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Publié le Jeudi 10 mai 2007 à 6:00:00 pm
Par NIAKHAPP
Nous avons choisi Sokhna Diarra parce qu’à nos yeux elle est l’idéal de la femme en Islam : en elle se retrouvent incarnées et portées à leur paroxysme toutes les valeurs culturelles de l’Islam en général et, en particulier, ceux de leurs aspects qui se rapportent exclusivement à la femme musulmane.
A quelque aspect de sa vie qu’on puisse s’intéresser (vie de croyante, vie d’épouse, vie de mère), force est de convenir que le cursus de Sokhna Diarra est si exemplaire que DIEU l’a comblée de grâces. L’agrément de son oeuvre est visible à tout point de vue. Cependant, nous nous intéresserons à trois niveaux principalement : le charisme de sa progéniture, son rang auprès de DIEU, et la pérennité de son oeuvre.
I- LE CHARISME DE SA PROGENITURE
Il est admis que, dans le séjour terrestre, l’agrément de l’œuvre d’une femme peut être évalué à l’aune de la baraka qui s’attache à sa progéniture. On voit alors que Sokhna Diarra a toutes les raisons d’être satisfaite de son oeuvre : ses enfants, au nombre de quatre, ont tous été au-dessus du commun des mortels.
-Serigne Mame Mor Jaara Docte jurisconsulte, il avait l’habitude, chaque nuit, d’accomplir cent rakkas avant de procéder à la lecture complète du Coran. -Serigne Habibou Lahi Il avait, selon Cheikh Ahmadou Bamba lui-même, un rang très élevé auprès de DIEU. Durant sa résidence surveillée à Diourbel (1912-1927), le Cheikh se rendait à son mausolée au village de "khourou Mbacké"en guise de ziarra. -Soxna Fatima Elle a été rappelée à DIEU dès sa plus tendre enfance, mais, de l’aveu de Cheikh Sidiya (guide spirituel de la Zaouia Mauritanienne), les anges se relayaient sur sa tombe pour les besoins d’une ziarra permanente. -Le CHEIKH lui-même Pour camper le personnage, reportons-nous à ses propres paroles : "Mon rang est inscrit dans une courbe ascendante qui ne connaîtra jamais de decrescendo. Et, celui, parmi les créatures, qui s’avisera de tenter d’inverser cette trajectoire signera par là sa propre déchéance, de manière irrémédiable." II- SON RANG AUPRES DE DIEU
Pour évaluer le rang élevé qu’elle (Sokhna Diarra Bousso) a acquis auprès de Dieu, rapportons quelques propos de Serigne Abdoul Ahad Mbacké (troisième Khalife de Cheikh Ahmadou BAMBA) lors de l’appel du Magal 1979. Il y relate le fait suivant :
... lorsqu’ au cours de son exil au Gabon, Cheikh Ahmadou Bamba fut précipité au fond d’un abîme insondable, il eut à récuser les offres de secours des anges des catégories les plus élevés en grade (" Mala’u Aclâ " et " Malâ’ikatul Muqarabûna "), pour la raison qu’ils n’avaient reçu de Dieu aucun mandat d’intervenir. C’est à ce moment qu’il sentit une force irrésistible le saisir par les épaules pour le hisser hors de sa "prison" avec, comme seul commentaire, que les mots suivants : "Va poursuivre ta Mission." Se retournant, le Cheikh vit alors que c’était sa Sainte mère qui venait de signer cette superbe prouesse. Aujourd’hui, nous mesurons la plénitude de ce haut rang au fait que tous les vœux prononcés à Porokhane, sur son mausolée sont à coup sûr exaucés. D’autre part, ses homonymes sont assurées du paradis, de même que leurs parents qui ont l’heureuse idée de leur choisir une marraine aussi comblée de grâces divines. III- LA PERENNITE DE SON OEUVRE
Le temps, si prompt à estomper le souvenir des hommes dans le cœur de leurs semblables ou même à détruire les monuments les plus altiers, n’a aucune prise sur l’œuvre de Sokhna Diarra. Bien au contraire, chaque jour qui passe voit cette somme de hauts faits encore plus magnifiée, revivifiée par des hommes qui y voient un abreuvoir, aussi miraculeux qu’inépuisable, rempli du nectar le plus délectable : l’inspiration la plus pure pour parfaire leur vie de croyant. Les signes pour attester de cet état de fait sont nombreux.
1- Les homonymes
Dans l’imaginaire des croyants, Sokhna Diarra incarne les vertus de l’Islam et symbolise l’agrément de Dieu à un point tel que, chacun souhaite avoir un enfant qui porte son nom, avec l’espoir de gagner les avantages cités plus haut.
Un coup d’œil dans notre environnement nous permet de faire un constat : que de véhicules, de télé centres, de magasins, d’entreprises ont choisi le nom de Sokhna Diarra comme raison sociale ! Tous ont la ferme conviction qu’un tel procédé ne peut engendrer que bénéfices, tant la baraka de la marraine est grande. D’ailleurs, ne tenons-nous pas de Ghazali que le fait de donner le nom d’un saint qui a rencontré l’agrément de Dieu à son enfant, est un moyen de faire rejaillir sur lui l’ aura de l’homonyme et de lui faire acquérir certaines des qualités qui l’ont distingué aux yeux de Dieu ? 2- La Ziarra de Porokhane
A notre connaissance, Sokhna Diarra est la seule femme dans l’histoire de l’Islam à bénéficier d’une Ziarra (Magal) et d’une telle aura. Cette ziarra croît d’année en année en ampleur, en importance et en nombre de pèlerins.
Il est peut-être bon de signaler que, contrairement à tous les autres Magal qui commémorent un événement relatif à la vie de la communauté, celui de Porokhane ne correspond à aucune circonstance. Il n’a pour but que de rendre hommage à la Sainte Mère du Maître Vénéré Khadimou Rassoul. Ainsi, quand tous les autres Magal ont lieu à une date fixe de l’année, déterminée en fonction du calendrier lunaire, celui de Porokhane peut avoir lieu à n’importe quel moment de l’année. La détermination de la date à laquelle il se tient est du ressort de la famille de Serigne Bassirou MBACKE, évidemment avec l’aval de Serigne Saliou MBACKE, le Khalife Général des Mourides. D’ailleurs, nous tenons d’une voix autorisée, Serigne Bassirou MBACKE Ibn Serine Moustapha Bassirou, plus connu sous le surnom de Serigne Bass Porokhane la relation de l’historique de cette grande ziarra, assortie d’une intéressante description des lieux. Le Mausolée de Mame Diarra est le centre de gravité de Porokhane dont il fait d’ailleurs la renommée. L’illustre sainte y fut inhumée vers 1866. Le village était retombé dans l’oubli après la mort de Maba Diakhouen 1867 : tous les guerriers et chefs religieux qui avaient participé à sa Djihad avaient regagné leur terre d’origine et Mame Mor Anta Sally, père du fondateur du mouridisme que Maba avait installé à Porokhane avec sa famille, était retourné au Cayor avec Lat Dior. Parmi les rares personnes qui étaient restées sur le terroir, il y avait un certain Cagny, d’éthnie ouolof. Chaque nuit, une lumière lointaine lui apparaissait à l’Ouest de sa maison. Quand en 1912, Cheikh Ahmadou BAMBA revint de sa déportation en Mauritanie, Cagny se rendit auprès de lui à Diourbel pour s’en ouvrir à lui de ce phénomène. Le Cheikh lui fit, ainsi qu’à ses compagnons de voyage, une description de tous les objets qui matérialisaient la tombe de Sokhna Diarra. Aussitôt celle-ci localisée, sur la base des indications fournies par le Cheikh, Cagny n’eut plus ses visions. Par la suite, Cheikh Ahmadou BAMBA dépêcha son fils, le savantissime Serigne Bassirou sur les lieux. La tombe fut entourée de piquets en bois et, chaque année, Serigne Bassirou revint s’y recueillir. Après le rappel à Dieu du Cheikh, une dizaine de ses talibés habitant le Saloum demanda à Serigne Bassirou l’autorisation d’organiser un Magal (commémoration) à Porokhane. C’était le point de départ d’une manifestation annuelle qui allait connaître la fantastique ampleur que nous observons aujourd’hui. Serigne Bassirou fit construire une concession dans le village et, en 1952, il y dirigea personnellement son premier magal. Lorsqu’en 1966 Serigne Bassirou disparut, son fils aîné Serigne Moustapha Bassirou prit le relais. Il donna une nouvelle impulsion au Magal de Porokhane. Il commença par réorganiser le village. Ensuite il fit reconstruire le mausolée, d’abord en 1971 et une seconde fois en 1983 (c’est l’édifice tel que nous le connaissons aujourd’hui.) Déjà en 1970 il y avait fait construire une résidence. C’est en 1983 que fut érigée la majestueuse mosquée qui jouxte le Mausolée. 3- Le Puits Mame Diarra : source bénite
Nous sommes à Porokhane vers 1865. Dans cette contrée écrasée de soleil, l’eau est une denrée rarissime. C’est l’heure de prière. Et il faut obligatoirement de l’eau pour les ablutions qui, comme chacun le sait, sont un préalable à toute prière en Islam. Serigne Mor Anta Sally (père de Serigne TOUBA) qui s’apprêtait à accomplir sa prière se demandait où il pouvait trouver un peu de ce précieux liquide.
Aussitôt qu’elle entendit les sollicitations de son époux Mame Mor, Sokhna Diarra s’empara d’une bouilloire et se rua vers le puits distant du village de quelques centaines de mètres. Là, rien qui puisse servir à tirer de l’eau. Sans hésiter, elle se jeta dans le puits. La panique s’empara du village. Aussitôt informé, Serigne Mor adressa à Allah une supplique pour que son épouse sorte indemne de ce puits. Au demeurant, il n’avait aucun doute que sa prière allait être exaucée compte tenu de la noblesse de l’intention et de l’acte de dévotion manifeste. L’émoi surmonté, les villageois organisèrent les secours. L’on descendit des cordes pour remonter l’héroïne. Ô Miracle ! La première apparition fut celle de la bouilloire sur la tête de la Sainte qu’on sortit saine et sauve, sans la moindre égratignure. Depuis lors, on a constaté que même les animaux qui tombent dans le puits s’en sortent indemnes. L’eau est bénite : elle guérit toute sorte de maladies pour les croyants qui la goûtent. Des millions de pèlerins en boivent à l’occasion de chaque Magal. Et s’il arrive que le puit tarisse à force d’être sollicité, les fidèles n’hésitent pas à manger la boue qu’on en tire. On comprend la ferveur indescriptible des foules qui se pressent dans les différentes stations du village, au mausolée en particulier, avec la ferme conviction que leurs prières seront infailliblement exaucées. Sokhna Diarra et sa Ziarra ont inspiré une impressionnante production littéraire qui est le fait de membres de sa noble famille, mais aussi de grands disciples de Cheikh Ahmadou BAMBA, au rang desquels se distinguent Serigne Moussa KA, Serigne Mbaye DIAKHATE et Serigne Cheikh Samba Diarra MBAYE, spécialisés en wolofal (production en langue nationale wolof). Combien de " chanteurs religieux " lui doivent aujourd’hui, renommée et fortune ? Son extraordinaire destinée leur a inspiré des airs qui ont rencontré un succès inespéré, quasi miraculeux, dirait-on. Sans exagérer, on peut affirmer que nombre de personnes tirent de substantiels revenus de son seul panégyrique. IV- EPILOGUE
Le parcours de la destinée exceptionnelle de la Sainte de Porokhane nous inspire une profonde méditation, sur le sens que la croyante, en particulier, doit donner à sa vie. Le séjour terrestre ne peut être, pour tous et toutes, que l’opportunité de gagner dans l’Au delà, les félicités éternelles que Dieu promet aux justes.
Lisons "JAWÂBU PENDA DIOP" ou la Réponse de Cheikh Ahmadou BAMBA à Sokhna Penda Diop, et nous verrons, admirablement synthétisées, toutes la somme de qualités qui font une femme vertueuse. Ainsi, seule leur observation a valu à Sokhna Mariama BOUSSO d’accéder au grade de JARATUL-LAHI (Voisine de DIEU). Puisse Allah dans sa Grande Mansuétude, nous donner, ainsi qu’à nos sœurs surtout, la force de cultiver ces vertus que sont : 1- AÇ-ÇABRU : (LONGAMINITE)
A la femme , il est instamment demandé , dans le domicile conjugal, d’adopter, pour la seule face de Dieu, une attitude faite de soumission constante. Elle devra, en silence, endurer toutes les souffrances découlant des charges domestiques comme des vicissitudes de la vie quotidienne. Ce comportement stoïque est la réponse qu’elle doit opposer à toutes les épreuves, qu’elles lui soient imposées de façon manifeste ou au contraire, de manière imperceptible à l’entourage.
Cette forme de douce patience est la marque distinctive des bienheureuses, privilégiées de Dieu. Puisse le Seigneur, dans sa grande mansuétude, nous octroyer, ainsi qu’à nos sœurs surtout, cette capacité de nous en remettre entièrement et sans arrière pensée, à Sa seule volonté, en toute chose, en toute circonstance. Qu’Il veuille bien nous préserver, comme le disait Serigne Abdoul Ahad MBACKE, de ce penchant qui consiste à ne s’en remettre à Lui que lorsque nous constatons l’inanité de nos moyens personnels pour nous tirer d’affaire. 2- AD-DAWÂMU (PERSEVERANCE)
La meilleure illustration du caractère déterminant de cette vertu, méritoire entre autres, est cet extrait du sermon de Serigne Abdoul Ahad MBACKE lors de la Korité de 1987 :
" Retranchez-vous opiniâtrement dans la Vérité. Et, dans la circonstance, considérez comme de nulle différence le fait de vivre dans la chaude et agréable sécurité d’un environnement qui partage notre conviction et celui d’être en butte à l’amertume de l’hostilité des détracteurs. Ce qui est déterminant, c’est que la constance dans ce qui est juste engendrera pour nous ce qu’il y a de meilleur. " On le voit donc. Si séduisants que puissent paraître les mirages de ce monde, en dépit des quolibets, critiques, et autres calomnies d’un entourage mu par d’autres motivations, le croyant (en particulier la croyante), doit demeurer solidement ancré dans sa détermination à obéir à la recommandation divine de ne faire que des actions méritoires. 3- AL KHUMÛL (DISCRETION)
Le croyant évitera soigneusement tout ce qui peut l’exposer "aux feux de la rampe". La femme en particulier, ne doit pas se déplacer sans motif valable. Il lui est impérieusement défendu la fréquentation des grand’ places, des lieux publics en général. Une dame qui se respecte ne peut pas s’exposer sur un banc devant sa demeure. Dans tous les cas, elle s’évertuera à ne jamais attirer sur elle l’attention du public.
Avec le même soin scrupuleux, la croyante devra éviter de sortir du domicile conjugal sans l’autorisation, sans l’accord de son époux. Les Ecritures Saintes disent que, dans ce cas d’espèce, les anges, l’air, la terre, les cailloux des chemins, les arbres et leurs feuilles, bref tout ce que Dieu à crée se ligue pour appeler la malédiction divine sur elle jusqu’à ce qu’elle retourne. 4- AT-TASATTUR (DISSIMULATION DES PARTIES HONTEUSES)
L’Islam tient pour illicite le dévoilement du corps des femmes, exceptés le visage et les paumes. Les vêtements ne doivent ni être courts, ni être étroits, ni être transparents. Ils peuvent refléter notre identité socioculturelle.
Il est évident que ces " dispositions réglementaires " de l’Islam sur la vestimentation des femmes en particulier, n’a pour finalité que de protéger nos sœurs contre les dangers de la vie que sont les viols, les agressions et autres perversions qui ne peuvent que nous attirer la réprobation divine. La conséquence est que nous n’insisterons jamais assez sur la persévérance qui doit sous tendre la détermination de nos consœurs, de rejeter les modèles vestimentaires anti islamiques qui sont une véritable agression à la dignité de la femme. Nul complexe, nulle superstition ne doivent les conduire à envisager, ne serait-ce qu’un instant, un compromis avec ce qu’on veut leur faire miroiter, comme la modernité. 5- TAKHFIDUÇ ÇAWTI (ABAISSEMENT DE LA VOIX)
Dans la logique de la discrétion recommandée à la femme en particulier, et dont la motivation fondamentale est de la préserver des pièges maléfiques de la vie, il est considérée qu’une croyante ne doit jamais s’exprimer à haute voix. Il est illicite pour elle de susciter l’intérêt d’un homme autre que celui que Dieu lui a choisi, autrement dit son conjoint.
Ainsi, même pour les pratiques cultuelles (liqâm, prières, etc.), obligation lui est faite de s’exécuter à voix basse. A fortiori, elle ne peut en aucun cas diriger une prière, encore moins prononcer l’appel à la prière (adhân). 6- AÇ-ÇIDQ (SINCERITE)
A tout point de vue, l’adepte de l’Islam doit s’attacher, en paroles, en actes, en intentions comme en comportement, à s’éloigner avec horreur des simulations ou des actes hypocrites.
Les faux témoignages, les calomnies, de même que les attentats à l’honneur, à la respectabilité ou à la réputation d’autrui, sont également condamnables. Les femmes sont particulièrement interpellées par cette clause, car elles semblent naturellement enclines au papotage, à la médisance , aux ragots. Elles se complaisent à s’entre déchirer et sont très promptes à répandre le moindre propos malveillant sur leur prochain, même si elles ne sont pas sûres du bien fondé de "l’information". 7- AS-SUKÛT (SILENCE)
Dans son ouvrage NAHJU QADÂ-IL HÂAJ (La Voie de la Satisfaction des Besoins), Cheikh Ahmadou BAMBA nous enseigne les multiples avantages qui s’attachent au silence.
Ce vocable doit être compris ici, non pas comme le retranchement dans un mutisme total, ce qui serait ridicule, mais plutôt comme la volonté louable de ne dire que ce qui doit l’être, ce qui est de nature à être agréable à Dieu. Dire la vérité, mais refuser la polémique stérile ou le byzantinisme, tel doit être le crédo du croyant. Cheikh Ahmadou BAMBA nous enseigne que le meilleur rempart contre le bavardage inutile est la lecture du Coran, ou les dévotions surérogatoires. Ajoutons pour faire bonne mesure, la louange sur le Prophète (Paix et Salut sur Lui.), les prières sur le Prophète (Paix et Salut sur Lui.) comme la lecture des qaçaïd. A l’évidence, le passage en revue de ces quelques exemples de vertus méritoires, nous amène fatalement à envisager leurs pendants condamnables que sont les tares que les croyants en général, doivent s’efforcer de fuir, car elles sont la porte de la damnation. "Qurratul Ayni" de Serigne Souhaïbou MBACKE, aux pages 109, 110 et 111, est très explicite sur les proscriptions particulières aux femmes, comme la dépigmentation de la peau. "JAWÂBU PENDA DIOP", de son côté, n’est pas, non plus, tendre avec les vices et travers que la musulmane doit abhorrer, de toutes ses forces. Nous citerons : 1- AL GHIBATU (MEDISANCE)
Dieu, dans le Saint Coran, jette l’anathème le plus terrible sur les créatures qui, profitant de l’absence de leur prochain, répandent les plus noires calomnies sur lui. A l’égal de ceux qui pourraient se repaître de chair humaine :
"Ne vous espionnez pas et ne médisez pas ! les uns les autres. Est-ce que l’un de vous aimerait manger la chair du cadavre de son frère ?" (S49 V12) elles sont promises au pire des châtiments : les flammes éternelles de l’enfer. La même terrible réprobation frappe, aussi bien l’auteur de la médisance que celui qui a le malheur de lui prêter oreille. "Jawharun Nafis" (Le Joyau Précieux) de Cheikh Ahmadou BAMBA, dans certaines de ses parties, notamment du vers 107 au vers 126, est une pathétique mise en garde contre cette abomination considérée comme l’un des plus noirs péchés capitaux. Pour nous en prémunir, ils nous recommande le refuge du Coran ou de toute autre forme d’occupation utile comme le travail, la lecture des qaçaïd ou les actes d’adoration surérogatoires. 2- AL KIBR (ORGUEIL)
Dieu qui nous a crées uniquement pour lui vouer un culte exclusif, a défini les modalités de nos rapports les uns avec les autres, tout comme Il a codifié les rituels selon lesquels Il veut être servi. Pour cela, Il nous a envoyé des Prophètes dont le Sceau est Seydina Muhammad (Paix et Salut sur Lui), et des Livres dont la consécration est le sublime Coran. La religion qu’Il nous a choisi est l’Islam. Et, c’est cet Islam qui place la femme sous tutelle.
Il lui sera donc demandé de taire toute considération tenant à la naissance, au statut social ou à la taille de la fortune, pour accepter ce que Dieu a disposé pour elle. Ainsi, aucune remontrance de son époux quelles qu’en puissent être les circonstances, aucune remarque, si désagréable fût-elle, ne doivent provoquer de réplique ou d’humeur rebelle chez elle. Sa seule préoccupation doit alors être de s’armer de patience et de se ressaisir pour ne plus vivre à l’avenir les mêmes reproches pour les mêmes motifs. Les exégètes de l’Islam considèrent l’orgueil comme l’une des armes les plus redoutables de Satan, pour perdre celles des créatures qui ne seront pas suffisamment armées pour résister aux sirènes de la fatuité et de la suffisance. Cela signifie qu’aucune raison, aucun prétexte, aucune circonstance ne doit conduire un croyant à considérer qu’il est meilleur ou supérieur aux autres créatures. Nul ne peut se targuer de sa naissance ou de sa fortune, encore moins de sa position sociale pour mésestimer son prochain. L’Islam nous enseigne plutôt la courtoisie, la politesse et la générosité de l’âme qui consistent à témoigner le même respect, la même considération bienveillante à tous les " esclaves de Dieu". Toute discrimination motivée par la fortune, la renommée, tout parti pris fondé sur la vêture ou l’aspect des individus, seraient le signe, pour leur auteur, de sa profonde ignorance des dispositions de Dieu. Cela signifie surtout qu’il n’a aucune parcelle de la grâce divine. Dieu nous en préserve ! Que le croyant, en particulier la croyante s’attache donc à témoigner respect et considération pour le voisinage et, partant, pour toute la communauté. Tout le monde y gagnerait en paix sociale et en rétributions divines. 3- AR-RIYA’U (OSTENTATION) et AL cUJBU (FATUITE)
L’une semble être le corollaire de l’autre. L’ostentation conduit à la fatuité, à la suffisance, donc à la perdition. Cheikh Ahmadou BAMBA nous enseigne de nous acquitter le plus scrupuleusement possible des recommandations de Dieu et de fuir de toutes nos forces tout ce qu’Il réprouve.
Mais, c’est pour aussitôt ajouter, qu’une fois notre devoir fait, nous devons laisser à Dieu, et à Lui seul, le soin d’apprécier, à Sa guise, nos dévotions et nos actes. Lui seul sait ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Serigne Saliou MBACKE confirme cette assertion dans son sermon prononcé lors de la Korité de 1993.(Voir les pages 79, 80 et 81 de la traduction que le Hizbut-Tarqiyyah a faite de ce sermon). Malheur donc à celui qui, se targuant de ses dévotions, nourrit de l’autosatisfaction et croit être parvenu à un stade élevé. Il est déjà la proie de Satan. Rapporté à l’échelle de la femme dans son foyer, en particulier, cet enseignement du Cheikh nous conduit à la conclusion suivante : elle ne doit jamais estimer que, dans le service rendu à son époux, pour la face de Dieu s’entend, elle en a suffisamment fait et qu’elle a atteint le stade des femmes vertueuses. Ce serait comme si, après d’indescriptibles efforts pour préparer le repas familial, elle jetait du sable dans sa marmite alors qu’elle serait sur le point de servir sa maisonnée à manger du plus délicieux des mets. Ainsi, la meilleure arme pour une femme en quête de l’agrément du Seigneur, est cette forme de patience qui la pousse à toujours chercher à mieux faire, à toujours considérer que le vrai challenge est la recherche constante de la perfection. Même si les appréciations élogieuses de l’entourage peuvent la conduire à nourrir quelque sujet de satisfaction, qu’elle considère que la perfection n’est pas de ce monde pour qui veut accéder au voisinage du Maître des Mondes. 4- AL BUGHDU (HAINE)
Dieu dit dans le Coran :
"Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin, en rang serré, pareils à un édifice renforcé. " Sourate 61 " AS SAFF " (LE RANG). C’est la raison pour laquelle, l’un des vœux les plus chers du Messager de Dieu (Paix et Salut sur Lui), a toujours été que sa communauté cultive la cohésion et la concorde entre ses membres. C’est seulement dans l’union des cœurs que les croyants peuvent solliciter et espérer obtenir les bienfaits du Créateur. Il est donc illusoire d’attendre, pour une communauté divisée, la mansuétude du Seigneur. C’est également pour cela que Cheikh Ahmadou BAMBA, comme nous l’a enseigné Serigne Abdoul Ahad MBACKE, a donné consigne aux Mourides d’ériger en règle de conduite incompressible les dispositions suivantes : "Cherchez à vous connaître entre vous. Une fois cette connaissance établie, cultivez la cohésion entre vous. C’est ainsi que vous pourrez asseoir de bonnes relations d’entre aide et d’assistance réciproque". Il est entendu que la solidarité engendre l’union des cœurs, si chère à Dieu et à son Elu (Paix et Salut sur Lui). Nous saisissons maintenant le sens des propos du même Serigne Abdoul Ahad, lorsqu’il se félicite du fait que Dieu l’a préservé de ce qui peut engendrer la haine : la compétition avec autrui pour l’acquisition des biens terrestres ou de la prééminence sur le plan social. A contrario, il est aisé de comprendre que celui qui installe la discorde et la haine entre les hommes encourt la terrible colère de Dieu. Le devoir du croyant est donc de se démarquer de tout ce qui, comme les rivalités en tout genre, la jalousie, l’envie, la rancœur, peuvent susciter la haine pour ses semblables. A nos sœurs, il sera particulièrement demandé, entre autres, de combattre en elles cette tare si répandue parmi la gent féminine, et qui consiste à jeter, de façon irrémédiable, l’opprobre sur autrui, sur la base de simples apparences ou d’informations non vérifiées. Que de catastrophes de cette forme de pessimisme, toute de suspicion malveillante pétrie et qu’en langue wolof on appelle " gnaaw njort " a engendrées : ménages disloqués, amitiés brisées, haines inextinguibles entre voisins, si ce n’est sanglante bataille rangée. Combien de personnes sont devenues des ennemis irréductibles sur la base d’une opinion à laquelle on croit dur comme fer, et qui n’a été forgée que sur des " on m’a dit.... ", " je crois que.... ", " il paraît que... ".. Quelle terrible calamité, surtout si elle est renforcée par la jalousie, la médisance ou les rivalités mondaines ! Pour finir, proposons à la méditation des croyants et de nos sœurs en particulier, cette mise en garde sans équivoque de la conclusion de Jawaabu Penda Diop..... : "Sache que personne n’échappera au châtiment de Dieu sans avoir abandonné quatre vices : le Mensonge, l’Orgueil, l’Avarice, et les Mauvaises conjectures. " V- CONCLUSION
Vie édifiante, s’il en est, l’existence de Sokhna Diarra si intensément vécue, si magnifiquement pavée et de façon exclusive d’actes méritoires, ne nous laisse qu’une seule amertume : elle a été trop courte. Seulement trente trois ans.
Mais, quel séjour terrestre ! Dieu en a fait un condensé de ce qu’Il aime. N’est-ce pas Lui qui a promis les félicités éternelles aux femmes vertueuses et obéissantes ? N’a-t-Il pas dit par contre, que l’accès du paradis sera refusé à toutes celles qui ont refusé ce qu’Il a disposé pour elles :le devoir d’obéissance à l’époux qu’Il leur à choisi ? Qu’on se reporte à ces paroles du Créateur : "Leur guerre sainte est l’obéissance à leurs époux. " ou " La satisfaction de leurs époux envers elles est la condition sine qua non pour qu’elles obtiennent l’agrément de Dieu". Et le Prophète (PSL), dans un Hadith, dit : "Le Paradis est la récompense de la femme qui obéit à son époux." A cela, il a ajouté que : " Les oiseaux dans l’air, les poissons dans l’eau, les anges au ciel, le soleil et la lune demandent à Dieu de pardonner à la femme qui satisfait son époux ; quant à la femme désobéissante, Dieu s’irrite contre elle jusqu’à ce qu’elle se repente". Le Cheikh, de son côté, insiste sur le fait que "l’obéissance de la femme à son époux a une récompense égale à celle de la guerre sainte (Jihad)". Mais, dans "Mulayyinuç-çuddur", il lance la mise en garde suivante : " Une femme qui observe correctement les actes d’adoration, mais qui n’obéit pas à son époux n’ira pas au Paradis, mais à l’Acrâf ". Seydina Muhammad (P.S.L.) va plus loin. Un Hadith rapporte qu’il a dit : " Il y a deux, parmi les croyants, dont les prières ne dépasseront pas leurs épaules tant qu’ils ne se repentiront pas : l’esclave qui a désobéi à son maître, et une femme qui a désobéi à son époux". Nous le voyons donc sans équivoque. Les Ecritures Saintes ont clairement exposé ce que Dieu attend de nous et des femmes en particulier. Et plus à notre portée, "KHOURATUL AYNI" de Serigne Souhaïbou Mbacké renforcera encore davantage notre connaissance des recommandations et interdits de l’Islam à tous les musulmans et, partant, à la femme. Puisse Dieu donner à nos sœurs suffisamment de ressources morales, pour pleinement profiter de l’exemplarité de la lumineuse trajectoire de cet astre fulgurant que fut Sokhna Diarra, dans leur quête de l’agrément du Seigneur ! Qu’Allah veuille les prémunir contre les attraits, contre les chimères de la " modernité ". Le seul moteur de l’Univers est la volonté du Créateur. Puisse-t-Il nous accorder, à tous, la grâce de faire que nos désirs soient exclusivement assujettis à Ses arrêts. Que dans le cheminement ardu vers les félicités éternelles, Cheikh Ahmadou BAMBA éclaire notre route !
Publié le Jeudi 10 mai 2007 à 5:00:00 pm
Par NIAKHAPP
Je cherche Auprès de DIEU une Protection contre les malices de Satan le Lapidé - " ...je la mets sous Ta protection, ainsi que sa progéniture, contre la séduction de Satan le Lapidé " (S 23 V.36)" SEIGNEUR ! je me mets sous Ta PROTECTION contre les coups d’aiguillon des démons et je mets, SEIGNEUR ! , sous Ta PROTECTION afin qu’ils ne soient jamais présents en moi ". (S.23 V.98°) Au NOM de DIEU, le CLEMENT, le MISERICORDIEUX. Que la Prière et le Salut de DIEU, le TRES-HAUT, soient sur notre Seigneur et Maître Mouhammad, sur sa famille, ainsi que sur ses compagnons. " LES PREMICES DES ELOGES, SUR LES MERITES DE CELUI QUI EST LA CLEF (Le Prophète). " Que CELUI QUI OUVRE [DIEU] Lui accorde la Paix et le Salut, ainsi qu’à sa famille et à ses compagnons, comme IL a rempli les coupes. Ô mon DIEU ! Par la FACE de DIEU, le TRES-HAUT, le NOBLE GENEREUX, accorde Prière, Salut et Bénédiction à notre Maître et Seigneur Mouhammad auréolé d’Honneur, à sa famille et à ses compagnons, ô TOI Qui es, grâce à Lui (le Prophète) et à eux (sa famille et ses compagnons) - sur Lui les deux Prières et sur eux l’Agrément - favorable à tout ce que je sollicite ! Place ces éloges parmi les écrits de Prédilection Auprès de TOI, de Lui et de tous Tes bien-aimés- ainsi soit-il ! Ô TOI le MAITRE des Mondes ! Procure-Lui la Joie intégralement - sur Lui la Paix et le Salut - par leur transcription, leur récitation et le regard jeté sur leurs lettres, partout où on les écrit, les lit ou les regarde, et ce, jusqu’au Paradis promis aux pieux ; range-les (ces éloges), dans le Paradis, parmi ceux que chantonnent Tes Houris aux beaux yeux - ainsi soit-il ! Ô TOI le MAITRE des Mondes ! " EN VERITE, TU ES CERTES D’UNE VERTU EMINENTE." [S.68 V.4] L’Initiale " Wâw " Je me confie totalement au MAITRE du Trône, SEIGNEUR de la Générosité et du Pardon, de connivence avec l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ) et DIEU perpétue ma pureté Je me confie entièrement avec Celui qui est le Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr) à DIEU l’UNIQUE ; que les deux Prières de CELUI Qui a effacé ma vanité grâce à Lui soient sur Lui IL (DIEU) m’a préservé, grâce à Lui (le Prophète), de la vilenie, s’est accordé à réaliser mes voeux et m’a pourvu d’une exclusivité du culte par laquelle IL a enrayé mes erreurs J’ai emprunté la voie du serviteur par mon panégyrique à Mouhammad ; sur Lui la Prière de DIEU, tant qu’IL préserve mon camp Je me suis lancé dans la voie du serviteur par mes louanges à mon Intermédiaire (Auprès de DIEU) ; sur Lui les deux Prières de DIEU Qui a exalté sa Réputation Tout homme de science, d’action ou de mérite est impuissant à égaler l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ) dans son Caractère qui est Hautement Sublime Il est Prestigieux, il fait accéder à la Conjonction DIVINE, il est le Parvenu à la Proximité de DIEU, le Considérable qui a des compagnons grâce auxquels DIEU m’a dispensé du combat Il est Gracieux, Donateur, Tuteur et Intermédiaire Auprès du MEILLEUR SEIGNEUR Dont l’évocation a effacé mon laxisme Il est Impeccable, Illustre, Fidèle à l’échéance de ses Promesses c’est grâce à Lui que tous les injustes se sont écartés de mon voisinage, avec frayeur Il est un Saint-Homme, le Prophète des créatures et l’Envoyé de CELUI Qui éloigne de moi le coupable et l’agresseur Mon attachement est dévolu à mon SEIGNEUR et à Celui dont les Traces sont suivies (Al Muqaffâ), à sa faction, ainsi qu’à tous ceux qui les aiment, et DIEU est en nia faveur par le Pardon Je me confie totalement à 1’ETERNEL pour Qui je deviens un esclave et par Qui je deviens le serviteur de la Meilleure Créature, avec persévérance et pureté L’Initiale " Alîf " Je sollicite ardemment l’Agrément de CELUI Qui protège tout le temps mon intégralité, pour les compagnons de Celui dont l’amour remplit mon coeur SEIGNEUR ! sois Satisfait des compagnons du Prophète et procure-leur la joie chaque fois qu’une personne qui Le loue récite mon panégyrique Mes bien-aimés, dans les deux Demeures, sont les compagnons (du Prophète) grâce à qui mon SEIGNEUR a éloigné vers un autre que moi ceux qui ne sont point guéris (des vices) DIEU refuse qu’un autre que le Prophète soit leur Seigneur, ils ont occis les mécréants en les exterminant Ils sont des lions pour les ennemis, des flambeaux dans les ténèbres, chacun est un héros courageux, décapitant les infidèles Des lions qui, chaque fois qu’ils sont attaqués par un téméraire, ce dernier recule en lâche, pleurant et oubliant sa témérité Ô toi serviteur de l’Elu Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr) ! N’oublie pas ses compagnons, car quiconque les oublie dans son panégyrique, celui-ci est erroné Abû Bakr le véridique, l’homme de la vérité et de la fidélité, le compagnon du Prophète, l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ), la grotte en est témoin Abû Hafç le discriminateur (Al Fârûq) (notre seigneur CUmar) dont l’égal est rare, c’est grâce à lui que la Religion de l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ) s’est fortifiée à ses moments les plus secoués Y’a-t-il parmi les compagnons un seul qui ressemble au fils de CAffân (notre seigneur CUthmân ) qui est imbu de pudeur ? il possède une lumière puis une autre, quelle merveilleuse position ! Le père des deux petits-fils de l’Elu Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr), Celui-ci étant son cousin (Notre seigneur Ali), est éminent et privilégié ; ô quel brave héros ! Ô vous compagnons de l’Envoyé d’ALLAH ! je suis quant à moi son serviteur épris de vous pour l’Amour de DIEU, et DIEU en est TEMOIN L’Initiale " Nûn " L’amour de DIEU m’a empêché de pencher vers ce qui n’est pas choisi - Qu’IL est BON SURVEILLANT ! - et certes la Vérité est la chose la plus convenable J’ai banni le faux, étant esclave de mon SEIGNEUR exclusivement et serviteur de Celui que les langues sont impuissantes à louer convenablement J’ai démoli l’édifice du mensonge par la Vérité, en faisant le panégyrique de Celui dont la Singularité du Caractère est Au-Dessus de tout autre caractère J’ai pour ambition l’évocation et la reconnaissance en permanence Envers DIEU, étant le serviteur du Meilleur des humains ; qu’il est Parfait, l’Homme paré des Vertus ! Il est le Prophète-Envoyé, il est le Meilleur Serviteur et Seigneur, il est l’Ami Intime et le Bien-Aimé, son égal ne se trouve nulle part Il est l’Interlocuteur, le Proche, l’Evocateur et le Reconnaissant, Il est un Généreux et un Honorable qui pratique la bienfaisance par des actions nobles et généreuses Il est le Pur, le Pieux, le Vertueux, Il est le Réparateur et le Porteur de Bonnes Nouvelles pour ceux qui se soumettent à DIEU par la Vérité Il est le Célèbre, le Poli, le Pudique, le Bien-Eduqué, l’Avertisseur pour ceux qui manifestent la négation et le péché de l’association Il est Bon Conseiller, sans mauvaise intention, il est un Docte Bien Instruit, il est un Munificent qui parle avec douceur Il est Bien Elevé, Merveilleux, Il est Laborieux, c’est Lui le Dévot, Il est Celui qui prescrit et proscrit, il est Celui qui s’attache constamment à la bienfaisance Il est le Chef, Il est Vigilant, il est le Répondant, il est Pur de tous les vices, Il est le Messie, Il est le Tuteur qui efface et embellit Il est Bien-Né, Glorieux, Riche en Dons, Il est à la Tête des créatures, Il est l’Archétype (de l’Humanité) " an-Nâs " et la Balance (al Mizân) ; qu’Il est solidement Bien Raffermi ! L’Initiaîie " Nûn " Il est un Prophète à la Dignité Incommensurable bien connue, c’est Lui l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ), le Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr) et c’est Lui en vérité le Désigné Sa Prophétie a existé avant la création ; n avait donc une Primauté alors que l’Aïeul Adam était latent dans la boue Il est le Secourable, le Très-Glorieux, il est Celui qui fait parvenir (à DIEU) celui qui se dirige vers Lui, Il est Eminent, Précellent, Munificent et Prédicateur Mon bien, ma longévité et mon bonheur, sans peine, me seront assurés par ma qualité de serviteur de l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ) Son Exhortation m’est parvenue secrètement et manifestement, et c’est grâce à Lui que le CLEMENT m’a accordé un voile qui m immunise Je vise l’Agrément du CLEMENT dans le service que je rends à Celui qui a écarté de ma direction ceux qui ne sont pas soumis DIEU a expulsé loin de mon voisinage le jaloux au Nom du Prophète et a conduit loin de moi ceux qui se perdent en conjectures L’UNIQUE DOMINATEUR m’a défendu grâce à Lui contre les ennemis qui, un à un ou deux à deux, se sont dispersés et se sont ramollis J’ai, par sa Grâce, ensemencé une terre dont les produits sont purs ; sur Lui les deux Prières du MEILLEUR POURVOYEUR Qui raffermit Sa Pureté Morale m’a intégralement débarrassé des vanités et, s’il plaît à mon SEIGNEUR, je vivifierai sa Tradition J’ai acquis la pureté de l’âme par ma qualité d’esclave de mon SEIGNEUR et de serviteur du Prophète, et grâce à Lui, le REGISSEUR a purifié ma vie et ma demeure J’ai l’intention de rendre grâce de ce dont je suis privilégié, par le service du Meilleur des humains ; qu’Il est Bon, le Modèle Désigné ! L’Initiale " Kâf " J’écris et suis totalement séparé du péché et de l’associationnisme, mon SEIGNEUR ayant accepté à jamais la transaction que j’ai faite en renoncement Mes paroles, mes intentions et mon action sont tournées vers CELUI Qui m’a préservé du mal, du danger et du doute Le GARDIEN-VIGILANT et DEFENSEUR m’a préservé de l’ensemble des ennemis et m’a attiré des partisans par qui je révèle ma dévotion J’écris et mon intention est de rendre grâce à mon SEIGNEUR, m’adressant à Celui dont l’amour a éloigné l’affliction de mon coeur Tu es Honorable, Tu es Au-Dessus de tous, ô Meilleur Envoyé ! que la Prière dont la suavité de l’odeur est au-dessus de celle du " musk " (2) se répande sur Toi Tu as dissipé les ténèbres et nous as tous guidés, sur Toi un Salut dont l’exhalaison surpasse de loin celle du " bunkj " (2) Mes afflictions - ô Toi la Clef (de DIEU) ! - Tu les as effacées en moi, de même que, jadis, Tu as chassé les ennemis, l’ignorance et l’imposture Tu as habillé le nu, de même que Tu as nourri la famille et affranchi le prisonnier de son carcan, ô Toi qui es le Meilleur Libérateur ! Tu as dissipé les ténèbres de mon coeur et m’as totalement défendu par la Protection de CELUI Qui, chaque fois qu’un plaignant s’adresse à LUI, IL le satisfait Tu m’as donné à boire dans tes Coupes avec une grande Joie et m’as apporté des flots d’inspiration qui font oublier l’océan et les bateaux (les felouques) Ton Livre est ma Religion, Il est mon Ami et mon Familier, c’est par Lui que le RECTEUR m’a dirigé et a purifié mon âme Un Livre Honorable en Provenance du TOUT-GENEREUX Qui Honore grâce auquel je suis préservé des ennemis, du péché et de l’associationnisme L’Initiale " Lâm " Je témoigne reconnaissance à mon MAITRE (DIEU), car c’est LUI Qui m’a brisé le carcan, IL m’a attiré un flot de Générosité qui méprise La mer et l’averse La louange LUI revient, de même que la reconnaissance, sans limite, c’est LUI L’UNIQUE, le POURVOYEUR Qui accroît ce qui est peu Ma reconnaissance LUI revient après ma louange, en ma qualité d’interlocuteur de Celui dont la Libéralité m’a accordé des dons qui méprisent l’averse Tu as la Primauté et la Précellence, ô Toi le Meilleur Seigneur Auprès de l’UNIQUE DOMINATEUR, le MAITRE TRES-HAUT des créatures ! A Toi la Connaissance, les Actions et le Bien tous ensemble ; sur Toi la Bénédiction de DIEU, Toi qui es Au-Dessus de l’espèce (Adamique) A Toi L’Avantage, Toi qui es le Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr), ô Toi le Seigneur des créatures ! sur Toi la Paix de DIEU Qui a effacé l’avilissement Tu es certes le Guide des Envoyés, de source autorisée, ils T’ont reçu lors de ton Voyage Nocturne (Isrâ) et chacun a prié (derrière Toi) Tu as porté le Vêtement de l’Honneur, de la Précellence et de l’Eminence et il y a en Toi des Qualités Morales qui sont Au-Dessus de tout Tu as rencontré de la part des ennemis des obstacles qui ont prouvé à nous tous que Tu es le Héros qui dérouta leur cohorte Celui qui vient à Toi pour chercher la Grâce et la Bonne Direction sera comblé de Dons du Porteur des Bonnes Nouvelles qui repoussent la pauvreté et le dénuement Celui qui Te vient sous l’impulsion de l’ignorance et de la témérité rencontrera un châtiment atroce qui entraîne la pauvreté et la mort En ta faveur, je cherche tout le temps Auprès de DIEU qu’IL répande Sa Prière et Son Salut sur Toi, ô Toi qui as brisé le carcan ! L’Initiale " CAyun " C’est à DIEU Qui m’a apporté la Loi au Nom de l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ) que je m’abandonne comme un serviteur engagé sans achoppement C’est sur LUI que je m’appuie, en LUI rendant grâce dans le service de l’Esclave (de DIEU) qui a effectué, grâce à LUI, le Voyage Nocturne Au-Delà des sept Cieux Sur l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ), le Meilleur des humains, en l’occurrence Mouhammad, la Prière de CELUI Qui m’a accordé un Don qui perpétue ma fortune Sur Toi la Prière de DIEU, ô Meilleur Elu ! , accompagnée de Son Salut, ô Toi qui es venu pour la Bonne Guidée du Tronc et des Branches ! (de l’Arbre du M onde) Sur Toi la Prière et le Salut de CELUI Dont tout dépend, de même qu’IL m’a, grâce à Toi, accordé les qualités éminentes et le retour Sur Toi une Prière et un Salut englobant toute ta faction, de la Part du VASTE, 1’ETERNEL Qui perpétue ma liberté Tu es élevé Au-Dessus de tous et ne saurait T’affronter que la personne vouée à la damnation, qui s’expose à la malédiction et au repoussement Je me réfugie en CELUI Qui T’a élevé à la Qualité d’Esclave, de Seigneur, d’Ami Intime, de Bien-Aimé, m’accordant définitivement Son évocation Ses Dons sur terre et en mer (en nia faveur) m’incitent à LUI témoigner reconnaissance depuis qu’IL a apaisé mon âme et pourvu à ma subsistance Ses Merveilles me sont apparues en mer et sur terre, par le fait que Tu es mon Patron et cela m’a bien profité Ma science, ma connaissance ésotérique et mes actions sont, grâce à Toi, impeccables et exclusives pour CELUI Qui m’a accordé les Ecrits et la Loi Tu as effacé ma peine par la VOLONTE de DIEU, et CELUI Qui a éloigné l’achoppement vers un autre que moi a purifié ma vie SEIGNEUR ! Ô TOI le RECTEUR ! Ô TOI le NOBLE-GENEREUX ! Ô TOI la PAIX ! Ô TOI le DIGNE de RECONNAISSANCE ! Accorde Prière, Salut et Bénédiction à notre Seigneur, notre Chef, Mouhammad, le Mieux-Guidé, l’Anobli, le Pacifique, le Loué, à sa famille et à ses compagnons, une Prière, un Salut et une Bénédiction par lesquels tout autre que Lui l’envie tout le temps. L’Initiale " Lâm " Mon intégralité se dirige vers l’Unique MAITRE des créatures, en raison des Dons qu’IL a choisis en ma faveur et ce, en me délivrant de tout malfaiteur et de tout incapable à ma charge Ma langue, mes plumes, mon coeur et mon corps sont consacrés à CELUI QUI CONFERE LA SUFFISANCE, le NOBLE-GENEREUX et PROFITABLE Qui est Trop Elevé pour avoir un égal IL nous a envoyé le Prophète Choisi le Meilleur, Celui qui est préposé au Premier Rang de Serviteur, l’Ami Préféré et le Bien-Aimé qui est Au-Dessus de l’élite Il Lui revient tout le temps mes louanges, en ma qualité de serviteur et d’interlocuteur, c’est grâce à Lui que le plus bénéfique de ce qui est licite me revient dans ses louanges A Toi les Illustres Miracles, ô Toi le Meilleur Seigneur ! sur Toi la Prière de DIEU ô Toi l’Artisan de l’Unité ! Tu es le Vrai Patient, le Reconnaissant, le Bon Conseiller ; sur Toi le Salut d’ALLAH, ô Toi qui effaces l’ignorance ! A Toi les Miracles extraordinaires qu’a Jadis opérés sans conteste l’ensemble des Envoyés C’est vers Toi qu’a marché le grand arbre par son tronc à ton appel, de même qu’une lune s’est fendue, portant avantageusement témoignage à la circonstance Il revient à CELUI Qui a révélé les Versets par lesquels Tu m’as dirigé, formant un Livre Précieux qui a rendu évidente la Vérité par discernement Ma langue et mes autres membres, comme mon service par eux, grâce à Toi, je LUI confie mon esprit, mon âme et mon action Il Lui appartient tout le temps mes intentions, ma science, mon service, mon âme, mon corps et mon intégralité, sans les dissocier Tu es le Vrai Ami, le Plus Cher, ô Meilleur Intercesseur ! l’ETERNEL Qui est le GARANT de mon intégralité n’a pas créé ton égal L’Initiale " Yâ " Partout où je me trouve, ô mon Vivificateur ! mon coeur et mon esprit Te rendent instantanément visite avec une grande joie Mon éloge auquel j’exhorte mon âme énumère tes Dons Merveilleux qui sont interminables Ma conviction m’empêche d’abandonner l’éloge d’un Chef au Nom duquel l’ETERNEL m’a préservé des injustes et des égarés Il incombe à ma main droite un tribut d’écrits agréés, au service de mon Ami Préféré qui est le Maître de Médine, étant moi-même comblé de dons Sur Toi la Prière et le Salut de CELUI grâce à Qui Tu ébranlas les ennemis par ta poignée (de sable) que Tu lanças Il Te parvient de ma part à toute heure et à chaque instant un agrément et une reconnaissance accompagnés de mon amour envers le VIVANT (DIEU) Que l’ETERNEL Qui m’a favorisé de Sa Révélation répande Sa Prière et Son Salut sur Toi, sur ta famille et sur tes compagnons L’ETERNEL T’enchante par mon écrit, à titre de Considération, même si je me trouve éloigné de la terre de Médine Mon SEIGNEUR écarte grâce à Toi, vers un autre que moi, tout ce que je n’aime pas, Ici-Bas et dans l’Au-Delà, ô Toi qui m’assures la Protection ! L’ETERNEL me fait parvenir les Bonnes Nouvelles du PROFITABLE tout le temps grâce à Toi, ô Toi le Digne de Primauté, de Précellence et d’Autorité ! Mon intégralité glorifie la Tienne, Aujourd’hui et Demain, et s’il plaît à mon SEIGNEUR, point on ne me verra me lasser Mon tout vient fortifier mon lien d’amitié et mon service, grâce à Celui qui m’a accordé d’emblée la meilleure des stations L’Initiale " Khâ " C’est par la BONTE de DIEU que je me suis départi de tout ce qui entraîne la réprimande, qui est dirigée vers des gens qui n’ont aucun lien avec moi J’ai abandonné, par la BONTE de DIEU, tout ce qui est vanité pour me diriger vers la VERITE (DIEU), et ma foi s’affermit par la GRACE de DIEU Les Magasins de mon SEIGNEUR me sont ouverts et ont éloigné vers un autre que moi le mal de la vie d’Ici-Bas, de celle de l’Au-Delà et de celle de l’Isthme (Bazakh) Reçois de ma part une reconnaissance et accepte-la de manière à m’accorder de la promotion et apporte par elle la Joie à l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ), ô TOI le MEILLEUR RECTEUR Qui investis ! Je suis sorti de tout mal, en compagnie de l’Effaceur des péchés, par la BONTE de mon SEIGNEUR, et jamais ne se dirige vers moi un superbe Ton Discours, ô Meilleure Créature !, fait mon bonheur et me rassurera intégralement le Jour où on soufflera dans la Trompette Tu as refoulé les ennemis et éloigné les pervertis vers un autre que moi, alors que chacun cherchait à me nuire Ton serviteur est satisfait de Toi, accepte sa reconnaissance pour la FACE de CELUI grâce à l’amour de Qui, il s’anéantit en Toi Ses fautes se sont effacées après un repentir Auprès de l’ETERNEL à Qui revient l’esclave (le Cheikh) qui s’humilie Devant LUI Accepte mon service, ô l’Elu Choisi le Meilleur !, en cette année, pour l’Amour de DIEU ; sur Toi les deux Prières de CELUI par la BONTE de Qui je me réjouis en Toi Je me suis départi de ce qui est abject, par la Seule GRACE de DIEU, et la transaction que j’ai faite avec LUI est un contrat irrévocable Ma sortie en ta compagnie pour l’Amour de mon SEIGNEUR a eu lieu antérieurement à l’an 1325 H ; et se dirigera vers tout autre que moi et jamais dans ma direction, celui qui fait des remontrances SEIGNEUR ! Accorde de ma part Paix, Salut et Bénédiction à notre Seigneur et Maître Mouhammad, à sa famille ainsi qu’à ses compagnons et ce, tout le temps ; mentionne-Lui une Joie autant de fois que le nombre de lettres de cet éloge. Ainsi soit-il ! ô TOI l’ETERNEL ! L’Initiale " Lâm " Ma sortie (départ en Exil) et mon retour à ma demeure ont effacé mon instabilité d’antan A LUI également la reconnaissance, après une louange éternelle sur 1’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ), la Meilleure Créature qui est Favorisée Je finis par être un esclave de mon SEIGNEUR TRES-HAUT et un interlocuteur de Celui dont l’Avantage est évident aux yeux de celui qui est doué de finesse Le verset : " IL vous est parvenu... " (S.9 V.129) nous est parvenu faisant ton Eloge de la Part de DIEU, MAITRE du Trône Glorieux, Qui accorde la Précellence Il figure dans le CORAN des passages qui montrent ta Primauté qui procure des Dons complémentaires C’est Toi qui as reçu primordialement la Prophétie alors que Adam se trouvait (en latence) entre l’eau et l’argile Il échoit à chacun de l’Elite des êtres des avantages et des mérites, mais nul esclave n’est semblable au fils d’Abdallâh Auprès du SUBLiME Chacun des Seigneurs a du prestige et de la considération, mais le Rang de l’Eu le Plus Pur (Al Muçtafâ) le Bienveillant, est le Plus Elevé Certes si les Envoyés Prédécesseurs ont manifesté des Signes, c’est grâce à Toi qu’ils les ont obtenus de la Part de CELUI Qui accorde les Avantages Je me soumets entièrement, grâce à Toi, au MAITRE du Trône, et mon viatique jusqu’à (l’entrée) au Paradis est la Meilleure Révélation (le CORAN) Je sollicite pour Toi Auprès de mon SEIGNEUR Ses deux Saluts tout le temps, pour ta famille, ainsi que pour tes compagnons, ô Meilleur Envoyé ! Ma reconnaissance, après la louange, sans hésitation, est témoignée à mon SEIGNEUR Qui a rendu inoffensifs à mon égard les ennemis grâce à Toi L’Initiaîie " Qâf " Mes préoccupations se sont désormais tournées vers CELUI Qui a séparé la masse (jadis) compacte Ma plume endosse une dette d’action de grâce envers LUI, pour ma séparation sans altercation des téméraires et des libertins La haine des fauteurs d’associationnisme m’a attiré tout ce que j’espérais, et certes je suis quant à moi reconnaissant d’une telle séparation Les coeurs de ceux qui sont hostiles se dirigent vers tout autre que nous, de même que leur corps, et DIEU assure la pérennité de ma demeure Je me propose d’être reconnaissant à DIEU, d’une reconnaissance convenable, m’adressant à la Meilleure Créature, tant par son Physique que par son Caractère Tu es Prééminent, par la VOLONTE du SUBLIME, ô notre Prophète Envoyé ! Tu as obtenu la Précellence, ô Toi le Défenseur de la Vérité par la Vérité ! DIEU Ta révélé des versets qui ont chassé vers un autre que moi toutes les créatures sauf celles qu’IL m’a choisies J’ai vaincu par eux (les versets) les envieux ; ils forment un Bouclier par lequel 1’ETERNEL m’a préservé et a élargi mon horizon Leur récitation est mon trésor, mon prestige et ma force, j’ai eu à jouir pleinement, grâce à eux, de ma qualité de véridique Auprès de DIEU Je me suis rapproché par eux du REVELATEUR disposé à mon égard ; grâce à eux, je L’ai rendu Satisfait de moi par ma reconnaissance, par l’action et par la parole Je me suis rafraîchi les yeux avec eux et ils ont enchanté mon âme ; c’est par eux que je suis parvenu à DIEU Qui Ouvre et Qui Ferme DIEU a satisfait mes besoins grâce à Celui qui nous les a apportés et je suis assurément, par eux, un serviteur engagé avec liberté L’Initiale " CAyn " Je sais- en produisant des choses merveilleuses par Inspiration DIVINE - que le NOVATEUR repousse tout le temps le malheur Je sais pertinemment que le MAITRE du Trône a un Pouvoir sur toute chose et qu’IL est tout le temps pour moi un Refuge C’est sur LUI que je m’appuie par l’intermédiaire du Prophète, sur Lui la Prière de DIEU ; qu’Il est Bon Celui dont l’Intercession est agréée ! Sur Toi un Salut de la Part du SEIGNEUR TRES-HAUT, sur toute ta faction, ô Toi qui intercèdes en faveur des créatures ! Ma peine, Tu l’as effacée avec la Permission de DIEU, de la même façon qu’IL m’a apporté ce que j’espérais et convoitais Sur Toi les deux Saluts de CELUI Qui m’a bien guidé et Qui m’a bien préservé, en ta Qualité de Créature qui éblouit tous les autres êtres illustres Tu es connu comme Intercesseur, Libérateur et Sauveur ; c’est par Toi que DIEU m’a apporté ce qui est utile tout le temps Ma science, mes connaissances gnostiques, DIEU me les a procurées grâce à Toi, car Tues le Sélectionné et le Chef Suprême Il m’incombe, pour la FACE de DIEU Dont la MAJESTE est SUBLIME, envers Toi, tout le temps, des louanges qui exaltent tes Dons Mes défauts étaient jadis une pléthore, mais Tu les as effacés alors que je m’humiliais Devant le GLORIEUX, par le truchement de l’Effaceur (des péchés) J’ai pardonné à l’ensemble des ennemis pour l’Amour de Celui qui les a chassés définitivement vers tout autre que moi, et point je n’ai jugé utile de me défendre J’ai une connaissance certaine que mon MAITRE est en ma faveur et que Celui dont les Traces sont suivies jette l’anathème sur toute personne qui me hait L’Initiale " Zhâ " Mon fief J’ai souffert jadis auprès des ennemis, en menant la Guerre Sainte de l’âme et en m’adressant à Celui qui les a repoussés hors de ma portée L’Apparition de l’Envoyé de DIEU en nia faveur m’a accordé la réalisation des voeux et il a rejeté loin de moi tout mal J’ai atteint le rang de serviteur de l’Elu le Plus Pur (Al Muntaqâ) c’est Lui qui me garde et je ne fais que mettre en évidence les Bienfaits de DIEU J’étais assoiffé et je suis parvenu à la Mer (au Savantissime : le Prophète) dans l’océan [où je fus jeté] pour servir Celui dont les Propos méprisent le Hyacinthe Le Sélectionné (Al Muntaqâ) a jadis dissipé mes ténèbres définitivement (à l’occasion de mon voyage) en mer, jamais je ne rencontrerai quelqu’un au coeur dur Tous mes récipients ont été jadis présentés au Prophète, et chacun (d’eux) a débordé au-delà de l’attente Je crois obtenir tout ce que je cherchais en toute chose par la pureté, et mon SEIGNEUR éloigne vers tout autre que moi tout ce qui m’encombre Assurément, l’assoiffé qui aspire au Modèle (le Prophète) est celui dont la soif sera étanchée, la faim assouvie et qui se réjouira du regard que lui jettera le Prophète Les ténèbres de celui qui se dirige vers l’Effaceur (des péchés) sont ceux de la personne dont le coeur sera illuminé et la ternissure enlevée L’apparition manifeste à nia personne des compagnons du Sélectionné (Al Muntaqâ) me garantit, et je suis l’objet de crainte à l’endroit des ennemis Mon fief (perdure) jusqu’au Paradis de 1’ETERNEL, de même, mes assemb1ées et mon patrimoine sont assures par un DEFENSEUR Qui écarte (le trouble) L’initiale " Yâ " Mon SEIGNEUR me préserve, c’est LUI Qui vivifie mes assemblées au Nom de l’Envoyé de DIEU dont je vivifie moi-même la Voie Mon SEIGNEUR a préservé de tout mal ma main, ma langue, ainsi que mon coeur et mon corps et a effacé ma vanité Mon panégyrique vulgarise la totalité des Avantages que le Prophète a obtenus ; il est l’Océan qui réalise (les voeux) et fait disparaître (le mal) La Main Droite du Prophète renferme des Dons gratuits pour tout solliciteur ; sur Lui la Prière de DIEU, le MAI’rRE du Pardon et de la Droiture La Main Gauche du Prophète renferme des Secrets contre celui qui est hostile ; sur Lui le Salut de DIEU Qui écarte les rebelles Mon intégralité est dans son voisinage en Lui rendant service ; grâce à Lui et par Lui, j’ai obtenu la proximité après avoir été éloigné Il m’assimile à la famille et aux compagnons et ce, éternellement, et m’a accordé un secret que Seul le VIVIFICATEUR connaît Sur Lui la Prière et le Salut de l’ETERNEL, sur sa famille et sur ses compagnons ; c’est grâce à Lui que j’ai obtenu le raccourcissement (de mon périple vers DIEU) Que CELUI QUI CONFERE LA SUFFISANCE, sans peine, ni thésaurisation, prie sur Celui qui est Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr) sur sa famille toute entière et sur ses compagnons Les dons qu’on m’a accordés se sont adressés à moi en ces termes : " fais-Lui un éloge merveilleux qui convainc le détenteur du meilleur avis " Mon état d’âme (Lisânul Hâl) m’a inspiré ceci : "sois le serviteur de Celui qui t’a défendu contre les difficultés par la GRACE de DIEU, avec attention" L’ETERNEL Qui m’aime me préserve de Ses ennemis jusqu’au Paradis ; IL vivifie, au Nom du Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr), mon intégralité SEIGNEUR ! Accorde Prière, Salut et Bénédiction à notre Maître et Seigneur Mouhammad, à sa famille et à ses compagnons et mentionne en sa faveur, pour chacune des lettres (de ce poème), les réjouissances de l’ETERNEL et ce, tout le temps. L’Initaile " Mîm " J’ai possédé Auprès de mon SEIGNEUR un avantage qui surpasse de loin les flots et l’océan, grâce au panégyrique de Celui qui m’a fait oublier le mal du navire, ainsi que son angoisse Mes intentions et mes besoins sont adressés à mon SEIGNEUR par la louange et la reconnaissance et IL est en ma faveur en me comblant de Présents Mon seul destin est d’être l’esclave de mon SEIGNEUR et le serviteur de Celui à qui je m’adresse par l’action de grâce, l’amour et la résolution Tes Dons Eminents, ô Toi qui es mon tout !, sont évidents aux yeux de tous, mais ceux-ci (les Dons) sont Au-Dessus du poème et de la versification Les Stations Spirituelles (Maqâmât) de la Meilleure Créature sont méconnues de tout autre que son SEIGNEUR et pour cela, réfère-toi à la Sourate intitulée " L’Astre " (Sourate 53) Point une créature n’est semblable à Mouhammad, le Choisi le Meilleur (Al Mukhtâr) sur Lui les deux Saluts de CELUI Qui Détient le Commandement et le Jugement Mouhammad le Célèbre, l’Effaceur (des péchés), le Généreux, la Noblesse est sa Particularité, Il est exempt de tout défaut Il est Celui qui exauce, Il est l’Exaucé, l’Agréé, Il est la Terreur des ennemis, le Légaliste et Il est l’Envoyé auprès des arabes et des autres peuples Il est l’Illuminateur, Il a dissipé nos terreurs, il est la Solution, il est Avenant et il est préservé des humains et de l’illusion C’est un Abîme de Sciences, il est l’Espérance, Il est une Faveur pour nous tous, Il est Intrépide, Il délivre des péchés et de l’injustice DIEU a effacé en moi, au Nom du Prophète, tout ce qui est faux et c’est par Lui que je suis devenu un esclave serviteur exempt de chagrin C’est Auprès de DIEU, le MA1TRE du Trône, que je sollicite la Prière et le Salut en faveur de l’Elu le Plus Pur (Al Muçtafâ) qui dépasse l’océan de très loin SEIGNEUR ! Par la Seule FACE de DIEU le TRES-HAUT, le NOBLE-GENEREUX, accorde Prière, Salut et Bénédiction à notre Seigneur et Maître Mouhammad, à sa famille et à ses compagnons. Procure-Lui la joie pour chacune des lettres de ce panégyrique composé en acrostiche de l’Eloge que TU Lui as fait (Sourate 68 Verset 4). Que la Paix, le Salut et la Bénédiction de DIEU, le TRES-HAUT, soient sur Lui. Ainsi soit-il, ô TOI MAITRE des Mondes ! Combien GLORIEUX est ton SEIGNEUR ! SEIGNEUR de la TOUTE-PUISSANCE, se dérobant à tout ce qu’ils imaginent - Paix sur les Envoyés - Louange à DIEU, MAITRE des Mondes. NOTES 1- L’Initiale "Wâw" Ce poème est versifié en acrostiche. La dédicature est le verset 4 de la 68e sourate du CORAN, dans lequel DIEU fait LUI-MEME l’Eloge du Prophète : " En vérité, tu es certes d’une Vertu Eminente. " Ici, le Cheikh, dans son génie, a composé 12 vers par lettre et chaque vers se termine en plus par cette même lettre, soit pour les 16 lettres du verset, un poème de 192 vers. 2 - Les expressions qu’utilise le Cheikh dans ces vers sont des métaphores que le génie de la langue arabe emploie généralement pour mettre en relief l’excellence d’un bienfait ou d’un bien par comparaison à la suavité de l’odeur d’un parfum de qualité. Donc le Cheikh met en exergue ici l’excellence de la Prière et du Salut qu’il formule à l’intention du Prophète. 3 - Voir CORAN Sourate 21 - Verset 30 : "Eh quoi ! Ceux qui sont infidèles n’ont-ils pas vu que les Cieux et la Terre étaient une masse compacte, que Nous les avons séparés et que ..... " 4 - " Fief " On aurait dû traduire littéralement par " ombre " mais nous avons préféré le terme " Fief " pour mieux serrer ce qu’exprime le sens du mot arabe " Zhilâl " dans le texte, à savoir : " ce qui est sous mon. Aile protectrice ". |
Publié le Jeudi 10 mai 2007 à 4:00:00 pm
Par NIAKHAPP
 | " Yâ ayuhal lazina âmanô wa hamilu s sâlihâti " Ô vous, croyants véridiques, constants dans la vertu, prenez grand soin de bien choisir les noms que vous donnez à vos enfants. Cela peut être d’une grande importance pour leur destin. Nous tenons de Ghazali que le fait de donner le nom d’un saint qui a rencontré l’agrément de Dieu à son enfant est un moyen de faire rejaillir sur lui l’aura de l’homonyme et de lui faire acquérir certaines des qualités qui l’ont distingué aux yeux de Dieu. Cheikh Ahmadou BAMBA a donc eu la " main heureuse " en donnant à ce fils, né en 1915 à Diourbel et qui allait devenir le cinquième Khalife de sa communauté, le nom de Saliou. Nom prédestiné s’il en est, Saliou qui signifie la Vertu colle admirablement bien à notre héros.Dès son accession aux fonctions de Khalife en 1990, après le bref magistère de Serigne Abdou Khadr, Serigne Saliou a tout de suite donné le ton en précisant, de façon claire et indubitable, la ligne qu’il entendait imprimer à son action à la tête de la Communauté mouride. En effet, dans son mémorable discours inaugural, il a, d’emblée, indiqué que, hormis l’Islam et par conséquent la gestion de l’héritage de Serigne Touba Cheikh Ahmadou BAMBA, rien ne saurait retenir son attention, encore moins susciter de sa part commentaires ou directives quelconques. Les choses étaient claires et chacun savait désormais à quoi s’en tenir. Fidèle à cette " profession de foi ", il est demeuré constant dans sa position, avec, comme unique préoccupation, la promotion de l’Islam à travers la fructification du legs de son illustre père.Dans cette entreprise colossale, Serigne Saliou est servi, avec bonheur, par un connaissance insondable du Coran et des Sciences religieuses, une générosité incommensurable et une humilité indescriptible. Homme très intelligent et très cultivé, il a une claire conscience des enjeux qu’implique sa mission de Khalife, et surtout, il mesure à sa juste valeur l’impact que la conjoncture internationale peut avoir sur le devenir de l’Islam dont il est l’un des plus ardents défenseurs. Très ouvert à la modernité et au progrès, il est cependant d’une fermeté inébranlable et d’une vigilance absolue dans sa croisade pour la défense de la pureté de l’orthodoxie musulmane, à l’instar de son père.Un fait très révélateur de la hauteur de vue de Serigne Saliou et de sa détermination à marcher sur les traces de Cheikh Ahmadou BAMBA dans le sens de la défense et de l’illustration de l’héritage de Seydina Muhammad (P.S.L.), sans autre considération, est l’acquisition en janvier 2002, à grand frais, d’un imposant immeuble à Taverny, en France.Qu’en a t-il fait par la suite, lui qui sait qu’il ne mettra jamais les pieds en France ?Il l’a tout simplement mis à la disposition de tous les musulmans qui peuvent y pratiquer, comme il l’a fait préciser, leur religion dans la paix, dans l’amour et le respect de l’autre et en parfaite conformité avec les lois de la République. Le détail est important. N’est-ce pas là la vraie image de l’Islam universel ? C’est un Islam à hauteur d’homme, fondé sur les valeurs de la paix, de la solidarité, de l’amour du prochain, de la noblesse des sentiments, du dépassement. C’est un Islam qui n’est synonyme de panarabisme mais simplement humain, qui ouvre les bras, sans distinction, à toutes les diverses composantes de l’humanité.C’est un Islam expurgé de tous les germes de la violence, de la discrimination et de l’intolérance, respectueux des lois et qui ne peut, en aucun cas être une menace pour la stabilité de la société. En réalité, c’est ça le véritable héritage de Cheikh Ahmadou BAMBA que Serigne Saliou. |
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Publié le Jeudi 10 mai 2007 à 3:00:00 pm
Par NIAKHAPP
Le sentiment le mieux partagé qui habite la communauté islamique sénégalaise à l’évocation du khalifat de Cheikh Abdou Khadr MBACKE est assurément l’amertume. En effet, seulement onze mois d’exercice pour ce quatrième Khalife de Cheikh Ahmadou BAMBA. Nous ne pouvons nous départir du sentiment, de la conviction même, que la communauté mouride, en particulier, a trop tôt été sevrée de cette mamelle nourricière si prodigue en avantages, en bénéfices et en profits de toute sorte.Nous en sommes d’autant plus convaincus que la simple évocation de certaines circonstances ayant entouré sa naissance, une nuit de vendredi de l’an 1914 à Daroul Alim (Alimoun Khabir) de NDAME renforce cette impression de symphonie inachevée. Dès qu’on lui a annoncé l’heureux événement, Cheikh Ahmadou BAMBA a convoqué son frère et homme de confiance, Serigne Thierno Ibra Faty (Mame Thierno) de Darou Moukhty pour lui confier la mission de se rendre à NDAME dans le but de faire le nécessaire requis par la circonstance . Au moment du départ, après lui avoir donné sa bénédiction, le Maître dit à Mame Thierno : "Au nom et par la baraka de ce nouveau-né que tu vas visiter, sache qu’au cours de ton voyage, à l’aller comme au retour, tous ceux que tu auras à rencontrer ou à voir sont préservés des flammes de l’enfer ! "Ainsi, dès sa naissance, Serigne Abdou Khadr a commencé à incarner le bras vigoureux par lequel, Cheikh Ahmadou BAMBA a pourfendu, a fracassé tous les obstacles qui se dressent entre les créatures et leur salut. De tout temps, il a eu une influence bénéfique sur son entourage. Par la parole et par l’exemple, il a toujours eu à cœur d’inciter ses semblables à se consacrer sans réserve à Dieu et à son Prophète (P.S.L.)L’imagerie populaire a voulu voir en Serigne Abdou Khadr la réincarnation de Cheikh Ahmadou BAMBA parce qu’en lui se retrouvent la plupart des traits de caractère qui ont distingué le Cheikh. Et, pour étayer cette thèse, les raisons ne manquent pas.Sa mère Sokhna Aminata BOUSSO est la fille de Serigne MBOUSSOBE, un frère de Sokhna Diarra, la mère du Cheikh. Ainsi, de par sa mère, Serigne Abdou Khadr aurait été le neveu du Cheikh s’il n’avait été son fils. De cette naissance, il a hérité d’une piété si profonde que nul n’est surpris que, tout naturellement, il ait exercé, toute sa vie durant les fonctions d’Imam. D’ailleurs, depuis 1968, date de la disparition de Cheikh Mouhammadou Fallilou MBACKE, c’est lui qui a régulièrement officié à la Grande Mosquée de Touba. Très tôt, sous la férule de Serigne Ndame Abdourahmane LÔ, il a maîtrisé le Coran. C’est pour ensuite se rendre à GUEDE dans le but d’étudier les Sciences Religieuses, études qu’il complètera auprès de Serigne Modou DEME, un érudit incomparable qu’on désigne d’ailleurs par le surnom révélateur de "Alimu Soodaan. "A l’instar de son Père et Maître, il a désormais inscrit sa démarche sous ce qu’on peut appeler le label "al istikhama", c’est à dire la droiture, cette droiture sous tendue par la mesure, l’équilibre et qui est la marque distinctive des élus de Dieu. Autant le Cheikh disait à qui veut l’entendre que ses ennemis peuvent tout dire de lui sauf qu’ils l’ont vu ou entendu, un jour, faire ou dire quelque chose que Dieu réprouve, autant Serigne Abdou Khadr mettait un point d’honneur à être ce pôle vers lequel convergent tous les cœurs qui cherchent un modèle de droiture susceptible de les conduire sur la voie dénommée "Siraatal mustaxiima."Il n’était certes pas le plus âgé de la famille du Cheikh, loin s’en faut, mais il avait un charisme tel que tous ses frères reconnaissaient et acceptaient implicitement son autorité morale, par sa droiture, son désintérêt des choses de ce monde, son peu d’attachement aux biens terrestres. On ne lui connaît pas plus d’une ou deux maisons à Touba. Et, s’il en a d’autres dans certaines contrées du pays, il n’y était pour rien. Il les devait plutôt à la ferveur de talibés désireux de lui faire plaisir.D’ailleurs, invariablement, ces demeures étaient toutes construites autour d’une mosquée qui en est l’élément majeur. Il était rare qu’il soit absent de Touba. Il est connu que toute sa vie durant, il n’a manqué la prière du vendredi à la Grande Mosquée que pendant son séjour en terre saoudienne, pour les besoins du pèlerinage.Serigne Abdou Khadr Mbacké, " Boroom Bakhdaad ", comme on l’a surnommé, aussi respectueusement qu’affectueusement, dirigeait les offices religieux et procédait lui-même à la prière sur les morts aussi souvent qu’il le pouvait. Cela était interprété très positivement par des populations qui y voyaient des preuves, s’il en était encore besoin, de sa profonde humanité, de son étroite implication dans toute forme d’action dont la finalité est le soulagement, le bonheur des populations.Ami de tout le monde, il avait une popularité telle que tous les habitants de Touba, à commencer par ses frères, le considéraient comme leur guide religieux. D’une nature généreuse, comme son père, Serigne Abdou Khadr était très prodigue de ses prières sur tous ceux qui le sollicitaient à cet effet, surtout les malades qu’il guérissait de façon quasi miraculeuse si, tout bonnement, il ne " mettait pas la main à la poche " pour régler leurs frais médicaux, les ordonnances y compris.Comme son père, " Boroom Bakhdaad ", avait une connaissance si extraordinairement approfondie des Hadiths et de l’histoire de l’Islam en général qu’en la matière il était devenu une référence. Il affectionnait particulièrement, entretenir son entourage de la vie et des faits du Prophète (Paix et Salut sur Lui) et de ses Glorieux Compagnons. Il en parlait avec une précision si étonnante, un soin du détail si poussé qu’on avait l’impression qu’il les avait connus physiquement :Les couleurs habituelles de leurs vêtements, la carnation de leur peau, la texture de leurs chevelures, les détails particuliers de leurs personnalités, leurs traits de caractère distinctifs, tout, jusqu’aux faits d’armes dont les uns et les autres sont crédités, leur niveau d’érudition et les capacités de chacun, tout était passé en revue avec minutie, comme s’il parlait d’amis qu’il pratique au quotidien.Evidemment la sunna n’avait pas de secret pour lui. Et, comme son père, il mettait un soin particulier à se conformer à ce modèle parfait. Tous ses faits et gestes, comme ses paroles, étaient calqués sur ceux du Meilleur des hommes (Paix et Salut sur Lui) A l’exemple de son père, il montrait, à l’approche de l’heure de la prière, un regain d’enthousiasme frisant même l’euphorie. On le voyait alors s’apprêter avec la dernière minutie. Le Cheikh considérait la prière comme une comparution devant le Maître du Trône. Il fallait donc pour cet instant solennel observer un soin corporel et vestimentaire très minutieux. On pouvait alors voir Serigne Abdou Khadr, délicieusement parfumé des senteurs les plus suaves, se rendre au lieu de culte d’un pas alerte, plein d’entrain.La ressemblance avec son père n’était pas seulement morale. Elle était aussi physique, et de façon absolument frappante. Même silhouette frêle et menue d’apparence, même vêture sobre mais adaptée à l’ascèse, même démarche rapide surtout si la destination est un lieu de dévotion. Leurs traits étaient empreints de la même sérénité et reflétaient le même bienveillant amour pour leur prochain mais aussi leur farouche détermination de repousser toute forme de compromis dans le service de Dieu et de son Elu (Paix et Salut sur Lui) La même douce lumière divine illuminait leurs yeux pleins de compassion pour le genre humain.La profondeur de sa piété filiale a conduit Serigne Abdou Khadr à effectuer de fréquentes ziarra sur les mausolées des membres de la famille du Cheikh comme sur ceux de ses grands disciples. Ainsi il se rendait souvent à Nawel sur la tombe de Sokhna Asta Walo, la mère de Sokhna Diarra BOUSSO, sa vénérable grand-mère dont il visitait fréquemment le mausolée à Porokhane, à Sagatta Djolof sur celle de Mame Mâram un ancêtre du Cheikh, comme à Deqlé où repose Serigne Mor Anta Sally son grand-père paternel. Les sépulcres de Serigne Mboussobé son grand-père maternel et de son oncle Mame Mor Diarra à Mboussobé recevaient aussi ses visites assidues, de même que celui de Mame Bara Sadio, un grand-oncle du Cheikh, à Bofel.Cette même piété filiale explique le profond et indéfectible attachement qui liait Serigne Abdou Khadr à son oncle Serigne Thierno Ibra Faty. Il lui rendait de fréquentes visites à Darou Moukhty et, bien après la disparition du saint homme, il a continué à entretenir d’excellents rapports avec sa famille.Serigne Abdou Khadr nous a laissé le souvenir d’un homme au visage empreint d’une douceur angélique. Par dessus ses lunettes qu’il portait très bas sur le nez, son regard indulgent traduisait toute la profondeur de son grand cœur, caressait et éclaboussait une généreuse et débordante magnanimité l’assistance venue solliciter ses bénédictions. A nos oreilles résonne encore le timbre bien posé de sa voix. Et, bien souvent, nous avons l’impression de l’entendre encore déclamer, de la façon magistrale et sublime dont lui seul avait le secret, les sourates qu’il récitait lors des prières du vendredi à la Grande Mosquée. Alors, c’est à grand peine qu’on réussit à réprimer les sanglots qui montent du plus profond de notre être.L’amertume d’une perte prématurée ressurgit, surtout si l’on pense aux réponses qu’il faisait à tous ceux qui, s’adressant à lui, lui souhaitaient longue vie. A ceux-là, il répondait avec un demi-sourire : " Ce serait tout bénéfique pour vous ! Mais il a plu à Dieu qui nous l’avait donné pour notre bonheur de nous l’arracher après seulement onze mois de magistère.Il aura vécu un séjour terrestre de 75 ans. Exactement comme son père ! A Dieu qui nous l’avait donné nous disons : "Inâ li lâhi wa inâ ilayhi râjihôn " De Lui nous venons, à Lui nous retournerons. Que Sa volonté s’accomplisse ! Bénis soient Ses arrêts, même si notre pauvre nature humaine, imparfaite par essence a de la peine à endurer les douleurs qu’ils peuvent engendrer.Tout de même, il y a une petite atténuation à notre détresse : Serigne Abdou Khadr lui-même, semblait savoir que son magistère allait être éphémère. En effet, à tous ceux qui lui présentaient un projet qui s’inscrit dans la durée, il demandait invariablement d’en faire part, plutôt, à Serigne Saliou, celui qui allait lui succéder dans les fonctions de Khalife. Comme s’il savait qu’il n’aurait pas le temps d’entreprendre ou de piloter quoi que ce soit qui doive aller au delà du très court terme.Encore aujourd’hui, son ombre plane sur cette Mosquée qu’on imagine difficilement sans lui, tant il faisait corps avec l’ambiance des lieux. Et c’est tout naturellement que son mausolée, qui ne désemplit jamais, est situé à l’Est de ce monument incomparable de la Foi qu’il a servie jusqu’à son dernier souffle.Encore aujourd’hui, ses exploitations agricoles et daaras de Guédé, Boustane et Bakhdad perpétuent le souvenir d’un Saint, d’un érudit incomparable et d’un serviteur de Dieu inégalable. Tel un éclair fulgurant, il a traversé le ciel de l’Islam, laissant pantois un peuple abasourdi encore incrédule d’avoir compté dans ses rangs un "esclave de Dieu" de cette dimension. Suprême consécration de sa haute stature islamique, c’est toute la communauté musulmane du pays, toutes confréries confondues, qui a rendu hommage, en Serigne Abdou Khadr, à l’Imam des Imams, le jour de sa disparition en 1989. Nous ne doutons point qu’avec son père Serigne Abdou Khadr Boroom Bakhdad peut dire : "Qidmatuhû anil huyôbi az habat wa listiqâmatan wa safwâ wa habat" A la droite du Cheikh, au Paradis d’Allah, devant leur Maître, le Modèle Parfait (P.S.L.), il doit goûter avec délice le salaire de la constance dans la droiture pour la seule face de Dieu. Puisse son aura et sa baraka rejaillir un peu sur nous et nous inspirer dans notre quête de la béatitude éternelle par le moyen de la constance dans la voie tracée par Cheikh Ahmadou BAMBA.
Publié le Jeudi 10 mai 2007 à 2:00:00 pm
Par NIAKHAPP
Quand, en 1914, naquit à Diourbel Cheikh Abdoul Ahad, celui qui allait devenir le troisième Khalife Général des Mourides, Cheikh Ahmadou BAMBA, prenant à témoin ses plus proches disciples déclara : " Priez pour lui afin qu’Allah lui accorde longue vie car, en lui, je place un espoir immense. " Nous ne sommes donc pas surpris que Baye Lahat comme l’a respectueusement surnommé la Communauté Mouride ait laissé dans le cœur des mourides, plus de dix ans après sa disparition, un renom, une popularité et un charisme que rien n’a entamés, à la mesure des espoirs de son illustre Père et Maître.Une opinion très répandue est que, si le Coran pouvait s’incarner sous une figure humaine, il aurait, à coup sûr, emprunté les traits de Serigne Abdoul Ahad. Autant le Coran est la VERITE suprême, autant Baye Lahat avait élevé au rang de sacerdoce la pratique de la vérité. L’imaginaire populaire a gardé de lui le souvenir d’un homme sobre dans sa gestuelle et dans sa vêture, très convivial dans sa courtoisie et sa serviabilité envers son prochain, mais opiniâtrement arc-bouté sur la Vérité. Il était connu que, personne, pût-il s’agir de la plus haute autorité qu’on puisse imaginer ou du parent le plus proche, ne saurait trouver grâce auprès de lui ou compréhension protectrice, s’il est dans le tort.D’ailleurs, n’est-ce pas lui qui, dans un sermon mémorable, a donné le ton en affirmant qu’un musulman doit se retrancher opiniâtrement dans la Vérité et, dans la circonstance, considérer comme de nulle différence le fait de vivre dans la chaude et agréable sécurité d’un environnement qui partage ses convictions et celui d’être en butte à l’amertume de l’hostilité des détracteurs. Ce qui est déterminant, c’est que la constance dans ce qui juste engendrera pour lui ce qu’il y a de meilleur.Si par sa constance dans le service de Dieu un croyant réussi à gagner l’agrément divin, nulle entreprise humaine, nulle coalition, fût-elle dotée des moyens les plus sophistiqués, ne saurait lui causer le moindre préjudice. Par contre rien ne peut préserver une créature de la sanction divine si elle a le malheur d’avoir contrevenu à La Loi. Pas même l’approbation humaine la plus unanime, encore moins les témoignages les plus élogieux de ses semblables.Cet homme, de l’étoffe rarissime dont les témoins Véridiques d’Allah sont faits, a assimilé le Coran et les Sciences religieuses collatérales, très tôt, sous la férule de son oncle Serigne Amsatou DIAKHATE, frère de sa sainte mère, la vertueuse Sokhna Mariama DIAKHATE qui aura aussi le bonheur d’être la mère de Serigne Souhaïbou MBACKE, cet autre preux chevalier de l’Islam. De l’œuvre de son vénéré Père, il a une connaissance si pointue, une considération si profonde, que sa vie est la parfaite illustration des enseignements qu’elle véhicule.Nous savons que Cheikh Ahmadou BAMBA enseigne à ses disciples le culte exclusif de l’Unique et une pratique fondée sur la Sunna. La connaissance approfondie des textes sacrés (Coran, Hadiths, Sciences religieuses, etc.) est évidemment un préalable incontournable, dans l’esprit du Cheikh qui, parallèlement, a élevé au rang de dogme sanctifiant, le travail honnête. Il est maintenant facile de comprendre pourquoi, pendant le long magistère de Serigne Fallou son prédécesseur (1945 à 1968), Serigne Abdoul Ahad ait, dans une discrétion, un effacement frisant parfois la recherche de l’anonymat, consacré sa vie travail en s’évertuant à ne vivre que du fruit honnête et licite de son travail. Son statut de fils du Maître l’autorise pourtant, s’il l’avait voulu, à vivre dans l’opulence, des offrandes (adiya) des disciples mourides. Il a préféré, en talibé parmi les talibés, exercer de ses mains, toute forme d’activités pour vivre de sa peine. D’ailleurs, n’a-t-il pas fait vœu, ainsi que tous ses frères et sœurs au demeurant, d’abdiquer de son rang de fils du Cheikh pour ne briguer que celui de talibé ? En talibé exemplaire, on l’a vu, agriculteur émérite, manier lui-même dans ses champs, les instruments aratoires, avec dextérité et maîtrise. Sa productivité fut telle que dans ses exploitations de Touba Bélel, de Bokk Barga, de Kadd Balooji, de Mbara Dieng, il a gagné les galons de premier agriculteur.Il a exercé le métier de commerçant, cependant sans jamais encaisser de ses clients plus qu’il ne lui est du. Il a même tâté du transport en commun. A l’évidence, une telle volonté de " mettre la main à la pâte " dénote chez lui, la volonté de s’assurer des revenus licites au point de vue de l’Islam.Cette période de " galère " a permis à Baye Lahat d’engranger une extraordinaire somme d’expérience de la vie, une connaissance approfondie de la nature humaine, toutes choses qui, fécondées par la sagesse insondable puisée du terroir wolof, lui seront d’un concours inestimable pour la gestion de la Communauté, quand vint son tour d’exercer le Khalifat.En effet, c’est un parfait inconnu du grand public qui accéda aux hautes fonctions de Grand Timonier de la communauté mouride quand, le 6 août 1968 Serigne Fallou rejoignit son Maître bien aimé au Paradis. La Communauté en particulier et le monde en général découvre un homme droit, honnête, ennemi irréductible du mensonge, de la duplicité et de l’hypocrisie. Sa rigueur inflexible le conduit très vite à mettre sur les rails un train de réformes de fond dont les résultats ne tardèrent pas à donner au Mouridisme un nouveau visage, tout de rectitude empreint.Dès son avènement, Serigne Abdoul Ahad donne le ton. Il a d’emblée déclaré qu’à ses contemporains, il servirait de témoin, ici-bas et dans l’au-delà, à condition qu’ils s’enracinent dans la vérité et le service de Cheikh Ahmadou BAMBA ; en conséquence, que ceux qui emprunteront les voies tortueuses des faux-semblants sachent qu’ils n’ont rien à voir avec lui, qui qu’ils puissent être.Ainsi, on a pu voir Baye Lahat mettre fin et de façon énergique aux sévices de ces " conférenciers publics " appelés " diwaan kat " Ces marchands d’illusion fondaient leur subsistance sur l’exploitation de la crédulité populaire. Par leur discours pernicieux, ils forçaient la générosité du talibé moyen en lui faisant miroiter l’accès facile au Paradis (même en tordant allégrement le cou aux principes de l’Islam), pourvu seulement qu’on fasse acte d’allégeance à Serigne Touba. A l’évidence Serigne Abdoul Ahad ne pouvait permettre que puisse prospérer une telle supercherie, au demeurant très préjudiciable à l’image du Mouridisme et de la Communauté elle-même.On comprend que tous ses discours soient l’occasion de réaffirmer au passage, haut et fort, l’authenticité du message de Serigne Touba qui n’est autre que l’orthodoxie musulmane dans le sillage de l’Elu (P.S.L.) L’on n’est point surpris de la récurrence dans ces discours des références à la Vérité telles que le Coran les énonce. Nous nous souvenons par exemple que, pour rétablir l’ordre à propos de l’utilisation qui était faite par certains de la Grande Mosquée, sa base argumentaire a été cette citation du Coran : " Wa xul jaacal haqu wa za haqal baatilu innal baatila kaana za huqan. " La vérité et le mensonge ne sauraient cohabiter.Par la parole persuasive et par l’exemple incitatif, Baya Lahat a explicité avec une rare réussite, la doctrine du travail rédempteur professé par son illustre père. Sans risque d’être démenti, nous pouvons affirmer que c’est son discours et son exemple qui ont insufflé aux disciples mourides cet esprit combatif avec lequel ils vont à la conquête du monde. En multipliant les daaras, il a contribué à accentuer l’orientation de la communauté vers l’étude, la recherche de la connaissance car c’est seulement à cette condition qu’on peut rendre à Dieu le culte qui lui est du. Et, dans son esprit, il l’a clairement dit dans un de ses sermons, la connaissance ne peut profiter qu’à ceux qui ont, " chevillé au corps ", l’amour de la vérité, pour la seule face de Dieu. Par exemple, le musulman, cinq fois par jour au moins, se tourne vers l’est pour les besoins des prières obligatoires. Cela présuppose qu’il reconnaît que Dieu est un et qu’il seul maître de la création, que Muhammad (P.S.L.) est le sceau des Prophètes et, qu’inéluctablement, le jour du jugement dernier arrivera. Cela est d’ailleurs la quintessence de la profession de foi que le musulman énonce au moins deux fois dans le " taya " au cours de chaque prière :" wa ash hadu ana lazi jaaca bihi Mouhamadan haqun wa anal janata haqun wa ana naara haqun wa ana siraata haqun wa ana saahata aatiyatun la rayba fihaa wa ana laaha yab ha su man fil xuboori "[J’atteste que le Message du Prophète Muhammad (P.S.L.) est véridique, que le Paradis est véridique, que l’enfer est véridique, que " Siraat " est véridique, que le Jugement dernier aura lieu sans nul doute.Fort de cette conviction, Serigne Abdoul Ahad, chaque fois qu’il en a l’occasion, invite les musulmans à se souvenir de cette profession de foi qui ne doit pas seulement rester au stade de formule proférée par la langue mais intégrée dans le vécu quotidien. Que nos actions, nos paroles, nos intentions, tout comme nos vœux pour notre prochain soient illuminés de la lumière de la Vérité pure car viendra un jour où tout le monde rendra compte.Une autre facette de la riche personnalité de Baya Lahat est, en parfait conformité avec les enseignements de Cheikh Ahmadou BAMBA, son parfait ancrage dans les valeurs du terroir, du moins dans ceux de leurs aspects qui ne heurtent pas l’Islam. Ainsi, sans exagérer, on peut souligner sa grande fierté à appartenir à l’espace culturel négro musulman. Le Coran a établi qu’en Islam, la seule hiérarchisation des hommes qui vaille se définit comme une fonction directe de la crainte révérencielle de Dieu, à l’exclusion de tout autre critère, surtout ceux tenant à la race, à la naissance, à la fortune ou au rang social.Ceux des hommes qui sont considérés comme étant les meilleurs sont ceux qui se signalent par la profondeur de leur respect des principes énoncés par Dieu. Dès lors Cheikh Abdoul Ahad, comme on l’appelle aussi en signe de respect pour sa grande érudition, nous enseigne que nul complexe d’infériorité ne doit nous habiter face à l’Arabe sous le prétexte que l’Islam a été révélé aux hommes dans sa terre et que sa liturgie s’exprime dans sa langue ; le blanc ne nous est pas supérieur et nous nous garderons bien de le singer d’autant plus que ses valeurs de civilisation, par bien de leurs aspects, sont incompatibles avec notre foi. Considérons donc, toujours selon Serigne Abdoul Ahad, que nous sommes des négro africains qui s’assument fièrement tels qu’il a plu à Dieu de les créer. Nous pratiquons sans complexe aucun l’Islam qui est un message universel qu’aucun peuple ne peut s’approprier exclusivement. Nous appréhendons maintenant le fondement culturel du comportement du mouride. Celui là revendique son islamité à part entière, mais une islamité exempte de toute forme d’inféodation à des schémas ou modèles pan arabes. Il est un musulman orthodoxe qui donc fonde sa pratique sur la Sunna de l’Elu (P.S.L.) qu’au demeurant Cheikh Ahmadou BAMBA a réhabilitée dans toute sa splendeur, dans toute son authenticité. Son habillement ne sera pas d’inspiration arabe ou autre, mais sera africain et surtout musulman. C’est à dire que cette vêture respectera à la lettre les canons édictés par l’Islam : ni étriquée, ni courte, ni transparente, ni taillé dans des tissus prohibés, comme par exemple la soie pour les hommes. Le vêtement remplira sa fonction, à savoir, couvrir le corps en assurant la décence et être suffisamment fonctionnel pour permettre de faire la prière de façon réglementaire et le travail sans être gêné aux entournures. Et voilà ainsi décrit le fameux " baye lahat ", que Baye Lahat a évidemment mis au point et qui est devenu sans conteste, le costume par excellence du mouride, en tout cas, un de ses signes distinctifs à côté du " makhtou ".Encore aujourd’hui, c’est avec une émotion indicible que nous évoquons la sympathique silhouette de Cheikh Abdoul Ahad, invariablement habillé d’un superbe " baye lahat " taillé dans du tissu basin, la tête emmitouflé dans un épais turban fait de la même étoffe et les yeux protégés par d’élégantes lunettes noires. Le portrait est complété par l’exemplaire du saint Coran qu’il tient toujours à sa main droite et par le chapelet enroulé au poignet de la même main.Cette vêture sobre, à la limite austère, est le meilleur signe de la répulsion du luxe et des mondanités d’un homme qui pourtant disposait des moyens les plus fantastiques pour mener une vie fastueuse. C’est un homme qui au cours de son magistère a eu à brasser des sommes colossales évaluées à des milliards de francs et qui avait le loisir de s’en servir à sa guise sans craindre aucune forme de contrôle, sans encourir une quelconque contestation. Pourtant, il n’a jamais confondu son avoir personnel et les contributions des talibés qu’il a entièrement et intégralement investis dans le " travail de Serigne Touba. " Bien qu’il ait été ravi à notre affection depuis juin 1989, les sermons qu’il nous a laissés et qui sont encore d’une brûlante actualité et d’une acuité indéniable, continuent d’être une source d’inspiration privilégiée pour les mourides.Ces sermons ont la particularité d’être structurés comme de véritables dissertations. Ils en ont la structure dialectique, la rigueur scientifique du raisonnement, la clarté de l’exposé et le pouvoir de persuasion. Leur base argumentaire est invariablement le Coran, les Hadiths, les Qaçaïds. Comme Serigne Abdoul Ahad maîtrise à merveille les subtilités de la langue wolof et que son génie est amplement nourri par la sève de la sagesse du terroir (Cayor et Baol) et le bon sens paysan, c’était un réel plaisir d’entendre parler ce monument de l’éloquence.Ce n’est donc pas surprenant que ces sermons aient été rassemblés, classés par centre d’intérêt, transcrits et traduits pour les besoins de leur édition sous forme de recueils, en vue de leur publication. On peut, à coup sûr, y trouver réponse à toute forme d’interrogation pour conduire sa vie de talibé. Parlez à un mouride et il y a de fortes chances que, pour étayer son argumentaire, il cite des extraits de sermon de Serigne Abdoul Ahad. L’on est frappé par la pertinence, l’à propos, la portée et la force de persuasion de ces succulents discours qui, rappelons-le, ont pour dénominateur commun l’expression sans aucune complaisance, dans la plus pure langue wolof, de toute la force, de toute la vérité du Coran." Gnakk Caaxaan " est un autre surnom par lequel Serigne Abdoul Ahad a été, de façon fort éloquente, désigné pour signifier que tout en lui exècre les faux-fuyants, la simulation, la dissimulation, la duplicité. On rapporte que, ce surnom, il l’a apprécié très positivement, comme un hommage à son amour de la vérité, autrement dit, à son attachement indéfectible au legs de son Père et de ses illustres prédécesseurs au Khalifat.L’ardeur, l’opiniâtreté, et, surtout, le génie qu’il mettra à améliorer et à fructifier ce legs lui ont valu le prestigieux pseudonyme de BATISSEUR. D’une grosse bourgade rurale, il a fait en quelques années, une cité moderne en pleine expansion. Avec lui, Touba est devenu un vaste chantier en perpétuel devenir. Pour les besoins de la fluidité de la circulation, surtout en période de Magal, l’axe qui relie Touba à Mbacké est transformé en une superbe autoroute, puissamment éclairée la nuit par une batterie de lampadaires très performants. Dans le même ordre d’idées, la ville est ceinturée par une rocade afin d’assurer un rapide dégagement des véhicules qui, autrement engorgeraient l’agglomération.Les rues son tracées de façon rectiligne dans le cadre d’un lotissement scientifiquement mené. Certains de ces axes sont bitumés au grand bonheur des usager. Le lotissement a permis la viabilisation de près de 120 000 parcelles à usage d’habitation et qui ont été attribuées de façon absolument gratuite et sans discrimination aux demandeurs qui se sont manifestés. La seule conditionnalité exigée est de mettre en valeur le terrain reçu et de s’y installer effectivement. Pour l’approvisionnement en eau, de nombreux forages sont réalisés et équipés, parallèlement à un important réseau d’adduction. Ainsi, la pression de la demande pendant les Magal et autres célébration, est considérablement allégée. La Grande Mosquée est l’objet d’importants travaux d’extension. Pour un milliard et demi, la capacité d’accueil de l’édifice passe pratiquement du simple au double grâce à l’aménagement d’espaces bien aérés, confortables et propices au recueillement. Parallèlement, la sonorisation est améliorée de façon à permettre aux fidèles de suivre de très loin, la liturgie. Les aires d’ablution sont multipliées et rendues plus fonctionnelles. De nouveaux cimetières dotés de toutes les infrastructures nécessaires à leur fonctionnalité sont installés à l’est de la cité, sur les bords de la route de Ndindy. Aïnou Rahmati, le Puits de Miséricorde est modernisé. Une puissante pompe d’un débit de 30m3/heure est installée pour alimenter un château d’eau d’une capacité de 50 000 m3. Pour l’usage des pélerins, 28 robinets sont posés. Ce nombre n’est pas innocent : il symbolise la somme arithmétique des valeurs de chacun des caractères arabes qui servent à écrire TOUBA. Pour comprendre cet aspect de la question, sachez qu’en arabe chaque lettre de l’alphabet est associée à un nombre qui représente sa valeur, de telle sorte la somme des valeurs des lettres qui composent un mot a une valeur indicative quant à l’appréciation du poids mystique de la réalité décrite par ce mot. 28 est donc le chiffre de TOUBA et on le retrouve très souvent dans le traitement de beaucoup de question touchant à la vie de la cité. Pour abriter les écrits du Cheikh et les trésors inestimables que constituent les nombreux exemplaires du Coran dont la ville dispose et dont la richesse est faite de la diversité de leur origine comme la grande variété de leurs styles de calligraphie, Serigne Abdoul Ahad a érigé, à l’est de la Grande Mosquée une superbe Bibliothèque équipée de moyens sophistiqués de reprographie et d’une imprimerie ultra moderne. Un conservateur de très haut niveau gère ce précieux patrimoine qui compte des ouvrages venus de tous les coins du monde musulman sans parler des écrits des grands cheikhs du mouridisme.C’est en hommage à son amour avéré pour les livres et le Coran en particulier que ce haut lieu a été choisi pour abriter son mausolée.- L’imposante Résidence Cheikhoul Khadim, à l’ouest de la Mosquée est en principe " la résidence de fonction " du Khalife. En tout cas il abrite les cérémonie officielles lors des grandes célébrations. La Grande Université Islamique qui se situe au croisement de la Rocade dénommée " 70 " et la route de Daaru Khafoor, face au quartier Touba Madiyana, fait la fierté du monde musulman noir. L’esplanade de la Grande Mosquée qui abrite les prières des jours de Korité et de Tabaski a été rénovée et dotée des équipements nécessaires à la fonction qui lui est dévolue.Le marché central est modernisé et doté des installations adéquates. Ce marché dénommé OCAS a acquis un grand renom dans la sous région. La ville est pourvue d’un hôpital et d’autres centres de santé pour soulager les populations. La construction d’une gare routière amis en partie fin à une certaine anarchie dans le secteur du transport interurbain. Pour la sécurité publique et pour lutter contre la délinquance, un poste de Gendarmerie est implanté. En effet, victime de sa réputation de ville refuge, Touba était devenu le sanctuaire de tous les malfrats en rupture de ban et des trafiquants de tout acabit. Serigne Abdoul Ahad allait y mettre bon ordre. Viscéralement attaché à la sauvegarde de l’héritage placé sous sa responsabilité, Baye Lahat a entrepris une croisade impitoyable contre les vices qui avaient commencé à gangrener la ville sainte. Ainsi, une guerre sans merci est livrée aux contrebandiers, aux trafiquants et aux consommateurs des drogues, à l’alcool, au tabac, bref, à tous les marchands de mort qui attisent par leurs méfaits les foyers de la délinquance, ces vecteurs qui mènent infailliblement à la damnation éternelle. Nous lui devons le fait que Touba ait donné corps au slogan " ville sans tabac ", en référence à cette journée mondiale sans tabac qui chaque année, voit la Communauté Internationale demander aux hommes de bien vouloir s’abstenir d’user de tabac, le temps d’une journée.L’on ne saurait clôturer ce chapitre, loin d’être exhaustif, des réalisations de Baye Lahat sans évoquer au passage, la densification du réseau téléphonique et de l’électrification de la ville. C’est avec lui qu’a commencé le processus qui allait valoir à l’agglomération de Touba l’honneur d’être déclaré cité modèle et surtout d’être reconnue comme la seule ville sans bidonville du monde.Incontestablement, Baya Lahat a laissé une empreinte indélébile dans la ville de Touba, tout comme dans le cœur des mourides. Nous ne pouvons considérer comme un fait anodin l’avénement du XVème siècle de l’ère musulmane pendant son magistère. Pour nous c’est le signe prémonitoire de la marque profonde qu’il a imprimée sur la Communauté en général et la ville de Touba en particulier. A sa disparition, le 19 juin 1989, il a laissé une cité en plein essor et une communauté résolument soudée, mobilisée autour du culte de l’Unique. L’œuvre et l’enseignement de Serigne Touba, désormais vulgarisés aux quatre coins du monde, illuminent le cheminement des fidèles sur la route de la recherche de l’agrément du Seigneur par l’intermédiation du service rendu au Messager Ultime (P.S.L.) Le mensonge s’en est allé et la vérité s’est installée à demeure. Une conscience claire des tenants et des aboutissants de sa mission a toujours habité Cheikh Abdoul Ahad. N’a-t-il pas dit dans un sermon mémorable : "Au plus profond de moi, je sais avec pertinence que sur ce fauteuil que j’occupe, j’attends la mort qui, de façon inéluctable surviendra un jour. Et, un individu sensé, qui donc sait pertinemment que cette mort est une fatalité, ne peut pas avoir le loisir de nourrir des intentions mauvaises ou de commettre des actes répréhensibles. Il ne doit surtout, ni les commanditer ni les cautionner. " Nul doute que son Maître se félicite d’avoir investi ses espoirs dans ce grand héros de l’Islam. Nous sommes persuadés qu’au Paradis où il a rejoint le Cheikh, l’Elu (P.S.L.) lui fait fête en raison du travail colossal qu’il a accompli pour le triomphe de la Vérité. Quant à nous, le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre, la preuve la plus éclatante de notre reconnaissance à son endroit, ce sera de faire nôtre ses propos que voici : "Il faut que chacun d’entre vous sache que ma résolution est la suivante : je choisirai de me taire de sorte que vous n’entendiez plus ma voix, plutôt que de vous tenir un discours qui, après analyse de votre part, ne débouche pas sur votre profit ici bas ou sur votre salut dans l’au-delà. "
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