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Publié le Mercredi 23 mai 2007 à 6:38:15 pm
Par NIAKHAPP

Les gendarmes, alertés par les populations, ont volé au secours d'une pirogue qui tanguait au large de Lompoul (190 km de Dakar) et à bord duquel ils ont trouvé trois personnes mortes et deux rescapés, a annoncé à l'Aps le commandant Daouda Diop, chargé de la communication de la GendarmerieLes gendarmes, alertés par les populations, ont volé au secours d'une pirogue qui tanguait au large de Lompoul (190 km de Dakar) et à bord duquel ils ont trouvé trois personnes mortes et deux rescapés, a annoncé à l'Aps le commandant Daouda Diop, chargé de la communication de la Gendarmerie

C'est lundi en début de soirée que l'alerte a été donnée, selon le commandant Diop, ajoutant que d'après les premiers aveux faits par les deux rescapés, peu après avoir reçu des soins, la pirogue était partie de Kayar mercredi dernier avec l'intention de se rendre clandestinement à bord de l'embarcation qui a dérivé, sans pouvoir se mettre sur orbite, il n'y avait aucun vivre, a précisé le commandant Daouda Diop, selon qui les gendarmes sont en train d'interroger les rescapés pour savoir s'ils avaient d'autres compagnons et qui sont leurs convoyeurs.

Publié le Mercredi 23 mai 2007 à 4:00:00 pm
Par NIAKHAPP

 

Le Syndicat national des Professionnels de l'Information et de la Communication du Sénégal (Synpics) a ouvert un débat fort opportun et d'une extrême importance. Il faut l‘en féliciter. Ce débat ne peut, par conséquent, laisser les journalistes indifférents. Nous sommes tous concernés, sans distinction d'âge, voire de génération et de médium d'exercice. Ce sont, précisément, la problématique de l'éthique, de la déontologie, des conditions de respect de celles-ci et de la sauvegarde des règles essentielles qui les fondent qui sont en cause dans ce débat. En somme, les journalistes sénégalais expriment le souhait de se donner un Ordre pour professionnaliser davantage, plutôt que d'assainir leur métier. Contrairement à ce que certains confrères qui ont rendu compte d'une conférence que j'ai animée la semaine dernière à la Librairie ClairAfrique m'ont prêté, je n'ai jamais prétendu que le débat sur l'ordre est un faux débat.

Les 9 et 10 mai derniers, le Bureau exécutif national du Syndicat a, en effet, organisé à Saly un séminaire dont les travaux ont porté sur la nécessité de créer un Ordre des journalistes du Sénégal. J'avais été convié à cette importante rencontre. Je n'avais pas pu, hélas, pour des raisons de santé prendre part à ces travaux. Je le regrette profondément. J'ai lu à travers les comptes rendus de presse les grandes lignes des conclusions auxquelles ont abouti les assises.

Je retiens de l'ensemble de ces comptes rendus, au moins un domaine qui paraissait essentiel pour les participants, la volonté de créer un Ordre des journalistes. Cette volonté est apparue comme un impératif pour le Syndicat. Je livre, pour ma part, certaines réserves par rapport à cette volonté exprimée. Ces réserves et les arguments qui les sous-tendent tiennent lieu de contribution personnelle à ce débat. On ne le répétera jamais assez, le débat ouvert est salutaire, il y avait urgence à le poser de façon formelle. C'est fait avec la rencontre de Saly.

Convenons-en, définitivement, la défense passionnée de la liberté de presse ne doit pas conduire les journalistes à s'en servir comme prétexte pour éluder leurs propres responsabilités, face à ce que plusieurs citoyens ont qualifié de dérapages graves dans la pratique du métier. Analysant la nature et les conséquences de certaines de ces dérives, de nombreux auteurs en sont arrivés à façonner la notion de « maljournalisme », pour les décrire. Le débat que le Synpics ouvre aujourd'hui s'est pratiquement posé dans les mêmes termes en 1918, dans un pays comme la France dont l'histoire en matière de pratiques journalistiques inspire largement la nôtre. C'est, en effet, la loi de 1881 portant code de la presse en France qui a été étendue à la colonie du Sénégal. Celle-ci y est restée en vigueur jusqu'en 1979. C'est aussi la jurisprudence française qui a inspiré et continue d'inspirer la pratique des juridictions nationales, en matière de protection et de sauvegarde de la liberté de presse au Sénégal.

Ces précisions faites, il nous paraît maintenant utile de considérer les termes historiques dans lesquels la problématique d'un Ordre des journalistes a été abordée en France et même dans d'autres pays (Belgique). On se rendra compte que, même si ces deux pays sont en avance sur le Sénégal, du point de vue des pratiques démocratiques, les termes du débat posé sont identiques dans le fond et la forme. Le Syndicat des journalistes fondé en 1918 en France par les travailleurs des media a adopté dès sa naissance une Charte des devoirs professionnels des journalistes. L'esprit de cette charte a été repris et consacré par la Convention collective des journalistes du Sénégal en vigueur depuis 1972. Il l'a également été par celui de la loi 1979, plusieurs fois modifiée (1986, 1992 et 1996).

Entre 1918, date d'adoption de cette fameuse Charte et l'année 1936, le Syndicat français n'avait cessé de réclamer la mise en place d'un Ordre pour professionnaliser davantage un métier né dans des conditions historiques particulières marquées par les acquis indéniables de la révolution de 1789 et la déclaration subséquente relative aux droits fondamentaux de la personne. Cette réclamation fut cependant abandonnée, quand le SNJ s'est rendu compte que l'idée d'un Ordre des journalistes était un piège dangereux qui pourrait être fatal à la liberté d'exercice. Le SNJ abandonna définitivement cette demande pour adhérer à une autre approche de la question plus conforme à la philosophie de base du métier et à l'idéal de liberté qui fonde la pratique journalistique.

Ainsi, une loi inspirée par le SNJ et soutenue par des députés libéraux et de gauche siégeant au parlement a été votée le 19 mars 1935. Elle porte création d'une Commission nationale d'attribution de la Carte d'identité du journaliste français. Après l'adoption de cette loi, la Commission prévue dans son dispositif général a été installée en 1936. « L'Ordre des journalistes est créé », s'écriait Emile Blanchard, le rapporteur de la loi qui, dans son magistral rapport, disait : « Une Commission faisant le ménage dans la profession est née ». Il ajoutait : « l'établissement de la carte d'identité aidera puissamment à l'organisation méthodique d'une profession longtemps demeurée dans l'anarchie ».

Dans l'esprit du législateur français d'hier, comme dans celui des rédacteurs de la loi portant Code de la presse au Sénégal, la seule existence de la Commission nationale d'attribution de la Carte nationale d'identité de journaliste, règle définitivement la question d'un Ordre des journalistes. L'existence de la Carte d'identité devait donc avoir un effet vertueux et aboutir à la moralisation de la profession.

A l'usage cependant, force est de constater que la Commission nationale n'a pas rempli sa mission. Il en est ainsi, tout simplement parce que les textes, tels que faits, ne lui en donnent pas le pouvoir, mais aussi parce qu'il manque, quelque part, une conjonction des volontés politique et professionnelle pour en arriver à de tels résultats. La Commission nationale de la Carte d'identité des journalistes n'a jamais joué un rôle dans la sauvegarde et la protection de la déontologie.

Par ailleurs, le Conseil pour le respect de l'éthique et de déontologie (CRED) qui a été conçu à cet effet par le Synpics n'a pas non plus répondu aux attentes, en dépit du fait que la mise en place de cette nouvelle instance de régulation a été accompagnée par l'adoption d'une charte professionnelle, semblable dans son fond à la charte adoptée en 1918 par les journalistes français.

Là également, force est de constater la carence du CRED qui brille par son absence sur le terrain de la lutte pour un respect de la déontologie. Faute de moyens, d'un soutien décisif du syndicat qui l‘a créé, l'instance de régulation s'est révélée incapable de se placer dans une dynamisme de progrès et d'inscrire ses actions dans la constance.

Cette double carence permet de mettre en évidence et en parallèle l'inefficience du volontarisme militant des concepteurs du CRED (les professionnels) et la vacuité de la volonté affichée du législateur qui a instauré la Commission nationale de la Carte d'identité.

Commission nationale d'attribution de la carte d'identité de journaliste et Comité pour le respect de l'éthique et de la déontologie brillent par leur inefficacité et leur évanescence sur le terrain professionnel. L'attitude timorée de l‘une et de l'autre fait que chaque citoyen se dit, aujourd'hui, préoccupé par la question éthique. Pourtant, les professionnels ont encore du mal à reconnaître aux autres, le droit de se mêler au débat.

La passivité des professionnels, voire leur extrême frilosité par rapport à cette question qui est, du reste, déplorable n'est pas compensée par les colloques et autres séminaires consacrés à la déontologie des media.

De telles rencontres sont cependant nécessaires. Et c'est en cela que la rencontre de Saly a été salutaire dans sa forme. La double carence de la Commission nationale d'attribution de la Carte d'identité nationale et du Conseil pour le respect de l'éthique et de la déontologie est affligeante. Faut-il, pour autant, confier le rôle de surveillance de la pratique des journalistes à un Ordre professionnel ? La réponse qui s'impose a priori est oui. Une telle réponse est trompeuse de notre point de vue. Il y a plusieurs raisons qui justifient le refus de considérer qu'une nouvelle instance de régulation fonctionnant sur le modèle des ordres professionnels connus constituât une réponse adéquate.

Un Ordre professionnel des journalistes est en soi contraire au fondement de la liberté d'exercice du journalisme qui procède d'une liberté publique encore plus fondamentale et plus globale : la liberté d'expression, telle que prévue par la lettre et l'esprit de la norme fondamentale de notre pays. Celle-ci prévoit que chacun a le droit d'exprimer par la parole, l'image, l'écrit, le son et autres, sa pensée et ses opinions.

La volonté de créer un Ordre professionnel pour les journalistes postule l'idée de confier à une caste professionnelle désignée et à une catégorie de personnes données, la possibilité de retirer à un citoyen-qui de surcroît en a fait un métier- le droit et la liberté de dire et d'écrire ce qu'il pense. Cela est inadmissible en démocratie.

Autre raison qui ne milite pas en faveur d'un Ordre : une instance légale n'est pas nécessairement légitime. Il s'agit, en l'espèce, de la création d'une instance légale, investie donc de la puissance publique, pour dire le (bien et le mal), en matière d'information, avec à la clé un pouvoir de sanction à l'égard de tous les journalistes coupables de dérapages déontologiques. Le risque est trop grand pour que la profession se donne bonne conscience en sanctionnant quelques dérapages imputables à des personnes ayant commis la « faute » de penser autrement.

On le voit donc, dans l'idée de mettre en place un Ordre et de sanctionner d'éventuels fautifs, se trouve le risque grand, d'exclure d'une profession un individu pour ses idées et ses opinions. Il y a lieu de souligner, ici, avec force, que la notion de faute individuelle est pratiquement inconnue du droit de la presse. Un journaliste n'est jamais directement responsable de sa production. Il assume collectivement ses fautes. C'est pour cette raison que l'on parle de responsabilité en cascade et d'un emprunt de criminalité. Le Directeur de publication est tenu comme auteur principal, alors que le journaliste, lui, n'est qu'un simple complice. Dans ces conditions, on voit mal l'existence d'un Ordre professionnel qui prendrait des sanctions sur la base de fautes individuelles isolées.

Interrogeons-nous, à présent, sur la nomenclature des sanctions à prendre. Avertissement, blâme, suspension, voire radiation. On atteint là des imites dangereuses, car l'idée sous-jacente à de telles sanctions est d'interdire, même temporairement, à un journaliste d'exercer. Il y a aussi une autre idée sous-jacente : certaines personnes ne pourront plus exercer, même à titre occasionnel, le métier de journaliste, en publiant de façon plus ou moins régulière dans un journal des chroniques, sous peine d'être coupable d'un nouveau délit : « exercice illégal du métier de journaliste ».

Ainsi, tout comme il y a un délit d'exercice illégal de la profession de médecin, de celle d'avocat et de pharmacien, certains chroniqueurs talentueux de la presse nationale, connus et reconnus pourraient être interdits de plume ou poursuivis pour usurpation de qualité, celle de journaliste. Qui ne pense pas, ici, à la plume de Mody Niang, à celle de Jupiter Ndiaye et d'Henriette Niang Kandé ?

Ce nouveau délit serait en contradiction manifeste avec la Constitution de ce pays. Tous ceux qui publient des articles de presse dans les organes d'informations générales ou dans des revues spécialisées, sans être des professionnels, n'en font pas moins, et d'une manière ou d'une autre, de l'information au même titre que les journalistes. Préconiser alors la mise en place d'un Ordre postule l'idée d'exclure du champ des media tous ceux-là qui n'ont pas été formés pour l'exercice du métier de journaliste.

C'est donc, logique avec elle-même, que la rencontre de Saly a décidé que la qualité de journaliste doit être conférée par l'obtention d'un diplôme délivré à cet effet par une école reconnue par l'Etat. Il faut savoir que moins de 10% des journalistes exerçant dans les pays de l'OCDE ont été formés dans une école spécialisée.

Aux Etats –Unis, seuls 8% des journalistes exerçant ont été formés dans des écoles. En France également, les statistiques disponibles sont identiques à celles collectées dans les autres pays développés. Il y a deux écoles pour former des journalistes : l'école de formation de base et la rédaction. Ces deux écoles se valent. A condition toutefois que ceux-là qui ont reçu la charge de former les apprenants ou les étudiants en aient les compétences et qu'ils soient préparés à de telles tâches.

Les professionnels sortis des écoles de formation ne sont pas nécessairement meilleurs que ceux ayant subi directement une formation dans la salle de rédaction. Et ce n'est pas parce que l'histoire récente de la formation des professionnels sénégalais a surtout privilégié la formation initiale de base par une école, qu'il faille en déduire qu'elle est la seule valable et l'unique voie d'entrée dans le métier. Il est significatif que lors de la rencontre de Saly, certains participants en arrivent à suggérer que l'Ordre qui sera mis en place ait un droit de regard sur les programmes de formation des journalistes. Cette proposition prouve, si besoin en est encore, l'incohérence qui frappe certaines conclusions sorties de la rencontre de Saly. Un programme de formation, quel qu'il soit, ne conçoit aucune autre évaluation, du point de vue décimologique, si celle-ci ne repose sur des données scientifiquement validées par une instance académique reconnue à cette fin.

C'est dire alors l'absurdité de la proposition qui a été faite et le danger qu'elle comporte pour les libertés académiques qui postule la liberté totale des enseignements dispensés en milieu universitaire. L'Ordre dont la mise en place est préconisée est conçue comme un super gendarme qui fait peur et aidera ainsi à éviter les dérapages qui discréditent la pratique du métier de journaliste.

Considéré sous cet angle, il y a, nous semble-t-il, une autre raison, non des moindres, qui s'oppose à l'idée de mettre en place cet Ordre et de lui confier un pouvoir de sanction pouvant aller jusqu'à la radiation d'un journaliste. Un tel organe disposerait, le cas échéant, d'un large pouvoir d'investigation qui pourrait obliger des journalistes attraits devant le conseil de l'Ordre à divulguer leurs sources d'information.

Or, la loi l'interdit formellement au Sénégal. Cette interdiction est aussi valable pour les tribunaux qui ne peuvent pas obliger le journaliste à révéler ses sources. Sur ce point précis, le droit pénal positif en vigueur en matière de presse chez nous est en avance même par rapport à la situation des media américains, voire européens.

En Europe, seul le royaume de Belgique dispose d'une législation aussi avancée que la nôtre en la matière. Ailleurs, en France par exemple, ce sont les juges, ceux de la Cour européenne, en particulier qui ont formellement consacré cette interdiction. Cette Cour a, en effet, confirmé et précisé sa position sur la question, exprimée pour la première fois avec l'arrêt Godwin (1996), réaffirmée lors des arrêts Fessoz (1999) et Schmitt (2003).

Ainsi cette même Cour affirme :' la protection des sources des journalistes est l'une des pierres angulaires de la liberté de presse (…) des perquisitions ou investigations ayant pour objet de découvrir la source d'un journaliste constitue- même si elles restent sans résultat- un acte plus grave qu'une sommation de divulgation de l'identité de la source. »

Tout au long des développements précédents, je me suis évertué à expliquer pourquoi il n'est pas souhaitable d'instaurer un Ordre pour les journalistes et le manque de consistance des arguments militant en sa faveur, en relevant les incohérences inhérentes à l'idée, en raison des options opérées par le Sénégal, dans le domaine précis de la liberté d'expression et du libre exercice du métier de journaliste.

Je comprends cependant ceux qui, parmi nos collègues, ont cédé à la tentation de se donner un Ordre. Il est difficile de ne pas réagir face aux comportements détestables de certains journalistes, en restant sourd aux multiples critiques parfois justes et parfois injustes de nombreux citoyens. Autant, nous acceptons la critique des honnêtes citoyens et des démocrates soucieux de préserver la profession, autant nous avons du mal à adhérer à celle des politiques et de leurs alliés qui rêvent d'un Ordre pour prononcer la condamnation définitive de certains mal pensants de ce pays. La politique est devenue un métier, comme le journalisme l'est. Elle ne requiert pas moins de noblesse et de vertu que notre profession, elle ne connaît pas non plus moins de dérapages et de fautes graves qui menacent à terme la démocratie. Est-ce qu'on préconise pour autant la mise en place d'une Charte déontologique et d'un Ordre qui réglementeraient ce métier qui prétend avoir le monopole sur l'art de gouverner la cité ? Que non ! Persiflons moins, pour dire qu'il y a sûrement d'autres moyens de surveiller la pratique professionnelle des journalistes, en donnant à la Commission d'attribution la Carte nationale d'identité des journalistes tous les pouvoirs, la légitimité et les moyens dont elle a besoin pour mener à terme sa mission.

Cette action majeure devra être complétée par une autre tout aussi majeure : celle-ci consiste, enfin, à donner du crédit supplémentaire au Conseil pour le respect de l'éthique et de la déontologie (CRED), en rendant plus régulière ses interventions et moins suspectes ses décisions. C'est le devoir des journalistes de le faire, comme c'est de la responsabilité de l'Etat et des professionnels de rendre opérationnelle et plus crédible la Commission de la carte nationale d'identité de journaliste (CCNIJ).

C'est là, la seule et la meilleure voie pour le triomphe du respect de l'éthique et de la déontologie par tous les journalistes, mais non pas dans l'instauration d'un Ordre qui, de toute évidence, est vouée à l'échec. Car il sera toujours considéré par les journalistes comme un instrument au service du pouvoir pour bâillonner la presse et pour exclure du champ professionnel tous ceux qui pensent autrement.

Le seul pays situé dans la sphère des pays démocratiquement avancés et qui dispose d'un Ordre des journalistes est l'Italie. Celui-ci a été instauré par Mussolini. La référence historique ni n'est heureuse, ni exemplaire. Loin s'en faut ! Cet Ordre est d'une inefficacité redoutable, comme le reconnaissent les journalistes italiens eux-mêmes. Il sanctionne, punition majeure, des dérapages en ordonnant des retenues de salaires sur les rémunérations des professionnels reconnus coupables de dérives.

Nous ne voulons pas, enfin, d'un Ordre, car cela rappelle trop le tout puissant Commissaire à la discipline et à l'ordre qui sévissait dans les salles de rédaction soviétiques du temps de la splendeur des bolchevicks.

Jugez-en par ces mots dont l'auteur, un ancien rédacteur en chef de Problemy Gazetovadeniva, D. Kusmichev, commis Commissaire à l'ordre dans la région de Moscou, quand il déclarait au moment de prendre ses nouvelles fonctions : « Toutes les dissertations sur l‘information objective complète sont de l'hypocrisie libérale. Le but de l'information ne consiste pas à commercialiser les nouvelles, mais à éduquer la grande masse des travailleurs, à les organiser sous la direction du parti en vue d'objectifs clairement définis. L'Ordre que j'ai l'honneur et le privilège de diriger à présent y veillera scrupuleusement. Ce but ne peut pas être atteint par des comptes rendus objectifs…. La liberté, l‘objectivité de la presse, ce sont là des fictions. L'information est un moyen de lutte des classes, non un miroir destiné à refléter objectivement les événements. »

Les 9 et 10 mai derniers, le Bureau exécutif national du Syndicat a, en effet, organisé à Saly un séminaire dont les travaux ont porté sur la nécessité de créer un Ordre des journalistes du Sénégal. J'avais été convié à cette importante rencontre. Je n'avais pas pu, hélas, pour des raisons de santé prendre part à ces travaux. Je le regrette profondément. J'ai lu à travers les comptes rendus de presse les grandes lignes des conclusions auxquelles ont abouti les assises.

Je retiens de l'ensemble de ces comptes rendus, au moins un domaine qui paraissait essentiel pour les participants, la volonté de créer un Ordre des journalistes. Cette volonté est apparue comme un impératif pour le Syndicat. Je livre, pour ma part, certaines réserves par rapport à cette volonté exprimée. Ces réserves et les arguments qui les sous-tendent tiennent lieu de contribution personnelle à ce débat. On ne le répétera jamais assez, le débat ouvert est salutaire, il y avait urgence à le poser de façon formelle. C'est fait avec la rencontre de Saly.

Convenons-en, définitivement, la défense passionnée de la liberté de presse ne doit pas conduire les journalistes à s'en servir comme prétexte pour éluder leurs propres responsabilités, face à ce que plusieurs citoyens ont qualifié de dérapages graves dans la pratique du métier. Analysant la nature et les conséquences de certaines de ces dérives, de nombreux auteurs en sont arrivés à façonner la notion de « maljournalisme », pour les décrire. Le débat que le Synpics ouvre aujourd'hui s'est pratiquement posé dans les mêmes termes en 1918, dans un pays comme la France dont l'histoire en matière de pratiques journalistiques inspire largement la nôtre. C'est, en effet, la loi de 1881 portant code de la presse en France qui a été étendue à la colonie du Sénégal. Celle-ci y est restée en vigueur jusqu'en 1979. C'est aussi la jurisprudence française qui a inspiré et continue d'inspirer la pratique des juridictions nationales, en matière de protection et de sauvegarde de la liberté de presse au Sénégal.

Ces précisions faites, il nous paraît maintenant utile de considérer les termes historiques dans lesquels la problématique d'un Ordre des journalistes a été abordée en France et même dans d'autres pays (Belgique). On se rendra compte que, même si ces deux pays sont en avance sur le Sénégal, du point de vue des pratiques démocratiques, les termes du débat posé sont identiques dans le fond et la forme. Le Syndicat des journalistes fondé en 1918 en France par les travailleurs des media a adopté dès sa naissance une Charte des devoirs professionnels des journalistes. L'esprit de cette charte a été repris et consacré par la Convention collective des journalistes du Sénégal en vigueur depuis 1972. Il l'a également été par celui de la loi 1979, plusieurs fois modifiée (1986, 1992 et 1996).

Entre 1918, date d'adoption de cette fameuse Charte et l'année 1936, le Syndicat français n'avait cessé de réclamer la mise en place d'un Ordre pour professionnaliser davantage un métier né dans des conditions historiques particulières marquées par les acquis indéniables de la révolution de 1789 et la déclaration subséquente relative aux droits fondamentaux de la personne. Cette réclamation fut cependant abandonnée, quand le SNJ s'est rendu compte que l'idée d'un Ordre des journalistes était un piège dangereux qui pourrait être fatal à la liberté d'exercice. Le SNJ abandonna définitivement cette demande pour adhérer à une autre approche de la question plus conforme à la philosophie de base du métier et à l'idéal de liberté qui fonde la pratique journalistique.

Ainsi, une loi inspirée par le SNJ et soutenue par des députés libéraux et de gauche siégeant au parlement a été votée le 19 mars 1935. Elle porte création d'une Commission nationale d'attribution de la Carte d'identité du journaliste français. Après l'adoption de cette loi, la Commission prévue dans son dispositif général a été installée en 1936. « L'Ordre des journalistes est créé », s'écriait Emile Blanchard, le rapporteur de la loi qui, dans son magistral rapport, disait : « Une Commission faisant le ménage dans la profession est née ». Il ajoutait : « l'établissement de la carte d'identité aidera puissamment à l'organisation méthodique d'une profession longtemps demeurée dans l'anarchie ».

Dans l'esprit du législateur français d'hier, comme dans celui des rédacteurs de la loi portant Code de la presse au Sénégal, la seule existence de la Commission nationale d'attribution de la Carte nationale d'identité de journaliste, règle définitivement la question d'un Ordre des journalistes. L'existence de la Carte d'identité devait donc avoir un effet vertueux et aboutir à la moralisation de la profession.

A l'usage cependant, force est de constater que la Commission nationale n'a pas rempli sa mission. Il en est ainsi, tout simplement parce que les textes, tels que faits, ne lui en donnent pas le pouvoir, mais aussi parce qu'il manque, quelque part, une conjonction des volontés politique et professionnelle pour en arriver à de tels résultats. La Commission nationale de la Carte d'identité des journalistes n'a jamais joué un rôle dans la sauvegarde et la protection de la déontologie.

Par ailleurs, le Conseil pour le respect de l'éthique et de déontologie (CRED) qui a été conçu à cet effet par le Synpics n'a pas non plus répondu aux attentes, en dépit du fait que la mise en place de cette nouvelle instance de régulation a été accompagnée par l'adoption d'une charte professionnelle, semblable dans son fond à la charte adoptée en 1918 par les journalistes français.

Là également, force est de constater la carence du CRED qui brille par son absence sur le terrain de la lutte pour un respect de la déontologie. Faute de moyens, d'un soutien décisif du syndicat qui l‘a créé, l'instance de régulation s'est révélée incapable de se placer dans une dynamisme de progrès et d'inscrire ses actions dans la constance.

Cette double carence permet de mettre en évidence et en parallèle l'inefficience du volontarisme militant des concepteurs du CRED (les professionnels) et la vacuité de la volonté affichée du législateur qui a instauré la Commission nationale de la Carte d'identité.

Commission nationale d'attribution de la carte d'identité de journaliste et Comité pour le respect de l'éthique et de la déontologie brillent par leur inefficacité et leur évanescence sur le terrain professionnel. L'attitude timorée de l‘une et de l'autre fait que chaque citoyen se dit, aujourd'hui, préoccupé par la question éthique. Pourtant, les professionnels ont encore du mal à reconnaître aux autres, le droit de se mêler au débat.

La passivité des professionnels, voire leur extrême frilosité par rapport à cette question qui est, du reste, déplorable n'est pas compensée par les colloques et autres séminaires consacrés à la déontologie des media.

De telles rencontres sont cependant nécessaires. Et c'est en cela que la rencontre de Saly a été salutaire dans sa forme. La double carence de la Commission nationale d'attribution de la Carte d'identité nationale et du Conseil pour le respect de l'éthique et de la déontologie est affligeante. Faut-il, pour autant, confier le rôle de surveillance de la pratique des journalistes à un Ordre professionnel ? La réponse qui s'impose a priori est oui. Une telle réponse est trompeuse de notre point de vue. Il y a plusieurs raisons qui justifient le refus de considérer qu'une nouvelle instance de régulation fonctionnant sur le modèle des ordres professionnels connus constituât une réponse adéquate.

Un Ordre professionnel des journalistes est en soi contraire au fondement de la liberté d'exercice du journalisme qui procède d'une liberté publique encore plus fondamentale et plus globale : la liberté d'expression, telle que prévue par la lettre et l'esprit de la norme fondamentale de notre pays. Celle-ci prévoit que chacun a le droit d'exprimer par la parole, l'image, l'écrit, le son et autres, sa pensée et ses opinions.

La volonté de créer un Ordre professionnel pour les journalistes postule l'idée de confier à une caste professionnelle désignée et à une catégorie de personnes données, la possibilité de retirer à un citoyen-qui de surcroît en a fait un métier- le droit et la liberté de dire et d'écrire ce qu'il pense. Cela est inadmissible en démocratie.

Autre raison qui ne milite pas en faveur d'un Ordre : une instance légale n'est pas nécessairement légitime. Il s'agit, en l'espèce, de la création d'une instance légale, investie donc de la puissance publique, pour dire le (bien et le mal), en matière d'information, avec à la clé un pouvoir de sanction à l'égard de tous les journalistes coupables de dérapages déontologiques. Le risque est trop grand pour que la profession se donne bonne conscience en sanctionnant quelques dérapages imputables à des personnes ayant commis la « faute » de penser autrement.

On le voit donc, dans l'idée de mettre en place un Ordre et de sanctionner d'éventuels fautifs, se trouve le risque grand, d'exclure d'une profession un individu pour ses idées et ses opinions. Il y a lieu de souligner, ici, avec force, que la notion de faute individuelle est pratiquement inconnue du droit de la presse. Un journaliste n'est jamais directement responsable de sa production. Il assume collectivement ses fautes. C'est pour cette raison que l'on parle de responsabilité en cascade et d'un emprunt de criminalité. Le Directeur de publication est tenu comme auteur principal, alors que le journaliste, lui, n'est qu'un simple complice. Dans ces conditions, on voit mal l'existence d'un Ordre professionnel qui prendrait des sanctions sur la base de fautes individuelles isolées.

Interrogeons-nous, à présent, sur la nomenclature des sanctions à prendre. Avertissement, blâme, suspension, voire radiation. On atteint là des imites dangereuses, car l'idée sous-jacente à de telles sanctions est d'interdire, même temporairement, à un journaliste d'exercer. Il y a aussi une autre idée sous-jacente : certaines personnes ne pourront plus exercer, même à titre occasionnel, le métier de journaliste, en publiant de façon plus ou moins régulière dans un journal des chroniques, sous peine d'être coupable d'un nouveau délit : « exercice illégal du métier de journaliste ».

Ainsi, tout comme il y a un délit d'exercice illégal de la profession de médecin, de celle d'avocat et de pharmacien, certains chroniqueurs talentueux de la presse nationale, connus et reconnus pourraient être interdits de plume ou poursuivis pour usurpation de qualité, celle de journaliste. Qui ne pense pas, ici, à la plume de Mody Niang, à celle de Jupiter Ndiaye et d'Henriette Niang Kandé ?

Ce nouveau délit serait en contradiction manifeste avec la Constitution de ce pays. Tous ceux qui publient des articles de presse dans les organes d'informations générales ou dans des revues spécialisées, sans être des professionnels, n'en font pas moins, et d'une manière ou d'une autre, de l'information au même titre que les journalistes. Préconiser alors la mise en place d'un Ordre postule l'idée d'exclure du champ des media tous ceux-là qui n'ont pas été formés pour l'exercice du métier de journaliste.

C'est donc, logique avec elle-même, que la rencontre de Saly a décidé que la qualité de journaliste doit être conférée par l'obtention d'un diplôme délivré à cet effet par une école reconnue par l'Etat. Il faut savoir que moins de 10% des journalistes exerçant dans les pays de l'OCDE ont été formés dans une école spécialisée.

Aux Etats –Unis, seuls 8% des journalistes exerçant ont été formés dans des écoles. En France également, les statistiques disponibles sont identiques à celles collectées dans les autres pays développés. Il y a deux écoles pour former des journalistes : l'école de formation de base et la rédaction. Ces deux écoles se valent. A condition toutefois que ceux-là qui ont reçu la charge de former les apprenants ou les étudiants en aient les compétences et qu'ils soient préparés à de telles tâches.

Les professionnels sortis des écoles de formation ne sont pas nécessairement meilleurs que ceux ayant subi directement une formation dans la salle de rédaction. Et ce n'est pas parce que l'histoire récente de la formation des professionnels sénégalais a surtout privilégié la formation initiale de base par une école, qu'il faille en déduire qu'elle est la seule valable et l'unique voie d'entrée dans le métier. Il est significatif que lors de la rencontre de Saly, certains participants en arrivent à suggérer que l'Ordre qui sera mis en place ait un droit de regard sur les programmes de formation des journalistes. Cette proposition prouve, si besoin en est encore, l'incohérence qui frappe certaines conclusions sorties de la rencontre de Saly. Un programme de formation, quel qu'il soit, ne conçoit aucune autre évaluation, du point de vue décimologique, si celle-ci ne repose sur des données scientifiquement validées par une instance académique reconnue à cette fin.

C'est dire alors l'absurdité de la proposition qui a été faite et le danger qu'elle comporte pour les libertés académiques qui postule la liberté totale des enseignements dispensés en milieu universitaire. L'Ordre dont la mise en place est préconisée est conçue comme un super gendarme qui fait peur et aidera ainsi à éviter les dérapages qui discréditent la pratique du métier de journaliste.

Considéré sous cet angle, il y a, nous semble-t-il, une autre raison, non des moindres, qui s'oppose à l'idée de mettre en place cet Ordre et de lui confier un pouvoir de sanction pouvant aller jusqu'à la radiation d'un journaliste. Un tel organe disposerait, le cas échéant, d'un large pouvoir d'investigation qui pourrait obliger des journalistes attraits devant le conseil de l'Ordre à divulguer leurs sources d'information.

Or, la loi l'interdit formellement au Sénégal. Cette interdiction est aussi valable pour les tribunaux qui ne peuvent pas obliger le journaliste à révéler ses sources. Sur ce point précis, le droit pénal positif en vigueur en matière de presse chez nous est en avance même par rapport à la situation des media américains, voire européens.

En Europe, seul le royaume de Belgique dispose d'une législation aussi avancée que la nôtre en la matière. Ailleurs, en France par exemple, ce sont les juges, ceux de la Cour européenne, en particulier qui ont formellement consacré cette interdiction. Cette Cour a, en effet, confirmé et précisé sa position sur la question, exprimée pour la première fois avec l'arrêt Godwin (1996), réaffirmée lors des arrêts Fessoz (1999) et Schmitt (2003).

Ainsi cette même Cour affirme :' la protection des sources des journalistes est l'une des pierres angulaires de la liberté de presse (…) des perquisitions ou investigations ayant pour objet de découvrir la source d'un journaliste constitue- même si elles restent sans résultat- un acte plus grave qu'une sommation de divulgation de l'identité de la source. »

Tout au long des développements précédents, je me suis évertué à expliquer pourquoi il n'est pas souhaitable d'instaurer un Ordre pour les journalistes et le manque de consistance des arguments militant en sa faveur, en relevant les incohérences inhérentes à l'idée, en raison des options opérées par le Sénégal, dans le domaine précis de la liberté d'expression et du libre exercice du métier de journaliste.

Je comprends cependant ceux qui, parmi nos collègues, ont cédé à la tentation de se donner un Ordre. Il est difficile de ne pas réagir face aux comportements détestables de certains journalistes, en restant sourd aux multiples critiques parfois justes et parfois injustes de nombreux citoyens. Autant, nous acceptons la critique des honnêtes citoyens et des démocrates soucieux de préserver la profession, autant nous avons du mal à adhérer à celle des politiques et de leurs alliés qui rêvent d'un Ordre pour prononcer la condamnation définitive de certains mal pensants de ce pays. La politique est devenue un métier, comme le journalisme l'est. Elle ne requiert pas moins de noblesse et de vertu que notre profession, elle ne connaît pas non plus moins de dérapages et de fautes graves qui menacent à terme la démocratie. Est-ce qu'on préconise pour autant la mise en place d'une Charte déontologique et d'un Ordre qui réglementeraient ce métier qui prétend avoir le monopole sur l'art de gouverner la cité ? Que non ! Persiflons moins, pour dire qu'il y a sûrement d'autres moyens de surveiller la pratique professionnelle des journalistes, en donnant à la Commission d'attribution la Carte nationale d'identité des journalistes tous les pouvoirs, la légitimité et les moyens dont elle a besoin pour mener à terme sa mission.

Cette action majeure devra être complétée par une autre tout aussi majeure : celle-ci consiste, enfin, à donner du crédit supplémentaire au Conseil pour le respect de l'éthique et de la déontologie (CRED), en rendant plus régulière ses interventions et moins suspectes ses décisions. C'est le devoir des journalistes de le faire, comme c'est de la responsabilité de l'Etat et des professionnels de rendre opérationnelle et plus crédible la Commission de la carte nationale d'identité de journaliste (CCNIJ).

C'est là, la seule et la meilleure voie pour le triomphe du respect de l'éthique et de la déontologie par tous les journalistes, mais non pas dans l'instauration d'un Ordre qui, de toute évidence, est vouée à l'échec. Car il sera toujours considéré par les journalistes comme un instrument au service du pouvoir pour bâillonner la presse et pour exclure du champ professionnel tous ceux qui pensent autrement.

Le seul pays situé dans la sphère des pays démocratiquement avancés et qui dispose d'un Ordre des journalistes est l'Italie. Celui-ci a été instauré par Mussolini. La référence historique ni n'est heureuse, ni exemplaire. Loin s'en faut ! Cet Ordre est d'une inefficacité redoutable, comme le reconnaissent les journalistes italiens eux-mêmes. Il sanctionne, punition majeure, des dérapages en ordonnant des retenues de salaires sur les rémunérations des professionnels reconnus coupables de dérives.

Nous ne voulons pas, enfin, d'un Ordre, car cela rappelle trop le tout puissant Commissaire à la discipline et à l'ordre qui sévissait dans les salles de rédaction soviétiques du temps de la splendeur des bolchevicks.

Jugez-en par ces mots dont l'auteur, un ancien rédacteur en chef de Problemy Gazetovadeniva, D. Kusmichev, commis Commissaire à l'ordre dans la région de Moscou, quand il déclarait au moment de prendre ses nouvelles fonctions : « Toutes les dissertations sur l‘information objective complète sont de l'hypocrisie libérale. Le but de l'information ne consiste pas à commercialiser les nouvelles, mais à éduquer la grande masse des travailleurs, à les organiser sous la direction du parti en vue d'objectifs clairement définis. L'Ordre que j'ai l'honneur et le privilège de diriger à présent y veillera scrupuleusement. Ce but ne peut pas être atteint par des comptes rendus objectifs…. La liberté, l‘objectivité de la presse, ce sont là des fictions. L'information est un moyen de lutte des classes, non un miroir destiné à refléter objectivement les événements. »

v
Publié le Mercredi 23 mai 2007 à 2:27:10 pm
Par NIAKHAPP

Le secrétariat national de Rewmi qui s'est réuni, hier, en séance extraordinaire, a vertement tancé Pape Diouf pour avoir été reçu par le chef de l'Etat sans, au préalable, avertir la direction de son parti. En outre, Idrissa Seck s'est démarqué de la démarche du secrétaire national chargé de la vie politique de Rewmi qui, poussé dos au mur, a soutenu avoir agi à titre individuel en tant que maire de Bambey.

La réunion extraordinaire du secrétariat national de Rewmi qui s'est tenue, hier, a eu de forts relents d'un procès. Au banc des accusés : Pape Diouf. Le secrétaire national chargé de la vie politique de Rewmi, selon une source proche de cette formation politique, a essuyé des remontrances de la part de ses ‘frères' pour avoir été reçu par le chef de l'Etat sans avoir, au préalable, averti la direction de son parti. Idrissa Seck et les autres membres de la direction de Rewmi ont été mis devant le fait accompli. ‘Une démarche jugée inélégante par tous les membres du secrétariat national qui l'ont fustigée sans ménagement', confie notre interlocuteur. En effet, Pape Diouf est allé recontrer le président Wade alors que ce dernier a refusé de rencontrer l'opposition, notamment celle regroupée dans le ‘Front Siggil Senegal' dans lequel Pape Diouf est le plénipotentiaire de Rewmi.
Pour marquer leur désapprobation face à sa démarche, les membres du secrétariat national de Rewmi ont été ‘très durs et très fermes contre Pape Diouf'. Seul contre tous, ce dernier a fait l'objet d'un tir groupé de la part des membres de la direction de son parti ‘qui ont tous condamné la démarche de Pape Diouf qu'ils considèrent comme une erreur politique'. ‘Les vérités sont sorties et Pape Diouf était esseulé', ajoute notre interlocuteur. Pour se démarquer de l'acte posé par Pape Diouf, les membres du secrétariat national de Rewmi ont, révèle notre source, réitéré leur ancrage dans l'opposition et dans le ‘Front Siggil Senegal' qui regoupe les partis qui ont décidé de boycotter les élections législatives du 3 juin prochain.

Dos au mur, Pape Diouf a tenté d'expliquer son geste. Tout d'abord, souligne notre source, il a précisé qu'il s'est rendu au palais de la République sur invitation du chef de l'Etat. Ensuite, le secrétaire national chargé de la vie politique du Rewmi a inscrit son acte dans une démarche individuelle et citoyenne. En effet, il a soutenu avoir agi en tant que maire de Bambey et, es-qualité, c'est de son devoir de déférer à une invitation de Me Abdoulaye Wade qui incarne une institution. Pape Diouf se gardera, cependant, de dévoiler le contenu de ses discussions avec le chef de l'Etat et les membres du secrétariat national de Rewmi n'ont pas jugé, non plus, utile d'essayer de lui tirer les vers du nez. Tout juste leur a-t-il dit, selon notre source, que Me Wade lui a proposé de revenir au Pds, avant de réitérer son ancrage dans le Rewmi et sa fidélité à Idrissa Seck.

A l'issue de la réunion extraordinaire du secrétaire national de Rewmi, un communiqué a été rédigé et, avant qu'il ne soit rendu public, son contenu a été porté à la connaissance d'Idrissa Seck qui se trouve actuellement en France. Ce dernier, selon notre source, qui s'est démarqué de la démarche de Pape Diouf, a bien apprécié les termes du communiqué.


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