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Publié le 09/07/2009
Par neo862

Lorsque j’étais plus jeune, et que je me baladais dans les aérodromes et aéroclubs de France, j’étais toujours fasciné par les discussions des pilotes, souvent truffées de termes techniques appliqués à la mécanique du vol. Les phrases telles que « Demain, on aura 1015 Hectopascals, et 4/8eme. Apres demain, CAVOK », ou encore « La semaine dernière quand c’était thermiques purs, j’ai fait 200kms ». Souvent, les pilotes d’avions n’étaient pas en reste « Il a décollé avec le cache Pitot, tu aurais vu sa tête quand il s’est foutu en Vent Arrière tout de suite après le décollage ». Bien entendu, je ne connaissais pas grand-chose à ces discussions. Aujourd’hui, je comprends ces discussions, j’y participe, et je ne peux pas m’empêcher de repenser au jeune pilote qui regardait et surtout, écoutait les « Moustachus ».

Mes compétences en informatique m’ont permis de me lier d’amitié avec un des plus talentueux pilote de l’aéroclub, un type qui a 8000 heures de vol, et qui vole tous les jours qui le permettent. Ce type, aussi extraordinaire que caractériel, aussi cassant que sympathique, s’appelle Guy Tzikansky, et dans le milieu du vol à voile, on connait le loustic. Ici, c’est « l’homme qui hurlait à l’oreille des planeurs », ou « celui que l’on entend avant d’avoir vu ». Même à St Auban, Tout le monde le connait, personne ne l’a vu. Tzif, comme tout le monde l’appelle, est un des propriétaires de l’ASH25 F-CGKZ « 3Z ». C’est avec ce planeur qu’il s’est lié une sorte d’histoire parce que depuis 15 ans, il a tant volé avec, il a sans doute fait l’équivalent du tour de la terre avec, voire plus. Il a survolé les plus beaux coins de France, du Mont Saint Michel, au Puy de Dôme, en passant par des coins tels que Niort, Le mans, Reims et tant d’autres, et tout ca, au départ de notre petit terrain.

Tzif donne sa chance à tout le monde et il m’a donné la mienne, en me proposant de voler sur 3Z avec lui. Ce fut l’un de mes vols les plus extraordinaires, celui qui me marquera sans doute le plus. D’abord pour le caractère exceptionnel de Guy, et pour le fait de voler dans 3Z. Nous devions faire un triangle du genre Buno-Laigle-Le Mans-Buno. Le temps est bon, et l’objectif est réalisable. Nous décollons derrière l’extraordinaire Papa-Lima et son pilote, Yann. Comme à son habitude, Il nous positionne dans une bonne ascendance et nous grimpons suffisamment pour trouver la porte, la valider, et commencer le circuit. Nous mettons ensuite le cap sur Etampes, qui sera notre première étape. Le survol de l’aérodrome beauceron ne pose pas de soucis particuliers. On s’annonce, on est accueillis par une dame dans sa tour de contrôle, et nous passons. Au passage, à la sortie de la zone, on choppe un petit +. On passe par le local de Chartres, il y a du monde, beaucoup de monde, mais on ouvre l’œil. Je crois apercevoir un K21, je ne sais pas s’ils en ont à Chartres.

Biquet nous suit depuis le départ de Buno, et René Louis, a viré ailleurs, ou nous a mis une mine, je ne sais pas trop. Claude, et son ASW22 « 1Z » est loin devant, faut dire qu’il est parti avant nous. Nous grimpons ca et là, des que l’occasion se présente. Bientôt, nous passons Favieres, et ses grandes oreilles de mickey. Ce sont en fait des paraboles, que je connais bien puisque dans ma vie professionnelle, je travaille sur celles-ci précisément. Je les regarde, elles ont une autre gueule, à 1800m d’altitude. Là encore, une rue de cumulus nous permet de prendre un peu de plafond, et en plus, de marcher fort, aux environs de 130-150km/h.

Nous passons la base aérienne de Senonches, ex base OTAN, désaffectée, avec cependant, une voiture sur la piste. J’apprendrais pleins de choses au sujet de cette base.

Plus loin encore, avant l’arrivée sur Laigle, nous passons le Center Parc de Verneuil, avec ses plans d’eaux qui reflètent le soleil, et toutes les voitures de ces gens venus prendre un peu de bon temps. Si ils savaient que le vrai bonheur, il est collé à la base des nuages, jamais ils ne s’entasseraient pas dans ce parc d’attraction.

Ca y est ! Notre premier point de virage est en vue. Guy à déjà eu l’occasion de me laisser les commandes de 3Z, et je dois dire qu’il est très agréable à piloter. D’autant plus que je pilote également, avec la permission du propriétaire, aux volets, et ca, ca change tout.

Nous arrivons à notre premier point de virage, Laigle. L’aérodrome de la ville est là, dans nos 12h. Nous l’approchons à 800m, il est temps de retrouver un peu d’eau sous la quille. Guy grimpe un peu, ca tourne, je suis mal à l’aise, mais ca va encore. Biquet est encore derrière, à la traine. Nous tournons donc le waypoint, et direction Le Mans. Ah, très bien, je vais voir le circuit. Mon état ne s’arrange pas, mais la joie l’emporte. Nous avançons doucement mais surement. Arrivés à Alençon, Guy me demande si ca va. Je lui réponds quand même que pas trop mais qu’on peut continuer. Mais comme Guy est formidable, il préférera abréger le vol. Direction donc Buno par La louppe, et Chartres, puis Pithiviers, et enfin Buno et là, Guy me laisse les commandes au maximum. Banzaï, 150 jusqu’à l’antenne de La louppe, là, pfiout, j’enroule une pompe, je monte mais je suis désaxé, et je me déconcentre. Guy reprends un peu les commandes, on monte. Je repars en ligne droite, et hop, nous atteignons déjà Chartres et sa densité de circulation aérienne. Nous ne nous attardons pas trop dans le local, il y a déjà du monde. On grimpe un peu et on file. Entre Etampes et Chartres, il y a aussi du monde, le Flarm s’agite et bientôt nous passons en mode rouge, je panique, Guy reprends les commandes, je vois un Ventus nous passer tout prêt, il nous avait vu, et il va grimper ailleurs. Nous continuons doucement mais surement, vers Pithiviers. J’aperçois le terrain, aussi vide qu’à son habitude. Nous remontons encore un peu. Et nous arrivons à Buno, dans le local par la vallée. La piste en service est toujours la 28 et Guy commence son atterrissage. En finale, j’entends « clac » suivi d’un « Landing ». Les volets sont sortis et notre Terre se rapproche. Nous touchons, les freins arrêtent la machine après un dégagement permettant de rapprocher la planeur à son hangar. J’ouvre ma verrière. Je respire, je suis un peu barbouillé, comme à mon habitude. Le vol fut tout de même magnifique et je remercie Guy.

Une deuxième tentative a eu lieu, un jour de semaine. Il n’y avait pas grand monde et le temps n’était pas au top. Il n’y avait pas d’horizon, et j’ai horreur de voler sans horizon. Nous avons volé pendant 1h30 en local de Buno. Le plus grand éloignement fut la jonction de l’A6 et de la future A19, en passant vertical la maison de Guy. Nous sommes revenus aussi vite.

3Z est une machine formidable, et son propriétaire est une personne exceptionnelle, qui nous permet à tous de tâter cet ASH25, pour le plaisir, et je ne peux qu’être fier de connaitre Guy, et d’avoir pu voler sur ce bel oiseau. Merci Guy.

Les commentaires
Publié le 11/09/2009
Par J-R
Bien bel article que voila!
Quelle chance tu as eu, en effet! Je me contente du Janus moi :p
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