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Publié le Mardi 23 octobre 2007
Par NIAKHAPP

Beaucoup de polémiques autour de l'Agence nationale pour l'organisation de la conférence islamique (Anoci). Rattachée à la présidence de la République, cette agence a en charge l'exécution des travaux de la conférence islamique prévue en mars 2008. L'Anoci suscite beaucoup d'interrogations et son président est d'ailleurs invité à s'expliquer devant l'Assemblée nationale, rapporte Sud Fm.

Officiellement chargée des travaux de l’Oci, l’Anoci suscite aujourd’hui beaucoup d’interrogations. Il y a d’abord le financement des travaux. Là, des sommes importantes d’argent –plusieurs milliards Fcfa -sont injectées pour réfectionner l’hôtel Méridien Président, la Corniche Ouest, la Vdn et les résidences qui doivent accueillir les milliers d’invités, d’officiels, de chefs d’Etat de la Ummah islamique, mais aussi du monde occidental, qui doivent prendre part au Sommet de l’Oci prévu en mars 2008. D’ailleurs, c’est sur ces financements des travaux de l’Anoci et leur état d’avancement que le responsable de cette agence a été interpellé par un élu du peuple, pour venir s’expliquer à l’Assemblée nationale. Un exercice somme toute normal dans une démocratie digne de ce nom, où le contrôle de l’action des agences et autres structures, qui gèrent l’argent du contribuable, doit faire l’objet d’une information publique sur la gestion. Mais, l’exercice peut paraître périlleux, surtout s’il s’agit du fils du chef de l’Etat, nommé à la tête de ladite Agence en principe sous la tutelle de la Présidence, donc de son père. Or, il y aurait eu déjà un dépassement budgétaire dans le projet d’élargissement et d’embellissement de la Corniche Ouest à Dakar, y compris la construction d’un tunnel à Soumbédioune, entre autres. C’est le journal L’Observateur de Dakar qui le révèle, publiant un rapport du Contrôle de gestion sur l’exécution des projets d’infrastructures routières de l’Anoci, à la date du 30 juin 2007. Ce document révèle que pour les travaux et le contrôle, le montant global initial du marché est passé d’un près de 19 milliards FCFA à un montant réajusté de plus de près de 27 milliards FCFA. D’où un dépassement d’un peu plus 8 milliards FCFA. Le rapport en question révèle toutefois qu’il y a un justificatif du dépassement qui est également donné. Selon le document, c’est sur recommandation des partenaires techniques que sont l’Onas (Office de l’assainissement), le Cetud ( Centre d’études des transports urbains de Dakar), entre autres, que ce projet a connu des réaménagements et des adaptations techniques. Lesquels ont entraîné une augmentation du budget initial. En tout cas, l’Anoci brasse énormément de milliards pour l’exécution des travaux ; d’où la nécessité d’un contrôle pour assurer la transparence de la gestion des ressources du pays. Pour Mohammadou Mbodj, du Forum civil, les institutions doivent jouer leur rôle, il n’y a aucun obstacle juridique au contrôle de l’Anoci. Le Coordonnateur du Forum civil, expert en bonne gouvernance, pense qu’il y a cependant «les institutions qui sont là, elles n’ont qu’à jouer leur rôle. Ce que j’ai pu noter, dans la manière dont la presse en a rendu compte –je ne sais pas si c’est de cette manière que ces institutions ont été interpellées-, il nous a été révélé que concomitamment, c’est un ministre, Oumar Sarr, Daniel Goumala Seck, Directeur général de l’Artp (Agence de régulation des télécommunications), Bara Sady, Directeur général du Port de Dakar, et Karim Wade. Quand on regarde, je dis qu’il y a une asymétrie parce que, théoriquement, M. Wade est le président du Conseil de l’Anoci ; donc il n’est pas le Directeur exécutif. On aurait dû, pour une question de symétrie des interpellations, cibler plutôt Abdoulaye Baldé. On peut rétorquer que M. Wade s’est trop mis en avant dans ce projet». M. Mbodj estime, en outre, qu’il ne devrait pas y avoir «autant d’émotion sur la question. S’il y en a, c’est que derrière il y a des calculs politiques». Il martèle que le fonctionnement des institutions ne doit pas être «biaisé par des règlements de comptes politiques ; ce serait très grave». Mohammadou Mbodj de rappeler que «malheureusement, on l’a enregistré tout au long des sept ans avec l’histoire de Idrissa Seck. C’est pourquoi, il est temps qu’on ait un débat sur ces questions-là». Il ajoute que pour les multitudes de Goorgoorlus (le citoyen débrouillard), «ce n’est pas un jeu, c’est la question de l’emploi efficace, rationnel et transparent des rares ressources dont dispose le Sénégal».
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