Malgré sa petite taille sur l’échelle continentale, le Congo compte un nombre impressionnant d’écrivains. Cette exception culturelle est due à un effervescent passé historique et sans doute aussi à une stratégie de sa population de vaincre l’ennui en développant l’imaginaire.
1972 : Henri Lopes, Grand prix littéraire de l’Afrique noire (Tribaliques) 1973 : Emmanuel Bounzéki Dongala, Prix Ladislas Dormandi du meilleur livre étranger (Un Fusil dans la main, un poème dans la poche) 1979 : Sony Labou Tansi, Prix du jury du Festival de la Francophonie à Nice (La vie et demie) 1982 : J.B. Tati Loutard, Prix de Lettres africaines Alioune Diop (Nouvelles Chroniques congolaises) 1983 : Sony Labou Tansi, Grand prix littéraire de l’Afrique noire (L’Anté peuple) 1987 : J.B. Tati Loutard, Grand prix littéraire de l’Afrique noire (Le Récit de la mort) 1988 : Emmanuel Bounzéki Dongala, Grand prix littéraire de l’Afrique noire (Le Feu des origines) 1990 : Henri Lopes, Grand prix littéraire de l’Afrique noire et Prix Jules Verne (Le Chercheur d’Afriques) 1997 : Daniel Biyaoula, Grand prix littéraire de l’Afrique noire (L’Impasse) 1998 : Emmanuel Bounzéki Dongala, Prix RFI-Témoin du monde (Les Petits garçons naissent aussi des étoiles) 1999 : Alain Mabanckou Grand prix littéraire de l’Afrique noire (Bleu Blanc Rouge) 2005 : Alain Mabanckou, Prix du roman Ouest-France, Prix RFO et Prix des Cinq Continents de la Francophonie (Verre Cassé) 2006 : Alain Mabanckou, Prix Renaudot (Mémoires de porc-épic) Dans ces distinctions, se remarque Emmanuel Bounzéki Dongala qui écrit peu par rapport aux autres, mais très bien car presque toutes ses œuvres, jusqu’aujourd’hui, ont « appelé » des prix littéraires ; son dernier récit Johnny Chien méchant est sur le point d’être traduit en film. Les romancières doivent persévérerSe remarque du côté de la littérature féminine, l’absence de distinctions soutenables malgré quelques noms tels Alice Valette et Marie Léontine Tshibinba qui se sont révélées dans la Nouvelle avec une distinction du côté du Canada pour la première et sur les ondes de RFI pour l’autre. Mais dans l’ensemble, la prose féminine n’a pas encore réussi à entrer dans la grande maison de la littérature africaine. Des noms comme J. Balou Tchichelle qui, malheureusement s’est essoufflée après une belle réussite avec Coeur en exil et surtout Marie-Louise Abia avec ses deux romans Afrique : Alerte à la bombe et Bienvenus au royaume du sida, sont à retenir. A condition qu’elles persévèrent comme leurs confrères.
Et l’on peut dire que les textes de Henri Lopes et Sony Labou Tansi ont indisposé certains universitaires avec le retard traditionnel dans leur profession. Ils oublient, comme le dirait Jean Ricardou dans Le Nouveau roman que « la courbe de la fiction se divise (...) en deux domaines : celui de l’euphorie du récit où domine la composante référentielle ; celui de la contestation du récit, où domine la composante littérale ». Et c’est dans ce domaine qu’il faut chercher la signification des romans de Henri Lopes et Sony Labou Tansi. Avec ces deux écrivains, le roman n’est plus écrit mais il s’écrit. De l’œuvre de Sony Labou Tansi, on peut affirmer sans ambages que, par sa fécondité étonnante et débordante sur le chapitre de la poésie, de la nouvelle, du roman et du théâtre, il serait « nobélisable » ou « goncourable » s’il vivait encore et s’il avait continué à écrire car ayant, dès le début de sa carrière littéraire, maîtrisé la technique de toutes les « écritures ». De Lopes, par sa maturité et son expérience littéraire (neuf ouvrages publiés jusqu’aujourd’hui : un essai, un recueil de nouvelles et sept romans d’une qualité indéniable car traduits en plusieurs langues étrangères) qui a marqué toute une génération, on peut le considérer comme le plus grand romancier congolais de notre époque, avec moult distinctions dans la Francophonie et plusieurs prix littéraires à son compte. Et se remarque sur ses pas Alain Mabanckou qui, par sa fécondité et la qualité de ses œuvres, pourrait être considéré comme le porte flambeau de la nouvelle génération. Pour conclure Ainsi, on peut affirmer que la littérature congolaise en général ( le roman en particulier) a marqué la deuxième moitié du XXè siècle et s’est ouvert avec succès dans le XXIè. Le premier prix Renaudot octroyé à Alain Mabanckou témoigne la puissance du roman congolais. Noël KODIA
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