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Publié le Dimanche 20 mai 2007
Par NIAKHAPP

Le projet de grâce au bénéfice de la notaire de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, Me Nafissatou Diop, ne date pas de ces jours. En effet, les lenteurs constatées dans la matérialisation de cette volonté de Me Wade s'expliquent par des réticences, lesquelles sont l'œuvre de personnes qui ne voulaient pas donner l'impression d'avoir perdu une bataille

La sanction de cinq ans de suspension alors infligée à la notaire de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, Me Nafissatou Diop, a été levée par arrêté du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, ont annoncé, hier nos confrères de L'As. Mais, derrière cette mesure se cachent nombre de tractations et interventions qui ont failli faire capoter le processus qui a poussé le président de la République, Me Abdoulaye Wade, et le Garde des sceaux à adopter cette démarche, synonyme de la réparation d'une injustice. «La levée de sanction est le fruit de manœuvres menées par diverses personnalités, qui se sont investies pour faire comprendre au chef de l'Etat qu'un tort a été fait à la notaire. Surtout qu'elle n'a jamais demandé à prendre part aux négociations de Reubeuss, qui lui valent tant de souffrances», avisent des personnes ayant pris part aux interventions.

En effet, parmi les intervenants, l'on cite l'Association des juristes africaines mais, «la lettre qu'un magistrat du nom de Ousmane Kane en service en Suisse, au Tribunal arbitral du sport (Tas), a beaucoup contribué à reconsidérer la position du chef de l'Etat». A ceux-là s'ajoutent des membres de l'entourage proche de Me Wade dont le plus en vue est son directeur de Cabinet, le ministre d'Etat Souleymane Ndéné Ndiaye. D'après les confidences de nos interlocuteurs, «l'immixtion de M. Ndiaye dans le dossier a beaucoup pesé sur la balance». Mais, non sans créer «des heurts entre des membres du Cabinet présidentiel et le ministre d'Etat, Cheikh Tidiane Sy». Selon certaines sources, ce dernier n'a pas digéré que les premiers plaident en faveur de la notaire. D'où «sa position de ne pas démordre de sa volonté de maintenir la sanction». D'ailleurs, cette opposition du ministre «est à l'origine du premier projet de décret du Président» pour gracier Me Nafissatou Diop. Mais, «cette piste est vite évacuée par le conseiller juridique du chef de l'Etat, qui voit en cette procédure beaucoup de complications. Il avise que la grâce nécessite une demande de la part de la notaire. Ce que Me Nafissatou Diop n'a pas accepté de faire, malgré les interventions pour la convaincre à introduire une demande de grâce».

OPPOSITION DE CHEIKH TIDIANE SY

Ainsi, devant cette impasse et compte tenu de la volonté du chef de l'Etat de prendre de la hauteur et de réparer l'injustice subie par l'amie de Idrissa Seck, son conseiller juridique explore une procédure plus simple. Laquelle, poursuivent nos sources, s'inspire de «la loi qui permet au ministre de la Justice de retirer son arrêté de sanction dans les 45 jours qui suivent sa notification. Ce qui ferait tomber tous les effets de la sanction». Cette formule du conseiller de Me Wade est retenue mais, «Cheikh Tidiane Sy s'y oppose». Cette attitude du Garde des sceaux s'explique par le fait qu'il «ne veut pas donner l'impression d'être désavoué ou qu'il sorte perdant de son combat contre la notaire». Toutefois, Cheikh Tidiane Sy «ne manque pas de trouver un raccourci pour ne pas porter le bonnet d'âne», soulignent nos sources. Ainsi, l'on révèle qu'il «a demandé au président de la Chambre des notaires, Me Moustapha Ndiaye, d'adresser une demande de grâce auprès du chef de l'Etat. La correspondance lui est imputée, mais le format de la lettre ne l'agrée pas. Car, il trouve que les termes utilisés dans la lettre sont inconvenants». Ainsi, rapportent nos sources, le ministre a demandé à Me Ndiaye de reprendre le courrier. Ce qui «a été fait en des termes voulus par Cheikh Tidiane Sy». Et ce dernier de retirer son arrêté de sanction qui annule la mesure de suspension initialement décrétée. Les maintes tentatives de joindre le ministre de la Justice n'ont pas abouti.

Même si les notaires se réjouissent de cette mesure, ils ne digèrent pas la gestion du Cabinet de Me Nafissatou Diop par son collègue, Me Boubacar Seck chargé d'assurer l'intérim. Des sources proches de la Chambre des notaires se plaignent que «cet intérimaire ait laissé des plaies, en ce sens qu'il a eu des prétentions très gourmandes sur les affaires de sa collègue».

Me Nafissatou Diop que nous avons jointe au téléphone, hier, veut «garder le silence». Avant de nous recommander de prendre contact avec ses avocats. C'est Me Dior Diagne, actuellement en France, au Festival international du cinéma de Cannes qui porte la voix de sa cliente : «J'ai appris la levée de la sanction ce matin (Ndrl : hier). On n'a pas encore reçu la notification. La sanction était lourde, mais nous remercions le président de la République pour sa magnanimité. Les mêmes remerciements vont aussi au ministre de la Justice, car s'il s'était opposé, on serait en difficulté, sans compter Souleymane Ndéné Ndiaye et certains leaders de l'opposition. Mais, la mention spéciale est décernée au peuple sénégalais, qui a partagé la douleur avec Me Nafissatou Diop. Bien que cette dernière ait su garder toute sa dignité face à l'épreuve.»

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