nous a mis une mine, je ne sais pas trop. Claude, et son ASW22 « 1Z » est loin devant, faut dire qu’il est parti avant nous. Nous grimpons ca et là, des que l’occasion se présente. Bientôt, nous passons Favieres, et ses grandes oreilles de mickey. Ce sont en fait des paraboles, que je connais bien puisque dans ma vie professionnelle, je travaille sur celles-ci précisément. Je les regarde, elles ont une autre gueule, à 1800m d’altitude. Là encore, une rue de cumulus nous permet de prendre un peu de plafond, et en plus, de marcher fort, aux environs de 130-150km/h.
Nous passons la base aérienne de Senonches, ex base OTAN, désaffectée, avec cependant, une voiture sur la piste. J’apprendrais pleins de choses au sujet de cette base.
Plus loin encore, avant l’arrivée sur Laigle, nous passons le Center Parc de Verneuil, avec ses plans d’eaux qui reflètent le soleil, et toutes les voitures de ces gens venus prendre un peu de bon temps. Si ils savaient que le vrai bonheur, il est collé à la base des nuages, jamais ils ne s’entasseraient pas dans ce parc d’attraction.
Ca y est ! Notre premier point de virage est en vue. Guy à déjà eu l’occasion de me laisser les commandes de 3Z, et je dois dire qu’il est très agréable à piloter. D’autant plus que je pilote également, avec la permission du propriétaire, aux volets, et ca, ca change tout.
Nous arrivons à notre premier point de virage, Laigle. L’aérodrome de la ville est là, dans nos 12h. Nous l’approchons à 800m, il est temps de retrouver un peu d’eau sous la quille. Guy grimpe un peu, ca tourne, je suis mal à l’aise, mais ca va encore. Biquet est encore derrière, à la traine. Nous tournons donc le waypoint, et direction Le Mans. Ah, très bien, je vais voir le circuit. Mon état ne s’arrange pas, mais la joie l’emporte. Nous avançons doucement mais surement. Arrivés à Alençon, Guy me demande si ca va. Je lui réponds quand même que pas trop mais qu’on peut continuer. Mais comme Guy est formidable, il préférera abréger le vol. Direction donc Buno par La louppe, et Chartres, puis Pithiviers, et enfin Buno et là, Guy me laisse les commandes au maximum. Banzaï, 150 jusqu’à l’antenne de La louppe, là, pfiout, j’enroule une pompe, je monte mais je suis désaxé, et je me déconcentre. Guy reprends un peu les commandes, on monte. Je repars en ligne droite, et hop, nous atteignons déjà Chartres et sa densité de circulation aérienne. Nous ne nous attardons pas trop dans le local, il y a déjà du monde. On grimpe un peu et on file. Entre Etampes et Chartres, il y a aussi du monde, le Flarm s’agite et bientôt nous passons en mode rouge, je panique, Guy reprends les commandes, je vois un Ventus nous passer tout prêt, il nous avait vu, et il va grimper ailleurs. Nous continuons doucement mais surement, vers Pithiviers. J’aperçois le terrain, aussi vide qu’à son habitude. Nous remontons encore un peu. Et nous arrivons à Buno, dans le local par la vallée. La piste en service est toujours la 28 et Guy commence son atterrissage. En finale, j’entends « clac » suivi d’un « Landing ». Les volets sont sortis et notre Terre se rapproche. Nous touchons, les freins arrêtent la machine après un dégagement permettant de rapprocher la planeur à son hangar. J’ouvre ma verrière. Je respire, je suis un peu barbouillé, comme à mon habitude. Le vol fut tout de même magnifique et je remercie Guy.
Une deuxième tentative a eu lieu, un jour de semaine. Il n’y avait pas grand monde et le temps n’était pas au top. Il n’y avait pas d’horizon, et j’ai horreur de voler sans horizon. Nous avons volé pendant 1h30 en local de Buno. Le plus grand éloignement fut la jonction de l’A6 et de la future A19, en passant vertical la maison de Guy. Nous sommes revenus aussi vite.
3Z est une machine formidable, et son propriétaire est une personne exceptionnelle, qui nous permet à tous de tâter cet ASH25, pour le plaisir, et je ne peux qu’être fier de connaitre Guy, et d’avoir pu voler sur ce bel oiseau. Merci Guy.
La phase la plus critique d’un vol, c’est l’atterrissage. Lorsque l’on a décollé, le plus dur est fait, mais maintenant, il va falloir redescendre. Alors on s’accroche pou rester le plus longtemps possible, et retarder au maximum le moment fatidique et périlleux du retour sur la Terre. Et puis d’un coup, plus le choix. On s’intègre en Vent Arrière, et on se lance, Train, Volets, Ballasts, Ceintures, Radio. Tout Va Bien Continue Raoul. Le virage vers la base passé, voyons ce que donnent les aérofreins. Clac !, y’en a. La finale et là, dans sa tête, on répète inlassablement « Axe, Plan, Vitesse ». Parfois, on se surprend, à le dire tout haut, et lâcher quelques jurons parce qu’on est mal placé ou bien que le vent nous déporte. Lorsque l’on débute, et que l’on a qu’une dizaine d’atterrissages en solo, on doute un peu et on est maladroit. Finalement on touche le sol, dans un rebond et un choc. Puis la roue tourne, ca y est, il faut freiner. Manche au ventre, aérofreins tous sortis. Quand le planeur s’immobilise enfin, c’est la descente d’adrénaline. On souffle un grand coup. On est en bas. Encore un « atterro », et pas mal en plus ! Bref, en conclusion, je prendrais conscience en 2008 que les petits vols « Rowenta » n’ont pas que des defauts.
Maintenant que je suis lâché, ma saison 2008 a été plutôt plate. J’ai peu volé, j’avais des ennuis personnel, et j’avais un net relâchement de la motivation, due au départ de Super Vince, remplacé par L.B, ancien chef pilote d’un club pas très loin du mien. Dès le départ, j’essaye de détendre l’ambiance avec lui, mais il me rembarre sans arrêt. Ma relation avec lui est très vite devenue problématique, c’est pour ca que je ne m’attarderais pas trop sur les moments en sa présence.
J’ai donc décidé, en 2008, de ne voler que pour moi. C'est-à-dire que je voulais progresser dans ma technique, et trouver confiance en moi, tenter de tenir en l’air, et tourner dans les mêmes ascendances que les autres, ne pas fuir devant le danger potentiel, mais l’affronter.
J’ai beaucoup volé avec le LS1-D (Mon LSD, Lima 43), je me régale avec ce petit planeur un peu lent en transition, mais tellement agréable dans les ascendances, et qui colle des piles en montée à des Pégases.
Je m’éloignais peu de l’aérodrome, de peur de ne pas trouver suffisamment de pompes pour revenir. Je restais donc en « très local », ce qui me gonflait. En l’air, j’étais partagé et indécis, c’est parait-il, l’apprentissage.
Une fois, je suis quand même monté à 1750m, il faisait un froid de canard mais j’étais super content d’être monté jusque là. L’ennui, c’est que je n’avais pas de Baromètre, j’aurais pu valider mon gain de 1000m ce jour là. Qu’importe, le bonheur d’avoir tenu 1h30 après avoir eu tant de difficultés primait sur l’oubli technique.
L’autre coté plaisant du vol à voile, c’est la communion avec la nature que cela offre. Voler à coté des rapaces et tourner avec eux dans les pompes est un spectacle inouï. Un jour, une Buse m’a aperçu au dernier moment, et s’est retrouvé sous moi, en décrochant. C’était très beau, et ca m’encourageait un peu plus pour me retrouver dans de telles situations. Mes vols en solo n’étaient pas très intéressants, je volais en local de l’aérodrome, et en général, j’avais une peur bleue de m’éloigner trop, de peur de « manquer d’eau sous la quille », ou de me retrouver « les couilles dans les ronces » et de faire des manœuvres dangereuses pour me rattraper coute que coute et me poser sur le terrain, avec une belle frayeur et sans doute parfois, une bonne engueulade.
L’autre aspect du vol à voile, c’est le dépannage, la sortie de vache. J’ai eu l’occasion d’en effectuer quelques unes. Ce qui devient un banal démontage de planeur dans un champ devient très vite une aventure, avec des protagonistes qui malgré eux, deviennent des acteurs heureux ou malheureux d’un soap de chaine secondaire. On rigole en général plutôt bien, mais parfois, les dépannages sont tendus, avec des propriétaires de champs pas forcement coopératifs. Pour les autres, ca reste un bon souvenir, et parfois une fierté d’avoir accueilli dans son champ, un « avion ».
Il y eu les soirées, à Buno, au « boti », ou chez notre remorqueur favori, Yann. Le chalet est vraiment sympa, j’ai du y faire deux ou trois soirées, et la plupart du temps, on a bien rigolé. Les soirées de pilotes, pour un novice doivent être ennuyeuses à mourir mais pour nous, nous sommes dans notre élément. Si on a la chance d’avoir avec nous un pilote habitué aux VI, on peut balancer des souvenirs de gens qui ne se sentent pas bien, ou qui au contraire, s’éclatent un peu trop.
En bref, la saisons 2008 est riche en vols solos, bien que peu fréquents, mais pas seulement…
Quelques temps après mon vol en Duo, Je retourne au terrain pour tenter une bonne fois pour toutes, de me faire re-lâcher et tâter rapidement du ls1 et évoluer en gamme. Louis attribue à J-P, le T91, et je suis un de ses élèves. Chouette. Je prépare donc T91 avec un autre élève, et je vais manger. Nous emmenons ensuite le Twin en piste 10 (elle est quand même loin cette piste). J’ai un peu mal à la tête aujourd’hui.
Il se murmure qu’Antoine a besoin de quelqu’un pour partir avec lui sur son ASH25. Je vais voir J-P je lui demande conseil. Il me dit de partir avec Antoine, ça va être instructif et tout. Je vais voir Antoine et je lui dis que je pars avec lui. Je dois donc le retrouver à 13h15 en piste, on partira vers 13h30. Excellent. Je demande de l’aspirine à Armelle qui en trouve dans ses affaires. Je prends ça rapidement, et je repars en piste, retrouver Antoine et « Papa golf ». J’enfile mon parachute et prépare les cartes. A un planeur du départ, je m’installe en place arrière de l’ASH 25, tandis qu’Antoine fait de même en place avant. Celui-ci me briefe sur le vol, départ vers le sud est, on affiche Bar sur Seine au calculateur. Ca fait 360kms aller-retour. Les conditions semblent correctes mais la météo annonce un front de sud est vers 17h. Il est 15h25 quand on décolle. La place arrière de l’ASH est plutôt confortable, contrairement à ce que disent pléthore de pilotes aguerris. La première étape va bien évidemment être de gagner de l’altitude avant d’attaquer la campagne. Antoine, en pilote expérimenté prospecte du coté des carrières de Maisse, ce qui ne trompe pas. Un bon +3 s’offre à nous et déjà un ASH 25 se trouve sur les lieux. Nous sommes bientôt rejoints par Jean-Pierre et T91 avec une élève.
A 1400m, nous partons sur la campagne, Antoine affiche 150km/h, en transition sous une rue de Cu, on monte encore forcement. Nous avons largement dépassé le local de Buno et après à peu près 1h30 de vol pendant lequel Antoine me laissera faire quelques lignes droites, nous atteignons Pont sur Yonne. Le problème, c’est que nous n’avons trouvé qu’une seule pompe valable sur le chemin, nous l’avons pris avec le Calif, et nous nous retrouvons à Pont à 350m d’altitude. Antoine, inquiet, coupe la radio pour se concentrer, et accrocher. Moi, KO depuis un petit moment, sans doute l’effet de l’aspirine, et de la nuit précédente, je bascule la tête en arrière, et, sans m’en apercevoir, je m’endors. Je n’entends plus rien, et après quelques minutes, certainement une dizaine, je me réveille, frais et à 1400m. Nous avons presque retrouvé la base de coton de nos chers Cumulus lorsqu’Antoine m’annonce la nouvelle. Moi, encore dans le cirage, je lui dis « Ah ben oui, et on est dans du +3 là » ; ce à quoi il me répond, qu’en basse couche, c’était cisaillé et que vers 1000m, ca devient plus facile. Nous enchainons alors vers Troyes, ou nous arrivons à grands pas. Puis, en regardant vers le sud, une masse grise énorme qui arrive. Le front n’est pas loin, deux solutions, soit on essaye, soit on fait demi tour. La solution la plus sécurisante étant la deuxième, on se retourne sur notre chemin mais en ne prenant pas la même route. Le plafond étant le niveau 85 a cet endroit, on profite pour faire le plain d’altitude et on se tire du coté de Joigny. Le coin est plutôt sympa par là, on trouve de tout, des poulaillers, et une énorme piste béton, apparemment privée, sympa pour une vache aero. On enroule, justement au vertical de cette piste, et on reprend notre chemin vers Moret sur Loing. Je ne connais pas l’aérodrome dont on parle tant, je vais enfin avoir la gageure de le survoler. Bien entendu, il y a du monde en local, dont un ou deux planeurs de Buno. La encore, comme a Pont, on est un peu bas et on réfléchit a un éventuel atterrissage sur le site. Mais nous sommes sauvés par un LS6 qui nous balise une pompe au dessus de la foret. On grimpe, et on file vers Buno. Le truc génial avec l’ASH 25, c’est vraiment la transition, 150km/h et on perd quasiment rien. Arrivés a Buno, Antoine me laisse les commandes. Je décide qu’on ira vers Etampes. Antoine me fait afficher 150km/h, vitesse de croisière et en moins de 5 minutes, nous sommes au vertical de St Cyr la rivière, à 800m. Je tourne St Cyr et je fais demi-tour. Ce que je ne fait pas en revanche, c’est la conjugaison, enfin si, je la fait, mais pas assez forte, du coup, l’ASH, avec son inertie et ses 26m d’envergure, ne se comporte pas vraiment comme un twin, et ne pardonne pas. Qu’a cela ne tienne, retour vertical Malesherbes, on essuie un petit grain, et Antoine me laisse accrocher une pompe et nous grimpons encore. Mes virages sont vraiment moches et Antoine me fait un cours sur la tenue du 25. Apres quelques dérapages, je ne me sens vraiment pas bien et je demande à Antoine si l’on peut retourner à Buno. Je prends un sac et je vomis. Antoine, ayant compris, intègre la Vent arrière, et se pose en 10. Une fois arrêté, j’ouvre la verrière et respire un bon coup. C’est finit, il est 20h30, nous avons volé 4 heures et 55 minutes. Mon plus long vol. Je suis malgré tout très content d’avoir pu l’effectuer et je remercie Antoine. Nous démontons les winglets du 25 et nous le rangeons dans le hangar avant de rentrer chacun chez soi.
Je n’ai pas écris depuis un moment, par manque de temps. La semaine dernière, des personnes m’ont sollicité pour que je reprenne la plume (ou plutôt, le clavier). Je vais donc essayer de rattraper mon retard, même si ça va me prendre du temps, pour me souvenir de certains détails. Pour les dates, je n’ai pas l’habitude de les mettre et dans ce cas, exceptionnellement, la période commence le 4 mai, avec un vol en Duo Discus.
Bonne lecture.
Apres près de 2 mois sans avoir volé, je me décide enfin à aller à Buno vu que le temps le permet enfin. Il y a peu de monde, et nous héritons depuis le départ de Vince, d’un nouveau chef pilote, Louis, qui nous vient de Chartres. Je vais voir Jean-Pierre, et lui demande si ça lui dit, lui et moi en Duo-Discus. J’entends parler de ce planeur depuis tellement longtemps que voler dessus est presque une sorte de Graal. Evidemment, Jean-Pierre et moi, c’est l’entente totale. Voler ensemble est un régal et c’est tout naturellement qu’il accepte, ça me fera un vol de reprise en main.
Nous préparons donc le « PAP », afin de partir. La météo semble clémente. Nous mangeons un bout puis on s’aligne en piste 10, une piste que l’on utilise rarement. J’enfile mon parachute, tandis que J-P discute avec des privés. C’est à nous de partir, mon instructeur s’installe et commence déjà à triturer son super GPS. Je décolle le Duo, sous l’œil attentif de Jean-Pierre puisqu’il a lâché son ustensile. Je suis le Pawnee tant bien que mal, j’avoue avoir un peu de difficulté avec la prise en main du jouet, mais je finis par m’en sortir et nous larguons à une altitude de 600m, dans un large positif, que nous exploitons pour atteindre 1100m. Arrivés en haut, nous essayons la transition. Ce planeur est une sorte de bombe, sur laquelle la moindre impulsion sur le manche lui fait prendre 30 km/h !
Bref, nous nous promenons, histoire que je reprenne en main. Je laisse parfois le manche à Jean-Pierre. Nous volons avec les autres planeurs, dont le DG-500, avec Nicolas et un VI, on remonte partout, ça grimpe ,fort a n’importe quel endroit, l’éclate totale. Apres une bonne heure de vol un peu classique, je demande à Jean-Pierre si on peut pas s’amuser un peu, avec genre, une parabole. Il me réponds : « t’a intérêt à tenir ton appareil photo », j’accroche alors la dragonne, et nous piquons pour prendre de la vitesse, puis, Jean-Pierre redresse, et entame la parabole. Mon appareil se soulève et…moi aussi !!! Ma tête touche la verrière, et je prends de plein fouet des morceaux de boue séchée venant de l’avant. J-P en profite pour me dire en rigolant : « Ah ben c’est malin, ben tu passera l’aspirateur dedans maintenant tiens ».
J’ai adoré la parabole mais je crois que ça a déclenché chez mon instructeur favori, une sorte de liesse de laquelle il ne pourra se défaire jusqu’a la fin du vol. En effet, Jean-Pierre enchaîne cette fameuse parabole par une série de 8 paresseux, que certes j’adore mais qui font monter l’adrénaline et également ce que j’ai dans l’estomac. Apres 6 huit paresseux, je lui dit qu’il faut qu’on descende et que je suis lessivé. J’entame donc ma Vent Arrière, et je me pose un peu a coté de la piste, enfin, une aile en dehors. Jean-Pierre me dit que l’atterrissage est à revoir, ce que j’approuve totalement, et me dit qu’il ne me relâche pas, ce dont je conviens. Un autre vol en double commande sera donc nécessaire…Nous avons tenu une heure et vingt minutes dans une masse d’air ultra convective et j’ai pu redécouvrir malgré tout, encore une fois, la passion du vol et du pilotage de ces fabuleuses machines sans moteur.
Ca y est, j’ai enfin fini mes journées d’hivers. Elles furent tantôt faciles, tantôt plus compliquées. Au programme, il y eu démontage de planeurs, polish des ailes et fuselages, remontage des planeurs. Ce furent de bonnes journées, parfois bien froides, mais nappées de franches rigolades, puisque nous furent sevrés aux blagues potache de notre bon vieux Dej.
Une fois ces journées d’hiver faites, donc, je me dis que l’hivernage du pilote est terminé, voir ces planeurs montés me démange, C’est décidé, je dois voler. Samedi dernier donc, je vais à l’aérodrome avec une excitation contenue. Je n’avais presque pas dormi à l’idée de remonter dans ces formidables machines volantes.
Me voila donc au terrain, je dis bonjour, il est 11 heures à peu près. Je dois me réinscrire avant de voler, afin d’avoir une licence 2008. Une fois mon papier en poche, je me dirige vers le hangar, devant lequel est stationné le LS8 tout fraichement monté. Je balance deux trois vannes a Dej, pour le chauffer un peu :
« Nan mais si tu veux je le prends le ls8 » lui dis-je
« Oui, tu a raison, le vol de contrôle n’est pas fait, boah j’ai pas le temps de le faire, t’a qu’al le faire » me réponds il.
Puis il reprend :
« Non mais avec ca, tu verrais, tu piques un tout petit peu, tu prends 30km/h comme qui rigole »
Bref, l’approche pour tâter du ls8 est tombée à l’eau. Je signifie plus sérieusement que l’on doit sortir le DG500 qui se trouve juste derrière le ls8.
« On fera ca après manger » me dit Dej. Excellente initiative…
Apres la pause déjeuner, nous entamons la sortie du DG. Qu’est ce qu’elle est belle cette machine. J’entame la visite Pré vol, puis j’installe les parachutes, Gilles installant les batteries. Vince va remorquer, et Dej va monter avec nous. Je me prépare donc et je m’installe en place avant du DG. Je me remémore sans aucune difficulté le fameux CRIS. Vérification des instruments, de la manche a air, test radio, tout est Okay. Je lève mon pouce et le charme opère. 20 secondes de roulage, impeccable, et nous quittons notre Terre. La montée se fait sans aucuns problèmes, et je reprends rapidement mes marques. Qu’est ce que c’est bon de se retrouver en l’air !
Arrivés 500m sol, je largue et me voila libéré. Je prospecte a l’est du terrain, sous des cumulus pourtant peu engageants. Nous prenons quelques coups de pieds au cul. Au nord de Malesherbes, je note une légère ascendance. Dej également :
« Allez enroule à droite, doucement » Et je m’exécute. Vince passe, avec le Pawnee, et fait une formation avec un Jodel. Quant à moi, je me maintiens dans mon 450m. Je ne perds pas mais je ne gagne pas non plus. Apres 5 minutes de stagnations, Dej prends le manche, et nous fait perdre 50m. On en rigole plus qu’on ne se mets en colère, n’empêche que j’ai plus qu’a me poser. J’entame donc, une vent arrière main droite, et je me pose avant mon remorqueur…
Dej me débriefe :
« Bon, là, le vol aucun problèmes, en ce qui concerne l’atterrissage, c’était pas top, bon tu devais avoir le soleil dans les yeux, tu n’étais pas du tout dans l’axe. Donc on va refaire un ou deux demis »
Et donc, Gilles vole et je repars dans le DG. Au décollage, je ne peux m’empêcher de lâcher :
« Putain qu’est ce que c’est bon de se retrouver en l’air ! » Et dej qui répond discrètement, le nez dans son GPS :
« C’est clair »…
Donc on se largue à 250m sol, directement dans la zone de perte de la 28. Je fais ma vent arrière, avec le TVB bien entendu.
« Juliett India en vent arrière 28 train sorti et verrouillé »
Je négocie mes virages avec sérieux, et je me retrouve en finale. Je me pose difficilement, et j’arrondis un peu tard. Putain de soleil.
Je repars donc pour un second et dernier demi. Cette fois, nous décidons de nous poser a contre QFU. Piste 10. Montée normale, et alors l’atterrissage, c’était le plus beaux que j’ai pu faire. La vision de la piste 10 est totalement différente de la 28, vu de a finale, c’est un vrai boulevard, ou je me pose parfaitement, tout était nickel, ce qui est l’avis de Dej.
Résultat, les prochains vols se feront tout seul. Par contre, je ne sais pas quand je vais y retourner.
Le samedi 13, de retour de Corse, je me pointe au club. J’avais eu un coup de fil de Vincent qui me disait que je devais passer ma pratique le 13 ou le 14 ou avant suivant les dispos.
J’allais le 13. Stratégiquement, c’était le jour le plus mauvais des deux et donc, celui ou l’examen en vol serait restreint, en toute logique. J’arrive, Vince me mets dans la salle de briefing, avec un crayon et des feuilles de papier, et je passe l’examen théorique d’avant vol. Le bruit court qu’un ASG29 a été livré hier a Buno. Rumeur confirmée au repas. L’ASG29 est bien là, dans le hangar « privés », dans sa remorque. Nous irons le voir après le déjeuner.
Effectivement, c’est une fort belle machine. Ca sent la résine à plein nez. « Pawnee », le chat de Vince, tente une exploration du cockpit, mais se fait littéralement jeter par Laurent, le propriétaire dudit ASG29. Quant à moi, je pars faire ma pré vol avec Dej. C’est Vince qui volera avec moi en premier, et normalement, lui qui me donne mon brevet. Une fois le planeur aligné, on prépare le câble, et je fais mon CRIS, a voix haute, de façon a ce que Vince entende quelles conneries je peux dire. Finalement, j’en dirais pas tant que ca. On ferme les verrières, je suis quand même un peu stressé. Je décolle, et je me largue à une altitude de 700metres. Vu les conditions d’aujourd’hui, je crains que ce sera ma hauteur maximale. Vince me pose quelques questions techniques et prends les commandes, dans le but d’accrocher quelque chose. Vince me pose la question de savoir quelle piste on peut prendre à l’altitude ou l’on se trouve, et, comment faire pour y arriver. Je dis que je prends la 01, et que je fais une longue finale. Il me dit « Ouais, ca peut aussi se faire ». Lui, voyait plutôt une intégration en base, et sur la 01. Donc, on a fait ce qu’il a dit. Je lui explique ce que je fais. On se pose, et Vince me dit qu’on repart. On remet donc le planeur dans l’axe de la 28, et on repart dans la foulée, cette fois, au nord. On se retrouve très vite à 350m du terrain, dans l’axe de la 19. Je choisis cette fois de faire une longue finale sur la 19. Un peu en stress, je pose tant bien que mal le planeur. Vince me dit que je devrais refaire deux remorqués avec lui. Je remets donc le planeur dans l’axe et me re prépare. Au dernier moment, Vince charge Dej de faire les demis avec moi. Je bouillonne et stresse de plus belle. Dej est redoutable et pardonne rarement les erreurs lorsque l’on pilote. Je commence mon CRIS alors que Dej s’installe, et je refais un tour des commandes. Une fois les verrières fermées, je lève le pouce. Je ne rigole pas. La montée se passe bien, et Dej largue puis entame un fort virage sur la droite pour se positionner directement en Vent arrière. Je lui explique ma procédure. Il me pose des questions techniques et j’y réponds, tout à fait censé. On se pose, et Dej me dit qu’on repart. C’était très bien, mais je n’ai pas arrondi. Je dois arrondir. Je réaligne donc le planeur et on repart de suite. Dej m’aligne en Vent Arriere, et on refait la même chose. J’arrondis cette fois, et le planeur touche le sol, roule, et s’immobilise enfin. Dej me dit alors :
« Allez, pour toi, c’est bon ». Et c’est le grand soulagement. Dej prévient Vince, qui lui est en l’air, et on ramène le planeur devant le hangar. Je nettoie le planeur, et commence a remplir les papiers bien plus tard. On boit un coup pour fêter ca, et je repars chez les parents de Flora, super content d’avoir eu mon brevet !
Les prochains vols se feront désormais l’année prochaine, ou durant l’hiver peut être, si l’on reçoit notre Super Dimona. Désormais vont commencer les Journées d’hiver, journées d’entretien du club. Je doit m’engager a en faire au moins 4 durant l’année.
La semaine d’après, on sent la fin de saison. Les températures ont baissé, et les pilotes sont moins fréquents. Nous sommes une dizaine à vouloir sortir des machines et tenter quelque chose. Je choisis de prendre le Romeo56, et de laisser le Ls1d à quelqu’un d’autre. Choix que je regretterais tout à l’heure, au vu des conditions et du vol auquel je vais me livrer. En effet, le départ en Astir va s’avérer être un mauvais choix stratégique. Les conditions vont se dégrader, et avant même de décoller, je vais m’en vouloir de ne pas avoir pris ce qu’on me proposait. Je décolle donc, et je largue le plus haut possible. J’essaye d’enrouler un petit 0+, mais sans grand succès. Le planeur étant lourd, et peu adapté pour ce type de temps, se battre avec les éléments devient du vrai sport. Finalement, je suis bas et un peu éloigné, alors j’intègre une vent arrière au croisement des pistes. Cette situation me stresse et je pose l’Astir comme un gland, sans rebonds, mais un peu n’importe comment et surtout, très long. J’ai tenu 10minutes. Je soupçonne la nan qui tient la planche de ne pas m’apprécier…
Je repars dans la foulée pour tenter autre chose. Le vol ne se passe pas beaucoup mieux. Je me pose après moults essais infructueux, et cette fois, en plus, au lieu de faire un Vent arrière Main gauche, étant au sud de la piste, j’ai tout fait pour me faire une main droite classique, qui m’oblige a me poser encore plus salement que la première, cette fois avec rebond. Jean-Lou me fera d’ailleurs remarquer que la main gauche n’était pas interdite…suffisait de signaler.
Ouais, ben je suis pas prêt de le passer ce brevet. Je repars après avoir fermé les hangars, il est 17heures.
Dimanche, je vais au terrain, je compte bien renouveler mes exploits. Il y a du monde aujourd’hui. Il fait beau, et les conditions sont plutôt bonnes. Au briefing, surprise, je vais voler sur Lima43, soit le Ls1d. Je commence à flipper et je sors le manuel de vol. Le Ls1, pour ceux qui connaissent, c’est un stab monobloc, donc, ultra sensible. Je me demande si je vais être capable de l’apprivoiser. Nicolas vient me voir, et me dit que c’est en effet une machine « subtile », mais que c’est vraiment performant « un vrai petit chasseur, une vraie petite bombe ». Il dit qu’il le préfère à un Peg…
Je prépare donc le planeur, seul, alors que nous sommes deux à voler dessus. Je serais le premier à passer, après avoir mangé un sandwich rapidement, et avoir écouté le briefing machine de Vincent, je monte dans l’engin et me prépare. La radio est HS, j’emmène donc une radio portative. Je fais mon signe de décollage, et le planeur se mets à rouler. Je le tiens tant bien que mal en ligne de vol. L’aile gauche frotte, je me crispe, et je tire sur le manche. Oups, le planeur monte d’un coup. Ca doit tirer sur le câble et le remorqueur doit flipper. Je pique calmement pour éviter tout effet de montagne russes, et le planeur retrouve sa ligne de vol, un peu haut. Une fois le remorqueur en l’air, je rétablis correctement le niveau de vol. Il n’est pas évident de regarder devant sur ce planeur. En effet, la verrière a profité d’un choc pour se fendre, en plein milieu. Ce qui donne une visibilité réduite, limite dangereuse. A une altitude correcte, et après un remorqué sans difficultés je décide de me larguer. Je tombe dans un +3 fort sympathique et je décide bien entendu de l’exploiter. La prise en main de la machine est délicate. Je spirale sans trop regarder mon badin, et, en jetant un coup d’œil, je vois que je suis à 70km/h, la vitesse de décrochage. En effet, ca ne se fait pas attendre, et le l’avant du planeur plonge brusquement. Je rétabli, lorsque je suis à une vitesse suffisante, avant de continuer prudemment ma montée. Je réfléchi à ce soudain décrochage et je me dis que ce planeur ne pardonne pas. Je teste le vol non conjugué et je sens un départ d’autorotation. Bigre, on ne rigole pas sur le Ls1d !
Par contre, il est très agréable aux commandes, et bien entendu, merde, j’ai oublié de rentrer le train. Je monte encore, et, une fois hors de danger,je rentre le train. Finalement, j’aime bien cette petite machine. Je me balade, en limite de TMA, alors que je vois des planeurs qui y sont…je spirale des que je peux et le temps passe. J’ai même failli me payer une buse dans l’aile droite. En effet, alors que je tournais vers la droite, en spirale, un groupe de ces rapaces faisait de même. Je les regardais, c’est tellement beau ce genre de choses, et j’ai fini par en voir une, sortir ses plumes pour se sustenter et se ralentir au maximum pour ne pas se prendre le saumon en plaine tête. La situation prête à sourire, mais j’imagine la pauvre bête si elle avait été assommée par le choc, la descente qu’elle aurait faite…
Je continue à choper tout ce qui me fait grimper, je suis à 1400m, je ne fait pas encore mon gain de 1000m avec ca, mais ca me fait travailler. Au bout d’un moment, je songe que je ne suis pas seul à être sur cette machine et que les autres aimeraient peut être pouvoir faire un tour.Je décide donc, a contrecœur, de ramener le planeur au sol. Je m’offre au passage le luxe de monter une rue de Cu. Une fois dans la zone de perte, je sors mon train et tous les AF. Normal, je suis a 1250m…Je me pose sans aucun souci, content de mon vol, mais amer d’avoir été obligé de descendre aux Aérofreins.
Je ramène le planeur en bout de piste, et le gamin qui devait le prendre s’installe, et décolle. Il restera en l’air moins de 10minutes.
Le reste de la journée se passe, je raconte à Nicolas les impressions à chaud sur le Ls1. En vérité, sur le coup, je ne l’apprécie pas trop. Je me suis fait un peu peur avec et j’avoue que je ne souhaite pas trop recommencer. Finalement, avec le recul, il s’avère être une arme redoutable que je vais regretter de ne pas prendre.
Je repars du terrain, le soir, après avoir tout rangé.
Mercredi, après mon théorique, je pars au terrain. Lorsque j’arrive, les machines sont sorties et je demande à Bart et Vince quel planeur je peux prendre. Ils ne sont pas très chauds pour me laisser l’Astir Standard. Ils préfèrent que je prenne Tango18. Je le sors donc, avec l’aide des quelques personnes présentes. Je ramène la bête en piste. Je l’aligne après avoir aidé les pilotes de circuits à partir. Je m’installe après avoir demandé à Bart les conditions. Il me dit que c’est « Mega bon, et que comme c’est lui qui remorque, il va me déposer dans une pompe et j’aurais juste à tourner pour grimper). Je m’installe et je lève mon pouce, Biquet prends l’aile. Je décolle sans encombre et je m’applique à tenir le planeur en ligne de vol. Bart pilote sec, et les virages sont plutôt serrés. A un peu plus de 650m, Bart me dit que c’est bon. Je largue et j’ai juste à enrouler pour grimper. Ca fonctionne. Je monte à 1000m, j’ai dérivé pendant la montée, et alors que j’étais au nord du terrain, je me retrouve maintenant au sud. Je sors de la spirale et j’en détecte une autre, j’enroule, juste à coté d’une buse, qui se balade. Je suis fier parce que je suis plus haut qu’elle. Je tourne 5 minutes, puis plus rien. Je redescends, lentement, en trouvant des pompes à droit à gauche. Je me pose après une finale mouvementée. J’ai fait 40 minutes, et sans difficultés. Bart vient me chercher et nous remontons le planeur en piste. Il me dit que ça vaut le coup de repartir.
Je fait partir les planeurs devant moi. Je me retrouve seul en piste, sans personne pour me tenir l’aile. Jevais être obligé de partir aile au sol. J’accroche donc le câble au planeur, et je signale à Bart que je suis prêt à décoller. L’aile frotte le sol sur 2-3 mètres, et le contre-balancement se fait ressentir. Je contre immédiatement, et me voila prêt à lever le nez pour me mettre en ligne de vol. Je décolle, et la montée se fait brutale, on enroule presque aussitôt, et on est très vite à 700m. Je grimpe, je grimpe, et je dérive. Je me balade un peu partout, avec une nette préférence pour Malesherbes et sa zone industrielle. Je balise les pompes que les autres machines viennent squatter avec moi, et j’affronte ma peur de tourner avec d’autres planeurs. Je suis à 1200m, ca caille, et j’ai mal au cul. Il est temps d’envisager de redescendre, mais c’est tellement grisant de chopper les pompes et de monter encore que j’en oublie ces détails. Je me permets encore un ou deux ronds, au dessus de la vallée, et je décide de rentrer. Je suis toujours à 1100m, au dessus du départ de Vent Arrière. Je sors les aérofreins, et je descends donc, afin de me positionner correctement. J’entame donc ma procédure d’atterrissage, et je me pose un peu long, pour tenter d’approcher au maximum le planeur de son hangar. Je vais regarder la planche, il est 17h. Je viens de voler une heure 40, mon record. Je suis bien content, j’ai volé 2h20 aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir réellement progressé, j’arrive à accrocher les pompes sans problèmes. Et je reste dedans. J’espère que le prochain vol sera pareil.
Samedi donc, je pars au terrain. J’ai besoin de faire mon heure, et si je ne la fait pas maintenant, je ne la ferais jamais puisque j’ai décidé dans ma tête d’arrêter le planeur si je ne passe pas ce stade là. Lorsque j’arrive, Bart et Vince me sautent dessus, et me disent :
« C’est psychologique, d’accord ? Aujourd’hui tu va faire ton heure, tu va voir. »
« Ben, je vais essayer »
« Nan ! Tu va réussir, c’est pas pareil. »
Bon ok, je leur montre que je peux le faire, et je prépare la baleine. Dire que Nicolas se prépare un Pégase…
Mon moment arrive, Bart et Vince me font passer en priorité pendant que les conditions le permettent. C’est Yann qui remorque, et il a ordre de me lâcher dans une pompe ou je n’aurais qu’à enrouler. Je décolle et je monte. Pardon, nous montons. A 750m, je décide de larguer. Yann, ayant senti que je me décrochais, m’a indiqué par radio que j’avais largué trop tôt, et que je n’avais qu’a continuer tout droit et enrouler sur la droite. Je m’exécute, et je gagne quelques mètres. Apres 5minutes, Vince m’appelle et me dit que a son avis (et celui des autres personnes au sol), je ferais mieux d’aller me balader sous le gros nuage au nord, ou, d’apres Yann, il y a un gros vario. Le vent est de sud, et donc, nous rabats vers le nord. Gaffe à la TMA. Je transite donc vers ce gros nuage, et effectivement, j’obtient un bon +3m/s. Je spirale toujours pour gagner de l’altitude, non sans mal. Apres quelques minutes, alors que je gagne correctement, sans plus trop me battre pour rester dans l’ascendance, un ASH25, à la même altitude que moi, me coupe la route. Pas très sympa ca. Je suis en colère car obligé de sortir de la pompe pour l’éviter…
Me revoilà donc, à 800m, à prospecter pour trouver une autre ascendance qui pourrait me faire monter. J’en trouve une, un peu au sud est, vers le péage de Fleury. Je l’enroule et je grimpe, jusqu'à ce que je voie arriver un Peg. Je suis en colère, il vient m’emmerder alors que j’étais tranquille, et ils spirale avec moi. Je panique, je sors de la spirale, tout en fustigeant le pilote du dimanche. Il s’avère qu’en vérité, le Peg est nettement plus haut (plus de 200m), et qu’il est là pour m’aider à réaliser mon heure puisque c’est Nicolas, et qu’il m’indique à la radio « à gauche Nico ». Je retourne donc dans la spirale avec lui, et je grimpe. A 1000m, j’estime être à la base des nuages, puisque j’aperçois des barbules. Je sors de la spirale, Nicolas a disparu d’ailleurs.
J’espère trouver autre chose et rapidement. Je suis loin du terrain en plus, et je dois m’en rapprocher au maximum si je ne veux pas finir dans un champ. Une fois vertical Tousson, je demande au starter à combien j’en suis en temps :
« 55 minutes, mais reste en l’air, t’occupe pas de ca ». Facile à dire, je suis à 750m, et je n’ai rien. Je traine un peu, et je suis à 450m dans l’axe…Je remonte donc à contre vent arrière, et je la débute à 400m. Je me pose, l’on remonte le T18 en piste. J’ai fait une heure, et 5 minutes. Ouf ! J’ai mon heure. Voilà qui me remonte le moral. Je passe mon après midi à glander et a me marrer avec Jean-Guilleme, mais j’ai quand même une petite amertume, je n’ai pas volé sur un planeur solo. Vers 17h, je demande à Vince et Bart si je peux pas faire un vol sur R56. Ils me disent que je ne suis pas lâché dessus.
« Vous rigolez ?! » leur réponds-je. Et j’enchaine
« J’ai volé dessus y’a deux semaines, c’est même toi, Bart qui m’a dit de regarder le manuel de vol »
Vince et Bart se regardent, et disent
« On en fait des conneries »
Et Vince de me dire :
« Allez grimpe et magne toi »
Je fonce donc vers le romeo56, esseulé. Je m’harnache dedans, je fais le CRIS. Décidément, son tableau de bord, c’est quelque chose. Je décolle, au cul du pawnee. Et je me largue aux alentours de 700m, au nord de Malesherbes. Il n’y a plus rien, j’ai quand même quelques timides varios, mais je n’arrive pas à les stabiliser. Au bout d’un moment, étant trop court, je retourne vers le circuit et je me pose. J’aurais fait 20minutes. Ca noircit un peu le tableau, et je me demande si j’ai vraiment bien en main cet Astir…
Je pars donc du terrain, mi figue mi raisin. Il est désormais temps de me préparer pour le théorique qui sera la semaine prochaine. Le weekend prochain, étant à une compétition d’aéromodélisme, la préparation sera complexe.
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