iBLOG précédent iBLOG suivant



Ma photo
NOEL KODIA
Contactez-moi
Yahoo :
Mon calendrier
  Jan. 2007 >
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    
Tribune libre
reliau lou : dibien
guy Menga : palabre sterile
mongo beti : l'ivrognerie
diongue : saul je voudrais savoir combien de chapitre comporte le pleurer rire et s il vous plait donner un titre a chaque chapitre
jrk : cnnaissance
guy menga : le résumé de la palabre stérile
mongo beti : villa cruelle
guy menga : la palabre sterile
guy menga : le résumé de la palabre stérile
eza boto : ville cruelle
Mon bloc perso.
Bloc personnel vide.
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2154 connectés
32869 visiteurs
Ce blog est classé 1536ème
Score de ce blog : 2,67
Publié le 10 jan 2007 à 16:08
Par noelkodia

Au moment où le négationnisme bat son plein sur la guerre civile au Congo (cf. Affaire des Disparus du Beach), il nous reste la poésie pour inscrire sur le marbre de l’histoire cette dure époque. Arthur Rimbaud décrivait le champ de bataille comme un lit où les morts dorment. La guerre civile du Congo a eu son "dormeur du val", sourire aux lèvres, avec un trou rouge sur le côté, d’où s’échappe la vie. Ce champ de guerre congolais est poétisé sur fond de fantasme libidinal, confirmant qu’Eros et Thanatos sont les faces d’une même médaille.


  Poésie (extraits)


Et voici la véritable fesse de l’affaire

Ainsi coulent les larves de la vie

Dans le volcan de la mort

Je pars, je pars au loin

Accroché à l’aile du vent

Le Congo me regarde de ses guerres

Nous avons trop tôt escompté la jouissance de la démocratie

Et je vous conte la véritable fesse de nos souffrances, notre pénitence

Congo sous l’ombre du bras d’un fleuve qui coule immobile.

Ici je conte le roman de mon histoire

Mon histoire couleur de sang, de mort et de cadavres

Souriant au soleil de juin dans le ventre de 1997

Nous sommes partis pour la folie

Le matin, le ciel a ouvert son vagin pour enfanter le malheur.

Congo sous l’ombre du bras d’un fleuve qui coule immobile

5 juin 1997 suspendu aux béquilles de la Bêtise humaine

Tombe sur Brazza comme une nappe de sperme

Sur le ventre d’une femme en extase

Le vent plante son filet de malheur au Nord de la ville

Les museaux des fusils et les gueules des canons vomissent le feu

Le feu de la mort

Voici que commence ma course

Dans la danse infernale des armes

Un enfant accroché au destin de son frère boiteux regarde

Il est beau, cet enfant avec son regard pusillanime

Qui écoute la chanson de la mort

La chanson des balles qui miaulent dans les airs.

Son frère tremble sur son pied bot

La mort dans le ventre

L’inquiétude dans les bras

La peur dans les yeux.

Congo sous l’ombre du bras d’un fleuve qui coule immobile

Les arbres hurlent la panique dans leurs chevelures vertes

Les nuages surpris par les coups de canons coulent vers le Sud

Voici que ma course commence

5 juin dans le ventre de 1997

Nous avons sodomisé la paix

Avec nos verges pointues mises en érection par la Conférence nationale

Les fusils gueulent la mort du côté de mon Ouenzé natal

Le ciel se couvre d’un pagne wax hollandais noir

Le pagne du deuil qui se dessine du côté du fleuve.

Le vent se dispute avec les armes

Comme quand Marien nous avait quittés

La peur s’est couchée sur tout Brazza

S’accrochant au bras droit du fleuve Congo

Qui coule immobile surpris par ses eaux aux yeux de nénuphars

Sur le pont qui va du matin au soir

La guerre a déjà donné naissance à des monstres : les enfants soldats.

La pointe du soir s’est enfoncée dans le ventre de Brazza.

Le ventre de Brazza a éclaté comme un grand pet

Du sang partout.

Du caca partout

La mort porte dans ses bras ses premières victimes

Dans un ruisseau alentour dort tranquille

Un enfant soldat vacciné par deux plombs

Il dort souriant comme l’a surpris la mort

Il dort dans sa tenue vert olive

La bouche ouverte, un sourire posé sur ses dents d’adolescent

Un filet d’eau coule sur sa jambe gauche à moitie mouillée

La mort l’a surpris en traversant le ruisseau

Filet d’eau timide dans sa course vers le lointain fleuve.

La guerre s’est mouillée à cette place.

Demain un autre jour !


Mes liens
Aucun lien à afficher
Mes blogs favoris
Aucun blog favori enregistré.