iBLOG précédent iBLOG suivant



       
Publié le Mercredi 28 février 2007 à 7:03:00 pm
Par NIAKHAPP
293143-374327.jpg

Me Wade passe à l'élection présidentielle dès le premier tour ! Certains Sénégalais n'en reviennent pas. Et pourtant, Babacar Justin Ndiaye, journaliste politologue, l'avait prédit il y a quelques semaines. Il a encore prédit des choses, comme le demi-mandat de Me Wade. Il a aussi fait l'analyse du scrutin, ses conséquences logiques au Pds et dans les autres partis.

Vous faites partie des rares personnes qui avaient parlé de la victoire de Me Wade dès le premier tour. Pouvez-vous revenir sur ça ?

En effet et en termes prémonitoires et péremptoires, j'avais annoncé la victoire du candidat Me Abdoulaye Wade dès le premier tour à la radio et dans une interview. Ce qui m'a valu un tombereau d'injures. Ma conviction était fondée sur un brin de perspicacité, sur une once d'expérience, enfin sur une grande capacité d'observation de l'homme Wade. Le président Wade est plus malin qu'une tribu de singes, il n'est pas l'académicien raffiné Léopold Sédar Senghor, il n'est pas non plus le technocrate pondéré Abdou Diouf. Wade c'est le gladiateur diplômé. Il a été le bretteur invincible face à Jean Colin. Il a été au sein d'une coalition, le tombeur d'Abdou Diouf. Bref, il a une somme d'expérience colossale.

Comment analysez-vous le comportement des Sénégalais durant le vote ?

Je me demande s'il ne faut pas faire une scannographie de l'électeur sénégalais ou du peuple sénégalais. Maurice Barrès disait : «Au-dessus des lois, de la coutume et même de la vérité, il y a les moeurs». Donc elles ont la peau dure et sont tenaces. Les mœurs politiques arriment électoralement les Sénégalais au char de l'autorité distributrice des privilèges. Quand le Ps était là, c'était aussi en vigueur. Lorsqu'on arrive au pouvoir, on a son propre parti, on a le décret, c'est-à-dire cette machine à distribuer les privilèges. On a aussi la caisse noire. Il faut dire qu'avec la victoire de Wade, c'est le nerf de la guerre qui a gagné la guerre : l'argent. Thomas d'Aquin répétait que «la vertu a besoin d'un minimum de bien-être ». Ceux qui ont voulu se servir des grilles d'analyse classiques, se sont plantés. Pour la bonne et simple raison qu'il existe des éléments et phénomènes difficiles à loger dans des graphiques ou griffes de statistiques. Wade est arrivé au pouvoir en 2000. Il a eu le temps, la latitude et le loisir de massifier son parti via la transhumance. Wade a eu les moyens de construire des échangeurs et de meubler un certain bilan. Qui, à mon avis, est plus faible que bon, plus faible que mauvais. Il est mitigé. Sur un plan plus politique, les ondes de choc de l'aller-retour d'Idrissa Seck ont épaissi le brouillard et engendré une équivoque plus profitable à Wade qu'à Idy. Sauf dans la région de Thiès où l'hégémonie de Rewmi a été totale. Ces phénomènes étant très difficiles à quantifier, j'ai préféré mettre dans mon analyse, l'accent sur les traditions politiques de ce pays, sur ce que représente le pouvoir aux yeux des Sénégalais. Ce n'est pas pour rien que les Sénégalais l'appellent «Nguur», synonyme de nouba. Ce qui devrait être un sacerdoce est fâcheusement assimilé à un banquet. Il faut ajouter que Wade, dans les heures ultimes qui ont précédé la campagne électorale, a posé des actes vecteurs d'incidence. Le 22 janvier, il a organisé des retrouvailles avec Idrissa Seck, et déclaré urbi et orbi que Idrissa Seck est revenu au bercail libéral. Vrai ou faux ... De son côté, Jean Paul Dias, le célèbre «prisonnier politique catholique», pourchassé par la police jusque dans la cathédrale, a déclaré à l'issue d'une audience avec Wade, qu'il est l'aîné de la famille libérale. Autant de faits et gestes qui ont brouillé les cartes et qui ont fait de Wade, le champion de la manœuvre préélectorale.

Quelle influence ce vote peut avoir sur le comportement de Wade ?

Cette victoire c'est l'équivalent d'une carte blanche, une sorte de chèque en blanc, un réel blanc-seing Le président a les coudées franches. C'est une légitimité renouvelée, une confiance réactualisée. C'est pratiquement un pari gagné pour Wade. Naturellement, l'idéal, c'est qu'il travaille plus et mieux. Mais même si Wade multipliait les grasses matinées dans son palais, il garderait les coudées d'autant plus franches, qu'il a bénéficié de l'onction populaire dans les circonstances démocratiques.

Les leçons que l'opposition doit tirer de ce vote ?

La première leçon à tirer c'est l'obligation de démission de Landing Savané. Car son maintien dans le gouvernement est non compatible avec l'orthodoxie républicaine. C'est de nature à pâlir nos institutions. On ne peut pas être ministre, candidat à l'élection présidentielle contre le président de la République, perdre cette élection et rester dans l'attelage gouvernemental. Mirabeau a dit : «On peut tout soutenir sauf l'inconséquence». L'autre enseignement renvoie au Parti socialiste (Ps). Tanor a conduit Abdou Diouf à l'abattoir électoral en 2000. Il a lui-même marché vers l'abattoir électoral en 2007. Donc, il doit tirer sa révérence. Comme cela s'est passé en France. Jospin a perdu l'élection, il a perdu le contrôle du parti. Avec ou sans primaires au Ps, Tanor doit partir, pour céder la place à une femme comme Aïssata Tall Sall. dont la présence à la tête du Ps peut avoir un effet fédérateur. Et peut-être même, créer un électrochoc capable de faire revenir Robert Sagna. En résumé, l'opposition a grandement besoin d'une cure de mobilité et de rajeunissement dans ses cercles dirigeants. A gauche, les enseignements et leçons à tirer sont pluriels. Bathily a été candidat à l'élection présidentielle un certain nombre de fois. Il est temps qu'il passe le relais à Seydou Sy Sall ou Yéro Deh. Edouard Balladur n'est pas mort, mais il a préféré laisser la place à un jeune comme Sarkozy.

L'influence que cela peut avoir sur les relations Wade Idy ?

La relation Wade Idy est énigmatique. En parler, c'est aussi ardu qu'identifier le sexe des anges. Toutefois, les bombes atomiques de Idy, c'est-à-dire ces fameuses cassettes sont devenues des pétards mouillés. Elles ne peuvent plus faire mal. Même si Idy, preuve à l'appui, indique que Wade a transféré tout le budget du Sénégal aux îles Bahamas, Wade n'en dormira pas moins comme une marmotte dans son palais, pour la simple et bonne raison que l'élection est derrière lui, et qu'avec une Constitution digne de Napoléon, les Sénégalais sont dans un bonapartisme libéral.

Les conséquences de la présidentielle sur les législatives ?

Wade ayant écrasé ses adversaires, dans la même foulée, il peut faire un raz-de-marée aux élections législatives. Tout comme aussi quelques péripéties peuvent intervenir et casser l'élan, notamment dans ses rapports avec Idrissa Seck. Car Idy en dépit de tout ce qui s'est passé, a talonné Wade. C'est dire qu'à ce niveau il peut y avoir effectivement des réglages à faire, et sûrement des tractations.

Pensez-vous que Wade est prêt à se mettre au-dessus de la mêlée pour ce qui est de sa succession?

Wade est un homme de mêlée, ce n'est pas un homme de solitude, encore moins de distanciation par rapport à l'événement. Wade est en train de calibrer le « dauphinat ». Dans quel sens, au profit de qui, il m'est difficile de me prononcer. D'autant qu'à mes yeux, Wade est dans la logique d'un demi-mandat et non d'un mandat intégral. Ce qui veut dire qu'au plan de la relève, il est en train de mettre les bouchées doubles.



Mon calendrier
< Fév. 2007 >
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728    
Ma photo
NIAKHAPP, la planet de l'actualité
Tribune libre
abdou diop : concernant les 4 appuis je propose à ce que la durée des 4 appuis n'excède 30 secondes à l'image de la boxe au delà des 30 secondes la chute sera décl
mike : salut
thiamba : thiamba
Trafic
Noter ce blog :
1 5
3410 connectés
115236 visiteurs
Ce blog est classé 1612ème
Score de ce blog : 3,65
Contactez-moi
Mail :
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo