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Publié le Samedi 24 février 2007 à 11:00:00 pm
Par NIAKHAPP
 A quelque heures du scrutin du 25 février pour l'élection présidentielle au Sénégal, la tension commence à monter, la plupart des quotidiens et radios (privés) relayant les propos de responsables socialistes (opposition) selon lesquels le camp de Abdoulaye Wade « prépare un coup de force » pour permettre au président, candidat à sa propre succession, de passer au premier tour.
Cette perspective évoquée par certains « sondages » serait la cause de la crispation des positions, l'opposition considérant comme « impossible » une victoire de Wade, dès dimanche prochain. Dans cette guerre des sondages, les intentions de vote en faveur du Président sortant varient entre 40 % (hypothèse basse) et 53 %, voire davantage. Ce dernier taux est donné par le camp présidentiel qui aurait commandité l'enquête. L'interdiction qui frappe, depuis 1986, la publication des sondages politiques au Sénégal, rend impossible de vérifier l'authenticité des données fournies par diverses sources, plus ou moins sous le manteau, l'hebdomadaire dakarois « Le Témoin » (privé) étant le seul à avoir passé outre la disposition légale et créditer Wade de 50 % d'intentions de vote. Toutefois, le journal est très immédiatement revenu sur ses affirmations dès le lendemain, avec une édition spéciale pour affirmer que le taux avait « tendance à baisser », ce qui devrait, selon la publication, déboucher sur un ballotage avec le candidat socialiste, Ousmane Tanor Dieng. Dans le camp de ce dernier, on fait monter la pression pour affirmer que « si Wade gagne au premier tour, le pays sera ingouvernable ». Pour ses adversaires, le Président sortant ne bénéficierait que de 40 % au plus, ce qui le placerait toujours au-dessus des quatorze autres compétiteurs. Selon le PS, son candidat viendrait en deuxième position, suivi de Idrissa Seck, ancien Premier ministre et bras droit de Me Wade. Aucun chiffre n'est donné concernant les intentions de vote en faveur de ces deux derniers. Les tenants de la thèse de « l'inévitable second tour » parlent, en outre, de « 25% d'indécis » sur un échantillonnage de 1000 personnes. Les écarts notés entre les différents sondages posent un problème de fiabilité, relèvent des spécialistes. « Ces sondages sollicités par des candidats, des titres en ligne sur Internet ou la presse écrite, ne devraient pas avoir des résultats aussi contradictoires », indique un professionnel sollicité par « Le Témoin » et « Nettali.com ». Selon le professionnel, si les sondages ont été réalisés sur la base de « supports modernes », de « données tenant compte d'aspects géographiques, sociologiques et autres mécanismes liés au sondage sérieux », sur un échantillonnage « acceptable », on ne peut pas trouver de tels écarts.
Publié le Samedi 24 février 2007 à 8:50:00 pm
Par NIAKHAPP

Les meetings de clôture de la campagne électorale et les enjeux du scrutin présidentiel de dimanche sont au menu de la quasi-totalité des quotidiens du week-end à l'image de l'Observateur qui affiche : ‘'Présidentielle 2007 : Qui ?''.
L'Observateur publie à sa une les photos de 15 candidats à la présidentielle dont le premier se tient dimanche tandis que l'Actuel titre : ‘'Présidentielle 2007 : 15 pour un fauteuil''.
‘'Le Sénégal face à lui-même'', indique Sud Quotidien tandis que Le Quotidien titre : ‘'Inquiétudes autour d'un scrutin : Wade face à l'histoire''.
Dans un édito intitulé ‘'Veillée de... cartes'', le Quotidien écrit : ‘'Demain dès les premières heures, le Sénégal fera face à son destin. Les Sénégalais auront leur destin en main pour les cinq prochaines années''.
‘'Ils auront toute la latitude de choisir celui qui va diriger le pays dans les années à venir. Ce destin ils l'ont déjà assumé en 2000 en portant Me Abdoulaye Wade au pouvoir'', estime l'éditorialiste du Quotidien.
Le quotidien gouvernemental le Soleil et Walf Grand Place titrent à l'unisson : ‘'Présidentielle 2007 : l'heure du choix''.
Le Soleil évoque ‘'toutes les conditions d'un scrutin fiable dans les 34 département du pays'', citant à cet effet ‘'matériel électoral, retrait des cartes, sécurité, administration''.
Walf Grand, pour sa part, illustre sa manchette avec une photo de l'ancien chef de l'Etat Abdou Diouf en train d'introduire un bulletin de vote dans une urne.
‘'Scrutin présidentiel : l'heure de vérité'', renchérit Walfadjri, en publiant la photo du palais présidentiel en même temps de celles des 15 prétendants au fauteuil présidentiel.
Le Courrier rend compte du meeting de clôture de Idrissa Seck, précisant : ‘'Thiès, ville orange'' tandis que le Matin indique : ‘'Plus de 4 millions d'électeurs attendus dans 11.490 bureaux de vote''.
Seuls les quotidiens sportifs ont pu échapper à la fièvre électorale. Stades rapporte ainsi les propos de l'international sénégalais de Bolton el hadji Diouf qui dit : ‘'si j'étais Bad Boy, Sam ne m'aurait pas pris''.
Walf Sports, de son côté, publie un entretien avec Kasperczak qui déclare : ‘'Ma démission ? C'est du n'importe quoi ?''.
Publié le Samedi 24 février 2007 à 8:20:38 pm
Par NIAKHAPP
 C'est une deferlante orange qui a inondé Thiès à l'accueil de l'ancien premier ministre et maire de la ville, Idrissa Seck. Idrissa Seck du haut de son hummer a déclaré que Thiès a déjà choisi.
Publié le Samedi 24 février 2007 à 3:00:00 pm
Par NIAKHAPP
  Une peur panique s'empare du maître du régime libéral au fur et à mesure que les échéances électorales deviennent inéluctables. Cette peur a pris la forme d'un besoin irrépressible de Me Wade de revoir, à sa demande, Idrissa Seck à qui il a accordé pas moins de quatre audiences en une semaine. Notre président bien aimé vient de démontrer qu'il ne reculait devant aucun sacrifice lorsque son fauteuil est en jeu. C'est le sens qu'il faut donner à sa capitulation médiatisée devant son ancien Premier ministre et fils spirituel. Son appel désespéré à Idrissa Seck avant d'engager la bataille des présidentielles est la conséquence d'une prise de conscience du rapport de force politique en sa défaveur. D'autres solutions illégitimes et impopulaires existent bien dans l'arsenal judiciaire, législatif et politique que le présidentialisme dominant met à la portée discrétionnaire du chef de l'Etat. Mais devant la montée des critiques dans l'opinion publique et l'implication des organisations de la société civile et de l'église catholique dans le front du refus de reporter l'élection présidentielle, notre président bien aimé est conscient qu'il joue imprudemment avec le feu. Cette pression sera-t-elle suffisante pour l'empêcher d'user de moyens non démocratiques pour se débarrasser de la corvée d'organiser, à perte pour lui, des élections fatales ? Cela n'est pas certain. Une information de plus en plus persistante laisse penser qu'un des candidats servirait de joker dans le cas où un report à la sauce « jaxaay » serait finalement préféré par notre président bien aimé à des élections casse-pipe. Qui vivra verra, « li si kanam rawoul ay beut » dit la sagesse populaire. L'appel à Idy fait partie de l'arsenal wadien. Ce n‘est pas de gaîté de cœur que Me Wade a agité le drapeau blanc. Cette rencontre au sommet ne doit rien au hasard ni au sentimentalisme. C'est en toute logique et en pur réalisme qu'elle a eu lieu. Elle est venue à son heure. Le président acculé dans son Palais par le désenchantement et le mécontentement des Sénégalais avait besoin d'air et de reprendre l'initiative politique. Il n'est pas sûr qu'il ait pu gagner les cimes où l'air est pur et frais. Cependant, il a réussi à faire parler de lui pendant quelques jours sans qu'il s'agisse de récriminations contre les pénuries, le rationnement, les scandales financiers, l'immobilité urbaine ou la pauvreté endémique des foyers. Il a repris l'initiative dans l'agenda politique, a semblé mener le jeu et retrouver l'allant des jours de grandes manoeuvres. Bref, la bête politique a semblé retrouver ses crocs et son poil d'antan. Ce regain de vie ne doit pas tromper toutefois sur l'avenir de notre président bien aimé. Son heure de gloire, qui est arrivé triomphalement après toute une vie dans l'opposition, est bien derrière lui. Tandis que la majorité des autres candidats, y compris son ancien Premier ministre ont la vie devant eux et le monde à leur pied. Tout leur est permis dans la pente ascendante sur laquelle ils caracolent selon les ambitions qui sont à leur portée. Ce n'est pas le cas de Me Wade. Notre président bien aimé n'est pas le seul gagnant dans ces négociations au sommet. En appelant Idrissa Seck à son secours, il l'adoube comme son alter ego et reconnaît la puissance politique de son adversaire. Idrissa Seck en sort blanchi, grandi et réhabilité. S'il en avait encore besoin, en tant que fils renié pour reconstruire sa personnalité et son identité, il en a eu pour son content. Pas seulement lui. Ses partisans également en ressortent ragaillardis et ressourcés par l'onction de celui qui reste encore le Maître de leur famille politique. Depuis le temps qu'ils attendaient que Me Wade détricote le pull-over rouge du condamné à mort innocent qu'il avait férocement tricoté un jour d'octobre dans l'amphithéâtre du CICES ! C'est maintenant chose faite. Alléluia Maître ! Dans l'opinion, on savait bien que cette accusation était montée de toutes pièces pour régler un contentieux politique et liquider un adversaire. C'est pourquoi les audiences à répétition entre Wade et Seck ont jeté un froid et fait croire que les deux hommes étaient en train de s'offrir un deal au-dessus de nos têtes et à nos dépends. Me Wade ne s'est pas privé de mouiller Idrissa Seck devant l'opinion, à l'issue de la première rencontre, en déclarant que l'ancien Premier ministre avait accepté de venir travailler avec lui au PDS. Une annonce qui avait contribué à brouiller l'image du président de REWMI parmi ses alliés de la coalition Jam-Ji et à lui ouvrir des boulevards d'impopularité chez ses supporters. Dans sa descente aux enfers, l'ancien prisonnier de Rebeuss avait su en effet réduire la casse et rassembler au-delà de ses partisans venus en grande partie du PDS. Son aura politique et la sympathie qu'il attire traversent les frontières des partis et des électorats traditionnels. La plupart des Sénégalais qui se retrouvaient dans la démarche d'Idrissa Seck ont été passablement déçus par ces rendez-vous manqués avec l'intérêt général. Ses alliés du PS et de la LD/MPT ne comprenaient pas non plus vraiment ce qui ressemblait à une valse-hésitation de la part de leur colistier. Si les dirigeants du Parti Socialiste et de la LD/MPT ont été dès le début dans le secret des dieux, ce n'était pas le cas de leurs militants. Dans cette affaire, leur allié est resté très correct en les tenant informés minute par minute de chaque nouveau développement. On peut dire aujourd'hui, que si Idrissa Seck a annoncé qu'il maintenait sa candidature à l'élection présidentielle, c'est parce que les négociations entre Me Wade et lui ont échoué. Mais ils ont renoué, ils restent bons amis et ils ne veulent plus insulter l'avenir, forts de l'adage « fontaine, je ne boirai plus de ton eau ».
Publié le Samedi 24 février 2007 à 12:00:00 am
Par NIAKHAPP
 Sénégalaises, Sénégalais, Mes Chers compatriotes,
Recevez mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2007.
Il est de tradition, en fin d'année, de faire le point sur l'état de la Nation et de tracer de nouvelles perspectives.
Je trouve là l'occasion, à la veille des prochaines élections pour le renouvellement de l'équipe dirigeante de notre pays, de m'adresser à vous pour vous annoncer mon programme, après avoir apprécié la réalité que nous vivons.
En 2004, j'ai rompu avec Abdoulaye Wade.
Ma différence avec lui est à situer à trois niveaux :
• sur le plan stratégique, nous n'avons pas les mêmes priorités. Face à ses grands chantiers « éléphants blancs », les miens portent sur la fin du drame des 136.000 bébés sénégalais de moins de cinq ans qui meurent chaque année de malnutrition, de malaria et de déficit de vaccinations, des 125.000 enfants scolarisables qui ne verront jamais de salles de classe, même en sureffectif, faute d'infrastructures scolaires suffisantes, et du cruel drame de nos jeunes compatriotes se suicidant dans l'Océan Atlantique à l'assaut d'un hypothétique paradis européen, faute d'emplois décents chez eux. Nos priorités incluent de relever substantiellement le taux anormalement bas de 4,9% de la population scolarisée qui sort du supérieur avec un diplôme. Nos foyers privés de gaz, d'électricité et d'eau ainsi que les stations d'essence prises d'assaut par des automobilistes anxieux de leur approvisionnement en carburant exigent plus d'attention que la nouvelle capitale ou le train à grand écartement Dakar-Mombassa.
• sur le plan politique, nous ne partageons ni la même vision du changement dont il a altéré l'esprit, ni la même perception de l'Etat qu'il a achevé de décrédibiliser;
• sur le plan éthique, je n'approuve pas sa manière brutale et anti-démocratique de trancher les différends au moyen de l'agression, de l'embastillement et de l'exclusion. J'approuve encore moins sa gestion familiale des ressources nationales.
Ceci me libère de tout engagement moral envers lui. Mon seul engagement indéfectible demeure celui que j'ai envers le Très Miséricordieux et envers mon pays.
Dans le cadre du dialogue que j'entends mener avec vous, de façon fragmentée et graduelle, je commence par vous soumettre, cette semaine, mes propositions sur les institutions. J'attends vos réactions, sur mon site de campagne idy2007.com. Elles me permettront d'affiner mon projet de société qui, bien que ficelé, reste ouvert jusqu'au dernier moment, à vos propositions d'amélioration.
Je commence par les Institutions parce qu'elles sont le socle de la communauté nationale. Elles constituent le fondement de l'édifice étatique. Ce sont les Institutions qui structurent le pouvoir, gèrent les intérêts supérieurs de la nation, fixent les règles imposées aux citoyens, garantissent la satisfaction de l'intérêt général et reflètent l'image de notre pays à l'intérieur comme à l'extérieur du territoire national.
La crise que traverse aujourd'hui le Sénégal est essentiellement une crise des institutions. L'incarnation du pouvoir dans notre pays n'a jamais été autant banalisée, avec un président de la République démythifié, un parlement réduit à voter des lois décriées (loi Ezzan, suppression du quart bloquant, prorogation du mandat des députés…), une justice décrédibilisée, transformée en un instrument de règlement de comptes politiques. Signe de la décadence, la perte de prestige de la fonction ministérielle. Certains ministres, spécialisés dans l'insulte publique, ont achevé de faire basculer le pouvoir dans le vulgaire et le grotesque.
La première tâche du prochain président du Sénégal consiste à relever l'Etat aujourd'hui totalement à genoux. Pour ce faire, il faut d'abord commencer par ressusciter l'idée même d'Etat. L'Etat n'est pas la propriété d'un individu, de sa famille, ou de son parti. L'Etat est doté d'une personnalité propre, incarnation de la nation, et garant de l'intérêt général. Il a ses biens, ses droits, ses obligations qui ne sauraient être confondus avec ceux de ceux qui exercent temporairement le pouvoir. Son personnel, encadré par l'administration territoriale, doit le servir sous la seule autorité de la Loi. A cet égard, il me plait de rappeler aux gouverneurs, préfets et sous- préfets, qui se sont comportés lors de la constitution des listes des partis politiques, en représentants non pas du Chef de l'Etat mais du Secrétaire général du PDS, qu'ils ont souillé la dignité républicaine attachée à leur charge. Leur implication personnelle dans des opérations d'intimidation d'élus locaux ayant choisi d'autres coalitions que celle au pouvoir n'honore pas la République. Et je les tiens personnellement responsables de cette grave déviance.
La première réforme que j'entends mener, si vous m'accordez votre confiance, c'est de dégraisser l'institution du président de la République. L'ère du Léviathan est révolue, comme est mort Thomas Hobbes. Le Sénégal a besoin d'un Président qui rassure, suscite et impulse, et non d'un démiurge qui vampirise tous les pouvoirs et possède un droit de vie et de mort sur les citoyens. Afin que l'homme-président, tiré de la terre, cesse d'inspirer l'effroi et garde en mémoire cet avertissement des Psaumes : « Ils ne vivront pas toujours. Ils n'éviteront pas la vue de la fosse. Car ils la verront : les sages meurent. L'insensé et le stupide périssent également. Et ils laissent à d'autres leurs biens. Il aura beau s'estimer heureux pendant sa vie. On aura beau s'estimer heureux pendant sa vie. On aura beau te louer des jouissances que tu te donnes. Tu iras néanmoins au séjour de tes pères. Qui jamais ne reverront la lumière »
Ce qui se passe aujourd'hui est à la fois une aberration démocratique et une hérésie politique.
« Tout homme qui a du pouvoir est tenté d'en abuser », disait le Baron de Montesquieu. Pour éviter les abus, il faut nécessairement un dispositif institutionnel dans lequel le pouvoir limite le pouvoir, le pouvoir arrête le pouvoir. Il faut donc réhabiliter la séparation des pouvoirs. La séparation des pouvoirs doit commencer à l'intérieur de l'Exécutif. Le Président de la République exerce ses tâches naturelles, les missions de souveraineté : définition de la politique de la nation, défense du territoire national, conduite de la diplomatie, garantie de la sécurité… Il revient à un Premier ministre, nommé par le Président de la République, de mettre en œuvre cette politique, en toute autonomie, sous le contrôle du Parlement et de veiller en particulier à l'égalité des chances des citoyens. Ce Parlement va cesser d'être une chambre d'enregistrement pour reprendre sa place de gardien de la volonté du peuple sénégalais. Le Premier ministre va répondre à toutes les sollicitations des députés qui peuvent le démettre sur la base de la procédure de la question de confiance.
Il sera mis fin à l'inflation de ministres qui ne devront pas dépasser 20. Avec des responsabilités organisées autour de quelques grands pôles :
1. fournir à chaque citoyen les intrants nécessaires à son propre développement : un environnement sain, une alimentation équilibrée et suffisante, une bonne santé, une saine pratique du sport, un grand savoir, une forte culture. Ce sera le rôle d'un grand ministère de l'Alimentation incluant l'agriculture, l'élevage, la pêche et l'environnement, d'un grand ministère de la Santé incluant le sport, d'un grand ministère du Savoir incluant l'éducation, la formation professionnelle et la culture.
2. Donner à notre économie, l'encadrement cohérent qu'exigent la modernité et la compétition mondiale. Dans ce cadre, le ministère de l'Economie et des Finances aura en charge la responsabilité de la politique industrielle, en vue d'un meilleur arbitrage entre les objectifs de recettes et ceux d'investissement. Il aura également en charge la formulation et la conduite de la politique commerciale qui sera une priorité au regard du fait que le potentiel de croissance du Sénégal se situe surtout au niveau de la demande extérieure.
3. La politique de sécurité nationale exige que soit renforcée la synergie entre toutes les Forces pouvant aider à la sécurité intérieure (Police, Gendarmerie, Eaux et Forêts) et extérieure (Armée et Douanes).
4. La prise en charge adéquate des problèmes de nos compatriotes vivant à l'extérieur et du renforcement de la place du Sénégal dans l'UEMOA, la CEDEAO, l'Union Africaine, et les Nations Unies nécessite que les moyens du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur soient renforcés et plus judicieusement distribués, en lieu et place des dépenses de prestige sans rapport avec nos besoins et nos moyens.
5. Une politique de tourisme hardie visant à augmenter la dépense moyenne du touriste, les emplois générés par le secteur ainsi que le rayonnement de notre culture dans le monde m'amène à élever le secteur au rang de ministère d'Etat. Afin que les Sénégalais connaissent mieux leur pays, une politique de promotion du tourisme intérieur sera mise en œuvre notamment à travers des tarifs préférentiels pour les nationaux sur tous les sites.
La représentation nationale va être davantage impliquée dans l'initiative des lois.
Le Judiciaire, gardien des libertés, va cesser d'être une Autorité pour devenir un véritable Pouvoir. Pour ce faire, il est essentiel de couper le cordon ombilical qui le lie à l'Exécutif. Comme dans beaucoup de grandes démocraties, le lien de subordination entre le ministère de la Justice et le Parquet va être rompu. Il revient au seul procureur, en son âme et conscience, d'apprécier la suite à donner aux poursuites. Notre pays a subi suffisamment de dégâts par la faute du système actuel, dans lequel un président de la République ou son ministre de la Justice peuvent, pour accomplir leur dessein propre, exiger du Parquet la poursuite d'un opposant politique, d'un journaliste, d'un concurrent commercial…
Pour renforcer l'indépendance de la justice, bien mise à mal ces dernières années, je propose d'améliorer ses conditions de travail. Mais également, d'augmenter le pouvoir des magistrats au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature. Seuls les magistrats habilités doivent prendre part aux réunions de cette structure et voter pour en arrêter les décisions (gestion des carrières, application de la discipline, organisation du travail des Cours et Tribunaux…).
De même, en matière économique, tous les corps de contrôle de l'Etat doivent être déconnectés de toute influence de la présidence de la République. Il faut que l'Inspection Générale d'Etat quitte le Palais et se libère de sa tutelle. L'affaire des chantiers de Thiès a fini de convaincre, même les plus sceptiques, jusqu'à quel point un président de la République pouvait peser sur le travail d'investigation d'un inspecteur général d'Etat, également son subordonné.
L'Inspection Générale d'Etat, la Cour des Comptes et la Commission de Contrôle et de Vérification des Comptes des Etablissements Publics seront unifiées et rattachées à une Commission Nationale Indépendante de Lutte contre la Corruption et la Concussion, dont les membres devront se prévaloir d'une probité morale avérée et seront choisis au terme de leur audition publique par la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale.
La Presse, le quatrième pouvoir, doit avoir la place qui lui revient de droit dans nos institutions. Je m'engage, si je suis élu, à créer une Haute autorité de la presse et de l'audiovisuel (HAPA) dotée des moyens financiers et logistiques nécessaires pour pouvoir exercer les missions suivantes : assurer la formation continue des journalistes, garantir le respect de la déontologie, délivrer la carte de presse, recueillir et traiter les plaintes contre les journalistes, répartir équitablement l'aide à la presse, libéraliser totalement l'audiovisuel, accorder les licences d'exploitation de télévisions et de radios privées, veiller à la présence de toutes les sensibilités politiques dans les médias d'Etat… La HAPA est une structure paritaire comprenant notamment des représentants de l'Etat et des organisations de journalistes.
Toutes les infractions liées à l'exercice de la profession vont être dépénalisées, à l'exception des délits de droit commun. Aucun journaliste ne sera plus convoqué à la Division des Investigations Criminelles (DIC) ni emprisonné pour ses opinions ou ses articles.
Quant à la Société Civile, elle continuera à jouer son rôle, mais sera associée à la chose publique pour être mieux à même d'exercer sa mission de contrôle. Un Observatoire National des Droits de l'Homme et de la Bonne Gouvernance va être créé. Reconnue par nos lois, cette structure composée de membres choisis par les organisations de la société civile, pourra interpeller le gouvernement par des questions auxquelles celui-ci est tenu de répondre, lui soumettre des propositions pour l'aider à améliorer son action. L'Observatoire peut également se pourvoir devant les tribunaux s'il estime, dans des cas précis, que les droits de l'homme ou les règles de la bonne gouvernance sont violés.
Tout l'édifice démocratique à bâtir ne peut tenir sans un changement des mentalités pour accompagner les réformes institutionnelles.
Pour y arriver, il faut commencer par le renforcement des capacités de deux corps de métiers dans le domaine des libertés publiques et des droits de l'homme : la police et l'administration pénitentiaire. Sur le budget de l'Etat ou avec l'apport de nos partenaires en développement, nos magistrats et professeurs d'université vont renforcer la formation de nos policiers et surveillants de prison à des idées simples : « l'être humain est revêtu d'une éminente dignité », « la liberté est le principe et sa restriction, l'exception », « l'intégrité physique et morale de tout être est sacrée »…
Les institutions sont abstraites. Leur performance dépend de l'action des êtres humains qui les animent. D'où l'importance du choix des hommes et des femmes suivant la règle : « l'homme qu'il faut à la place qui convient ». Nos meilleurs magistrats, mutés ou mis au placard ces dernières années pour avoir refusé de se démarquer de l'application de la loi, vont retrouver la place qui leur revient dans l'organigramme de la justice.
N'importe qui ne doit pas être Premier ministre ni ministre. Il y va de la respectabilité et de l'efficacité de l'Etat. Des Sénégalais de l'intérieur et de la diaspora, issus de l'administration ou du privé, compétents et respectables, vont être choisis pour exercer les plus hautes fonctions étatiques. Dans ce cadre un certain nombre de Directions centrales feront l'objet d'appel à candidatures.
En ce qui concerne la décentralisation, je m'engage à donner plus de pouvoir aux élus et aux exécutifs locaux (Présidents de région, Maires et Présidents de Conseil ruraux). Il s'agit notamment de mettre en place une fiscalité locale apte à générer des ressources additionnelles aux collectivités locales afin que les transferts de compétence se fassent concomitamment aux transferts de ressources.
En ce qui concerne les communautés rurales, le Président du Conseil rural sera officier d'Etat Civil Principal dans sa circonscription à l'instar du Maire : ces Présidents du Conseil rural, compte tenu de l'étendue de leur terroir et des faibles ressources de leurs budgets seront dotés de véhicules de fonction afin de leur permettre d'effectuer leur mission dans de meilleures conditions.
Dans l'attente de vos réactions à ces idées, je vous donne rendez-vous très prochainement, mes chers compatriotes, pour vous soumettre d'autres propositions.
IDRISSA SECK Candidat à l'élection présidentielle
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abdou diop : concernant les 4 appuis je propose à ce que la durée des 4 appuis n'excède 30 secondes à l'image de la boxe au delà des 30 secondes la chute sera décl
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