Les congés sont pris, le week-end passe, mitigé. Arrive le lundi. Je me lève, regarde le temps. Ca va, y’a un peu de soleil. Allez, je pars au terrain. Arrivé sur les lieux, je découvre çà et là, des branches d’arbres, mais je regarde encore de plus près, je me dis qu’il y a eu un sacré coup de vent par ici. La manche a air est par terre, le poteau est tordu. La station météo n’est plus là. Elle a emporté avec elle une dalle de béton qui la fixait au sol. Je retrouve Vincent, il court dans tous les coins, il m’explique qu’il y a eu une tornade hier après-midi, et qu’elle a détruit beaucoup de choses. Des vitres de voitures et de bâtiments explosées par des pierres entre autre. Il m’annonce également que deux remorques se sont couchées. Bien entendu, ces remorques étaient pleines. Il y a donc un Ls6 abîmé, et un planeur de collection, un Sa104-Emouchet, de toute beauté. Pour le Ls6, les réparations ne seront pas importantes. Pour l’émouchet, c’est plus compliqué. Bords de fuite arrachée partiellement, et deux nervures de cassées. Le fuselage n’a rien.
Le matin sera donc consacré au rangement d’après tempête. Pas de briefing, de toutes façons, il n’est pas prévu de voler, et le tableau a disparu avec la tempête.
Je m’arme donc d’une caisse à outils, afin de démonter la partie supérieure de la manche a air, puis les pieds restants de la station météo. Il y a du soleil, mais toujours un sacré vent. C’est pas près de s’arranger. Deux jeunes arrivent, de mon age. Ils vont pouvoir nous aider.
Finalement, à 11 heures, Vincent annonce la couleur. On sort le DG500 et le Twin. On va voler un peu cet après midi. Nous voila alors, à préparer les deux planeurs. Je fait tout pour m’arranger a voler sur le DG500. Nous mangeons, à la va vite, puis nous mettons les planeurs en piste. La voiturette va chauffer. Je me charge donc de la voiturette, tandis que mes acolytes se préoccupent des planeurs. Nous sommes trois, il y a deux planeurs et deux instructeurs. Mes collègues voleront avant moi…Le temps n’est pas bon, pourvu que je puisse voler. Je m’occupe donc de la planche de vol, et de la mise en l’air des planeurs.
Les deux planeurs sont en l’air, le remorqueur vient de se poser. Apres dix minutes a patienter sur la voiturette au bord de la piste, j’aperçois Tango91 vertical des hangars. Il a a peine décollé, il vient déjà se poser. Il s’annonce, et après 18 minutes de vol, se pose. Et c’est à ce moment là que je reçois une, puis deux gouttes sur la tête. Il pleut. Il pleut et je n’ai même pas volé ! Je gueulerais plus tard, pour l’instant, l’option, c’est de rentrer le planeur pour pas qu’il prenne trop la flotte. Le câble de remorquage est resté sur la piste, et rapidement, nous mettons, le planeur à l’abri. Vince est encore en haut avec le dg500. Je repart chercher le câble de remorqué lorsque la radio annonce Vince en VA. Il va donc arriver très bientôt. Trop tard, il est là. Je fonce avec la voiturette à sa rencontre. Il se dirige vers les hangars, afin de s’en approcher le plus possible. La flotte redouble, bon Dieu quel temps de merde !
-« ah désolé Nico, je crois que c’est mort là. » me dit Vincent.
-« Ben ouais, je crois bien ! »
Je suis très très énervé. Je comptais voler aujourd’hui mais la pluie me contraint à abandonner l’idée. Je rentre donc le DG avec la voiturette, puis retourne en piste chercher le câble du remorqueur. La pluie s’arrête. Nous patientons dans la salle de briefing, Vince essaye de nous passer une vidéo. Puis mes coups de fils commencent. D’abord le boulot. Ensuite, le SAV Orange. Plus de batterie, mon téléphone coupe. Je repasse encore deux trois coups de fil pour le boulot, à partir du fixe (en prenant le soin d’expliquer que cette fois, je suis en vacances), et Vince vient me chercher pour voler. Mes collègues me mettent le planeur en piste, je file aux toilettes, merde j’ai oublié mes lunettes et ma casquette dans la salle de briefing. Je cours jusqu’au planeur, après avoir fait le tour du terrain. J’arrive essoufflé, je déroule le CRIS, et nous voila partis. Vincent, bien entendu, m’annonce que je décolle. J’exécute expressément. Le planeur incline a droite, coup de manche a gauche. Et bientôt, on décolle. Le remorqueur décolle également, et Vincent s’occupe de tenir le planeur en virage, tandis que je me charge des lignes droites. A 700m, largage. Et on recherche la pompe. Je suis nettement plus décontracté malgré le fait que le dg500 aie un espace restreint au niveau du palonnier, ce qui fait que je frotte le dessus de mes chaussures à l’intérieur du fuselage à chaque mouvement, ce qui est très désagréable…Qu’importe, je pilote donc en ligne droite, en virage, tout va bien. Vince cherche la pompe, mais que d’alle. Tant pis. Apres 10 minutes, nous sommes redescendus a 500m, il vaut mieux penser à rentrer.
Vince me demande de coller la main sur les aérofreins, je vais atterrir. C’est quand même lui qui se charge de sortir le train. Nous voyons donc la phase critique de l’atterrissage, qui consiste a surveiller son axe, son plan et sa vitesse. Et Vince me dit
-« tu balayes, Axe-plan-vitesse, et tu recommences. Jusqu'à l’arrondi ». Donc je balaye, je corrige avec les aérofreins, et avec la dérive, un coup de manche a droite, et l’arrondi. On se pose et on freine. Bon, 15minutes de vol, c’est pas top. Tant pis, Vince exige qu’on reparte, tout de suite, de là ou on est. Eh bien on repart. Cette fois, le remorqué se passe mieux. Mais toujours aucune pompe. Ca oblige a soigner l’atterro, même principe : Axe-plan-vitesse.
Bref, une grosse journée de 2 vols…Remplissage des feuilles de progression, et on rentre…
Ca sera mieux demain il parait.







