Un jeune homme nommé Gilbert Gomis, pourchassé par les éléments de la brigade de recherches du commissariat de Rebeuss, a trouvé la mort hier, dans la matinée, sur la corniche ouest, après avoir plongé dans la mer. La police parle de noyage tandis que la famille de la victime incrimine les limiers.
Les versions divergent sur la mort du jeune Gilbert Gomis. Selon la famille, ce sont les policiers qui ont occasionné la mort du jeune homme. «Il avait l'habitude, chaque matin, d'aller pêcher sur la corniche ouest», déclare Pierre Sylva, cousin germain du défunt. «Hier, l'inspecteur Dione de la police de Rebeuss qui le connaît très bien est passé chez lui à la rue Armand Angrand. Sa femme lui a dit que si Gilbert n'est pas là, il doit être à la plage. C'est ainsi qu'il s'est rendu là-bas avec des collèges à lui. Ils se sont attaqués à Gilbert qui a été obligé de plonger dans l'eau. Les policiers se sont mis alors à attendre qu'il sorte de l'eau pour l'arrêter. A chaque fois qu'il voulait sortir, ils se mettaient devant lui l'obligeant à rester dans l'eau, histoire de l'avoir à l'usure. Finalement, Gilbert qui nage très bien, mais qui n'avait plus la force pour tenir entre ses jambes, s'est mis de dos et a commencé à être englouti par l'eau. Ce n'est qu'à ce moment qu'un des policiers, aidé par un pêcheur, est allé à son secours. Mais c'était trop tard. Gilbert est décédé avant même l'arrivée des sapeurs-pompiers», raconte Pierre Sylva qui ajoute : «nous connaissons très bien cette partie de la mer. Soit ce sont les vagues qui l'ont projeté sur les rochers, occasionnant sa mort. Soit c'est la fraîcheur de l'eau qui a causé son arrêt cardiaque. Mais dans tous les cas, les policiers sont fautifs, car ils l'ont poussé jusque dans ses derniers retranchements. Une personne qui est en danger, on l'assiste, on ne la pousse pas à la mort». Les parents du défunt, les voisins et sympathisants, qui sont très remontés, ont organisé un rassemblement hier devant le commissariat de Rebeuss, scandant : «La police, assassin !» et arborant des pancartes où on pouvait lire : «Rendez-nous notre Gilbert !». La famille compte saisir la justice. Selon le sergent Bâ qui a conduit le détachement des sapeurs-pompiers, ils ont été appelés à 10 h 22 mn. Onze minutes plus tard, ils sont arrivés sur les lieux. Gilbert était déjà mort. Il l'ont alors repêché et l'ont conduit à l'hôpital Aristide Le Dantec. Le certificat de genre de mort, délivré par le Pavillon Bichat de l'hôpital Aristide le Dantec, fait état d'une «submersion, asphyxie par noyade». Du côté de la police, c'est un autre son de cloche. Pour le colonel Alioune Ndiaye du Bureau des relations publiques de la publique (Brp), la police n'a rien à se reprocher dans cette affaire. «Gilbert Gomis est très connu des policiers de Rebeuss. Né le 10 janvier 1978, il a été arrête puis déféré au parquet le 12 janvier dernier pour détention et trafic de chanvre indien». Selon toujours la police, hier matin, Gilbert Gomis marié et père de 3 enfants, a quitté son domicile pour se rendre sur les rochers de la plage de la corniche ouest pour fumer un joint de chanvre indien. Au même moment, des éléments de la brigade de recherches de la police de Rebeuss, effectuaient, comme tous les matins, une patrouille sur la corniche ouest. Selon toujours la version de la police, dès que Gilbert Gomis a vu les éléments qu'il reconnaît très bien, il s'est jeté à la mer. Les policiers l'ont dissuadé de le faire, mais il avançait toujours pour que les limiers ne lui passent pas les menottes aux poignets. C'est ainsi que des négociations ont commencé pour l'obliger à sortir de l'eau. Un attroupement s'est vite créé. La femme de Gilbert qui habite à la rue Armand Angrand, informée, a débarqué sur les lieux pour inviter son mari à sortir. Mais Gilbert ne l'a même pas écouté. Quelques minutes plus tard, il a eu un malaise dans l'eau. Repêché, il a perdu la vie. C'est alors que les policiers appellent les sapeurs-pompiers qui n'ont pu que constater la mort et acheminer le corps sans vie à la morgue de l'hôpital Aristide Le Dantec.







