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Publié le 23 aoû 2009 à 17:34
Par noelkodia
Dans www.internationalmagazine.com du 6 août 2009, le secrétaire à la Coopération Alain Joyandet révèle un nouveau projet français pour les Africains. Et sans se concerter avec les concernés, il parle de la mise en œuvre d’un jeu loto ou bingo qui compléterait l’aide publique au développement et qui s’inscrirait dans le cadre de ce qu’il appelle pompeusement « financements innovants ». Se moquerait-on des Africains quand on sait que le continent ne mériterait pas sa pauvreté qui se dévoile paradoxalement sur des richesses exploitées sans scrupules par ces mêmes Occidentaux qui pensent les faire sortir de cette pauvreté  dont ils sont, en partie, à l’origine?

Pour Alain Joyandet qui s’adresse aux Français et non aux Africains, ce jeu sur internet pourrait commencer en 2010 et pourrait rapporter environ dix millions d’euros par an.
Longtemps considérés comme une chasse gardée où l’on pouvait aller puiser les matières premières, les pays africains francophones n’ont pas connu le développement souhaité. On a plus développé les moyens favorisant le pillage des matières premières tels routes et chemin de fer pour évacuer les produits vers l’Europe et quelques structures sanitaires pour préserver la santé des « travailleurs » au service des compagnies concessionnaires. Pour n’avoir pas pu penser à un véritable développement du continent, les Occidentaux se voient subir par ricochet les dégâts causés par leur impérialisme ; on peut noter l’immigration, les conflits interethniques et même inter-états qui parfois les freinent l’exploitation de leurs ex-colonies.Le développement de l’Afrique passera par un dialogue franc et sincère avec les Occidentaux et leurs anciennes colonies. L’Afrique a maintenant des compétences qui peuvent proposer le chemin à suivre pour un véritable développement. Des projets du type de celui du secrétaire à la Coopération, doivent faire sourire d’éminents économistes tel Mamadou Koulibaly dont les travaux à ce sujet a réveillé une partie de la jeunesse africaine.

Aujourd’hui, le continent avec ses richesses, peut normalement aller au développement  pour lutter contre la pauvreté et les maladies si on faisait confiance à ses compétences. Au lieu d’élaborer des projets à partir de leur bureau d’Europe, les Occidentaux devraient pousser les Africains à respecter les principes élémentaires de la démocratie, gage fondamental pour tout développement. Et cela, en fondant sur leurs réalités L’Afrique a ses spécificités qui ne peuvent être bien expliqués que par les Africains eux-mêmes. Ils ont fait comprendre au président français qu’il s’était trompé, malgré lui, dans son discours de Dakar. Les Africains sont capables de proposer des solutions pour leur développement sans passer par un loto (idée de Joyandet) avec ses « financements innovants ».  
Après la chute du mur de Berlin, les Européens ont imposé, du haut en bas, la démocratie pluraliste, une démocratie à l’Occidentale. Erreur on ne peut plus constatée, car oubliant que l’Afrique a eu sa démocratie à travers ses chefferies et royaumes qui, malheureusement, ont subi les affres de la Traite et de la colonisation. Peut-être serions nous d’accord avec Carlo Lottieri et Emmanuel Martin, quand ils affirment qu’il y a eu « détournement démocratique ». Puisqu’on a voulu que la démocratie africaine reflète celle de l’Occident.Aujourd’hui, si l’Afrique végète encore dans la pauvreté malgré l’immensité de ses richesses et le pluralisme démocratique consécutif au discours de François Mitterrand à la Baule, c’est que l’Occident ne l’a pas accompagnée jusqu’au bout dans cette nouvelle réalité combien complexe. Pour des raisons stratégiques, l’Occident continue à soutenir des dictateurs de certains pays. Ceux-ci pourraient pourtant endiguer la pauvreté de leurs peuples s’ils y mettaient un peu de volonté en luttant contre le favoritisme et la corruption. Aujourd’hui, la mauvaise gouvernance, les violations des Constitutions se passent au su et au vu des Occidentaux, malgré la lutte des Africains contre ces phénomènes. Ces derniers sont abandonnés à eux-mêmes. Car les dictateurs protègent les intérêts de ces mêmes Occidentaux qui pensent les aider par des « financements innovants ». L’Africain lambda réalise-t-il par exemple les effets de la fameuse taxe sur les billets d’avion proposé par Jacques Chirac et adoptée par certains pays  pour lutter contre ses misères? La véritable solution pour combattre la pauvreté se trouve dans les mains des Africains auxquels les Occidentaux doivent imposer le respect scrupuleux de la bonne gouvernance sur fond d’un pluralisme démocratique, sous peines de sanctions sévères. Pourquoi ne pas demander aux gouvernants africains la répartition équitable des royalties et dividendes qui proviennent de l’exploitation des richesses ? Car comment comprendre que 70% de la population des pays nantis comme le Gabon, le Congo et l’Angola, vivent paradoxalement au seuil de la pauvreté avec moins d’un dollar par jour ? La complaisance des Occidentaux vis-à-vis des dictateurs africains qui « paupérisent » leur population pourrait se retourner contre eux s’ils continuent à s’acoquiner avec ces derniers.

Marginalisés et ne pouvant plus atteindre l’El dorado européen, les jeunes africains constituent une bombe à retardement et pourraient « brûler » les intérêts occidentaux sur place.
Pour une mondialisation apaisée, il faudrait que les Occidentaux puissent participer normalement au développement de l’Afrique, comme cela se fut pour elle à travers le plan Marshall des Américains. Puissent les Occidentaux méditer sur cette sagesse africaine qui dit que quand la case du voisin brûle, il faut tout faire pour que les flammes n’atteignent pas la vôtre. Vaincre la pauvreté des Africains, c’est empêcher qu’elle monte vers le Nord. 

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