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Publié le Mercredi 01 août 2007 à 12:20:07 am
Par NIAKHAPP
Depuis la publication de son livre, mercredi 25 juillet 2007, ‘La Lonase : Chronique d'un pillage organisé', le journaliste écrivain, Abdou Latif Coulibaly reçoit toutes sortes de menaces. Menaces contre son intégrité physique, menaces aussi de plainte brandie par le directeur de la Lonase, Baïla Wane, accusé dans le livre. ‘Ces menaces proférées contre notre auteur, M. Abdoul Latif Coulibaly, nous préoccupent au premier chef d'autant plus qu'elles sont répétitives et ourdies, à chaque fois, par des personnes qui ont de hautes responsabilités', lit-on dans un communiqué transmis par L'Harmattan, la maison qui a édité le livre.
En effet, cette dernière demande à l'Etat sénégalais de ‘prendre toute la mesure de la gravité de la promesse de violence pour assurer la protection de M. Coulibaly', mais aussi ‘les mesures nécessaires pour mettre ces individus menaçants hors d'état de nuire'. Pour l'éditeur, ‘le dernier livre de M. Coulibaly, consacré au pillage de la Loterie nationale, gêne beaucoup de monde parce qu'il apporte à chaque fois des éléments de preuve, des documents enregistrés et signés par les personnes incriminées qui ne peuvent les récuser que sur la base d'injures et de menaces. Sans ces publications, les citoyens sénégalais ne seraient pas avertis des exactions financières du régime'. Si les menaces d'attenter à la vie de Latif préoccupent les éditions L'Harmattan, elles reconnaissent, toutefois, le droit au directeur de la Lonase d'ester en justice. ‘Nous avons appris que le directeur de la Lonase va porter plainte. C'est son droit le plus absolu'. Tout en avertissant ‘qu'il sache que l'édition parisienne du livre comporte une quarantaine de pages de documents de source, soit deux fois et demie que ce qu'il a entre les mains à Dakar'. En plus, l'Harmattan tient ‘à renouveler (son) appui multiforme à M. Coulibaly et prenons l'actuel régime comptable de la suite'. Joint par téléphone, Babacar Sall, le patron de L'Harmattan assure que sa maison ‘partage le contenu du livre de Latif Coulibaly'. Avant de soutenir que le directeur de la Lonase est en train de ‘se justifier pour préparer sa défense. Mais il doit savoir qu'une interview (parue, hier, dans l'édition du Quotidien et de L'Observateur : Ndlr) n'est pas une preuve. Mais il faut qu'il produise des documents puisqu'il a les moyens de les avoir'. Quand on lui a demandé si les preuves, reproduites par M. Abdou Latif Coulibaly dans son nouvel ouvrage, sont les seules à sa disposition, le directeur de publication à L'Harmattan souligne : ‘Nous avons publié le maximum d'éléments nécessaires, mais pas tout évidemment'. Ce qui laisse présager un procès épique, si le directeur de la Lonase se pourvoie en justice. Quant aux formes de soutien que L'Harmattan compte apporter à son auteur, Babacar Sall répond que cela ‘dépendra de la situation, le soutien sera adapté aux formes de menaces'. Babacar Sall se dit confiant parce que sa boîte ‘ne s'aventure jamais dans des publications légères'. ‘Il s'agit d'argent public, aucune menace, sous quelque forme que ce soit, ne nous fera céder. Nous défendons la liberté sous toutes ses formes. D'ailleurs, nous sommes habitués à ces genres de menaces. Même, si cela est étonnant que cela se passe dans un état organisé et dit démocratique. Ce qui est grave', ajoute-t-il.
Publié le Mercredi 01 août 2007 à 12:07:14 am
Par NIAKHAPP
Après les travaux de rénovation de la Pointe de Sangomar, et le tollé qui a suivi la divulgation du scandale financier qui le sous-tend, le président de la République, Abdoulaye Wade, vient frapper un nouveau coup avec les travaux de réhabilitation de sa vedette, La Signare. Entreprise à l'entreprise française des constructions navales Blamengin, qui s'est occupée de sa remise à neuf avant son retour effectif depuis le 15 juin dernier, les travaux du petit navire ont coûté au contribuable sénégalais beaucoup plus qu'il n'en fallait pour l'acquisition des deux moteurs du bateau pour le Joola. En plus clair, l'Etat a décaissé plus d'un demi-milliard pour la beauté de La Signare. A travers l'important pactole financier consacré aux travaux de rénovation de la vedette présidentielle, dénommée La Signare, les autorités du Sénégal viennent de poser un nouvel acte, de nature à navrer tout sens de la bonne gouvernance économique. Ce petit bijou, réservé aux quelques rares déplacements maritimes du chef de l'Etat, a été réceptionné dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 juin dernier (23 heures précises), après plusieurs mois de révision aux ateliers de Blamengin, une entreprise française de constructions navales, basée à Boulogne-sur-Mer. Au Port autonome de Dakar, où toutes les tractations ont été menées sous la direction de la capitainerie en vue de l'acheminement, puis de la réception du navire, les langues se délient pour relever la maladresse des autorités sur cette opération qui a englouti la rondelette somme de 579 millions 390 mille francs Cfa. Des autorités portuaires dégoûtées par ce gâchis, font le rapport avec l'impératif de 500 millions qui n'a jamais pu être satisfait par l'Etat quand il s'est agi d'acquérir deux moteurs pour le bateau Le Joola dont le naufrage a fait plus de 2 000 victimes. Elles s'étaient contentées à l'époque, de décaisser 250 millions de francs Cfa, couvrant à peine une moitié des dépenses nécessaires. C'est dans la plus grande discrétion que les formalités ont été faites, sous la direction de hautes autorités portuaires, histoire d'éviter toute piste menant au palais présidentiel. Ce sera sans compter avec la ténacité de certains cadres qui s'indignent et expliquent les raisons d'une telle attitude : «Après le scandale de l'avion présidentiel, les autorités ont tenu à ce que les choses se fassent dans la plus grande discrétion. Il faut signaler de même que les travaux de rénovation de cette petite vedette présidentielle ont englouti plus d'argent qu'il n'en fallait pour l'acquisition des deux moteurs pour Le Joola. Ce dossier est très sensible et il n'était pas question qu'il y ait une fuite d'informations». La carte de la discrétion a été jouée à fond dans cette affaire puisque, dans tous les documents officiels qui ont été faits, le Port autonome de Dakar (Pad) est cité à la fois comme importateur, maître-d'œuvre et même bénéficiaire des travaux de réhabilitation. Mais des documents officiels, et même officieux pour certains, révèlent au détail près les différentes dépenses qui ont été faites, et les canaux trouvés pour brouiller toutes les pistes. Djibo Leyti Kâ, placé alors au cœur de l'affaire, en vertu de son statut de ministre de l'Economie maritime, était en toute complicité avec son collègue Hadjibou Soumaré, ex-ministre délégué chargé du Budget. C'était avant que ce dernier ne migre à la station primatorale comme Premier ministre. DJIBO KA ET HADJIBOU SOUMARE, AU CŒUR DE L'AFFAIRE Après que la vedette Signare a été soumise à l'étude du spécialiste français des réparations navales, c'est une facture très salée qui a été présentée à Djibo Kâ, alors ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime et des Transports maritimes internationaux. Le devis pour la réhabilitation de La Signare reste sans appel. Entre autres rubriques, il englobe les travaux de la mécanique, taxée à 166 millions 500 mille francs Cfa, les moteurs et réducteurs pour 29 millions 480 mille francs Cfa ; la climatisation du salon principal et l'insonorisation auront respectivement coûté au contribuable 19 millions 100 mille francs Cfa et 21 millions 100 mille francs Cfa. D'autres grosses dépenses, comme la réparation de la machine principale, ont valu la rondelette somme de 18 millions 760 mille francs Cfa. De même, les arbres porte-hélices et hélices se voient réparés à hauteur de 15 millions de francs Cfa. Au total, avec plus de vingt-deux autres rubriques restantes, la facture de Blamengin s'élèvera finalement à 883 274,36 euros hors taxes (soit 579 millions 390 mille francs Cfa). Transport aller et retour Dakar-Bologne y compris, la facture proforma datée du 07 juillet 2006 est doublée d'une demande d'admission en franchise de droits et taxes, et atterrit au bureau de Cheikh Hadjibou Soumaré, qui occupait le portefeuille de ministre délégué chargé du Budget, auprès du ministre de l'Economie et des Finances. Par correspondance datée du 18 juillet 2006, Djibo Kâ s'adresse à son collègue auprès de qui il fait état du pactole financier que devraient engloutir ces travaux, et requiert de lui une certaine diligence dans la gestion du dossier. La réponse ne se fera pas attendre, puisque par une lettre datée du 25 juillet 2006, l'actuel Premier ministre réagissait favorablement : «Par votre lettre citée en référence, vous sollicitez une admission en franchise des droits et taxes sur le navire La Signare qui doit être expédié en France pour des travaux (…) Pour le montant des travaux qui est assujetti à des droits et taxes, j'autorise l'exonération de ces droits et taxes. Vous voudriez bien demander à vos services de se rapprocher de l'administration des Douanes pour l'accomplissement des formalités requises». L'actuel ministre en charge de l'Environnement garde encore quelques réminiscences de cette affaire qu'il étale avec finesse. En effet, Djibo Kâ interroge sa mémoire pour dire : «La correspondance pour l'exonération des taxes sur La Signare ? C'est possible que j'en sois signataire car, j'étais à la tutelle. Et je pense d'ailleurs que c'est une correspondance que j'ai adressée au ministre des Finances. C'est bien possible, même si je ne m'en rappelle plus avec exactitude!»
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