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Publié le 14 nov 2008 à 18:29
Par noelkodia
Il s’est tenu du 29 au 31 octobre 2008, les travaux du 6è Forum mondial su le développement durable à Brazzaville, capitale d’un pays du Bassin du Congo considéré comme le « deuxième poumon » de la planète après l’Amazone. Il est temps d’interpeller les pays de cette partie de l’Afrique pour protéger sa faune, sa flore avant qu’il ne soit trop tard au moment où le changement climatique s’accentue plus vite que prévu. On a commencé à parler de développement durable quand on a constaté que le changement climatique consécutif à la grande industrialisation des pays du Nord commençait à poser problème à la vie de l’homme quel que soit le lieu où il se trouvait sur la planète. Réchauffement climatique et effet de serre avec leurs effets telles la perturbation des saisons, la fonte des glaces du pôle Nord provoquant la montée des eaux océanes. Pour arrêter les effets néfastes de ce changement climatique, les experts ont donné la solution : préserver les forêts de l’Amazone et celles du Bassin du Congo qui permettent à la planète de « respirer ». Mais la protection de ces deux entités pose aussi le problème de la survie des populations de ces espaces dont le quotidien de vie n’est pas celui des pays du Nord.
Le développement durable s’avère une réalité paradoxale du quotidien des populations qui vivent dans le Bassin du Congo. On leur demande de sauvegarder la nature en ne touchant plus à la faune et la flore car l’agression de la nature étant le facteur principal du changement climatique qui a son tour, agit négativement sur la vie de l’homme. Aussi, comme la planète Terre se définit comme un tout au niveau de la vie de l’homme, on constate que les effets négatifs provoqués par l’industrialisation des pays du Nord se répercutent sur les autres continents à qui l’on demande de ne pas suivre leur exemple en matière d’industrialisation pour éviter la catastrophe climatique qui se profile à l’horizon si l’homme ne change pas de comportement vis-à-vis de la nature. Et c’est sur l’un de ses deux poumons comme le Bassin du Congo que la planète compte pour que le développement durable soit une réalité. Mais se pose le problème de l’acceptation des populations du Bassin du Congo de respecter les interdits à elles demandés par la Communauté internationale tout en réalisant que leur survie dépend de la nature de cette même région qui leur donne le manger, le boire, le soigner à travers les forêts, fleuves et rivières.
La forêt est synonyme de vie pour les populations du Bassin du Congo et l’agression de la nature est pour elles une chose normale. Elles doivent chasser et cultiver pour manger. Elles doivent couper le bois pour se chauffer et « détruirent » certaines plantes pour se soigner. Et se révèle un grand paradoxe quand on leur demande de sauvegarder la faune et la flore sans leur donner une autre alternative pour leur survie. Les pays appartiennent au Bassin du Congo étant pauvres et souvent à la merci de certaines entreprises qui exploitent leur bois, se pose le problème du respect du développement durable qui concernerait toute la planète.
Aider les populations de cette région à se nourrir sans pour autant décimer la faune et la flore par la chasse et l’élevage qu’il faut moderniser, leur permettre de se chauffer sans s’attaquer au bois en leur proposant par exemple l’usage du gaz butane, telles sont les principales directives que l’on doit faire valoir à ces populations. Aussi la vulgarisation des médicaments pour se soigner et l’utilisation par exemple du gaz butane pour remplacer le bois de chauffe, comme je viens de le préciser, doivent être des leitmotivs des Etats de cette région du Bassin du Congo pour sauvegarder la nature. Mais pour cela, il faut une véritable révolution sociologique et sociétale qui commencera par les urbains pour atteindre ensuite les ruraux. Car la nature au niveau des campagnes est surtout détruite à la demande des besoins de la ville. En quelques décennies, on a remarqué que les forêts laissées à dessein par les colons aux environs des villes comme poumons des citadins, ont disparu anarchiquement au profit des constructions, parfois tolérées par l’Etat.
Parler de développement durable à des pays dont 70% de leurs populations vivent au seuil de la pauvreté n’aura pas sur eux un grand impact car s’occupant plus du quotidien que du futur. Leur demander de préserver la faune et la flore pour leur génération future, alors qu’elles en ont besoin pour leur survie actuelle, n’est que pure utopie. Un seul remède pour le développement durable : que les pays du Nord aident convenablement ceux du Sud en leur proposant de l’énergie non polluante comme l’électricité à base du soleil que l’on pourra développer, en les aidant à moderniser l’agriculture et l’élevage, remède qui les rendrait moins dépendants de la forêt.
Si les pays développés et ceux du Bassin du Congo ne se concertent pas dans des meilleurs délais pour sauvegarder ce deuxième poumon de la planète, nous allons droit au mur et l’avenir ne serait qu’aléatoire pour les futures générations.
Publié le 14 nov 2008 à 17:54
Par noelkodia
LIVREQuatrième ouvrage sur la condition des femmes africaines et congolaises en particulier, « L’Art de la maternité chez les Lumbu du Congo » (1) se définit comme une page de l’initiation à la maternité dans le terroir de l’auteur. Deux idées directrices se dégagent dans ce livre qui se fonde sur le combat que mène la femme dans cette société « dirigée » par les hommes : la lutte pour son émancipation et la révélation de l’art de la maternité au Congo dont l’auteure a connu l’initiation. Comme dans la majorité de ses ouvrages, Ghislaine Sathoud (2) se révèle comme porte-flambeau du combat des femmes au niveau social et sociétal sur cette planète-terre où la femme semble encore léguée au second plan à cause de la maternité qui la différencie de l’homme. Vivant en Occident avec tous les paramètres sociaux qu’elle y a connus en les confrontant avec ceux de son continent d’origine, l’auteure essaie d’interpeller cette société des hommes qui marginalise la femme. Des titres comme « Les Femmes d’Afrique centrale au Québec » et « Le Combat des femmes au Congo Brazzaville » sont des révélations à ce sujet ; S’est réveillé aussi en elle le souvenir de son passage de la fille à la femme à travers sa première « expérience » maternelle. Femme africaine : Seule la lutte libèreLa libération de la femme est une préoccupation de l’auteure dans la première partie du livre qui apparaît comme le prolongement de ses deux premiers essais. Aussi la signification plurielle du travail chez la femme a une importance sociale pour l’auteure. Elle fait l’éloge de la femme en insistant sur la maternité avec son corollaire qui est l’éducation des enfants. Maternité et éducation des enfants sont une période particulière dans la vie d’une femme. D’ailleurs elle le spécifie bien en déclarant : « On sait bien que la maternité est une période transitoire et bouleversante, une période qui apporte des changements radicaux dans la vie des femmes ». Mais tout le travail de la femme, surtout l’Africaine, se voit anéanti par la société des hommes. Aussi l’auteure nous révèle que dans la famille immigrante, la femme joue un rôle important au niveau de l’éducation des enfants par rapport à l’homme qui semble accroché à sa suprématie héritée de la culture du terroir. Pour la femme africaine, la maternité devient une douleur paradoxalement heureuse avec la venue de l’enfant. Mais malheureusement pour ces Africaines immigrées, la vie de famille en Occident diffère de celle connue en Afrique. Et comme le spécifie l’auteure, « la maternité apporte du « mouvement » dans la vie des mères immigrantes. Elles tiennent bon malgré tout ». A partir de cette situation stressante de la femme africaine en Occident mais dont la maternité est bien suivie par le développement de la médecine, le livre nous rappelle le sous-développement « maternel » qui sévit sur le continent où la femme est à la merci des maladies telles le paludisme, le sida et surtout les fistules qui dévalorisent sa féminité. Car comme le demande Sathoud, « il est plus que temps pour les autorités africaines d’accorder une attention particulière à la santé des populations en général et des femmes particulièrement ». Pour tout ce qu’elle affronte pour valoriser sa féminité à travers la maternité, la femme mérite reconnaissance et respect dans cette société des hommes qui n’aurait pas de sens honorable sans les sacrifices des femmes. Malgré leur suprématie explicite, les hommes doivent comprendre qu’ils sont éduqués implicitement par le maternel. Luttant contre les injustices de la société qu’elles vivent à travers l’orgueil des hommes, les femmes ont pu arracher leur journée pendant laquelle elles fêtent leur personnalité. Et des devoirs qu’on leur demande, elles se voient octroyées des droits consécutifs à leur combat pour leur émancipation qui s’avère manifeste de nos jours par la fête des mères. Et l’auteure de nous réaffirmer que « la fête des mères est l’occasion idéale pour remercier ces femmes qui passent par de longues et pénibles épreuves pour donner la vie ». Cette mission de donner la vie passe indubitablement par la maternité qui, pour Sathoud, rime avec une initiation dont elle a fait une expérience dans son terroir avant de connaître la maternité occidentale. L’initiation à la maternité au CongoAvec sa troisième réflexion sur la condition féminine, Sathoud nous dévoile sa propre expérience de femme qui passe de l’adolescence à l’âge adulte par le pont de la maternité. Dans son terroir, on apprend à la jeune femme à lutter contre les vestiges de la grossesse après l’accouchement pour qu’elle puisse retrouver sa beauté et la joie de vivre sa maternité dont le bébé devient le nerf directeur. Deux tâches principales de la nouvelles mère : soins du bébé et soins personnels. Puisque certaines femmes peuvent se laisser emporter par l’épanouissement de la grossesse ainsi que l’accouchement, la nouvelle mère doit être « secourue » par d’autres femmes plus expérimentées en la matière. Et dans cette initiation maternelle, c’est le rituel de l’eau bouillante qui devient l’élément moteur du rajeunissement de la sexualité de la mère. On la masse et on nettoie son intimité avec l’eau chaude avec tous les supplices qui accompagnent l’opération. Ce rituel est mené par une éducatrice dont la mission est de faire qu’il redonne à la jeune femme forme et jeunesse dans son aspect extérieur et intérieur au niveau de sa sexualité. L’eau chaude sert de catalyseur pour le massage de la femme qui va se révéler comme une véritable « Musonfi ». Aussi, au cours de ce rituel, le bébé bénéficie d’une attention particulière de la part de l’éducatrice. Ayant été travaillée par le rituel du terroir avant de découvrir la maternité occidentale, Sathoud découvre des ressemblances dans la pratique de l’accouchement au Congo et au Canada où éducatrices traditionnelles et infirmières se dévouent pour un même but : s’occuper de la santé de la mère et de l’enfant. Pour conclureSi dans ce livre, Sathoud nous rappelle la lutte de la femme africaine déjà annoncée dans ses premiers essais, elle nous fait découvrir ici une autre réalité qu’elle cachait au fond d’elle : l’expérience personnelle du « Musonfi ». Et l’on ne serait pas surpris que l’écho de ce livre appelle d’autres voix de femmes africaines qui pourraient se reconnaître à travers l’expérience de l’auteure. Notes(1) « L’art de la maternité chez les Lumbu du Congo », Ed. l’Harmattan, 2008, 91p. (2) Militante fervente pour les droits humains, Ghislaine N.H. Sathoud lutte pour l’émancipation de la femme avec comme arme l’écriture. Théâtre, roman et réflexions se fondent particulièrement sur l’émancipation de la femme. Elle est l’auteure de « Les Femmes d’Afrique centrale au Québec » et « Le Combat des femmes au Congo Brazzaville » publiés respectivement en 2006 et 2007 chez l’Harmattan.
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