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Publié le Samedi 24 novembre 2007
Par NIAKHAPP

Les émeutes de mercredi dernier n'ont pas fait que des dégâts matériels. Pour cause, Astou Fall domicilié à Yeumbell près de la grande Mosquée ne se plaint pas du sort tragique de son fils qui a été arrêté lors des affrontements avec les forces de l'ordre. N'ayant même pas de quoi assurer la dépense quotidienne, elle avoue avoir encouragé son fils et d'autres jeunes du quartier à se rendre à la manifestation.

Dans la nuit du mardi, veille des grandes émeutes dans le capital, rien ne s’est fait au hasard pour la grande offensive des jeunes contre les autorités du pays pour manifester leur ras-le-bol. A Yeumbeul, bien que son fils ait été sévèrement bastonné par les éléments de la gendarmerie avant d’être mis au gnouf, Mme Astou Fall ne regrette pas de l’avoir envoyé, avec quelques jeunes du quartier pour aller manifester leur mécontentement. Son fils est dans un piteux état, mais la dame savoure sa victoire. Pour elle, c’est bien que le chef de l’Etat ait renoncé à son projet de déguerpissement. «Ce soir-là, ils étaient une douzaine de jeunes commerçants ambulants à se réunir à la maison. L’alerte avait été donnée pour qu’ils se retrouvent tous le lendemain à Sandaga afin de secouer la capitale en vue d’obtenir satisfaction. «Mon fils Moussa s’en sortait bien avec des pots de sardines et du jus de fruits qu’il écoulait facilement sur l’avenue Lamine Guéye. Il pouvait descendre tous les jours avec un bénéfice de 3.000 F ou de 2.000 F. Il me remettait 1000 f comme dépense quotidienne. Le reste, je me débrouille avec des sandwiches que je vends. D’ailleurs, c’est tout juste du «Nambé» que je vends au coin de la rue et du café Touba», dit t-elle. Selon Astou Fall, visiblement très affectée par les événements, elle fait partie des personnes qui ont incité certains jeunes du quartier à la révolte. Lorsqu’elle a appris qu’un plan d’actions sera déclenché à Sandaga, c’est sans ambages qu’elle a dit à son fils et aux autres garçons de ne point reculer une fois sur les lieux. « Il faut que justice soit faite, c’est nous qui avions porté Me Wade au pouvoir en 2000. Et même en 2007 j’ai voté pour lui. Mais là, on se sent trahi ; Wade nous a demandé de beaucoup travailler, encore travailler et toujours travailler. En lieu et place, il empêche nos fils de travailler. Les rues ne sont pas seulement faites pour les bourgeois. On est dans un pays musulman, il faut un peu de tolérance. Soit ils font du commerce, soit ils versent dans le banditisme. C’est un choix à faire. Heureusement que les gosses ne se sont pas dirigés au Palais. Ça aurait été pire. Nous ne regrettons rien. C’est mon fils aîné, son avenir était en jeu et je l’ai envoyé au charbon», dit-elle satisfaite. Interrogée sur les dégâts et les vols lors des manifestations, elle rétorque que c’était prévisible. C’était le prix à payer pour obtenir satisfaction. En attendant qu’on libère son fils, elle s’en remet à Dieu.
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