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Publié le 01 nov 2008 à 15:27
Par noelkodia
 

Il m’avait aimée. Vraiment aimée. Et énormément aimée. A seize ans, j’avais découvert l’amour à travers les romans photos que ma sœur aînée Nellia avait l’habitude de lire. C’était trop réaliste pour moi car mon incrédulité se confrontait avec cette superposition d’une suite de photos qui racontaient moult histoires d’amour par l’intermédiaire des bouts de textes qui les accompagnaient sur chaque page. C’était comme si ces photos étaient là par la volonté du photographe. Des agréables histoires d’amour inventées de toutes pièces et racontées par des photos comme au cinéma. Sauf qu’au cinéma, les personnages représentés bougeaient et parlaient comme dans le vécu quotidien. Des histoires qui souvent me réveillaient certains sens. Des photos où l’on pouvait imaginer les positions imposées par le photographe. J’avais découvert l’amour à travers certains livres scolaires de Nellia. J’étais en classe de 3è et elle préparait son bac. Sur sa table de travail, se remarquaient deux livres qu’elle avait eu le soin de plastifier pour les protéger contre l’humidité. En classe de 3è, j’avais déjà lu La Mare au diable de George Sand et La Nouvelle Romance de Henri Lopes. Deux beaux livres qui m’avaient révélé que l’on pouvait lire des ouvrages sans illustrations comme les romans photos et les aventures de Tintin. Deux livres dont les histoires se racontaient par une suite interminable de pages imprimées sans illustrations. Sur la table de travail de Nellia, Madame Bovary de Gustave Flaubert et Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain ne cessaient de m’attirer. Je les avais dévorés l’un après l’autre en quelques semaines tant leurs histoires reflétaient mon adolescence. Chez Flaubert, j’avais découvert comment une fille pouvait être frivole, à l’instar d’Emma, en donnant son sexe à plusieurs hommes. Le héros principal de Gouverneurs de la rosée me fit pleurer et j’eus du mal à continuer la lecture du récit quand Gervilen s’était acharné sur lui pour récupérer l’amour qu’Annaïse lui avait refusé aux dépens de Manuel.

 

A vingt ans, je venais de manquer pour la deuxième fois mon bac. Et mes parents n’avaient jamais compris d’où venait cette malédiction alors que mes notes de classe ainsi que les appréciations de mes professeurs étaient des signes qui annonçaient toujours la réussite à mon examen. Le premier échec pour un bon élève est souvent accepté car il est souvent pris pour un accident de parcours. Parfois il est lui-même surpris de l’échec. Aux examens, il fallait toujours s’attendre aux caprices de certains professeurs membres du jury qui n’étaient pas toujours dans leur assiette le jour de la correction, à cause des difficultés et acrobaties financiers qui ne leur permettaient pas de bien faire leur travail. Le deuxième échec me fit pleurer en pensant que le ciel, avec tout ce qu’il avait comme nuages, allait me tomber sur la tête. Triste réalité. Des amies à qui j’expliquais certaines notions de mathématique et de physique qu’elles trouvaient difficiles, étaient admises à leur examen, tandis que moi, je me retrouvais abandonnée à moi-même dans l’urne du désespoir. Triste réalité. A vingt ans et après ce double échec, je réalisais que je ne pouvais plus être étudiante dans un établissement de l’université Marien Ngouabi, la seule que nous avions au pays. A vingt ans, je pris conscience que j’étais déjà une femme, cinq ans après la première épreuve d’amour que m’avait fait subir Casimir Baniakina. J’étais une femme qui, dans certaines régions du Congo, devait être dans un foyer et mère d’un ou de deux enfants à élever. Aujourd’hui, ce garçon, devenu homme, vit à Pointe Noire où il travaille dans une compagnie pétrolière. Dans le quartier, Martial Sengo Mona, un étudiant qui était en année de maîtrise me consola. Timide de nature et n’ayant pas un physique qui pouvait faire tomber les femmes, il commença à m’adresser la parole après mon deuxième échec au bac pour me remonter le moral. Maladroit, il commença quand même à me draguer. Il paraît que l’homme timide profite toujours de la détresse d’une femme pour lui exprimer ses sentiments. Svelte et bodybuildé, Martial Sengo Mona n’était ni beau ni laid, un homme que l’argent devait rendre beau dans l’avenir. Je pensai à un ancien ministre du pays qui, dans l’exercice de ses fonctions, ne cessait de clamer tout que « je suis vilain mais l’argent me rend beau » au cours de ses conquêtes féminines. Autres temps, autres moeurs. Maladroit dans sa conquête, Martial Sengo Mona me paraissait souvent ennuyeux. Il me parlait de plusieurs choses à la fois, passant souvent du coq-à-l’âne, effleurant à peine le côté sentimental qui devait nous unir. A le voir parler et me regarder, j’imaginais qu’à son âge, son pénis n’avait jamais pénétré une femme sinon être satisfait par la masturbation qu’il pouvait se faire sans problème. Il faillit s’évanouir (de peur ou de honte ?) le jour où je lui avais dit « que je vois que tu m’aimes et tu n’oses me le déclarer. Nous sommes assez grands et ne jouons pas avec le feu de l’amour. Dis-moi réellement ce que tu veux de moi ». Je le sentis tétanisé (par l’amour ou par la timidité ?). Pendant quelques secondes, son regard s’éloigna du mien. J’avais l’impression qu’il se sentait humilié. Lui qui devait faire le premier pas, était pris au dépourvu en voulant remettre à demain sa déclaration d’amour, chaque fois que nous nous rencontrions. Ne dit-on pas que « qui remet à demain trouve malheur en chemin ? » Mais le malheur de Martial Sengo Mona devint pour lui un bonheur implicite car je lui avais, en quelque sorte, exprimé mon amour. Au cours de son année de licence qui devait l’ouvrir les portes du deuxième cycle en France, nous vécûmes un grand amour sincère. Il me recevait chez lui à tout moment. Nos parents avaient imaginé notre complot. Son calme, sa timidité et son intelligence avaient séduit papa et maman, surtout que je venais de manquer mon bac pour la deuxième fois. Ma beauté, mon amour pour l’école, malgré mes deux échecs, avaient marqué les parents de Martial Sengo Mona, qui pensaient que le temps était venu pour que leur fils se décidât en amour avant son envol pour la France qui pointait à l’horizon. Pendant son année de licence, il me reçut chez lui dans son studio qui jouxtait la maison principale. Parfois, je le surprenais en train de faire ses devoirs, son corps perdu dans une grosse culotte qui lui arrivait jusqu’aux mollets. Il me parlait peu sinon avec des gestes et du regard. On s’embrassait, il le faisait un peu maladroitement. Et quand je manifestais une petite résistance indépendamment de ma volonté, je le sentais se refroidir et sa timidité venait se révéler sur sa face et particulièrement dans ses yeux d’enfant de protestants. Son père était un pasteur de l’église évangélique. Malgré le feu que je sentais souvent au fond de mon vagin, malgré la bosse qui se formait du côté de la braguette de sa culotte, il n’osait pas aller loin. Il n’osait pas me violer, son éducation d’enfant de protestants lui interdisait de succomber aux caprices du Diable. Peut-être attendait-il que je lui dise « fais-moi l’amour, je t’en prie, je suis en feu ! Mon vagin brûle d’envie. ». Aurait-il accepté ce langage cru et incisif ? Plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, il n’avait osé me faire l’amour. C’était un enfant de pasteur, l’homme le plus vénéré et respecté de tous les habitants de Ouenzé, mon quartier natal. Peut-être attendait-il que nous déclarions officiellement notre amour, nos fiançailles, pour qu’il soit entreprenant. Parfois, au cours de nos habituelles causeries, je me sentais froide et vide devant lui comme l’est une femme qui dort dans un même lit avec son frère.

 

Fin juillet. Les vacances. Martial Sengo Mona fut admis à sa licence. Son destin se trouvait maintenant orienté vers la France. Heureusement qu’il faisait partie de la catégorie des « immigrés choisis » car la France avait refusé de recevoir toute la misère africaine même si son grand-père avait perdu sa vie au cours de la Deuxième guerre mondiale. Prenant son courage à deux mains, il me dit une semaine après son succès universitaire que « je te ferai venir en France dès que je pourrais m’installer car plus de cinq ans m’attendent là-bas pour mes deuxième et troisième cycles. Tu devras être la mère de mes enfants ». Juillet s’effaça de l’année pour donner sa place à août quand Casimir Baniakina, contre toute attente, atterrit à Brazzaville pour ses vacances. Depuis deux ans il était informaticien à Pointe Noire, ingénieur en informatique dans une compagnie qui pompait notre pétrole vers la France. Liant la curiosité stupide à l’imbécillité, il se plaisait à entrer dans les boîtes électroniques des autres collègues. Pour avoir jeté un coup d’œil sur la correspondance confidentielle de son patron, celui-ci lui avait donné une mise à pied de deux mois, de juillet à août. Il se trouvait maintenant à Brazzaville. Il chercha à me rencontrer. Je revis le premier garçon de ma vie devenu homme. C’est bizarre quand une fille, devenue femme, se retrouve devant le premier homme qui lui a montré son pénis. Il avait bougrement changé car sa face portait maintenant une barbe bien taillée. Il parlait toujours en souriant comme à l’aube de notre premier amour. Une semaine avant son retour au bord de l’Océan et avant le départ de Martial Sengo Mona pour la France, il m’invita d’aller danser dans une boîte de nuit de la capitale. Je ne sais plus comment et pourquoi j’avais accepté cette invitation. Martial Sengo Mona ne m’avait jamais fait sortir, partageant ses occupations entre l’université et les visites que je lui rendais. Grâce à ma sœur Nellia, j’avais aussi découvert les plaisirs de la danse après celui de la lecture des romans comme Madame Bovary et Gouverneurs de la rosée. Il m’emmena au Ramdam, l’une des plus célèbres boîtes de nuit de Brazzaville. Du monde. De la musique. De l’ambiance. On exhibait la nouvelle danse brazzavilloise, le Lopélé qui consistait à se coller l’un contre l’autre comme des amoureux qui veulent exprimer leur passion et leur patience. Des senteurs d’hommes et de femmes dans le fleuve mondain. Casimir Baniakina me tenait dans ses bras pendant que Koffi Ollomidé chantait mélancoliquement dans un des baffles accrochés au plafond. La musique pleuvait et la fumée artificielle des boîtes de nuit nous couvrait dans une lumière hésitante et multicolore. Les parfums des femmes embaumaient tout le monde. Les couples se trémoussaient sur la piste dans cette lumière habillée d’érotisme. Ainsi allait la vie dans ce coin de Brazzaville où les plaisirs prenaient le dessus sur les tribulations du quotidien. Je dansais follement dans les bras de Casimir tout en pensant à Martial. La musique, la danse et l’alcool avaient grandement travaillé mon corps et mes sens. Au milieu de la nuit, Casimir Baniakina m’emmena chez son ami où il avait élu domicile pour ses vacances. La nuit nous regardait avec son œil lunaire et sa constellation d’étoiles, la Grande Ourse était plus visible. Brazzaville dans le ventre d’un samedi de fin de mois. On avait payé les salaires des travailleurs trois jours auparavant. La boîte de nuit continuait à bouillir de l’intérieur. Brazzaville bouillonnait aussi de l’extérieur. Sous les toits des maisons, on pouvait imaginer à cette heure tardive de la nuit, le nombre de Congolais qui faisaient l’amour sous le regard naïf de Dieu, créateur du Ciel et de la Terre qui était partout et qui voyait tout et qui entendait tout et qui savait tout. Et dire que tous ces amoureux, dans leur mise en œuvre du plus grand plaisir des vivants, se croyaient à l’abri d’un quelconque regard en se cachant dans la nuit de leur chambre fermée à double tour. Et toutes ces précautions, pour éviter d’être surpris par les enfants et des sorciers. Les hommes de troisième âge devaient bénir celui qui avait découvert le viagra avec ses vertus exceptionnelles. Ainsi leur femme ne devait plus aller vers la force de la jeunesse. Ma tête était lourde de pensées, de fatigue et d’alcool. Mes pas étaient imprécis. Dans la chambre, Casimir Baniakina me déposa sur le lit. Mes yeux semblaient en même temps voir mes deux « hommes », Martial et Casimir. Je revis notre première fois. En ce temps-là, timide et inexpérimenté, Casimir Baniakina m’avait entraînée derrière une maison encore en construction. Tremblant, il m’avait fait coucher sur une des pagnes de maman que j’avais sur moi, m’avait ôté ma petite culotte avec des gestes imprécis, avant d’écarter mes jambes pendant que je me cachais le visage avec mes deux mains. La peur de mal faire l’avait envahi un instant avant de se ressaisir. Je ne voulais pas voir mon propre corps, ni la queue qui devait par la suite me pénétrer. Toujours le visage caché dans mes deux mains, j’avais senti son membre me pénétrer avec force comme s’il voulait vite arriver au but. Un peu de douleur dilué dans un peu de plaisir qui s’efforçait de sortir quelque part au fond de moi. Et c’était fini. En quelques secondes j’étais passée de la fille à la femme avec un peu de sang sur le pagne de maman. Le fameux sang du tchikumbi de chez nous, synonyme de perte de virginité. Quand je revins à moi, je constatais que Casimir Baniakina était au-dessus de mon pauvre petit corps qu’il chevauchait en haletant. Une lumière blafarde circulait dans cette chambre où il m’avait emmenée. Ce n’était plus comme la première fois. Il m’avait pénétrée doucement et avait fait durer le plaisir tant mon vagin qui était en feu se contractait et se dilatait par moment sous l’effet des va-et-vient de son bakari qui me parut long et gros. Ce n’était plus comme la première fois. Les yeux fermés, j’étais comme absente, en extase. Il me tenait fort dans ses bras de sportif. Je le serrais avec vigueur contre moi. Je tombai dans un gouffre sans fond où je semblais entendre une mélodie de Salif Keita. Mes oreilles bourdonnaient. Une fatigue de bonheur envahit tout mon corps. Pour la deuxième fois, Casimir Baniakina venait de souiller mon intérieur avant celui qui m’avait demandé d’être la mère de ses enfants. Deux jours après, je me retrouvais comme d’habitude chez Martial Sengo Mona. Il était dans les préparatifs de son voyage. Je le trouvai maintenant beau puisqu’il devait prendre l’avion pour la France. Deux jours avant, Casimir Baniakina avait ouvert ma boîte à plaisirs et j’étais pourchassée par l’envie de faire l’amour. Peut-être encore avec Casimir Baniakina ou même avec Martial Sengo Mona qui se trouvait devant moi. En le regardant assis en face de moi, ses jambes un peu écartées comme s’il m’invitait à tomber dans ses bras, j’étais comme une chienne en chaleur. Cette nuit, Martial Sengo Mona resta encore perplexe et je pris l’initiative quand nous fûmes assis sur le lit. Il y a des moments où les femmes sont entreprenantes quand elles sont dans l’extase du feu de l’amour. J’étais dans cette situation. Je le regardais dans les yeux tout en pensant à Casimir Baniakina et au sang de la virginité, du sang du tchikumbi de chez nous qu’il m’avait fait sortir de mon sexe. Cette nuit, je décidais de violer Martial Sengo Mona. Tant pis. Ma main droite fit glisser le zip de sa braguette à son grand étonnement, pendant que la gauche saisit son zizi gonflé déjà de plaisir et de bonheur. Il ne comprenait rien tant l’action était préméditée et précipitée. Je le fis pénétrer dans mon vagin liquoreux et rempli de sensation. Martial Sengo Mona trembla de tout son corps et gémit de plaisir et fut content de sa virilité. Il me rappela ma beauté qui, d’après lui, est mise en relief par l’écart entre mes deux incisives supérieures quand je lui fis un sourire en sortant du lit. C’est par-là était entré son amour pour moi au début de notre relation. Et cet écart entre les dents s’appelle chez nous « nzéla ya mino » (le chemin des dents).

 

 

Il y a cinq ans que Martial Sengo Mona vit à Toulouse. Notre fils a déjà quatre ans. Il paraît plus grand que son âge. Il ne ressemble pas tellement à son père. C’est ma photocopie. Quand je lui tresse des mèches, on le prend, dès le premier regard, pour une fille. Quand j’étais conçue, j’avais souhaité une fille. Un garçon est venu. Ca ne fait rien. J’aurais souhaité, avec notre ressemblance que l’on me dise souvent « telle fille, telle mère ». Voici cinq ans que Martial Sengo Mona m’a quittée et j’avais accouché quelques mois après son départ. Il ne connaît l’enfant que par les photos en couleurs que je lui envoie souvent. Il y a deux ans, il a engagé la procédure du regroupement familial puisque l’année passée nous nous sommes mariés. Un mariage par procuration car je me suis présentée à l’Hôtel de ville de Brazzaville avec son frère cadet. Très souvent, je me rends au Consulat de l’ambassade de France pour cette procédure qui prend beaucoup de temps. Le dossier vient enfin d’arriver à Brazzaville. Une fois de plus, le Consulat m’a demandé l’acte de mariage et l’acte de naissance du petit Arnold, notre enfant. On m’a dit de repasser dans un mois pour la procédure des visas. Hier j’ai longuement causé au téléphone avec Martial Sengo Mona. Il m’a dit que nous ferons nuit blanche mon premier jour à Toulouse. Hier, j’ai reçu une convocation du Consulat. On m’a demandé d’emmener le petit Arnold. Je me suis sentie gonflée de bonheur et de rêves. Mais contre toute attente, la secrétaire du Consul m’a fait remarquer que les nouvelles lois sur l’immigration en France imposent maintenant un test ADN pour authentifier la filiation que l’enfant. Il paraît que dans nos pays, nombreux sont les faux documents d’état civil. Le test ADN doit prouver si mon enfant est vraiment le fils de Martial Sengo Mona. Il paraît qu’il y a plein de gens, en particulier les Africains, qui ont transformé leurs neveux et nièces en véritables progénitures grâce à la complicité de certains agents de l’administration de mairies moyennant une somme d’argent. Je ne me reproche de rien car mon acte de mariage et l’acte de naissance d’Arnold sont authentiques. Depuis Toulouse, Martial Sengo Mona m’a demandé d’accepter le fameux test ADN pour accélérer la procédure du regroupement familial. On a prélevé un peu de la salive à l’enfant et on m’a dit que je serai de nouveau convoquée dès que les résultats seront prêts à livrer.

 

Je viens du Consulat de France. Mon corps semble être un grand trou de désespoir. J’ai l’impression que tout tourne autour de moi. Le soleil semble plus accablant que d’habitude. Je tremble et je transpire. Mon cœur bat fort (de découragement ou de surprise ?). L’obtention du visa de l’enfant a été ajournée. Les résultats du test ADN ont imposé leur refus au service des visas. On n’a pas besoin de test pour moi car mon acte de mariage a été jugé authentique. Voyager sans mon enfant devient une chimère. L’homme propose et Dieu qui connaît tout, qui entend tout et qui sait tout, dispose.

 

Du côté de Martial Sengo Mona, finis les DVD pornos. Finies les prostituées de Toulouse qu’il fréquentait malgré lui pour étancher sa soif libidinale et dont l’intensité se désintégrait avec l’utilisation des préservatifs. Il prit le combiné de son téléphone et, avec une carte téléphonique prépayée « Amis d’Afrique », composa le numéro de Jessica.

Au bout du fil du côté de Toulouse : - Allô !

Jessica : - Allô ! C’est Martial ?

Au bout du fil du côté de Toulouse : - Et les résultats au niveau du Consulat ?

Jessica (après un petit silence inhabituel) : - Je viens de prendre connaissance des résultats du test ADN (pause). Il paraît que le petit Arnold n’est pas ton fils même si c’est le mien… Je n’ai rien compris de tout cela.

Un silence de l’autre bout du fil du côté de Toulouse. Puis la communication tarde à se rétablir. Et c’est à ce moment que Jessica réalise, qu’une semaine avant de coucher avec Martial Sengo Mona, elle avait fait l’amour avec Casimir Baniakina pour la deuxième fois.

Paris, Toulouse, Août 2007


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