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Publié le 27 fév 2007 à 19:44
Par noelkodia
Introduit en Afrique noire par le biais de la colonisation, le français devient au fil du temps la langue officielle de la plupart des pays colonisés caractérisés par le multilinguisme dû à leur nombre impressionnant d’ethnies. Le français y est enseigné et devient un trait d’union langagier entre d’une part les différentes ethnies des pays colonisés comme le Congo-Brazzaville, et de l’autre entre ces pays et la Métropole.Et la mise en cause de la méthode globale qui avait remplacé la syllabique par les responsables de l’Education en France ainsi que la non maîtrise de la langue de Molière dans les pays francophones par rapport à la génération formée par l’école coloniale pousse à la réflexion. Il faut noter que, pendant plusieurs décennies, la majorité les pays francophones au sud du Sahara, se sont aussi alignés (par mimétisme ?) sur la nouvelle méthode dite globale pour enseigner le français aux petits Africains.
Enseigné d’abord par les coopérants français qui cèdent la place quelques décennies après aux autochtones formés pour les remplacer, le français se confronte à moult problèmes dans son apprentissage. Plusieurs méthodes vont être adoptées pour la mise en œuvre de son enseignement. De l’époque coloniale à nos jours, pédagogues, didacticiens et linguistes réfléchissent sur le problème pour essayer de définir une méthode qui faciliterait l’apprentissage du français à l’enfant africain. Car, comme le pense Claudine Dannequin, « l’importance de l’échec scolaire (…) conduit certains enseignants à s’interroger sur leurs méthodes pédagogiques ».La langue que l’on enseigne à un groupe d’enfants subit l’influence de celle du terroir. En apprenant le français comme langue étrangère car s’exprimant avant tout dans sa langue maternelle, l’enfant africain se confronte à des problèmes de réceptabilité selon qu’il est enseigné par un Français n’ayant aucune notion de sa langue maternelle ou par un maître africain qui peut utiliser en même temps le français et la langue du terroir sans difficulté pour expliquer quelques situations complexes. Au Congo comme dans la plupart des pays francophones, l’apprentissage du français doit surtout être considéré au cours des premières années scolaires de l’enfant. Du primaire au secondaire, celui-ci se confronte à un bilinguisme qui ne facilite pas la tâche au maître dans l’exercice de ses fonctions. .
I. De l’époque coloniale à l’indépendance : l’enseignement du français assuré par l’assistance technique et quelques maîtres formés pour les besoins de la cause Les Africains découvrent la langue française avec l’arrivée des Blancs de l’Hexagone sur leur territoire. Ceux-ci doivent former des commis, des interprètes pour réaliser les tâches essentielles de l’administration coloniale. Des écoles naissent pour l’apprentissage de la langue française car il faut que la communication entre colonisé et colonisateur soit convenable. Les enfants commencent l’apprentissage du français directement à l’école primaire, la maternelle n’existant pas encore dans les colonies.A cette époque, les recherches sur l’école primaire nous renseignent que l’enfant congolais commence à apprendre les premières notions du français par la méthode syllabique avec le fameux Mamadou et Binéta d’André Davesne. La méthode consiste à apprendre à lire et à écrire la langue du colonisateur à des jeunes enfants n’ayant jamais été en contact avec celle-ci. Le français étant totalement une nouvelle expérience langagière en Afrique, va se poser une multitude de problèmes au niveau de sa réceptabilité ainsi que de sa mise en œuvre scripturale. Avec la méthode syllabique, les jeunes Congolais apprennent à lire et à écrire des textes sans souvent comprendre leur sens. L’enfant, par la bonne combinaison des consonnes et voyelles, se voit capable de lire n’importe quel mot, même celui dont il ne comprend pas la signification. De la prononciation, se révèlent quelques difficultés dans l’acceptabilité de certains sons, le français étant une langue dont certains mots ne respectent pas la « prononciation » syllabique lorsqu’on la considère globalement. On peut citer des consonnes comme s et c qui n’obéissent pas au même son avec toutes les voyelles : c dans « ciboule » [sibul] est différent de c dans « case » [kaz].Ici on demande à l’enfant de faire un effort pour comprendre que les consonnes c, k et le doublet qu se prononcent parfois de la même manière dans certaines combinaisons syllabiques comme co, ko, quo. Avec ces subtilités, se pose la difficulté d’apprendre l’orthographe pour les jeunes Africains au cours de leurs premières années d’apprentissage. En voulant transcrire littéralement ce qu’il entend (les sons), l’élève aura du mal à maîtriser l’orthographe de certains mots français qui défient la loi syllabique. Parfois, l’enfant se voit dérouté par des mots qui ne respectent pas le son tel que le prévoit en général la syllabation. Des mots comme femme ou chœur peuvent dérouter le jeune apprenant tant qu’au niveau du scriptural que celui de la prononciation car ceux-ci ne respectent pas la logique combinatoire du syllabaire. Ainsi au cours d’une dictée, on ne sera pas surpris que l’élève n’écrive que ce qu’il entend. Femme pourrait être transformé en fame et chœur pourrait appeler le son ch de « chatte » par exemple à la place du son k de « cœur ». Ici intervient l’arbitraire des structures qui ne peuvent être comprises que si l’enfant apprend une langue étrangère en fonction de sa langue maternelle. Tel n’est pas le cas du jeune Congolais et même Africain qui ne maîtrise pas ses langues du terroir. Sur ce point, Abdou Diouf constate agréablement que « pour qu’un jeune Africain apprenne bien le français, qu’il commence donc par bien parler sa propre langue ». Or nous remarquons que les langues africaines subissent la loi des langues étrangères (le français pour les pays francophones) et cette situation ne permet pas à l’enfant de parler normalement sa langue maternelle. D’ailleurs beaucoup de mots français ont été africanisés car l’enfant ne trouvant pas d’équivalence dans les langues du pays. Et ces mots intègrent son vocabulaire en posant parfois quelques problèmes d’interférence. Vis-versa, certains mots africains ont été francisés parce que ne présentant pas les réalités françaises. | Mots français | Ces mêmes mots « congolisés » | autocar chemise Louise docteur franc classe Jésus | mo / tu / ka si /mi / si lo / ï / sa do / ko /to / ro fa / la / nka ké / la / si yé / su | | Mots congolais | Ces mêmes mots francisés | matiti fufu tipoyi / kipoyi | matiti foufou2 tipoye | Ces mots des langues congolaises francisés sont couramment utilisés dans la littérature congolaise d’expression française mais ne sont pas encore reconnus officiellement par les puristes. Pour plus de précisions, on peut consulter Mes mille mots Afrique, Dictionnaire pour l’école du professeur Jean Pierre Makouta Mboukou. On a remarqué aussi au Congo que l’enfant, de nos jours, avant d’apprendre le français par l’intermédiaire de l’école, s’est déjà confronté à ce type de vocabulaire qui se fonde sur le français et les langues du pays. Et dans ce mariage entre le français et les langues congolaises, l’on constate que c’est le premier qui prend le dessus sur les autres. Peut-être à cause des rapports de force au niveau langagier entre colonisateur et colonisés. Avec la méthode syllabique, l’enfant découvre des sons et certaines combinaisons nouvelles qui n’existent pas dans sa langue maternelle. On peut citer par exemple les groupes consonantiques br, cl, cr, bl qui posent de problème de prononciation aux petits Congolais. Makouta Mboukou, à ce propos, fait une remarque pertinente : « souvent ils [les petits Congolais] les disloquent par l’insertion d’un son de passage d’un e qui tend vers l’articulation d’un e muet ».Quelques exemples | Mots | Prononciation française | Prononciation congolaise | boucler crétin table | bouklé krétin tabl | bouk(e)lé k(e)rétin tab(e)le | Cette situation se remarque particulièrement avec certains groupes consonantiques qui mettent en relief les voyelles i et o antéposé ou postposé à la « double consonne. » | Mots | Prononciation française | Prononciation congolaise | dicter pactiser docteur | dikté paktisé dokteur | dik(i)té pak(i)tisé Dok(o)tor | C’est en apprenant le français que le jeune Congolais découvre ces situations consonantiques. Dans l’africanisation des mots français, disparaissent la prononciation de certaines combinaisons consonantiques comme cl, br, … Ainsi par exemple « bicyclette » et « brique » deviennent respectivement bisikalete et biriki (prononciation congolaise). Cette situation est mise en relief dans la chanson moderne congolaise et même africaine. L’artiste musicien, dans le dessein de se faire comprendre par la majorité des Francophones, est obligé d’utiliser beaucoup de mots français dans ses textes réalisés en grande partie en langues locales. Et c’est dans cette situation que certains mots français subissent la loi des langues africaines. Et comme les enfants, avant d’entrer à l’école primaire, ont déjà été marqués par d’une part ce vocabulaire français africanisé et d’autre part leur langue du terroir francisée, se révèlent des difficultés pour l’enseignant dans sa mission de faire accepter la norme aux apprenants.
II. Après l’indépendance : L’enseignement du français assuré par des maîtres africains Après les indépendances, des autochtones sont formés pour prendre la relève de l’assistance technique dans presque tous les domaines et en particulier au niveau de l’enseignement. Les premières années d’apprentissage du français se fondent encore sur la méthode syllabique. Au niveau de l’écrit, les petits Congolais s ‘adaptent tant bien que mal à la complexité de la langue française avec toutes ses subtilités au niveau grammatical et orthographique. N’étant pas habitué à la lecture, l’enfant apprend par cœur, en particulier la conjugaison des verbes. Au niveau des leçons de grammaire, certaines règles embarrassent enseignants et élèves. Par exemple la fameuse règle de deux verbes qui se suivent : « Quand deux verbes se suivent, le deuxième se met toujours à l’infinitif ». Combien de fois n’avions-nous pas vu les enfants écrire « Je suis aller » à la place de « Je suis allé », considérant naïvement la succession des verbes être et aller.De l’époque coloniale à l’ère post indépendante, l’apprentissage du français a plus privilégié la fonction scripturale. En cinq ans d’apprentissage, l’élève est plus motivé à l’écriture qu’à l’oral. Le français étant une langue étrangère pour les Congolais, l’apprentissage devrait avant tout insister sur l’oral car une langue s’apprend tout d’abord pour être pratiquée. Et c’est au niveau du parler que les enseignants devraient insister pour emmener les enfants à une prononciation acceptable du français.Les langues congolaises, bien que n’ étant pas loin » de la prononciation française, présentent une spécificité au niveau consonantique. On y remarque ce que Makouta- Mboukou qualifie de « consones nasalisés ». Ainsi les combinaisons m+p, m+b, n+d, n+t… n’ont pas la même signification en français et en lingala ou en kongo-lari du Congo. Ici, ces combinaisons forment un tout indissociable. Makouta-Mboukou spécifie que « dans les langues [congolaises], il convient de considérer les éléments mp, mb, nt, nd, etc., comme au radical des formes dans lesquelles ils entrent comme éléments composants ». Se remarquent alors dans cette situation quelques entorses dans la prononciation congolaise. Mots | Prononciation française | Prononciation congolaise | Congo bambou Kinkala | Kon / go bam / bou Kin /ka / la | Ko / ngo ba / mbou Ki / nka / la | Ainsi à cause de cette variation tonique qui pourrait être corrigée grâce à l’apprentissage de la phonétique, beaucoup de noms congolais et même africains commençant par des consonnes nasalisées ont été mal transcrits pendant la colonisation, le français n’ayant pas de consonnes nasalisées. Dans Dossier classé, Le romancier Henri Lopes met en relief cette situation à travers ses personnages :« - Mais lui, c’est Goma sans n (…)L’homme ricana.- Tout ça, c’est la même chose(…). Goma c’est la même transcription des Blancs qui ne peuvent prononcer le ng » Nkodia est devenu Kodia Mbemba Bemba Ntari Tari Ngoma Goma Tous ces problèmes de prononciation ont commencé à être explicités avec les méthodes utilisées dans l’apprentissage du français aux enfants africains. Deux méthodes ont été expérimentées au Congo.
II.1. Apprentissage avec la méthode syllabique C’est la première méthode d’apprentissage du français introduite en Afrique par l’Inspecteur André Davesne avec son célèbre Mamadou et Binéta que vont utiliser en général les petits Congolais. On apprend aux enfants à parler et à écrire par syllabe. A partir des lettres (consonnes et voyelles dont la prononciation a été apprise aux élèves), on forme des syllabes, des mots pour aboutir à la phrase. Avec cette technique, l’enfant, au bout de quelques mois, arrive à écrire certains mots sans parfois pour autant appréhender leur approche sémantique. Exemples : p + i = pi, p + a = pa, pa + pa = papa p + a = p a , t + a = ta, t + e = te , pa + ta + te = patate. On remarque que dans cette méthode, il y a des combinaisons que l’on apprend à l’enfant par mémorisation au cours des premières leçons tels les mots je, et, est, un, il… qu’il va souvent rencontrer dans la formation de la majorité des phrases.
II.2. La méthode globale Elle remplace avec le temps la syllabique. Ici l’apprenant fait le sens inverse. On va d’une phrase pour aboutir au mot, puis à la lettre (consonne ou voyelle) que l’on veut mettre en relief.Exemple de l’étude du son (lettre) è / ê | Phrase | La chèvre | de mon | père | est | bête | | mot | chèvre | | père | | bête | | lettre (son) | è | | è | | ê | A partir de la lettre (ê), on apprend à l’enfant à former d’autres mots en se fondant sur des « combinaisons à trou » proposées par le maître pour aboutir à la syllabationExemples : t….te tête El….ve élève f….te fête. Si ces deux méthodes veulent emmener le jeune enfant à la lecture et à l’écrit, il faut remarquer que la seconde pourrait poser quelques problèmes de compréhension de langage, surtout dans les coins les plus reculés du pays où les enfants entrent à l’école sans « avoir dans leur tête » un seul mot français. Avec ce type d’élèves, le maître fait un va-et-vient entre le français et la langue du terroir pour emmener l’enfant à comprendre ce qu’il apprend. Des maîtres ont constaté que les résultats attendus de cette méthode ont été aléatoires. Actuellement, on utilise les deux méthodes à la fois puisque l’on se retrouve en général devant des enfants qui n’ont pas un vocabulaire français assez fourni avant l’entrée à l’école primaire.
III. Du primaire au secondaire : des difficultés grammaticales et influence des langues maternelles dans l’apprentissage A partir des deux dernières années du primaire jusqu’au secondaire, l’enfant congolais s’exprime dans un français assez correct. Mais persistent encore quelques difficultés grammaticales. Il a par exemple du mal à distinguer le transitif de l’intransitif avec certains verbes qui appellent les pronoms personnels le, lui, la, leur…Exemple : On entend souvent « Je la donne » à la place de « Je lui donne », « Je leurs ai vu » pour « Je les ai vus ».A ces confusions grammaticales, il faut ajouter les interférences entre le français et les langues maternelles, ces dernières n’étant bien maîtrisées par l’enfant. Et cette situation pousse l’apprenant à faire des traductions littérales quand il passe de sa langue maternelle au français. Dans certaines langues congolaises comme le lingala ou le kongo-lari, un seul mot peut être utilisé dans des traductions littérales quand on passe de la langue maternelle au français. Dans certaines langues comme le lingala ou le kongo-lari, un seul verbe peut exprimer une pluralité de réalités en français selon le contexte sémantique.Exemple : l’idée de prendre, absorber, ingurgiter et celle de sentir, éprouver, entendre… se traduit par un seul verbe et dont le sens change selon son complément d’objet. 1 - absorber, s’ingurgiter, prendre (ko méla) ko méla mayi boire l’eau ko méla likaya fumer (du tabac, une cigarette) ko méla kisi prendre (absorber) des médicaments 2 - sentir, éprouver, entendre (ko yoka)Ko yoka solo sentir (l’odeur) Ko yoka pasi éprouver la souffrance, la douleur Ko yoka mongongo entendre la voix. Il n’est pas surprenant d’entendre des phrases telles « Je bois la cigarette » pour « Je fume la cigarette » ou « J’entends l’odeur » pour « Je sens l’odeur » Et ces traductions étonnent les Français qui parfois les considèrent pour des maladresses linguistiques ou des constructions poétiques Devant cette situation d’interférence, l’élève voulant à tout prix faire des progrès dans l’apprentissage du français néglige paradoxalement sa langue maternelle qui devrait lui permettre de bien comprendre les mécanismes de la nouvelle langue qu’il apprend
IV. Quelques propositions pour améliorer l’apprentissage du français Si au niveau de la prononciation, on ne peut proposer grand chose en dehors de l’étude phonétique de la langue, on pourrait demander à l’enfant de s’ adapter plus ou moins à la prononciation « sociale ». Il y a aussi l’écoute de la presse radiophonique dont RFI (Radio France International) semblerait être le modèle.En général, on apprend la langue en la pratiquant. Et cette pratique devrait emmener les écoles primaires et même secondaires à encourager les exercices audiovisuels qui, souvent n’intéressent que les laboratoires des langues secondes au Congo comme l’anglais et l’italien Quant à l’écrit, on devrait encourager les exercices pratiques ainsi que la lecture, base fondamentale de l’enrichissement du vocabulaire. A partir des dernières années du primaire, le dictionnaire doit être le « compagnon inséparable » de l’élève.Il faut surtout susciter la culture de la lecture dans les pays francophones africains où le livre apparaît comme un objet étrange alors que ce dernier fait partie du quotidien de l’enfant de l’Hexagone qui grandit avec. Si ce dernier va vers le livre dès son jeune âge, en Afrique, on amène le livre vers l’enfant qui se fait en général violence pour découvrir ses vertus. Il faut aussi développer les « endroits de lecture », reconstruire les bibliothèques municipales qui n’existent plus.Comme le français appartient maintenant à un grand espace linguistique qu’est la Francophonie, une autre politique d’apprentissage (déjà envisagée) devrait prendre en compte les langues africaines tels le kikongo, le lingala pour le Congo, le wolof pour le Sénégal pour ne citer que ces deux exemples.
V. Projection Avec la naissance de la littérature africaine d’expression française, la langue française subit inéluctablement le poids de certaines réalités sociolinguistiques qu’elle ne peut traduire correctement. D’où une certaine africanisation du français comme on le remarque chez certains écrivains célèbres du continent tels l’Ivoirien Amadou Kourouma et le Congolais Sony Labou Tansi.Il est temps de passer du dictionnaire français au dictionnaire francophone et de lutter contre l’académisme pour prendre en compte certains mots et expressions qui expriment les réalités africaines (travail commencé par Léopold Sédar Senghor, premier homme de couleur admis à l’Académie française). Et les interférences entre le français et les langues africaines pourraient diminuer afin de favoriser la bonne communication entre Français et Francophones. Quelques tentatives à étudier le français à partir des réalités africaines comme celle du professeur Jean Pierre Makouta Mboukou avec son dictionnaire Mes mille mots « Afrique » sont à encourager Elles devraient pousser les linguistes et décideurs du monde de l’éducation en Afrique francophone à approfondir le problème. Beaucoup de pays africains, à cause de leur multiethnicité ont eu à adopter une ou deux langues nationales. Celles-ci devraient être apprises scientifiquement à l’école maternelle et au début du primaire pour faciliter l’apprentissage du français. On apprend facilement une langue étrangère lorsque l’on maîtrise sa propre langue. Et les linguistiques sont unanimes sur ce point.
Pour conclure Les problèmes posés par les langues congolaises dans l’acceptabilité du français pour les jeunes apprenants, surtout à la maternelle et au primaire, ne sont pas très différents de ceux que l’on peut rencontrer dans d’autres pays africains francophones. Combien serions-nous satisfait si ces quelques remarques pouvaient pousser les linguistes et enseignants africains à continuer la réflexion sur les méthodes d’enseignement du français sur le continent. Et cela en prenant compte certaines spécificités de nos langues dites nationales pour atténuer les échecs scolaires qui caractérisent déjà l’école africaine, le français y étant la langue d’enseignement de toutes les disciplines. Repères bibliographiques · Dannequin (Claudine) Les enfants bâillonnés, Cédic, Paris, 1977 · Davesne (André), Mamadou et Bineta, nouveau syllabaire, Librairie Istra,1950, EDICEF,Paris, sans date · Lopes (H.) Dossier classé, Seuil, Paris, 2002, · Makouta Mboukou (J.P.) Le Français en Afrique Noire, Bordas, Paris, 1977 · Makouta Mboukou (J.P.) Mes mille mots « Afrique », Dictionnaire pour l’école, Bordas, Paris, 1983 · Schneider (Gilles) « L’activité et la langue française » in La Gazette de la presse francophone n°117 de juillet-août 2004, Paris · Livre de l’élève : Horizons d’Afrique – Français CP1, langue – lecture, INRAP Congo/EDICEF, Paris, 2000
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